Culture, patrimoine, tourisme : conserver de l'ambition pour les petites villes
 

Au sens de l’APVF, la baisse de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) et la diminution des recettes fiscales doivent être envisagées comme des facteurs de déstabilisation du fonctionnement actuel du paysage culturel local, et ce, alors même que le bloc local finance les politiques culturelles à hauteur de près de 4 milliards d’euros.

De surcroît, l’APVF avait déjà noté que la crise financière de 2008-2009, en impactant le budget des petites villes, avait conduit certains élus à arbitrer en défaveur des politiques culturelles.

L’APVF, qui a pleinement conscience que la culture constitue l’une des clés de voûte de la cohésion sociale dans les territoires et un moteur de développement, a été la première association d’élus à tirer la sonnette d’alarme, dès la fin 2014, sur le fait que le secteur de la culture serait le premier touché par les coupes  programmées dans les budgets locaux.

En effet, selon une étude menée par l’APVF auprès de ses adhérents à l’automne 2014 concernant la préparation des budgets locaux pour 2015, près de 95% des maires de petites villes envisagent des coupes budgétaires dans le domaine de la culture et du sport pour l’avenir. Concrètement, ce sont près de 40 petites villes qui ont dû renoncer à l’organisation de leur manifestation culturelle en 2015.

 

 

Face ce constat, l’APVF a interpellé le gouvernement et notamment de l'ancienne ministre de la culture Fleur Pellerin pour leur faire part des inquiétudes des élus au sujet de la pérennité de politiques culturelles locales ambitieuses. D’autre part, l’APVF se mobilise régulièrement pour que les petites villes puissent bénéficier des dotations touristiques à la mesure de l’activité touristique qu’elles suscitent.

Les secteurs culturel et touristique sont cruciaux pour de nombreuses petites villes qui ont su exploiter leur richesse, leurs atouts géographiques et mettre en valeur leur patrimoine en développant une offre touristique variée (tourisme vert, tourisme œnologique, tourisme culturel, tourisme sportif etc.) Sarlat, Figeac, Autun, Aigues-Mortes, Paimpol, Chinon, Auch, Saint-Flour, Salins-les-Bains ou encore Vaison-la-Romaine, ces petites villes dont les noms résonnent dans notre mémoire collective jouissent d’ouvrages exceptionnels. Profitant des multiples possibilités contractuelles et partenariales, ces villes ont bâti leur renommée et leur développement en relation étroite avec les ouvrages qu’elles ont hérité de l’histoire. La valorisation du patrimoine s’est avérée être un véritable levier d’attractivité vis-à-vis des de nouveaux habitants, des entreprises mais le patrimoine revêt également une dimension stratégique car il est un levier économique important pour ces territoires en raison de à l’activité touristique qu’il suscite (développement de l’offre hôtelière, de l'offre de restauration et d’activités commerciales connexes). Afin de défendre au mieux les petites villes et mettre en valeur leurs atouts, l'APVF collabore notamment aux travaux de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture et échange régulièrement avec le Ministère de la Culture et de la Communication. 

Récemment, l’APVF s'est mobilisée au sujet du projet de loi « Liberté de création, architecture et patrimoine » : elle a insisté pour que la simplification des règles d'urbanisme régissant le patrimoine reste au coeur du texte. Elle a également plaidé pour que l'Etat contribue d'apporter les soutiens techniques et financiers nécessaires aux collectivités en matière de protection du patrimoine.