La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), a fait paraître une étude intitulée « Les conditions d’exercice des accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ». Alors que les communes ont rencontré des difficultés à faire appliquer par l’Etat dans le cadre de la loi Vial, cette étude met l’accent sur les conditions d’exercice de ces travailleurs essentiels.
Les AESH ont pour mission d’accompagner les élèves en situation de handicap dans les apprentissages, les interactions sociales et certains gestes de la vie scolaire. L’étude met en évidence un fort engagement professionnel, associé à un sentiment d’utilité élevé. Toutefois, ces fonctions s’exercent dans un cadre souvent contraint, marqué par des temps de travail partiels, une rémunération modeste.
L’organisation du travail des AESH apparaît comme un élément structurant de leurs conditions d’exercice. Une part importante d’entre eux intervient auprès de plusieurs élèves, parfois dans plusieurs établissements. Cette configuration implique des déplacements fréquents et une adaptation constante aux différents contextes éducatifs. Elle peut également limiter leur intégration dans les équipes pédagogiques et compliquer la coordination avec les enseignants.
L’étude accorde une attention particulière aux différents temps de la journée scolaire. Elle montre que les AESH interviennent majoritairement pendant le temps de classe, mais aussi, dans certains cas, lors de temps « hors-classe », comme la pause méridienne.
Ces temps spécifiques font apparaître des interactions avec des acteurs qui ne relèvent pas directement de l’Éducation nationale. Le rapport souligne ainsi que les AESH peuvent être amenés à adapter leur activité en fonction de consignes ou d’organisations locales propres à ces moments de la journée. Il met en évidence l’existence de configurations variées selon les établissements.
Par ailleurs, les conditions matérielles d’exercice constituent un autre aspect abordé par l’étude. Les AESH évoquent des situations hétérogènes en matière d’accès aux ressources pédagogiques, aux espaces de travail ou aux équipements adaptés. Ces éléments influencent concrètement leur capacité à accompagner les élèves dans de bonnes conditions. Le rapport met en évidence cette variabilité sans en attribuer explicitement les causes à des acteurs institutionnels spécifiques.
Enfin, la coopération avec les différents professionnels de la communauté éducative apparaît comme un facteur déterminant. Les relations avec les enseignants sont globalement jugées positives, mais l’étude souligne que la qualité de la coordination dépend largement des contextes locaux et de l’organisation mise en place au sein des établissements.
Ce nouveau rapport devrait éclairer d’un jour nouveau les discussions parlementaires à venir. Une proposition de loi de la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier propose en effet d’accorder le statut de fonctionnaire après trois ans d’ancienneté. Les Sénateurs se sont opposés à cette mesure du fait de son coût, estimé à 4,3 milliards d’euros.
Le ministre de l’Education nationale a affirmé que les travaux sur le statut des AESH se poursuivraient au sein de son ministère.
Pour en savoir plus sur l’étude de l’Education nationale sur les AESH