Attractivité et aménagement du territoire

ATTRACTIVITÉ ET AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

La petite ville bourg-centre : un lien indispensable entre l'urbain et le rural

Parmi les villes adhérentes à l'APVF, beaucoup sont des petites villes « bourg-centres », organisatrice d'un bassin de population rurale. L’APVF considère la petite ville bourg-centre comme le maillon indispensable entre l’urbain et le rural. En ce qui concerne l'aménagement du territoire, l'APVF estime aussi qu'il faut s'interroger, penser et organiser la "révolution numérique" en cours dans la mesure où celle-ci a vocation à bouleverser notre façon d'appréhender le territoire.

Etant au centre du maillage rural du territoire, la petite ville bourg-centre offre les services essentiels aux communes rurales alentours et impulse les politiques d’aménagement et de développement locales.

L’APVF considère :

  • que la petite ville est l’échelon idéal pour mutualiser nombre de services publics indispensables à la population ;
  • que les petites villes maillent le territoire et que pour cette raison elles doivent être des pôles d’animation du monde rural ;
  • que si la petite ville est au cœur de l’aménagement du bassin de vie qu’elle domine, elle ne doit pas regrouper et capter toute l’activité du monde rural - a contrario, elle ne doit pas assumer seule le coût de l’animation et de l’offre de services au monde rural : cette charge de centralité doit être répartie avec toutes les communes alentour ;
  • que la petite ville ne doit pas être seule à assumer ce rôle de pivot du monde rural, et que l’Etat, la région et le département doivent ensemble partager la même vision stratégique et doivent participer au financement des politiques de développement local ;
  • que l’Etat doit assumer sa mission régalienne d’aménagement harmonieux du territoire et de réduction de la fracture territoriale.

Photo : Emmanuel Macron intervient devant les élus de petites villes lors des Assises pour évoquer les enjeux de développement territorial

"Politique de la ville": les petites villes gagnantes de la nouvelle géographie prioritaire

L’APVF a largement participé aux débats récents relatifs à la refonte de la géographie prioritaire : elle s’est félicitée que près de 400 petites villes intègrent le dispositif. Aujourd’hui, parmi les communes concernées par la « politique de la ville », 30% d’entres elles sont des petites villes « bourg-centres » ou périphériques. Il s’agit là d’une véritable avancée qui témoigne de la force de conviction de l’APVF. Plus récemment, l’APVF s’est positionnée en faveur des préconisations du rapport Borloo et regrette de ce fait l’insuffisante prise en compte par le Président de la République.

Revitaliser et renforcer l'attractivité : les petites villes renaîtront de leurs centres

Relancer des territoires productifs, redynamiser les centres-bourgs et renforcer l’attractivité des petites villes : voilà autant de sujets que l’APVF considère comme essentiels et dont les enjeux sont trop structurants pour rester dans l’angle mort des politiques publiques locales comme nationales.

L’APVF considère que le maintien d’un maillage fin de services publics, l’offre de logements, la modernisation du commerce de détails sont aujourd’hui des conditions essentielles pour permettre un aménagement juste et équilibré du territoire. Or, la notion même de service public comme service accessible à tous, est mise à mal sous les coups de la rentabilité inhérente à la démographie. La taille des structures est le prétexte généralement invoqué pour fermer des services publics dans les petites villes : trop peu d’activité dans telle structure médicalisée, pas assez d’activité dans tel bureau de Poste, etc.

Photo : Préparation de la conférence nationale des territoires avec de Rémy Rebeyrotte, Vice-président de l'APVF consacrée à la revitalisation des territoires

Toutefois, les services publics implantés dans les petites villes ne peuvent pas recevoir une comparaison équivalente aux structures présentes dans les grandes agglomérations : se trouvant sur un bassin de population plus restreint, ces services publics ne peuvent pas être évalués selon les mêmes critères de rentabilité et d’activité.

Les priorités des petites villes : mobilités et transports

A l’issue des Assises de la mobilité et de la concertation auxquelles l’APVF a participé activement en qualité de membre du groupe de travail « mobilités solidaires » dans la perspective du projet de loi LOM, l’Association a souhaité apporter une contribution aux débats.

La difficulté de se déplacer librement aujourd’hui dans une société où la mobilité constitue la clé de voute de l’égalité territoriale, conduit à l’exclusion, au déclassement et à l’amplification de la fracture sociale : aléas scolaires et professionnels en sont les principales conséquences. Le constat est sans appel : les Français ne sont pas égaux face aux transports. La mobilité étant le facteur clé d’insertion sociale et de développement économique, les élus des Petites villes plaident pour des mobilités qu’ils souhaitent inclusives dans tous les territoires, qu’ils soient métropolitains, périurbains ou ruraux.

Pour remédier à ce phénomène, l’APVF souligne la nécessité d’une mobilisation exceptionnelle de l’Etat sur les « petites » lignes ferroviaires et routières, d’une reconfiguration des modes de mobilité en privilégiant une lecture multimodale de celles-ci et d’un traitement approfondi de la problématique des nœuds ferroviaires. L’APVF soutient l’objectif exprimé par le gouvernement, de résorber les « zones blanches » de la mobilité afin que chaque territoire puisse être doté d’une autorité organisatrice de la mobilité. L’Association défend une vision collaborative et citoyenne des mobilités : covoiturage, ferroutage, tarification préférentielle ; Autant d’exemples qui permettront d’accompagner la mutation des usages.

L’avenir du réseau ferroviaire dans les petites villes reste la priorité des élus. L’Association a pris acte avec satisfaction des propos du Premier ministre soulignant qu’il « ne suivrait pas le rapport Spinetta sur les fermetures des petites lignes ». L’APVF souhaite rester vigilante sur cette question et tient à rappeler qu’une concertation étroite avec les élus doit conditionner chaque décision ayant trait à l’aménagement du territoire ainsi qu’à l’avenir des petites villes.