26
février
2026
Nouvel acte de décentralisation : À tout petit pas !

Nouvel acte de décentralisation : À tout petit pas !

Finances et fiscalité locales, Réforme territoriale et gouvernance locale

Alors que le gouvernement prépare un projet de loi de décentralisation, les premières orientations évoquent un renforcement du rôle des préfets mais laissent en suspens la question essentielle des relations financières entre l’État et les collectivités. La ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, Françoise Gatel, a réuni les principales associations d’élus pour …

Alors que le gouvernement prépare un projet de loi de décentralisation, les premières orientations évoquent un renforcement du rôle des préfets mais laissent en suspens la question essentielle des relations financières entre l’État et les collectivités.

La ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, Françoise Gatel, a réuni les principales associations d’élus pour faire le point sur l’état d’avancement du nouvel acte de décentralisation annoncé par le Premier ministre.

Parallèlement, plusieurs projets d’articles du futur projet de loi de décentralisation, transmis par le gouvernement à certaines parties prenantes il y a quelques jours, prévoiraient de conforter le rôle du préfet de département. Le texte conférerait au préfet la qualité de délégué territorial des agences de l’État. Il entendrait également placer les services territoriaux de l’Ademe sous l’autorité du préfet de région et les intégrer au sein des directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Il prévoirait aussi de renforcer le pouvoir de dérogation du préfet en l’élargissant et en le sécurisant pénalement, et ferait du préfet le « guichet unique » des demandes de subvention des collectivités territoriales. Enfin, le texte envisagerait de transformer les agences régionales de santé en directions régionales et départementales de la santé et de l’autonomie.

Représentant l’APVF, Christophe Bouillon a indiqué que si les grands axes présentés par la ministre lui convenaient, simplification et déconcentration avec renforcement du rôle du préfet dans les départements, les Maires des petites villes restaient toutefois sur leur faim du fait de l’absence totale, dans les différents projets annoncés dont on ne connaît toujours pas le détail, de mesures concernant les relations financières entre l’État et les collectivités et notamment en matière de prévisibilité budgétaire.

De surcroît, il ne saurait y avoir de décentralisation réellement aboutie sans que les collectivités territoriales retrouvent des marges d’autonomie financière et fiscale. Les collectivités territoriales ne peuvent uniquement dépendre de dotations ou de transferts de l’État qui peuvent être remis en cause chaque année.

La ministre, constatant que le système de finances locales était à bout de souffle et de plus en plus incompréhensible, a indiqué que c’est un sujet qui ne serait pas abordé avec les élections présidentielles mais que le Parlement allait mettre en place un groupe de travail sur le sujet.

26
février
2026
Les petites villes en première ligne pour réussir le « bien vieillir »

Les petites villes en première ligne pour réussir le « bien vieillir »

Transition démographique, Santé

Partenaire du manifeste publié par France Silver Eco à l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF) partage un constat simple : la transition démographique constitue l’un des bouleversements majeurs auxquels les territoires devront faire face dans les prochaines années. Au même titre que la transition écologique ou la révolution …

Partenaire du manifeste publié par France Silver Eco à l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF) partage un constat simple : la transition démographique constitue l’un des bouleversements majeurs auxquels les territoires devront faire face dans les prochaines années. Au même titre que la transition écologique ou la révolution numérique, l’allongement de la vie impose désormais d’adapter l’action publique locale.

Depuis plusieurs années, la filière Silver Économie défend une approche globale de la société de la longévité. Celle-ci ne relève plus uniquement des politiques sanitaires ou médico-sociales : elle concerne directement l’organisation quotidienne des territoires. À ce titre, les collectivités locales occupent une place déterminante aux côtés des acteurs économiques, des mutuelles, des caisses de retraite ou encore du tissu associatif.

Dans ce cadre, la commune demeure l’échelon de proximité par excellence, celui de la vie quotidienne des habitants. L’intercommunalité constitue quant à elle l’échelon stratégique, notamment pour les mobilités, l’aménagement ou les équipements structurants. Ensemble, le bloc communal intervient désormais dans des champs très concrets : adaptation des logements, accessibilité de la voirie, transports, urbanisme, maintien du lien social, prévention par le sport et la culture, accompagnement des aidants ou encore développement de solutions d’habitat intermédiaire.

