3 questions à… Camille Decayeux, Directrice de Domosa

4 juin 2026 Santé, vieillissement et action sociale

Face au vieillissement de la population et aux besoins croissants d’accompagnement dans les territoires, les petites villes doivent inventer de nouvelles solutions de proximité. Camille Decayeux, Directrice de Domosa, revient pour la lettre des Petites Villes sur le développement de l’habitat partagé inclusif et sur les réponses concrètes pouvant être apportées aux collectivités.

1. Les petites villes sont en première ligne face aux besoins des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Quelle réponse propose Vitalliance pour accompagner ces territoires ?

Vitalliance accompagne depuis plus de 20 ans les personnes en situation de handicap et les personnes âgées à domicile, partout en France, avec aujourd’hui plus de 200 agences. Mais l’aide à domicile seule ne suffit pas toujours : certaines personnes ne peuvent plus vivre seules en sécurité chez elles, et les réponses institutionnelles classiques ne correspondent pas toujours à leurs besoins ou à leurs souhaits. C’est pour répondre à ces situations que nous avons créé Domosa, notre filiale dédiée à l’habitat partagé inclusif. Notre cœur de métier, c’est l’accompagnement des adultes en situation de handicap, personnes handicapées vieillissantes, personnes avec des troubles psychiques, cognitifs ou moteurs, pour qui il existe parfois peu de solutions adaptées sur le territoire. Domosa développe des maisons partagées à taille humaine, avec en moyenne 6 habitants, ancrées dans les communes. Nous accueillons aussi des seniors qui ne souhaitent pas entrer en EHPAD, mais c’est le volet handicap qui fonde notre identité et notre expertise. Domosa porte le projet dans son intégralité : recherche du bien, aménagement, gestion locative, coordination. Vitalliance assure l’accompagnement humain des habitants au quotidien, avec des professionnels déjà présents localement. Ce tandem permet une réponse concrète, rapide à déployer, et véritablement ancrée dans le territoire.

2. Vos projets semblent particulièrement adaptables aux réalités locales. Comment construisez-vous des solutions sur mesure en fonction des besoins et des ressources des communes ?


Nous ne partons pas d’un modèle unique importé de l’extérieur. Chaque projet se construit à partir du contexte local : quel public accueillir, adultes en situation de handicap, seniors, ou les deux, quels logements sont disponibles, quels partenaires sont déjà présents sur le territoire. Sur le volet immobilier, nous nous adaptons aux opportunités existantes : un propriétaire privé dont le bien nécessite une rénovation adaptée, un investisseur qui finance un programme neuf, un terrain à bâtir porté par un promoteur, ou encore du logement social en lien avec un bailleur. Dans tous les cas, le bien est conçu ou réaménagé pour répondre aux besoins spécifiques des habitants : espaces de vie communs, chambres individuelles, accessibilité. Cette flexibilité est au cœur de notre modèle. Concrètement, cela signifie qu’une commune rurale avec peu de foncier disponible peut tout autant accueillir un habitat partagé qu’une ville plus importante, à partir du moment où les besoins existent et qu’un bien peut être mobilisé. Derrière Domosa, il y a Vitalliance et ses 200 agences réparties sur l’ensemble du territoire français, déjà présentes et connues dans beaucoup de ces communes.

3. Concrètement, comment un maire ou une équipe municipale peut-il s’engager dans ce type de démarche aux côtés de Vitalliance ?

La première étape est accessible : nous contacter pour un échange informel autour du contexte local, les besoins identifiés, les familles en attente d’une solution, le foncier potentiellement disponible. Il n’est pas nécessaire d’avoir un projet ficelé pour nous appeler. Le maire n’a pas à porter le projet financièrement : notre modèle repose sur une séparation claire des rôles, un propriétaire ou investisseur privé porte l’actif immobilier et loue le bien à Domosa, qui en assure l’exploitation : aménagement, gestion locative, coordination de l’accompagnement. Ce que la commune apporte, c’est une connaissance fine du terrain que nous n’avons pas : identifier un bien disponible, faire le lien avec les familles concernées, faciliter les échanges avec les acteurs locaux du médico-social, et donner une légitimité au projet aux yeux des habitants. Cet appui est précieux, et souvent déterminant pour que le projet se concrétise rapidement. Dans les communes où Vitalliance est déjà présent, et elles sont nombreuses, le premier contact est souvent plus proche qu’on ne le pense : l’agence locale connaît déjà les familles, les besoins, parfois même les biens. Nous construisons vraiment ces projets avec les élus, pas à leur place.