Depuis le 2 novembre, les premiers docteurs juniors en médecine générale prennent leurs fonctions dans les territoires. Avec cette quatrième année d’internat, le Gouvernement entend renforcer l’accès aux soins, notamment dans les communes qui peinent à attirer de nouveaux médecins. Une évolution attendue dans de nombreuses petites villes, même si ses effets devront être appréciés dans la durée.
La quatrième année d’internat en médecine générale devient réalité. Depuis le début du mois de novembre, une première promotion de 2 682 docteurs juniors est appelée à rejoindre les cabinets médicaux, maisons de santé et centres de santé. Une seconde vague de 591 étudiants est attendue en mai 2027.
Instaurée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, cette année supplémentaire doit permettre aux futurs médecins généralistes de compléter leur formation en exerçant au plus près des patients. Pendant deux semestres de six mois, ils pourront notamment assurer des consultations en autonomie supervisée, sous la responsabilité d’un médecin maître de stage agréé.
L’enjeu est aussi territorial. Près de 80 % des docteurs juniors doivent être accueillis dans des secteurs où l’accès aux soins est difficile. Une orientation qui pourrait bénéficier à de nombreuses petites villes, confrontées depuis plusieurs années aux départs à la retraite de médecins généralistes et aux difficultés de recrutement de leurs remplaçants.
Pour les communes concernées, l’arrivée de ces jeunes praticiens pourrait apporter un peu d’oxygène à une offre de soins parfois sous tension. Elle représente également une occasion de leur faire découvrir l’exercice médical dans les petites villes et, pourquoi pas, de leur donner envie de s’y installer durablement.
Les élus locaux auront, à cet égard, un rôle à jouer. Qu’il s’agisse de faciliter l’accès à un logement, de mettre à disposition des locaux adaptés ou simplement d’accompagner les jeunes médecins dans leur découverte du territoire, les collectivités disposent de plusieurs leviers pour favoriser leur accueil.
Reste que cette réforme ne suffira pas, à elle seule, à résoudre la question des déserts médicaux. L’accueil des docteurs juniors dépendra notamment de la présence de médecins volontaires pour les encadrer, alors même que les territoires les plus fragiles manquent déjà de professionnels.
