Commerce de proximité : encourager « l’adaptagilité » des commerçants 

13 mai 2026 Attractivité et revitalisation

Philippe Le Goff, maire de Guingamp, a été auditionné au titre de l’Association des Petites Villes de France, à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la mission d’information sur l’avenir du commerce de proximité. M. Le Goff a rappelé le caractère essentiel du développement du commerce non seulement pour des raisons d’attractivité mais comme garantie du lien social.

Le maire de Guingamp et membre du Conseil d’administration de l’APVF a rappelé que le commerce de proximité occupe une place centrale dans les dynamiques territoriales contemporaines. Au-delà de sa seule fonction économique, il constitue un vecteur de lien social, d’attractivité et de circulation des flux au sein des villes et des centres-bourgs. Il participe ainsi à la structuration de la vie collective et contribue à « faire société » en créant des espaces de rencontre, de convivialité et d’échanges entre habitants.

Cette dimension sociale du commerce de proximité demeure fortement attendue par les populations. La fréquentation des commerces ne répond pas uniquement à une logique de consommation : elle traduit également une recherche de proximité humaine, d’animation urbaine et de qualité de vie. Les commerces constituent souvent des repères du quotidien et des lieux de sociabilité essentiels, notamment dans les territoires fragilisés ou confrontés à des mutations démographiques et économiques.

Toutefois, M. Le Goff a rappelé que le secteur connaît aujourd’hui des transformations profondes. La nature même du commerce évolue sous l’effet des nouveaux usages, du développement du numérique et des changements dans les comportements d’achat. Le marché commercial se caractérise désormais par une offre souvent supérieure à la demande, entraînant une concurrence accrue entre acteurs et territoires.

Dans ce contexte, la capacité d’adaptation des commerçants devient un enjeu majeur. Il apparaît nécessaire de favoriser, ce que M. Le Goff appelle leur « adaptagilité », c’est-à-dire leur aptitude à ajuster rapidement leurs pratiques, leurs services et leurs modèles économiques aux évolutions des attentes des consommateurs. La dimension expériencielle du moment d’achat prend également une importance croissante : les commerces sont de plus en plus attendus sur leur capacité à proposer des expériences différenciantes, personnalisées et créatrices de valeur sociale.

Cette évolution implique de renforcer les dispositifs de formation et d’accompagnement des commerçants, depuis la phase de création jusqu’à l’ouverture et au développement de leur activité. Une approche reposant uniquement sur une logique de renouvellement spontané des acteurs économiques, dans une perspective strictement « schumpétérienne », ne paraît plus suffisante pour répondre aux enjeux actuels. L’accompagnement doit intégrer des dimensions économiques, numériques, managériales mais aussi territoriales et sociales.

Afin de garantir la prospérité du commerce de proximité, l’APVF plaide ainsi pour développer une approche globale et transversale de l’attractivité territoriale. Le commerce ne peut plus être pensé isolément, mais doit être inscrit dans une stratégie « à 360 degrés » associant habitat, mobilité, services publics, espaces publics, tourisme et transition numérique. Des dispositifs tels que Petites Villes de Demain ou Action Cœur de Ville s’inscrivent dans cette logique de revitalisation intégrée des territoires.

Cette approche doit également tenir compte des nouvelles réalités géographiques et logistiques. La traditionnelle opposition entre métropoles et « France périphérique » tend à laisser place à une « France des corners de livraison », structurée par les nouvelles chaînes de distribution, les plateformes numériques et les attentes croissantes en matière de rapidité et de proximité des services.

Dans ce cadre, il apparaît nécessaire de renforcer les capacités d’action des collectivités locales, et en particulier des maires, afin de leur permettre d’accompagner efficacement ces mutations commerciales. Le retour de dispositifs d’intervention directe, à l’image du FISAC, pourrait constituer un levier important pour soutenir les commerces de proximité, favoriser l’innovation territoriale et accompagner la transformation des centralités urbaines et rurales.