Le prochain mandat municipal (2026-2032) sera particulièrement décisif. La décennie 2020-2030 correspond en effet à une forte progression des populations âgées : l’augmentation des 75-84 ans sera sans précédent. Sans être synonyme de perte d’autonomie, cette tranche d’âge s’accompagne plus fréquemment de fragilités nécessitant des décisions anticipées en matière de logement, de mobilité ou d’accès aux soins.

Cette évolution démographique touchera d’abord les territoires les moins denses. Les petites villes et les espaces ruraux seront proportionnellement plus concernés que les grandes métropoles. Là où les seniors représentent environ 10 % de la population dans certains départements urbains, ils peuvent déjà approcher ou dépasser 30 % dans des territoires ruraux, avec des projections proches de 40 % à l’horizon 2050. Cette réalité conforte le rôle pivot des petites villes, qui structurent les bassins de vie et concentrent services, commerces et équipements publics.

Le manifeste de France Silver Eco rappelle ainsi que la réussite du « bien vieillir » dépendra largement de l’action locale. Les communes et intercommunalités disposent de leviers opérationnels immédiats : animation des centres communaux d’action sociale (CCAS), accès aux services publics, soutien à la vie associative, actions culturelles, inclusion numérique, solutions de mobilité ou encore lutte contre l’isolement.

Dans les petites villes, la mairie et le CCAS constituent souvent la première porte d’entrée pour les habitants confrontés à la perte d’autonomie ou aux fragilités liées à l’âge. Les élus locaux identifient les besoins, coordonnent les acteurs et mettent en œuvre des solutions concrètes de maintien à domicile.

Le manifeste se veut ainsi un guide à destination des candidats aux élections municipales et des équipes qui seront élues en mars 2026. Il souligne que l’adaptation de la société au vieillissement ne pourra réussir sans les collectivités locales et en particulier sans le bloc communal. Pour les petites villes, l’enjeu n’est pas seulement social : il est aussi territorial, car la capacité à bien vieillir conditionne désormais l’attractivité et la cohésion des bassins de vie.

Télécharger le manifeste de France Silver Eco

26
février
2026
Simplification des normes locales : le "méga-décret" publié

Simplification des normes locales : le "méga-décret" publié

Réforme territoriale et gouvernance locale

Attendu depuis le Congrès des maires 2025, le premier volet de simplification des normes locales a été publié au Journal officiel du 21 février 2026. Composé de deux décrets et d’un arrêté, il introduit une série d’ajustements très opérationnels qui concernent directement la gestion quotidienne des petites villes : urbanisme, procédures administratives, finances locales ou …

Attendu depuis le Congrès des maires 2025, le premier volet de simplification des normes locales a été publié au Journal officiel du 21 février 2026. Composé de deux décrets et d’un arrêté, il introduit une série d’ajustements très opérationnels qui concernent directement la gestion quotidienne des petites villes : urbanisme, procédures administratives, finances locales ou encore équipements publics.

Annoncé comme un « méga-décret », le dispositif se traduit par deux textes réglementaires et un arrêté relatif à la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). Issus notamment des remontées des préfets, ils modifient de nombreux codes juridiques et portent sur une trentaine de mesures, essentiellement procédurales.

Parmi les changements les plus immédiats, les commissions départementales de coopération intercommunale pourront désormais se réunir en visioconférence, ce qui limite les déplacements des élus. Les collectivités devront également tenir un registre unique des délibérations consultable en ligne, en remplacement de plusieurs registres distincts.

En urbanisme, plusieurs évolutions concernent directement les communes. L’adoption d’un plan local d’urbanisme entraîne désormais automatiquement la disparition de la carte communale existante, sans nouvelle délibération. Lors d’une modification simplifiée d’un document d’urbanisme, le maire ou le président d’intercommunalité pourra fixer lui-même les modalités de mise à disposition du public. Par ailleurs, la pose d’une pompe à chaleur sur un bâtiment existant est dispensée d’autorisation d’urbanisme préalable.

