Conjoncture économique : un climat d’incertitude marqué par les tensions énergétiques

7 mai 2026 Finances et fiscalité locales

La conjoncture économique mondiale s’est nettement tendue depuis le début du printemps 2026, sous l’effet du conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les marchés de l’énergie. Dans une note présentée le 5 mai 2026 par les études économiques de La Banque Postale, les analystes soulignent le retour d’un risque inflationniste et ses conséquences potentielles sur la croissance, les taux d’intérêt et l’immobilier.

Le principal point d’inquiétude concerne le pétrole. Le Moyen-Orient représente près d’un tiers de la production mondiale de brut et le blocage du détroit d’Ormuz perturbe fortement les échanges maritimes. Depuis le début du conflit, la production régionale aurait diminué d’environ 12 millions de barils par jour, créant un déficit d’offre majeur sur le marché mondial. Résultat : le prix du baril de Brent est passé de 60 dollars en début d’année à plus de 115 dollars fin avril, avec un pic à 120 dollars atteint fin mars.

Cette flambée des prix de l’énergie commence déjà à se répercuter sur l’inflation. En zone euro, celle-ci atteint désormais 3 %, contre 1,9 % en février. En France, l’inflation s’établit à 2,2 %. Cette évolution pousse les marchés à anticiper un durcissement des politiques monétaires, notamment de la part de la Banque centrale européenne, qui pourrait relever ses taux à plusieurs reprises d’ici la fin de l’année.

L’économie française, qui avait relativement bien résisté en 2025 avec une croissance de 0,9 %, montre désormais des signes de ralentissement. La croissance a été nulle au premier trimestre 2026, tandis que la consommation des ménages et l’investissement reculent légèrement. Les enquêtes de conjoncture se dégradent également sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques. Les prévisions tablent désormais sur une croissance limitée à environ 0,8 % cette année, sous réserve que le conflit ne s’aggrave pas.

Les économistes distinguent toutefois plusieurs scénarios possibles. En cas de résolution rapide du conflit, les prix de l’énergie pourraient refluer progressivement et limiter les effets durables sur l’économie. À l’inverse, un conflit prolongé ou des perturbations durables des infrastructures pétrolières entraîneraient un choc comparable à celui de 2022, avec une inflation plus élevée et un resserrement monétaire plus marqué.

Enfin, le marché immobilier français, qui avait connu une reprise en 2025 grâce à la baisse des taux de crédit et au redressement des transactions, pourrait entrer dans une phase de stabilisation. La remontée progressive des taux et le retour de la hausse des prix immobiliers devraient limiter le dynamisme observé l’an dernier.

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