Déserts médicaux : l’APVF appelle à une politique de l’Etat et des collectivités beaucoup plus volontariste

11 juin 2026 Santé, vieillissement et action sociale

Alors que le Sénat examine ce jeudi 11 juin la proposition de loi portée par le député Guillaume Garot visant à lutter contre les déserts médicaux, l’Association des Petites Villes de France rappelle l’urgence d’apporter des réponses concrètes à la fracture sanitaire qui touche une grande partie des territoires.

Depuis plusieurs années, les petites villes constatent une dégradation continue de l’accès aux soins : difficultés à trouver un médecin traitant, délais d’attente de plus en plus longs pour accéder à certains spécialistes, renoncements aux soins faute de rendez-vous ou de moyens financiers. Cette situation fragilise directement la cohésion territoriale et l’égalité d’accès au service public de santé.

Dans ce contexte, l’APVF a cosigné, par la voix de Nathalie Nieson, Maire de Bourg-de-Péage et Vice-présidente trésorière de l’Association, une tribune publiée dans Le Monde appelant à « une politique d’Etat plus volontariste qui oriente les installations des nouveaux médecins ».

L’Association rappelle que les élus locaux ne peuvent plus être laissés seuls face à cette crise. Les politiques exclusivement incitatives montrent aujourd’hui leurs limites et conduisent parfois à une concurrence entre territoires pour attirer les professionnels de santé, au prix d’investissements lourds pour les collectivités.

Pour autant, l’APVF tient à rappeler que les mesures proposées ne relèvent pas d’une logique coercitive à l’égard des médecins. Elles visent avant tout à mieux organiser la répartition territoriale de l’offre de soins afin de garantir un accès équitable à la santé sur l’ensemble du territoire national.

La proposition de loi prévoit notamment de conditionner l’installation d’un nouveau médecin dans les zones déjà suffisamment dotées au départ d’un praticien. Un principe qui existe déjà pour d’autres professions de santé et qui vise à répondre aux déséquilibres territoriaux croissants.

L’APVF souligne également que cette réflexion doit s’inscrire dans une approche globale associant renforcement de la formation, amélioration des conditions d’exercice, développement des maisons de santé, soutien aux coopérations entre professionnels et accompagnement durable des collectivités.

Comme le rappelle la tribune, « le problème ne concerne pas uniquement le volume de médecins disponibles », mais bien « une inégalité croissante en matière de répartition territoriale des médecins ».