Après une saison 2026 marquée par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, la mission parlementaire sur les feux de forêt propose de revoir en profondeur la prévention du risque. Des travaux qui font directement écho aux réflexions engagées par l’APVF, dont la commission consacrée à la résilience face aux incendies et aux canicules s’est réunie le 29 septembre.
Avec plus de 90 000 hectares brûlés et près de 220 000 personnes évacuées, l’été 2026 a confirmé un changement d’échelle du risque incendie. Celui-ci gagne désormais des territoires jusque-là moins exposés, de la Bretagne à l’Alsace en passant par les zones de montagne.
Face à cette évolution, la mission parlementaire consacrée aux feux de forêt appelle à renforcer la prévention plutôt qu’à concentrer les moyens sur la seule lutte contre les incendies. Les obligations légales de débroussaillement (OLD) occupent une place centrale dans ses propositions. Leur application reste aujourd’hui complexe et insuffisante : seulement 30 % auraient été effectivement réalisées en 2025.
Le rapport propose notamment de clarifier les responsabilités entre propriétaires et de permettre aux communes ou intercommunalités d’organiser des opérations collectives de débroussaillement. Il ouvre surtout la voie à une question essentielle : celle du financement. Parmi les pistes avancées figurent un fonds dédié aux OLD et la possibilité pour les collectivités de disposer d’une ressource spécifique, sur un modèle proche de la GEMAPI.
L’APVF veut passer aux propositions
Ces sujets étaient au cœur de la commission thématique de l’APVF réunie le 29 septembre. Les échanges ont confirmé la nécessité de simplifier la mise en œuvre des OLD, mais aussi de donner aux maires les moyens humains, techniques et financiers d’exercer leurs responsabilités.
L’APVF souhaite désormais travailler à des propositions dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027. Plusieurs pistes sont à l’étude : un financement pérenne des opérations de débroussaillement, la création d’une ressource dédiée pour les territoires exposés et une meilleure adaptation du calendrier des OLD aux réalités locales.
L’enjeu est simple : la prévention des incendies doit changer d’échelle, mais elle ne peut pas reposer sur les seules communes. À chaque nouvelle responsabilité confiée aux collectivités doivent correspondre des moyens clairement identifiés.