Les procédures d’aménagement sont également raccourcies : dans certains dossiers relevant de la loi sur l’eau, la notification d’absence d’opposition du préfet permettra de démarrer plus rapidement les travaux. En commande publique, le seuil de recours obligatoire au concours d’architecture est relevé à 300 000 € HT, ce qui réduit le nombre d’opérations concernées pour les communes réalisant des équipements.

D’autres mesures relèvent de la gestion quotidienne. Le seuil de délégation au maire pour l’admission en non-valeur des créances irrécouvrables est porté à 200 €, afin d’éviter des délibérations pour de très faibles montants. La publicité préalable n’est plus obligatoire pour le reclassement d’un agent déclaré inapte lorsqu’il est reclassé dans la même collectivité. En matière foncière, le délai permettant de considérer un bien comme « sans maître » est ramené à 15 ans, facilitant son intégration dans le patrimoine communal.

Concernant les équipements publics, la surveillance sanitaire de l’eau des piscines sera organisée directement par la collectivité, qui devra simplement informer l’Agence régionale de santé en cas de non-conformité (application prévue en 2027 en métropole). Les collectivités pourront aussi choisir librement la composition du comité artistique du « 1 % culturel » lors de la construction d’un équipement.

Enfin, l’arrêté relatif à la DETR simplifie la constitution des dossiers : la délibération approuvant l’opération reste obligatoire mais n’a plus à être transmise à la préfecture, ce qui allège la procédure de demande de subvention.

Cette première série de mesures constitue la première étape d’un programme de simplification plus large annoncé par le Gouvernement, qui doit se poursuivre par d’autres textes réglementaires et un futur projet de loi.

Pour en savoir plus sur les décrets : 

26
février
2026
GEMAPI : derrière la polémique, une question centrale de moyens pour les collectivités

GEMAPI : derrière la polémique, une question centrale de moyens pour les collectivités

Transition écologique

Alors que plusieurs départements de l’Ouest ont été frappés par des crues d’une intensité exceptionnelle, la compétence dite « GEMAPI » s’est retrouvée au cœur d’un débat entre l’État et les collectivités. Derrière la polémique, c’est la question des moyens réels dont disposent les intercommunalités pour assurer la prévention des inondations qui est posée, dans …

Alors que plusieurs départements de l’Ouest ont été frappés par des crues d’une intensité exceptionnelle, la compétence dite « GEMAPI » s’est retrouvée au cœur d’un débat entre l’État et les collectivités. Derrière la polémique, c’est la question des moyens réels dont disposent les intercommunalités pour assurer la prévention des inondations qui est posée, dans un contexte d’accélération des aléas climatiques.

Instaurée par la loi de 2014 et pleinement exercée par les intercommunalités depuis 2018, la GEMAPI confie au bloc communal la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations, ce qui inclut l’entretien des cours d’eau, la surveillance et la consolidation des digues, la restauration des zones humides et la réduction de la vulnérabilité des territoires. Il s’agit d’une compétence structurante, à la croisée de la sécurité civile, de l’aménagement du territoire et de l’adaptation au changement climatique.

Les récents épisodes de crues ont mis en lumière la fragilité de certains ouvrages de protection. Dans plusieurs territoires, des digues ont été submergées ou endommagées, entraînant des dégâts importants. Ces infrastructures, souvent anciennes et complexes, nécessitent des investissements lourds et réguliers, que les collectivités doivent désormais assumer.

La controverse est née de déclarations gouvernementales évoquant la possibilité, pour les collectivités, "d’utiliser davantage la taxe GEMAPI", plafonnée à environ 40 euros par habitant et par an. Or, sur le terrain, les élus rappellent que le produit de cette taxe reste très éloigné des besoins réels, les montants nécessaires à la remise à niveau des ouvrages se chiffrant parfois en dizaines de millions d’euros à l’échelle d’un seul territoire. L’Association des maires de France et Intercommunalités de France ont ainsi souligné le décalage entre les charges transférées et les ressources disponibles.

