Accès aux soins, les élus locaux ne veulent plus être mis devant le fait accompli

10 septembre 2026 Santé, vieillissement et action sociale

À l’occasion des Universités d’été de la Fédération hospitalière de France (FHF), mercredi 9 septembre, Christophe Bouillon, Président de l’APVF et Vice-président de la FHF, est intervenu lors d’une table ronde consacrée à la place croissante des élus locaux dans l’organisation territoriale de la santé.

Réuni aux côtés de Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, de Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale de l’ARS Grand Est, et de Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, Christophe Bouillon a défendu la nécessité de mieux associer les élus locaux aux décisions qui concernent l’accès aux soins dans leurs territoires. La FHF a placé cette séquence au cœur de ses Universités d’été, organisées cette année autour de la promesse d’un accès aux soins pour toutes les générations.

Pour le président de l’APVF, les maires exercent déjà une responsabilité de fait en matière de santé. Lorsqu’un médecin quitte une commune, qu’un service hospitalier est menacé ou que les délais d’accès aux soins s’allongent, ce sont d’abord vers les élus locaux que se tournent les habitants. Les petites villes multiplient ainsi les initiatives : maisons et centres de santé, mise à disposition de locaux, accueil des internes, développement de la télémédecine ou encore actions en faveur de l’attractivité des professionnels.

Cette implication ne doit cependant pas conduire à un désengagement de l’État. Christophe Bouillon a rappelé que l’égalité d’accès aux soins demeure une responsabilité nationale : les collectivités peuvent accompagner et faciliter les solutions locales, mais elles ne peuvent pas être placées en concurrence pour attirer les mêmes professionnels de santé.

Un enjeu d’autant plus important que les inégalités d’accès aux soins continuent de s’aggraver. Selon le dernier baromètre de la FHF, 73 % des Français déclarent avoir renoncé à au moins un soin au cours des cinq dernières années, notamment en raison de délais d’attente devenus trop importants.

Enfin, les échanges ont souligné l’importance d’une organisation des soins pensée à l’échelle des bassins de vie. Pour l’APVF, les coopérations hospitalières et les GHT doivent permettre de mieux organiser l’offre de soins, sans aboutir à une concentration systématique des activités au détriment des établissements et services de proximité.

Une conviction résumée au cours de ces Universités d’été : améliorer l’accès aux soins suppose de construire davantage les politiques de santé avec les territoires et leurs élus.