Pauvreté des personnes âgées : l’APVF appelle à mieux lutter contre le non-recours aux droits

1 octobre 2026 Santé, vieillissement et action sociale

Léo Prassel, maire de Bavilliers et membre du conseil d’administration de l’APVF, et André Robert, délégué général de l’Association, ont été auditionnés mercredi 30 septembre à l’Assemblée nationale. Devant la commission d’enquête consacrée à l’augmentation de la pauvreté, ils ont notamment alerté sur le non-recours aux droits et les difficultés rencontrées par les personnes âgées les plus modestes.

La pauvreté des personnes âgées ne se résume pas au seul niveau de leur pension. Dans les petites villes, les élus constatent des situations beaucoup plus concrètes : renoncement aux soins, difficultés de mobilité, isolement, logement inadapté ou encore difficulté à accéder aux aides existantes.

Au cours de l’audition, une attention particulière a été portée à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Cette prestation doit garantir un niveau minimal de ressources aux retraités disposant de faibles revenus. En 2026, ce montant peut atteindre 1 043,59 euros par mois pour une personne seule.

Le dispositif reste pourtant marqué par un niveau très important de non-recours. Les dernières estimations disponibles indiquent qu’environ la moitié des personnes qui pourraient bénéficier du minimum vieillesse ne le demandent pas. Ce phénomène représenterait près d’un milliard d’euros de prestations non versées. Ces estimations reposent toutefois sur des données anciennes et doivent aujourd’hui être actualisées.

Plusieurs explications ont été évoquées : la méconnaissance des droits, la complexité des démarches mais aussi la crainte de la récupération de l’ASPA sur succession. Si le seuil à partir duquel cette récupération peut intervenir a été fortement relevé ces dernières années, le principe reste susceptible de décourager certains bénéficiaires potentiels. En 2026, la récupération ne peut intervenir en métropole que sur la fraction de l’actif net successoral dépassant 108 586,14 euros.

Pour l’APVF, cette situation montre les limites d’une politique sociale qui repose encore largement sur la capacité des personnes à connaître leurs droits et à effectuer elles-mêmes les démarches.

Les communes au plus près des situations de fragilité

Les petites villes et leurs CCAS occupent à cet égard une place particulière. Leur proximité avec les habitants permet souvent d’identifier des situations qui échappent aux statistiques : une personne âgée isolée qui ne demande pas une aide à laquelle elle pourrait prétendre, des difficultés à payer certaines dépenses essentielles ou encore un renoncement progressif aux soins et aux déplacements.

L’enjeu est donc aussi celui de l’aller-vers. Les communes, les CCAS, les maisons France Services, les caisses de retraite et les associations doivent pouvoir mieux partager l’information et orienter les personnes vers leurs droits.

Cette proximité ne doit toutefois pas conduire à faire reposer la lutte contre la pauvreté sur les seules collectivités. L’APVF a rappelé la nécessité de mieux articuler solidarité nationale et action locale, tout en donnant aux acteurs de terrain les moyens d’accompagner les personnes les plus fragiles.

L’audition réunissait également Frédéric Chéreau, maire de Douai et représentant de Villes de France. Elle s’inscrit dans les travaux de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les causes et les conséquences de l’augmentation de la pauvreté, notamment pour les travailleurs seniors et les personnes âgées.