Au-delà du débat conjoncturel, la GEMAPI pose une question plus large d’équilibre territorial. La prévention des inondations s’inscrit à l’échelle des bassins versants : les décisions prises en amont influencent directement les risques en aval. Une logique de solidarité entre territoires apparaît donc indispensable, afin de mutualiser les efforts et d’éviter que les collectivités les plus exposées ne supportent seules le poids financier des aménagements.

Une proposition de loi doit être examinée au Sénat en avril afin d’assouplir le cadre financier de la compétence et d’envisager de nouveaux mécanismes de solidarité, ainsi qu’un recours accru aux dispositifs nationaux de prévention des catastrophes naturelles. La clarification des responsabilités et la sécurisation des financements constituent aujourd’hui un enjeu majeur pour les collectivités.

Dans les petites villes, qui assurent souvent une fonction de centralité pour des bassins de vie élargis et concentrent des équipements structurants, la gestion du risque inondation ne relève pas d’un sujet technique secondaire. Elle touche directement à la protection des habitants, à la continuité des services publics et à la résilience des territoires.

26
février
2026
Municipales 2026 : les maires des petites villes peuvent-ils répondre à la crise du logement ?

Municipales 2026 : les maires des petites villes peuvent-ils répondre à la crise du logement ?

Logement et urbanisme

Longtemps perçu comme un sujet électoralement risqué, le logement est en train de s’imposer comme un thème central des élections municipales à venir. À un an du scrutin de 2026, les signaux sont clairs : loin de pénaliser les édiles, l’action en matière de construction et de rénovation pourrait désormais constituer un atout, en particulier …

Longtemps perçu comme un sujet électoralement risqué, le logement est en train de s’imposer comme un thème central des élections municipales à venir. À un an du scrutin de 2026, les signaux sont clairs : loin de pénaliser les édiles, l’action en matière de construction et de rénovation pourrait désormais constituer un atout, en particulier dans les villes de 5 000 à 25 000 habitants.
Alors, une question traverse les exécutifs locaux : agir sur le logement est-ce un risque électoral… ou un passage obligé ?

Le logement, désormais un critère explicite du vote

Les attentes des électeurs sont désormais clairement formulées. Le dernier baromètre du logement réalisé par Odoxa pour Nexity, BFM Business et Capital révèle que 71 % des Français déclarent qu’ils tiendront compte des propositions des candidats sur le logement lors des municipales.

Ce chiffre marque une rupture. Le logement n’est plus un sujet périphérique ni un angle mort du débat local : il devient un critère de choix assumé, y compris dans des territoires où la conflictualité autour de la construction est forte. Les électeurs attendent moins des discours que des réponses concrètes : produire, rénover, adapter.

« Maires bâtisseurs, maires battus » : un adage en question

L’étude Maires bâtisseurs, maires battus ?, menée par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL) avec le CEVIPOF. Dirigée par Martial Foucault (CEVIPOF) et Pierre-Henri Bono (LIEPP, département d’économie), elle s’appuie sur une analyse fine des élections municipales de 2020 et de l’évolution du stock de logements sur le mandat précédent.

Premier enseignement : le lien entre politiques locales du logement et résultats électoraux existe, mais il varie fortement selon la taille des communes. Et c’est précisément dans les petites villes que les conclusions sont les plus structurantes.

Dans les petites villes, construire devient un exercice d’équilibre

Pour les communes de 5 000 à 25 000 habitants, l’étude montre que ne pas agir sur le logement expose davantage à une défaite que d’agir. Les maires sortants les plus fragilisés sont ceux qui ont très peu augmenté leur stock de logements. À l’inverse, l’action n’est pas automatiquement sanctionnée.

