L’Association des Petites Villes de France (APVF), représentée par son vice-président Jean-Michel Morer, maire de Trilport, a participé ce matin au comité des élus réuni par le ministre de l’Éducation nationale. Cette réunion a permis aux représentants des principales associations d’élus d’échanger sur les conséquences des récents épisodes de canicule dans les établissements scolaires, avant d’aborder les perspectives ouvertes par la baisse durable de la démographie scolaire.
Sur le premier point, un constat s’est largement imposé : les collectivités ne peuvent plus gérer les épisodes de fortes chaleurs dans l’urgence. Si les élus ont reconnu que la coordination avec les services de l’État s’était améliorée par rapport aux années précédentes, ils ont souligné la nécessité de disposer désormais d’un cadre national clair, fondé sur l’anticipation et une répartition explicite des responsabilités entre l’État, l’Éducation nationale et les collectivités. Tous ont insisté sur l’importance d’une communication cohérente afin d’éviter les injonctions contradictoires auprès des familles et des personnels.
Les échanges ont également mis en évidence les limites des moyens dont disposent les communes pour adapter leurs écoles au changement climatique. Plusieurs élus ont rappelé que les collectivités ne pourront pas, seules, financer les investissements nécessaires à la rénovation du bâti scolaire. Ils ont appelé à un renforcement de l’accompagnement financier de l’État, tout en soulignant que les dispositifs actuels, notamment le Fonds vert, demeurent insuffisamment dotés et souvent trop complexes à mobiliser. Au-delà des opérations lourdes de rénovation, Jean-Michel Morer a plaidé pour un soutien aux aménagements rapidement mobilisables, susceptibles d’améliorer les conditions d’accueil dès les prochains étés.
La discussion s’est ensuite tournée vers les conséquences de la baisse durable des effectifs scolaires. En présentant des projections faisant état d’une diminution d’environ 1,7 million d’élèves d’ici 2035, le ministère a confirmé que cette évolution imposait de repenser l’organisation du réseau scolaire. Le ministre a ainsi présenté l’expérimentation conduite dans dix-huit départements, qui vise à construire une vision pluriannuelle de la carte scolaire en tenant compte non seulement de la démographie, mais aussi des réalités propres à chaque territoire, qu’il s’agisse des transports, du bâti scolaire ou de l’offre de services.
Si l’APVF accueille favorablement cette évolution de méthode, Jean-Michel Morer a tout de même tenu à rappeler au Ministre que la carte scolaire ne pouvait être appréhendée sous le seul angle des effectifs. L’école demeure un levier essentiel d’aménagement du territoire, particulièrement dans les communes rurales où elle conditionne souvent l’attractivité résidentielle et le maintien des services publics. En outre, il a indiqué que la baisse démographique devrait être mise à profit pour améliorer la qualité du service public d’éducation, notamment en renforçant l’accompagnement des élèves les plus fragiles et en préservant une offre scolaire de proximité adaptée aux besoins des territoires.
