Alors que l’accès aux soins demeure l’une des principales préoccupations des petites villes, plusieurs textes et annonces majeurs vont rythmer les prochaines semaines. La proposition de loi transpartisane portée par Guillaume Garot pour lutter contre les déserts médicaux arrivera enfin au Sénat le 11 juin prochain, après son adoption à l’Assemblée nationale il y a un an.
Ce texte prévoit notamment une régulation de l’installation des médecins libéraux dans les territoires déjà bien dotés, afin de favoriser une meilleure répartition de l’offre de soins. Une mesure vivement contestée par les syndicats médicaux, mais soutenue par de nombreux élus locaux confrontés à l’aggravation des inégalités territoriales de santé. L’Association des Petites Villes de France soutient cette proposition de loi, estimant qu’il devient indispensable de donner aux territoires les plus fragiles des outils concrets pour lutter contre la désertification médicale.
Dans le même temps, la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, a présenté devant les parlementaires sa feuille de route pour les mois à venir. Parmi les priorités affichées : l’accès aux soins, la prévention, la santé mentale, le grand âge et la petite enfance. Concernant les territoires, la ministre a confirmé l’accélération du déploiement du réseau « France Santé », censé renforcer la coopération entre professionnels, développer la télémédecine et créer de nouveaux lieux de soins dans les zones sous-dotées.
Les petites villes suivent également avec attention l’arrivée, en novembre prochain, des 3.700 docteurs juniors de médecine générale dans les territoires prioritaires. Mais la ministre a prévenu que tous les territoires ne pourront pas être servis dès cette première vague, faute d’encadrants suffisants. Une déclaration qui risque de nourrir les inquiétudes de nombreux maires déjà confrontés aux difficultés de recrutement médical.
Autre sujet de vigilance : la situation financière des hôpitaux. Le gouvernement a confirmé 1,1 milliard d’euros de crédits mis en réserve pour 2026, dans un contexte de fortes tensions budgétaires. Stéphanie Rist souhaite désormais engager une réforme visant à réduire durablement les déficits hospitaliers en renforçant les mutualisations territoriales, notamment via les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Des évolutions qui pourraient avoir des conséquences importantes pour l’organisation des soins dans les petites villes, déjà confrontées à des restructurations hospitalières régulières.
Enfin, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi portée par Vincent Caure visant à reconnaître plus facilement les diplômes des médecins formés au Royaume-Uni avant le Brexit. L’APVF avait également soutenu cette initiative, considérant qu’elle constitue une réponse pragmatique aux difficultés d’accès aux soins rencontrées dans de nombreux territoires. Cette mesure pourrait permettre à plusieurs centaines de praticiens supplémentaires d’exercer en France dans les prochains mois, alors que de nombreuses petites villes continuent de manquer de médecins.
