Conjoncture économique : une rentrée dans le dur

3 septembre 2026 Finances et fiscalité locales

A l’image des rencontres des entreprises de France qui se sont tenues les 26 et 27 août dernier, la rentrée s’annonce morose voire inquiétante. A quelques mois de l’élection présidentielle, les signaux économiques sont globalement tous au rouge : croissance à l’arrêt, pouvoir d’achat en recul, inflation galopante et dépenses publiques insuffisamment maîtrisées.

Au deuxième trimestre 2026, la croissance du PIB reste nulle ce qui représente une légère amélioration comparée au premier trimestre 2026 où celui-ci reculait de 0,2%. Toutefois, cette situation reste bien éloignée des objectifs du Gouvernement d’une croissance à 0,7% pour l’année 2026.

Dans le même temps, l’inflation progresse fortement à hauteur de 2,7% sur un an au mois d’août 2026. Cette augmentation s’explique notamment par la hausse des prix de l’énergie dans un contexte d’intensification de la guerre en Ukraine et d’instabilité importante liée à la situation dans le détroit d’Ormuz où les Etats-Unis poursuivent leur engagement contre l’Iran.

Enfin, le contexte de faible croissance voir même de stagnation associée à une inflation importante due à des influences extérieures s’inscrit dans une situation tendue pour les finances publiques. Les marges de manœuvre budgétaires sont extrêmement réduites : la dette publique s’établissait à 3 536 milliards d’euros, soit 117,5% du PIB au premier trimestre 2026. Si le Gouvernement s’est engagé à réduire le déficit public, celui-ci s’est établi à 5,1% du PIB pour l’année 2025, bien loin des objectifs de trajectoire nécessaire pour ramener le déficit sous les 3 % du PIB à l’horizon 2029.

A l’aune de l’examen du PLF 2027 par les Assemblées et à l’approche de l’élection présidentielle, les collectivités territoriales se retrouvent prises entre deux contraintes : elles doivent continuer à investir pour soutenir l’activité économique tout en faisant face à une réduction progressive de leurs marges de manœuvre financières.

Ces dernières ont pourtant d’ores et déjà largement contribué au redressement des comptes publics. Un rapport de la Délégation sénatoriale aux collectivités territoriales publié le 25 juin 2026 par les sénateurs Thierry COZIC, Bernard DELCROS et Nadine BELLUROT établit le constat suivant : en 2024, les collectivités territoriales ont subi une perte de recettes de 5,5 milliards d’euros par rapport aux compensations initialement prévues. De plus et selon les estimations des rapporteurs, la sous-compensation atteindrait 7,7 milliards d’euros dès 2026 si les règles actuelles sont maintenues.

La conjoncture économique reste fragile faute d’une dynamique d’investissement des acteurs publics et privés et d’une reprise de la consommation des ménages. Tout le monde semble attendre l’élection présidentielle de mai 2027 pour obtenir une meilleure visibilité dans l’avenir et ainsi peut-être permettre de relancer la machine économique au point mort.