3 questions à… Cathy Venturino-Gabelle, Maire de Barjols (Var)

3 septembre 2026 Transition écologique et énergétique

À la suite des importants incendies qui ont touché plusieurs territoires français cet été, La Lettre des petites villes a souhaité donner la parole aux maires concernés. Cette semaine, Cathy Venturino-Gabelle, Maire de Barjols (83), témoigne de la situation vécue sur son territoire et répond à nos questions.

1. Les incendies du Gros Bessillon ont fortement mobilisé votre territoire cet été. Comment la commune de Barjols a-t-elle fait face à cette situation et quel rôle avez-vous été amenée à jouer en tant que maire ?

La Commune de Barjols a mis en œuvre son Plan Communal de Sauvegarde (PCS). En tant que Maire, j’ai effectué un travail de coordination entre mes équipes impliquées, élus, agents, la Réserve Communale de Sécurité Civile / Comité Communal des Feux et Forêts (RCSC/CCFF),et le SDIS, les services de l’Etat, les services DFCI de la CCPV, les jeunes agriculteurs, les jeunes chasseurs, les bénévoles et les différents services de gestion des forêts. J’ai également communiqué beaucoup d’informations, relayées notamment sur les différents supports de communication de la Mairie et également auprès des médias.

Notre PCS était à jour et nos équipes opérationnelles, ce qui nous a permis de gagner du temps dans la coordination et la mise en œuvre du : « qui fait quoi »

Le Préfet et Sous-Préfète ont été très présent et à l’écoute, ce qui a été un véritable plus. Je réceptionnais et coordonnais les remontés du terrain par les jeunes agriculteurs et chasseurs et les transmettais à la Sous-Préfète ou au SDIS. Cela nous a permis d’avoir une meilleure anticipation et une bonne réactivité des services de secours.

2. Quels enseignements tirez-vous de cet épisode, notamment en matière de coordination des secours, d’information et de protection de la population ?

La coordination inter service est essentielle lors d’une crise.

Les services de secours doivent être guidés et ont besoin de remontées terrain. S’écouter et travailler ensemble n’est pas toujours simple. Lorsqu’on y arrive les résultats sur le terrain sont visibles, on arrive à contenir au mieux les événements et donc à en maîtriser les dégâts même si, malheureusement, certains ont tout perdu ou ont été lourdement touchés. Cela aurait vraiment pu être pire.

Nos administrés ont besoin d’avoir des informations sur la situation en temps réel et même en anticipation, cela nous permet de mieux les protéger.

Les habitants avec les bonnes informations données tout au long de l’année, par le biais d’information hebdomadaires de la RCSC/CCFF, comme nous le faisons à Barjols, peuvent se préparer au mieux aux situations de crise qui pourraient toucher nos communes.

3. Alors que le risque incendie s’étend et s’intensifie dans de nombreux territoires, de quels moyens et de quel accompagnement les petites villes ont-elles aujourd’hui besoin pour mieux prévenir et affronter ces crises ?

Nous avons besoin d’un soutien des services de l’Etat que ce soit en matière de prévention comme pour les Obligations Légales de Débroussaillement (OLD). Expl. Aujourd’hui, lorsque le propriétaire d’un terrain doit faire ses OLD à 50 mètres, que cela le mène chez son voisin, il a souvent toutes les peines du monde pour se mette en conformité. Il faudrait que cela soit plus simple ou que le propriétaire d’un terrain non bâti ait au moins des obligations d’éclaircissement. De même, si une parcelle est identifiée être dans un couloir de feu, des obligations d’éclaircissement important, qui pourraient être légiférées, auraient un caractère obligatoire.

Pour cela je compte sur la mission parlementaire qui vient d’être confiée, par le 1er Ministre en suite du Beauvau de la Sécurité Civile, aux Sénateurs Françoise DUMONT et Olivier BITZ notamment.

En matière opérationnelle, des moyens de secours complémentaires, tant sur le plan humain que matériel terrestres et aériens, deviennent nécessaire. Nous l’avons vu cet été, malheureusement, avec le réchauffement climatique, les incendies ne concernent plus seulement le SUD de la France.