Mais l’étude met aussi en garde contre une approche uniquement quantitative. Dans les villes de 5 000 à 25 000 habitants  les maires ayant le plus fortement augmenté leur stock sont eux aussi plus exposés. Les chercheurs identifient ainsi une zone de production « optimale », comprise entre 2,5 % et 9 % du stock de logements sur le mandat.

Autrement dit, il faut construire, mais pas n’importe comment ni à n’importe quel rythme. La lisibilité de la stratégie, la concertation locale, la qualité urbaine et l’adéquation aux besoins comptent autant que les volumes produits.

En dessous de 5000 habitants : une logique différente

L’étude montre également que, les communes de moins de 5 000 habitants, les maires réélus sont en moyenne ceux qui ont le plus augmenté leur stock de logements. Dans ces territoires, la construction apparaît moins conflictuelle et davantage perçue comme un levier de maintien de la population et des services.

Ce contraste éclaire la situation spécifique des petites villes : elles ne bénéficient ni de la souplesse du rural, ni de la capacité d’absorption des grandes métropoles, mais concentrent pourtant des attentes fortes, venues à la fois de leurs habitants et des territoires environnants.

Des maires convaincus, mais souvent contraints

Dernier enseignement majeur : le décalage entre la priorité politique accordée au logement et les marges de manœuvre réelles. Près de deux tiers des maires interrogés estiment que le logement est un enjeu « très important » pour leur commune, et une large majorité en fait une priorité d’action. Pourtant, beaucoup se disent freinés par la rareté du foncier, la complexité normative, les capacités financières limitées ou encore l’acceptabilité locale des projets.

2026 : le logement comme test de crédibilité locale

À un an des municipales, une conclusion s’impose pour les petites villes : le logement n’est plus un risque électoral à éviter, mais un sujet structurant à maîtriser. Les électeurs attendent des maires qu’ils assument une ligne claire, proportionnée et adaptée aux réalités locales.

En 2026, ce ne sera sans doute pas le fait de construire qui sera jugé, mais la capacité à expliquer, à réguler et à inscrire l’action sur le logement dans un projet de territoire lisible et partagé.

Pour aller plus loin

Sondage IDHEAL: Crise du logement, parole aux Maires

Etude IDHEAL / CEVIPOF: Maires Bâtisseurs, Maires Battus ?

Baromètre logement ODOXA : Municipales 2026

26
février
2026
Transports : la desserte ferroviaire des territoires au cœur des débats au Sénat

Transports : la desserte ferroviaire des territoires au cœur des débats au Sénat

Transports et mobilités

Auditionné le 25 février par le Sénat, le ministre des Transports Philippe Tabarot a précisé les orientations de son projet de loi-cadre sur les transports, dont l’examen débutera mi-avril. Si le texte se veut structurant à l’échelle nationale, la question de la desserte ferroviaire des territoires – enjeu clé pour les petites villes – a …

Auditionné le 25 février par le Sénat, le ministre des Transports Philippe Tabarot a précisé les orientations de son projet de loi-cadre sur les transports, dont l’examen débutera mi-avril. Si le texte se veut structurant à l’échelle nationale, la question de la desserte ferroviaire des territoires – enjeu clé pour les petites villes – a suscité une attention particulière.

Le ministre a reconnu les attentes fortes des élus concernant le maintien des liaisons peu rentables. Il se montre toutefois prudent à l’idée d’imposer rapidement des obligations de service aux nouveaux opérateurs ferroviaires, estimant qu’ils doivent d’abord atteindre une stabilité économique. Une mission confiée à Dominique Bussereau doit formuler des propositions au printemps.

Concernant la « desserte fine du territoire », la priorité affichée reste la sauvegarde des lignes existantes avant toute réouverture. Une position qui interpelle de nombreuses collectivités, pour lesquelles le train demeure un levier essentiel d’attractivité, d’accès aux services et de transition écologique.

26
février
2026
Les bibliothèques comptent… à nouveau !

Les bibliothèques comptent… à nouveau !

