XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème :

Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Transition démographique : quel impact pour l’école ?

La transition démographique est l’un des principaux défis auquel doit s’affronter le pays pour les prochaines décennies. Si l’accent est souvent mis sur le vieillissement de la population, l’effet conjugué de la diminution de la natalité a également des répercussion sur un service public fondamental : l’école.

Dans une note d’information de la direction statistique de l’Education nationale, la DEPP, des projections d’effectifs scolaires à l’horizon 2035, mettent en évidence une diminution progressive et durable du nombre d’élèves dans l’ensemble du système éducatif, en lien direct avec la baisse des naissances observée depuis le début des années 2010.

Les générations entrant dans le système scolaire sont de moins en moins nombreuses, ce qui entraîne mécaniquement une contraction des effectifs. Cette logique est explicitement observée dans les projections de court et moyen terme : dans le premier degré, les effectifs diminuent déjà de manière continue, passant par exemple de plus de 6,1 millions d’élèves en 2025 à environ 5,7 millions en 2029, soit une baisse de plus de 560 000 élèves en cinq ans.

La baisse annuelle est elle-même significative : −90 700 élèves en 2025 (−1,4 %), puis des diminutions comprises entre environ −1,9 % et −2,1 % par an jusqu’en 2029. Cette évolution concerne à la fois le préélémentaire et l’élémentaire, avec des intensités variables selon les années, mais une tendance globale homogène à la diminution.

Dans le second degré, la baisse est plus tardive mais également structurée par la démographie. Les projections indiquent une diminution progressive à partir de 2025, avec une accélération après 2026. Dans le scénario intermédiaire, les effectifs passent par exemple à environ 5,626 millions d’élèves en 2025, puis diminuent successivement de 34 000 élèves en 2026, 49 000 en 2027, 66 000 en 2028 et 68 000 en 2029.

Ces évolutions traduisent un effet de « décalage » entre les niveaux : la baisse apparaît d’abord dans le premier degré, puis se transmet au second degré au fur et à mesure du vieillissement des cohortes. Le phénomène est donc progressif mais généralisé à l’ensemble du système éducatif.

Les projections reposent sur plusieurs scénarios (bas, intermédiaire, haut), qui intègrent des hypothèses relatives aux comportements scolaires et aux politiques éducatives. Les taux de passage entre niveaux, les poursuites d’études après la troisième, ou encore les flux d’entrées et de sorties (notamment migrations ou instruction hors établissement) influencent les résultats. Toutefois, ces facteurs jouent un rôle secondaire par rapport à la démographie, qui demeure le facteur explicatif dominant.

Malgré les incertitudes associées à ces hypothèses, tous les scénarios convergent vers une diminution des effectifs. Les différences portent essentiellement sur l’ampleur et le rythme de la baisse, et non sur son existence.

L’ampleur du phénomène est de mieux en mieux mesurée. Les arbitrages concernant les adaptations du système éducatif ne sont toutefois pas encore réalisés. Faut-il profiter de cette tendance pour fermer des classes et réaliser ainsi des économies ? Regrouper des établissements dans une logique de rationalisation ? Ou au contraire, faire bénéficier les élèves de cette dynamique pour alléger les effectifs ? En toute hypothèse, les élus locaux, et au premier chef les maires, auront besoin de visibilité de la part de l’Education nationale pour anticiper ces évolutions. Les investissements dans le bâti scolaire ne se font pas à l’échelle du mandat, mais de la génération.

AESH : des conditions d’exercice hétérogènes pour une profession essentielle

La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), a fait paraître une étude intitulée « Les conditions d’exercice des accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ». Alors que les communes ont rencontré des difficultés à faire appliquer par l’Etat dans le cadre de la loi Vial, cette étude met l’accent sur les conditions d’exercice de ces travailleurs essentiels.

Les AESH ont pour mission d’accompagner les élèves en situation de handicap dans les apprentissages, les interactions sociales et certains gestes de la vie scolaire. L’étude met en évidence un fort engagement professionnel, associé à un sentiment d’utilité élevé. Toutefois, ces fonctions s’exercent dans un cadre souvent contraint, marqué par des temps de travail partiels, une rémunération modeste.

L’organisation du travail des AESH apparaît comme un élément structurant de leurs conditions d’exercice. Une part importante d’entre eux intervient auprès de plusieurs élèves, parfois dans plusieurs établissements. Cette configuration implique des déplacements fréquents et une adaptation constante aux différents contextes éducatifs. Elle peut également limiter leur intégration dans les équipes pédagogiques et compliquer la coordination avec les enseignants.

