La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Florent Yann Lardic, Maire d’Audierne (Finistère) qui répond à nos questions.
1. Vous êtes le nouveau maire d’Audierne : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
J’ai 41 ans et je viens d’être élu maire d’Audierne, un port de pêche, station balnéaire et petite ville à la pointe bretonne, à 45 minutes de Quimper en direction de New York. Audierne et le Cap Sizun sont le lieu de mes racines familiales et, il y a trois ans, j’ai décidé d’y revenir vivre. Après mes études à Sciences Po Bordeaux, j’ai intégré le cabinet de Jean-Marc Ayrault à Nantes en 2008, un mandat marqué par des réalisations assez exaltantes en matière de transport et d’écologie. J’ai ensuite rejoint Paris et l’APVF, puis un cabinet ministériel. En 2017, je n’ai pas eu envie de rester et je suis revenu à Nantes. Petit à petit, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour de la vie dans les métropoles et je suis revenu m’établir à Audierne. Dans ma commune de 3 700 habitants, je ne suis pas le seul à faire ce mouvement des grandes vers les petites villes.
J’ai toujours eu la passion du développement local, j’ai été engagé politiquement (au PS, à Ensemble sur nos territoires), mais ce qui me motive le plus, c’est l’amélioration des conditions de vie et la transformation écologique pour ne pas subir le changement climatique.
2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir maire ?
À la source, c’est un héritage familial autour de l’engagement, transmis par mon grand-père artiste peintre et enseignant, Edmond Lardic, et par mes parents. C’est ensuite ma socialisation politique. C’est enfin mon parcours professionnel, qui devient aujourd’hui une boîte à outils. Je nourris en particulier un lien quasi familial avec l’APVF, où j’ai été conseiller de 2012 à 2014 et à laquelle je suis resté très attaché. Je continue d’assister aux Assises depuis que j’en suis parti, car j’adore l’ambiance et les échanges !
Je crois pouvoir dire, avec le recul, que j’ai perçu chez les élus de l’association une vitalité, une possibilité de transformer concrètement un territoire, qui a nourri cette ambition de devenir maire aujourd’hui. À force de travailler pour tous les territoires de France, je me suis dit : « pourquoi ne pas travailler pour ton coin comme maire ? ».
Il faut dire que la commune concentre des enjeux passionnants : la fixation de l’emploi local, notamment au travers de la pêche, l’accompagnement du vieillissement et l’adaptation des infrastructures au changement climatique, alors que nous sommes à la pointe bretonne, très frappée par les excès du climat. Nous accueillons les premiers réfugiés climatiques et ce n’est que le début.
3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?
Mon principal projet, c’est la rénovation, pour les 50 ans à venir, de l’école publique, une école exceptionnelle face au port. Économies d’énergie, présence des enfants au cœur de la ville, synergies entre écoles, vie locale et commerce. L’école est le symbole d’une « ville qui vit toute l’année » que nous avons souhaitée pendant la campagne.
Deuxièmement, c’est la cohésion sociale de la commune. Il faut à la fois accompagner le bien vieillir dans une commune où 50 % de la population a plus de 60 ans et attirer ou retenir les jeunes ménages. Il faut à la fois préserver les marqueurs d’identité du Cap Sizun, qui reposent sur des lieux ou des temps forts, et accueillir une population de néo-résidents. Cela peut se traduire par un peu de tension qui se cristallise autour de la question du logement, surtout que les résidences secondaires accaparent déjà 46 % des maisons. La cohésion sociale passe donc par une intervention publique locale pour modérer le prix des loyers et créer les conditions du brassage des populations.