Culture et patrimoine

Du 23 au 29 mars 2026, le ministère de la Culture organise une nouvelle semaine nationale de comptage des entrées en bibliothèque, après une première édition à l’automne 2025. Objectif : mieux mesurer, valoriser et défendre l’impact social et culturel des bibliothèques sur l’ensemble du territoire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, 9 000 …

Du 23 au 29 mars 2026, le ministère de la Culture organise une nouvelle semaine nationale de comptage des entrées en bibliothèque, après une première édition à l’automne 2025. Objectif : mieux mesurer, valoriser et défendre l’impact social et culturel des bibliothèques sur l’ensemble du territoire.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • en 2024, 9 000 bibliothèques territoriales ont déclaré 93 millions d’entrées ;

  • en octobre 2025, 8 100 bibliothèques ont comptabilisé 2,9 millions d’entrées sur une seule semaine.

Cette nouvelle opération est essentielle pour affiner les données et mieux refléter la réalité des 15 500 bibliothèques territoriales françaises. Elle permettra notamment de :

  • mieux mesurer la fréquentation, y compris celle des publics non inscrits ;

  • renforcer les plaidoyers auprès des élus et des financeurs ;

  • évaluer les politiques publiques et appuyer de nouveaux projets ;

  • comparer les bibliothèques avec d’autres équipements culturels, en France et à l’international.

Une seconde semaine de comptage est d’ores et déjà prévue du 19 au 25 octobre 2026, pendant les vacances de la Toussaint.

➜ Comment participer ?

  • Mobiliser vos équipes pour compter les entrées du 23 au 29 mars 2026 ;

  • Déclarer les données via l’outil du ministère à partir du 30 mars ;

  • Relayer largement l’initiative pour en maximiser l’impact.

 

Pour aller plus loin, une page dédiée et un webinaire de présentation sont proposés par le ministère de la Culture.

19
février
2026
Moins de brun, plus de vert : un levier stratégique pour les petites villes

Moins de brun, plus de vert : un levier stratégique pour les petites villes

Transition écologique, Finances et fiscalité locales

Les communes sont en première ligne de la transition écologique. Porteuses d’équipements publics essentiels, écoles, équipements sportifs, voirie, bâtiments municipaux, elles structurent durablement les trajectoires d’émissions de leurs territoires. Mais dans un contexte budgétaire toujours plus contraint, comment financer l’accélération des investissements climat ? Une étude récente d’I4CE met en lumière un levier encore insuffisamment …

Les communes sont en première ligne de la transition écologique. Porteuses d’équipements publics essentiels, écoles, équipements sportifs, voirie, bâtiments municipaux, elles structurent durablement les trajectoires d’émissions de leurs territoires. Mais dans un contexte budgétaire toujours plus contraint, comment financer l’accélération des investissements climat ?

Une étude récente d’I4CE met en lumière un levier encore insuffisamment mobilisé : la redirection des dépenses locales en réduisant progressivement les investissements défavorables au climat (« bruns ») pour dégager des marges de manœuvre au profit d’investissements bas-carbone.

Depuis 2014, les collectivités ont amorcé un mouvement en ce sens à travers une baisse des achats de véhicules thermiques légers, efforts de maîtrise des consommations énergétiques, montée en puissance des investissements dans la rénovation énergétique ou les mobilités durables. Mais la dynamique reste fragile. En 2024, les investissements climat ont stagné, tandis que certaines dépenses carbonées sont reparties à la hausse.

Or, pour respecter la trajectoire de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), les investissements défavorables des collectivités devraient diminuer de près de 75 % d’ici 2035. Un changement d’échelle considérable, qui implique des arbitrages plus structurants : limitation de la construction neuve artificialisante, sortie accélérée des équipements fossiles, intégration systématique du critère climat dans les décisions d’investissement.

La redirection ne suffira pas, à elle seule, à couvrir l’ensemble des besoins d’investissement liés à la transition. Mais dans un contexte de tension sur les finances locales, elle représente un levier indispensable pour concilier responsabilité budgétaire et ambition climatique.

Télécharger l’étude.

