Fausse-consigne sur les bouteilles en plastique : les collectivités restent mobilisées

3 septembre 2026 Transition écologique et énergétique

Relancé au printemps 2026 par le Gouvernement, le projet de consigne pour recyclage des bouteilles en plastique continue de susciter une forte opposition des associations de collectivités locales, dont l’APVF.

Le Gouvernement justifie cette relance par le retard français en matière de collecte. Selon les dernières données reprises par le ministère de la Transition écologique, 58,3 % des bouteilles en plastique pour boissons ont été collectées en 2024, avec de fortes disparités selon les territoires. L’objectif européen est fixé à 90 % de collecte séparée en 2029.

Les associations de collectivités parlent de « fausse-consigne », car le dispositif envisagé vise le recyclage et non le réemploi. Les bouteilles rapportées dans les points de collecte seraient ainsi destinées à être recyclées, alors qu’elles peuvent déjà l’être aujourd’hui dans le cadre de la collecte organisée par les collectivités.

Pour ces dernières, la principale inquiétude concerne les conséquences du dispositif sur l’équilibre du service public local de gestion des déchets. Le retrait des bouteilles en plastique du circuit actuel pourrait priver les collectivités d’une partie des matières les plus valorisables, tout en maintenant à leur charge la collecte et le traitement des autres emballages.

L’APVF défend avec les autres associations d’élus une autre trajectoire : réduire les emballages à la source, développer le réemploi et améliorer les performances du système actuel de collecte et de recyclage. Les collectivités demandent notamment que les 14 propositions alternatives qu’elles portent depuis 2023 soient pleinement examinées.

Le dialogue avec le Gouvernement s’est fortement tendu le 30 juin dernier, lorsque plusieurs associations de collectivités ont quitté une réunion au ministère de la Transition écologique, estimant que les échanges ne portaient plus réellement sur l’opportunité du dispositif mais sur les seules modalités de sa mise en œuvre.

La mobilisation doit se poursuivre à la rentrée avec une manifestation nationale organisée le 8 septembre à Paris, à l’initiative d’AMORCE, afin de défendre le service public local de gestion des déchets.