Les petites villes face au défi de la coopération interterritoriale

22 avril 2026 Transition écologique et énergétique

Face à des enjeux climatiques de plus en plus complexes, les collectivités locales doivent repenser leurs modes d’action. Une étude portée par l’AFL et l’INET, à laquelle l’APVF a contribué, met en lumière un constat partagé sur le terrain : la coopération entre territoires devient un passage obligé pour agir efficacement, à condition d’en lever les freins.

La gestion de l’eau, la prévention des inondations, la transition énergétique ou encore le traitement des déchets ne peuvent plus être pensés à l’échelle d’une seule commune ou d’un seul groupement. Ces politiques publiques s’inscrivent désormais dans des logiques de flux, de bassins de vie et d’interdépendances qui dépassent largement les périmètres administratifs.

C’est précisément ce que démontre l’étude conduite par l’AFL et l’INET, en analysant une quarantaine de coopérations entre collectivités. En croisant retours d’expérience et analyse des pratiques, elle met en évidence le rôle structurant de l’interterritorialité dans la mise en œuvre de la transition écologique.

Des réponses à construire à une échelle élargie

L’un des apports majeurs de cette étude est de rappeler que les enjeux environnementaux s’organisent à une autre échelle que celle des institutions. La qualité de l’eau dépend d’actions menées en amont, les risques d’inondation se jouent à l’échelle d’un bassin versant, les mobilités ou les dynamiques énergétiques dépassent les frontières locales.

Dans ce contexte, la coopération entre territoires ne constitue pas un niveau supplémentaire d’action publique, mais bien une manière de prolonger et d’adapter les politiques existantes là où elles trouvent leurs limites.

Pour les petites villes, cette réalité est particulièrement tangible : elles sont souvent dépendantes de décisions ou d’aménagements situés en dehors de leur territoire, tout en restant pleinement responsables vis-à-vis de leurs habitants.

Mutualiser pour agir : une réponse aux contraintes locales

L’étude met également en lumière un second enjeu central : celui des moyens. Dans un contexte budgétaire contraint, la coopération apparaît comme un outil concret pour mutualiser les investissements, partager l’ingénierie et accéder à des financements plus importants.

Qu’il s’agisse de projets liés à l’eau, à l’énergie ou aux déchets, les coopérations permettent d’atteindre une taille critique et de sécuriser des opérations qui seraient difficilement soutenables à l’échelle d’une seule collectivité. Elles favorisent aussi la montée en compétence des équipes locales et l’émergence de projets plus ambitieux.

Pour les petites villes, ces logiques de mutualisation sont devenues indispensables pour continuer à investir et à innover.

Une dynamique encore fragile

Pour autant, l’étude souligne que ces coopérations restent encore largement dépendantes de la volonté des acteurs locaux. Elles reposent souvent sur des montages complexes, nécessitant une ingénierie juridique et financière importante, ainsi qu’un travail de coordination dans la durée.

Les freins identifiés sont nombreux : difficulté à construire un consensus entre territoires, coexistence de structures déjà en place, manque de lisibilité des financements ou encore poids des contraintes réglementaires.

À cela s’ajoute un constat plus structurel : les coopérations interterritoriales ne disposent pas toujours de la reconnaissance ni des moyens nécessaires pour s’inscrire pleinement dans les politiques publiques locales.

Vers une nouvelle manière de faire de l’action publique

Au-delà des constats, l’étude apporte un éclairage utile sur les conditions de réussite de ces coopérations. Elle insiste notamment sur l’importance de construire des objectifs partagés, de s’appuyer sur des démarches progressives et de trouver des équilibres durables entre gouvernance et financement.

Elle met également en avant le rôle clé de l’ingénierie et de l’animation territoriale, souvent sous-estimé, mais indispensable pour faire vivre ces dynamiques dans le temps.

En filigrane, c’est bien une évolution des pratiques de l’action publique locale qui se dessine : plus transversale, plus partenariale et davantage ancrée dans les réalités des territoires.

Télécharger l’étude « Faire face aux enjeux climatiques : La coopération interterritoriale comme moteur de l’investisssement local »