19
février
2026
3 questions à...Amir Reza-Tofighi, président de la CPME

3 questions à...Amir Reza-Tofighi, président de la CPME

Attractivité et aménagement du territoire

A l’occasion des élections municipales, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) met à disposition des candidats un Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME ». La Lettre des Petites Villes pose, cette semaine, 3 questions à Amir Reza-Tofighi, président de la CPME pour mettre les enjeux d’attractivité au coeur …

A l'occasion des élections municipales, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) met à disposition des candidats un Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME ». La Lettre des Petites Villes pose, cette semaine, 3 questions à Amir Reza-Tofighi, président de la CPME pour mettre les enjeux d'attractivité au coeur du prochain mandat. 

1/ Les maires des petites villes se présentent souvent comme des patrons de PME municipales. Que pensez-vous de cette comparaison ?

La comparaison est juste. Un maire, comme un dirigeant de PME, construit, innove, investit … Je les considère comme des bâtisseurs, comme nous le sommes au quotidien. Dans une petite ville, chaque décision municipale – qu’elle touche à l’urbanisme, la mobilité, la fiscalité, la commande publique – produit des effets immédiats sur l’activité, l’emploi et la vitalité du centre-ville.

Il est indispensable qu’élus et chefs d’entreprise travaillent ensemble au service de l’attractivité des territoires et du développement économique local.

C’est pourquoi, la CPME propose d’adopter, pour les six années du mandat 2026-2032, une méthode claire : le « Réflexe PME ». Se poser systématiquement, avant chaque décision, la question : quel sera l’impact concret sur les TPE-PME, l’emploi et l’attractivité ? Cela suppose concertation en amont, stabilité des règles et lisibilité des engagements. C’est un véritable partenariat de mandat.

2/ À quelques semaines des élections municipales, quelles mesures un candidat devrait-il prévoir pour accroître l’attractivité de son territoire pour les entreprises et notamment les PME ?

Pour ces élections, la CPME formule 91 propositions d’actions très concrètes. S’il ne fallait n’en retenir que 3, je citerais : l’urgence de renforcer l’attractivité de nos centres-villes en répondant notamment à la question de la vacance commerciale et au besoin des professionnels comme des habitants de pouvoir y circuler plus facilement.

La maîtrise de la fiscalité locale qui pèse sur les entreprises doit être un engagement de celles et ceux qui briguent des mandats locaux.  Et la commande publique doit devenir un moteur local : allotissement, accès simplifié, priorité aux entreprises locales, respect strict du paiement à 30 jours sont les conditions pour faire gagner nos savoir-faire locaux. Nous proposons aux candidats une charte d’engagements simple et opérationnelle : 10 engagements concrets, une revue annuelle « Réflexe PME » et 3 indicateurs de suivi. Un cadre clair pour faire du développement économique un axe gagnant du mandat municipal.

3/ De façon plus générale, à l’horizon du mandat, sur quels leviers une petite ville peut-elle s’appuyer pour favoriser son développement économique ?

Les petites villes disposent de leviers puissants. Le foncier productif est central : préserver des espaces pour les artisans et les PME, réhabiliter les friches, accélérer les petits projets industriels. La continuité des services publics – mobilité, eau, déchets, numérique – conditionne directement l’activité.

Les transitions écologique et numérique doivent être pragmatiques : énergie locale décarbonée, modernisation des réseaux, très haut débit et outils numériques utiles aux entreprises.

Au fond, le développement économique tient à une gouvernance : concertation structurée, commission locale dédiée, engagements suivis dans le temps.

Adopter durablement le « Réflexe PME », c’est garantir un dialogue exigeant et des décisions lisibles, au service de l’emploi et de l’attractivité. C’est faire le choix  d’un mandat utile, lisible et favorable à l’emploi local.

Pour retrouver le Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME » : https://www.cpme.fr/espace-presse/communiques-de-presse/municipales-2026-la-cpme-appelle-les-candidats-a-adopter-le-reflexe-pme

19
février
2026
Municipales 2026 : l’APVF publie le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes (2026‑2032)

Municipales 2026 : l’APVF publie le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes (2026‑2032)

Questions de société

À l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, ancien député de Seine-Maritime et maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, publie son Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 2026‑2032. Ce Manifeste s’inscrit dans la continuité d’un mandat …

À l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, ancien député de Seine-Maritime et maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, publie son Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 2026‑2032.

