À quelques jours de la présentation du projet de loi de finances pour 2027, le président de l’Association des petites villes de France (APVF), Christophe Bouillon, s’est entretenu ce jeudi 24 septembre avec Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Un échange consacré aux conditions dans lesquelles les collectivités pourront être associées au redressement des comptes publics, tout en préservant leur capacité d’action.
Pour l’APVF, les petites villes sont prêtes à prendre leur part à l’effort national. Elles rappellent toutefois que les collectivités ont déjà été fortement sollicitées en 2025 et 2026, notamment à travers le DILICO, les baisses individuelles de DGF, la diminution de certaines compensations fiscales et la progression de leurs charges.
Cette position a été réaffirmée cet après-midi par Christophe Bouillon lors d’un échange avec Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, auquel participait également Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine et Vice-président de l’APVF.
« Donner de la visibilité aux élus »
L’entretien avec la ministre a permis à l’APVF de réaffirmer une priorité : préserver les marges de manœuvre des petites villes, alors que celles-ci doivent continuer à investir et à assurer leurs services publics dans un contexte financier contraint.
Christophe Bouillon a notamment insisté sur la nécessité de sécuriser les dispositifs qui conditionnent directement la capacité d’investissement local, au premier rang desquels le FCTVA, le Fonds vert et les crédits de soutien à l’investissement. Pour les petites villes, la visibilité est essentielle : les projets de rénovation, d’adaptation au changement climatique ou de revitalisation des centres-villes se construisent sur plusieurs années et ne peuvent être soumis à des évolutions permanentes des règles de financement.
L’APVF a également rappelé l’importance de la prolongation du programme Petites Villes de Demain, annoncée par le Gouvernement, et la nécessité de sécuriser dans la durée le financement de l’ingénierie et des chefs de projet. La revitalisation des petites villes suppose en effet un accompagnement qui s’inscrit dans le temps long.
Une clarification attendue sur la trajectoire financière
Cet échange intervient alors que le Premier ministre a récemment adressé au président du Sénat, Gérard Larcher, un courrier précisant le cadre financier envisagé pour les collectivités en 2027. Sébastien Lecornu y indique que le Gouvernement retiendra une progression des ressources des collectivités locales au niveau de l’inflation. Sur la base d’une hypothèse d’inflation de 1,8 %, il estime que les collectivités disposeraient ainsi de plus de 5 milliards d’euros de ressources supplémentaires en 2027, après leur contribution à l’effort national.
Cette annonce constitue un élément nouveau dans le cadrage du PLF 2027. Elle appelle toutefois des précisions sur la définition des ressources concernées, la nature de la contribution demandée aux collectivités et sa répartition entre les différents niveaux de collectivités. Le Premier ministre indique d’ailleurs souhaiter s’appuyer sur les travaux du Sénat, en lien avec les associations d’élus, pour construire cette répartition.
Construire une relation financière plus stable
Au-delà des arbitrages du PLF 2027, l’APVF souhaite donc ouvrir une réflexion plus large sur la relation financière entre l’État et les collectivités.
Les maires doivent pouvoir disposer suffisamment tôt de règles claires pour préparer leur budget et programmer leurs investissements. L’APVF appelle ainsi à davantage de stabilité des dispositifs, à une concertation renforcée avec les associations d’élus et à une visibilité pluriannuelle sur les dotations et les dispositifs de soutien.
À l’occasion de son échange avec Françoise Gatel, Christophe Bouillon a ainsi porté une ligne claire : les petites villes sont prêtes à contribuer au redressement des comptes publics, mais cet effort doit être compatible avec leur capacité à investir, à conduire les politiques de transition écologique et à préserver le bon fonctionnement des services publics de proximité.
L’APVF entend poursuivre ce dialogue avec le Gouvernement et le Parlement dans les prochaines semaines, à mesure que les contours du PLF 2027 et les modalités de contribution des collectivités se préciseront.
Pour une présentation détaillée du projet de loi de finances pour 2027, inscrivez vous vite à la journée finances locales de l’APVF du 20 octobre 2026 en cliquant ici.
