Coopération territoriale : un moteur de l’investissement local

14 avril 2026 Finances et fiscalité locales

L’agence France Locale, partenaire de l’APVF, et l’INET ont fait paraître une étude sur la coopération interterritoriale pour faire face aux enjeux climatiques. Les auteurs mettent en évidence son rôle de moteur de l’investissement local.

L’étude publiée en 2026 par l’AFL, la banque des collectivités locales, et l’INET s’inscrit dans le cadre de leur partenariat avec le CNFPT. Réalisée par cinq élèves de l’INET avec l’appui de l’AFL et d’I4CE, avec une participation de l’APVF au sein de son comité d’experts, elle porte sur la coopération interterritoriale comme levier de la transition écologique et de l’investissement public local. Elle repose sur l’analyse d’une quarantaine de coopérations impliquant des collectivités de différentes strates, ainsi que sur plus de cinquante entretiens menés auprès d’acteurs publics et parapublics. Cette publication constitue la septième étude conduite conjointement depuis 2020 autour du financement des transitions.

L’étude met en évidence le rôle croissant de la coopération interterritoriale dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et des enjeux climatiques majeurs. Ces coopérations permettent aux collectivités de mutualiser leurs ressources, qu’il s’agisse d’ingénierie, d’expertise ou de financements, de partager les risques financiers et de rationaliser les investissements. Elles facilitent également un changement d’échelle, rendant possible l’accès à des financements publics et privés plus importants. Ces dynamiques renforcent la résilience des territoires et leur capacité à mener des projets structurants de transition écologique.

Les coopérations étudiées mobilisent une grande diversité d’outils juridiques et financiers. Parmi ceux-ci figurent des dispositifs conventionnels comme les ententes, les groupements de commandes ou les contrats de réciprocité, mais aussi des structures de projet telles que les syndicats, les pôles d’équilibre territorial et rural (PETR), les parcs naturels régionaux (PNR) ou les pôles métropolitains. D’autres formes d’organisation reposent sur des opérateurs dédiés, comme les sociétés d’économie mixte (SEM), les sociétés publiques locales (SPL), les sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) ou encore des associations. Cette diversité reflète la capacité d’adaptation des collectivités aux spécificités de leur territoire.

L’étude rappelle que les enjeux écologiques — notamment dans les domaines des mobilités, de l’eau, de l’énergie, de l’agriculture, des déchets et de l’aménagement — dépassent les frontières administratives traditionnelles. En réponse, les collectivités développent des coopérations permettant d’agir à des échelles plus pertinentes, correspondant aux bassins de vie et aux interdépendances territoriales.

Plusieurs enseignements thématiques sont mis en avant. Dans le domaine de l’eau, la coopération apparaît essentielle pour gérer la ressource, prévenir les risques et financer des infrastructures à l’échelle des bassins versants. En matière de transition énergétique, elle permet de mobiliser des investissements importants, notamment via des structures d’économie mixte et des réseaux interterritoriaux. Par exemple, concernant l’agriculture et l’alimentation, les coopérations favorisent la structuration de filières locales et le développement de projets alimentaires territoriaux. Pour les déchets, elles facilitent la mutualisation des coûts et des infrastructures, ainsi que le développement de pratiques d’économie circulaire. Enfin, dernier exemple, en matière d’aménagement durable, elles permettent de planifier à l’échelle des bassins de vie et de renforcer les capacités d’expertise et d’investissement.

L’étude met toutefois en évidence la fragilité de ces coopérations, souvent dépendantes de dynamiques locales, de volontés politiques et de financements dépendants des situations locales. Elle souligne la nécessité de consolider une culture de la coopération, de sécuriser les ressources financières et de reconnaître pleinement ces démarches comme un mode d’action publique à part entière.

Télécharger l’étude « Faire face aux enjeux climatiques : la coopération interterritoriale comme moteur de l’investissement local »

Télécharger le communiqué de presse de l’Agence France Locale