Violences urbaines : les questions de fond

21 octobre 2026 Sécurité et prévention

Comme l’ensemble des associations d’élus, l’APVF condamne sans ambiguïté les violences commises le week-end dernier, à l’issue des manifestations, dans un certain nombre de grandes villes, mais aussi dans des villes petites et moyennes, notamment à Coulaines, dont le maire, Christophe Rouillon, est membre du Bureau de l’APVF.

L’APVF exprime une nouvelle fois son soutien aux communes concernées, mais aussi aux commerçants, aux pompiers et aux forces de l’ordre, victimes de ces violences.

Mais dénoncer les casseurs n’empêche en rien de s’interroger avec gravité sur la profondeur du « mal français » qui ronge notre pays depuis des années. Il manque une réflexion de fond sur l’accroissement des fractures territoriales, sociales et démographiques que dénonce l’APVF depuis des années. Il est encore permis d’espérer que ces questions seront abordées lors de la prochaine élection présidentielle. Les maires des petites villes sonnent le tocsin : il est minuit moins le quart.

Au-delà de ces questions de fond, les violences de ces derniers jours soulèvent également des interrogations sur leurs conséquences financières pour les collectivités territoriales. Les dégradations des bâtiments et équipements publics, les dépenses engagées pour remettre en état les espaces publics et les dommages subis par les commerçants représentent autant de difficultés pour les territoires concernés. Ces événements interviennent alors que de nombreuses communes rencontrent déjà des difficultés croissantes pour assurer leurs biens, dans un contexte de hausse des primes, des franchises et de restrictions de garanties.

Dans ce contexte, la question de l’indemnisation constitue un enjeu majeur. Dans un communiqué du 19 octobre, France Assureurs a annoncé plusieurs mesures exceptionnelles, notamment l’allongement à 30 jours du délai de déclaration des sinistres, l’accélération des procédures d’expertise et d’indemnisation, ainsi que la possibilité de faciliter le versement d’acomptes. Ces engagements concernent également les collectivités territoriales dont les biens ont été endommagés.

Ces premières mesures ne doivent toutefois pas faire oublier les difficultés structurelles auxquelles sont confrontées les communes en matière d’assurance. Comme l’a rappelé l’APVF dans son communiqué de presse, les collectivités ne sauraient être laissées seules face aux conséquences de ces violences. La mobilisation des assureurs doit s’accompagner d’une réflexion sur les responsabilités de l’État, les modalités d’indemnisation des dommages et les moyens permettant aux collectivités de retrouver rapidement leurs capacités d’action.

Pour les petites villes, déjà confrontées à des contraintes budgétaires importantes, il apparaît essentiel que la réparation des dégradations ne se fasse pas au détriment des investissements locaux et du maintien des services publics de proximité. Au-delà de la réponse immédiate aux violences, c’est bien la capacité des collectivités à assurer leurs missions et à préserver la cohésion des territoires qui doit être garantie.

Lire le communiqué de presse de l’APVF