L’étude accorde une attention particulière aux différents temps de la journée scolaire. Elle montre que les AESH interviennent majoritairement pendant le temps de classe, mais aussi, dans certains cas, lors de temps « hors-classe », comme la pause méridienne.

Ces temps spécifiques font apparaître des interactions avec des acteurs qui ne relèvent pas directement de l’Éducation nationale. Le rapport souligne ainsi que les AESH peuvent être amenés à adapter leur activité en fonction de consignes ou d’organisations locales propres à ces moments de la journée. Il met en évidence l’existence de configurations variées selon les établissements.

Par ailleurs, les conditions matérielles d’exercice constituent un autre aspect abordé par l’étude. Les AESH évoquent des situations hétérogènes en matière d’accès aux ressources pédagogiques, aux espaces de travail ou aux équipements adaptés. Ces éléments influencent concrètement leur capacité à accompagner les élèves dans de bonnes conditions. Le rapport met en évidence cette variabilité sans en attribuer explicitement les causes à des acteurs institutionnels spécifiques.

Enfin, la coopération avec les différents professionnels de la communauté éducative apparaît comme un facteur déterminant. Les relations avec les enseignants sont globalement jugées positives, mais l’étude souligne que la qualité de la coordination dépend largement des contextes locaux et de l’organisation mise en place au sein des établissements.

Ce nouveau rapport devrait éclairer d’un jour nouveau les discussions parlementaires à venir. Une proposition de loi de la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier propose en effet d’accorder le statut de fonctionnaire après trois ans d’ancienneté.  Les Sénateurs se sont opposés à cette mesure du fait de son coût, estimé à 4,3 milliards d’euros.

Le ministre de l’Education nationale a affirmé que les travaux sur le statut des AESH se poursuivraient au sein de son ministère.

Pour en savoir plus sur l’étude de l’Education nationale sur les AESH

Le ministre de l’Education, Edouard Geffray, réunit les élus locaux rue de Grenelle : « Le clocher de la République est l’école »

Le ministre de l’Education, Edouard Geffray, a réuni le jeudi 29 janvier le 10e comité des élus locaux. L’instance de concertation de haut niveau entre le ministre et les représentants des collectivités territoriales n’avait pas été réunie depuis juin 2025. L’APVF y était représentée par son Vice-Président Jean-Michel Morer, maire de Trilport (Seine-et-Marne).

Le ministre a  rappelé la nécessité d’aborder conjointement les défis communs qui se présentaient au ministère de l’éducation nationale et aux collectivités territoriales. C’est pour cela que M. Geffray a souligné l’importance et la nécessité d’une instance de coconstruction rassemblant l’ensemble des associations d’élus.

« Le clocher de la République est l’école »

La réunion a porté sur un enjeu de long terme : la transition démographique et la baisse de la natalité. Le nombre de naissances en France en 2025 est égal à celui de 1942, mais avec 28 millions habitants de plus. L’ensemble du système éducatif, qui reposait sur une croissance ou une stagnation du nombre d’élèves est à revoir. Et pour y répondre, M. Geffray considère qu’il est nécessaire de dépasser le débat sur l’ouverture et la fermeture de classes, pour se concentrer sur la qualité de l’enseignement. Il conviendra par conséquent de trouver une réponse collective à la question : quelle évolution de l’offre scolaire ? Répondre à cette question demandera tout à la fois de développer une vision pluriannuelle au niveau infradépartemental des besoins et de prendre en compte que l’école est un élément central de l’aménagement du territoire, selon l’expression du ministre « le clocher de la République est l’école ».

« La crise démographique est une opportunité de relever le niveau de l’école de la République »

Le Vice-Président de l’APVF, Jean-Michel Morer, maire de Trilport a appelé à faire de cet « accident démographique », une opportunité pour « relever le niveau de l’école de la République ». Pour l’édile de Seine-et-Marne, le risque serait de se couler dans une perspective purement budgétaire et de ne voir dans la baisse du nombre d’élèves qu’un levier de rationalisation des moyens.Moins d’élève par classe, c’est la possibilité de proposer un suivi plus individualisé pour les élèves, d’expérimenter de nouvelles formes de pédagogie, ou encore repenser le mobilier scolaire et l’organisation des classes. Cette mutation pourrait également permettre de rouvrir le chantier de la prise en compte du périscolaire dans le temps global de l’enfant et des familles.

Ont également été abordés lors de ce comité le thème de l’organisation face aux phénomènes de forte chaleur et aux cyberattaques. Pour ces deux sujets, les élus locaux ont convenu qu’il était nécessaire que l’Etat fournisse un cadre clair, sur ce qui relève des collectivités et ce qui relève de l’Etat.

Le prochain comité des élus locaux se réunira au printemps.