Ce Manifeste s’inscrit dans la continuité d’un mandat municipal hors norme, marqué par une succession de crises : sanitaire, sociale, énergétique, climatique; durant lesquelles les maires de petites villes ont été en première ligne pour garantir la continuité du service public et répondre aux besoins essentiels des populations, en particulier les plus fragiles.

Les petites villes comme laboratoires de transitions

Le prochain mandat municipal sera à la fois au cœur des transitions et au cœur des urgences, face à deux défis majeurs : la transition écologique et la transition démographique, avec le vieillissement de la population. Convaincus que l’avenir passera plus que jamais par la proximité et par des collectivités à taille humaine, les élus des petites villes entendent rester des acteurs majeurs de l’action publique locale.

Pour dire ce qu’est ce Manifeste, il convient aussi de rappeler ce qu’il n’est pas. Il n’est ni un bilan de l’action menée depuis 2020, ni un programme municipal, ni un plaidoyer à l’égard du Gouvernement. Fidèle à l’ADN de l’APVF, il se veut exigeant et proposant, en offrant aux maires une ligne d’action pour la prochaine mandature.

Articulé autour de la notion centrale du « bien vivre » – bien se déplacer, bien se loger, bien grandir, bien vieillir – le Manifeste fait écho aux priorités exprimées par les citoyens : la santé, la sécurité, la mobilité, le logement et la transition écologique. Il rappelle également que les petites villes constituent de véritables laboratoires de transitions, capables d’expérimenter des solutions concrètes, adaptées aux réalités locales.

Dix préconisations pour préparer l’avenir des petites villes

Structuré autour de plusieurs axes, le Manifeste vise à préparer l’avenir dès maintenant. Parmi l’ensemble des 24 pages, dix préconisations structurantes sont mises en avant :

  • la création d’un adjoint à la santé dans chaque commune, afin d’intégrer la santé de manière transversale dans les politiques locales (prévention, environnement, alimentation, lien social) ;
  • la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse de lutte contre l’isolement des personnes âgées, fondée sur le lien social, l’intergénérationnel, le maintien à domicile et la lutte contre la fracture numérique ;
  • un engagement renforcé contre l’habitat indigne, reposant sur une mobilisation des outils de police du maire et des programmes de revitalisation ;
  • le développement d’une sécurité de proximité, appuyée sur des polices municipales renforcées et mutualisées ;
  • une adaptation concrète au changement climatique, notamment par la rénovation thermique des bâtiments publics et scolaires ;
  • une politique municipale volontariste en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap ;
  • la sanctuarisation des budgets culturels, considérés comme un pilier du lien républicain et de la cohésion locale ;
  • la réduction des fractures numériques, en particulier pour les seniors ;
  • la recherche d’un équilibre entre sobriété financière et réindustrialisation des territoires, alors que 70 % des emplois industriels sont localisés dans des communes de moins de 20 000 habitants ;
  • enfin, la redynamisation des centres-villes par la mixité commerciale et la pérennisation du programme Petites villes de demain, avec des moyens renforcés en ingénierie.

Un repère pour les équipes municipales de demain

Dans un contexte politique national incertain, le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes se veut à la fois un repère et une boussole pour les futures équipes municipales. Il réaffirme le rôle central des petites villes dans l’équilibre des territoires et propose une vision fondée sur la proximité, la solidarité et la capacité d’innovation locale.

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Présentation du Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes à la presse le mercredi 11 février 2026 dans les locaux de l'APVF (Paris). (Crédit: APVF)

De gauche à droite: Antoine Homé, Maire de Wittenheim (68), Premier Vice-président de l'APVF ; Christophe Bouillon, Maire de Barentin (76), Président de l'APVF ; Daniel Cornalba, Maire de l'Etang-la-Ville (78), Membre du Bureau de l'APVF.