Parmi les villes adhérentes à l'APVF, beaucoup sont des petites villes « bourg-centres », organisatrice d'un bassin de population rurale. L’APVF considère la petite ville bourg-centre comme le maillon indispensable entre l’urbain et le rural. En ce qui concerne l'aménagement du territoire, l'APVF estime aussi qu'il faut s'interroger, penser et organiser la "révolution numérique" en cours dans la mesure où celle-ci a vocation à bouleverser notre façon d'appréhender le territoire.

 

La petite ville bourg-centre : un lien indispensable entre l'urbain et le rural

 

Etant au centre du maillage rural du territoire, la petite ville bourg-centre offre les services essentielles aux communes rurales alentours et impulse les politiques d’aménagement et de développement locales.

L’APVF considère :
  • que la petite ville est l’échelon idéal pour mutualiser nombre de services publics indispensables à la population ;
  • que les petites villes maillent le territoire et que pour cette raison elles doivent être des pôles d’animation du monde rural ;
  • que si la petite ville est au cœur de l’aménagement du bassin de vie qu’elle domine, elle ne doit pas regrouper et capter toute l’activité du monde rural ; a contrario, elle ne doit pas assumer seule le coût de l’animation et de l’offre de services au monde rural : cette charge de centralité doit être répartie avec toutes les communes alentour ;
  • que la petite ville ne doit pas être seule à assumer ce rôle de pivot du monde rural, et que l’Etat, la région et le département doivent ensemble partager la même vision stratégique et doivent participer au financement des politiques de développement local ;
  • que l’Etat doit assumer sa mission régalienne d’aménagement harmonieux du territoire et de réduction de la fracture territoriale ;
 
                                         

Source: DATAR
 
L'impact de la révolution numérique : le point de vue des petites villes

 

Au sens de l’APVF, la révolution numérique dans les territoires constitue une opportunité à deux égards :

    1. la dématérialisation de certaines procédures administratives aux collectivités (ex. facturation en ligne du ticket de cantine, de certaines prestations sociales etc.), la mutualisation des actions permettent de dégager des économies concrètes d'argent public pour nos petites villes. Le Programme pour le développement de l’administration numérique dans les territoires (DcANT) co-construit par le Secrétariat général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) et les associations d’élus, dans lequel s’est pleinement investit l’APVF présente des pistes très intéressantes sur ce sujet.

    2. Les outils numériques permettent de replacer l’usager/citoyen au cœur des services de proximité en injectant de la co-construction et de la transparence. Démocratiser le concept de « smart city » : des solutions numériques à la portée des petites villes existent par exemple dans les domaines de la gestion de l’eau, des déchets et de l’éclairage public. L’enjeu est de permettre aux territoires de s’approprier ces outils en imaginant des dispositifs de financement, d’aides à l’équipement qui mobilise des investissements publics et privés.

Le saut qualitatif que permet le numérique a un coût important pour les collectivités (coût des logiciels, de la maintenance, de la formation des agents etc.) et constitue une barrière à l’entrée parfois insurmontable. Aujourd’hui, environ 4000 communes se situent dans une zone grise ou blanche en internet et téléphonie mobile selon Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat chargée du Numérique. C’est pourquoi éradiquer les déserts numériques constitue encore et toujours un défi et un cheval de bataille pour l’APVF dans la mesure où le déploiement du réseau sur nos territoires répond à un double enjeu essentiel :

   1. un enjeu d’égalité des territoires : les zones grises et les zones blanches sont très mal vécues par nos concitoyens et renforce le sentiment de relégation des populations.

   2. Un enjeu d’attractivité économique : pour les élus de petites villes, il est aujourd’hui difficilement concevable de faire venir une entreprise sur leur territoire si celui-ci n’est pas couvert par le très haut débit. Le développement du réseau est en substance une condition essentielle à l’inclusion des territoires dans une économie en pleine mutation.

Pour l'APVF, l'enjeu de l'accès des territoires au numérique reste donc prégnant : environ 1.000 petites villes sont en effet situées en zones grises et blanches en internet et téléphonie mobiles. A la demande de l'APVF et des autres associations d'élus, le gouvernement a entamé un chantier important sur le sujet en faisant émerger une collaboration entre les collectivités, les services de l'Etat et les opérateurs de télécommunications et en mettant des moyens financiers pour permettre la couverture de 3.600 communes par la 3G d'ici à la mi-2017. L'APVF demeura attentive au respect du calendrier rendu public le 24 février par le gouvernement et espère que les moyens financiers dégagés seront à la hauteur des objectifs annoncés.

Concernant le très haut débit, la feuille de route du Gouvernement prévoit un calendrier en deux temps : d’ici 2017, déploiement du très haut débit dans les zones denses, puis dans un second temps, la couverture de l’ensemble des foyers d’ici à 2022. L’APVF restera vigilante quant au respect de ce calendrier.  D’autre part, l’APVF attend du Gouvernement que le développement de l’open data des collectivités soit calquée sur la réalité de la mise en réseau du territoire. Le Plan France Très Haut débit dessiné par l’Etat prévoit d’équiper 100% du territoire en très haut débit d’ici 2022. 

 

Photo : Rencontre d'une délégation de l'APVF avec Axelle Lemaire, Secrétaire d'Etat chargé du Numérique, décembre 2015