Finances locales : La Banque Postale alerte sur les marges de manœuvre des collectivités

8 octobre 2026 Finances et fiscalité locales

Dans sa dernière note de conjoncture consacrée aux finances locales, publiée en octobre 2026, La Banque Postale dresse un constat en demi-teinte : si les collectivités locales font preuve d’une nouvelle fois d’une réelle résilience en 2026, leurs perspectives financières apparaissent nettement plus incertaines à l’approche de 2027.

Les comptes locaux devraient rester relativement solides en 2026. Les recettes de fonctionnement progresseraient de 2,1 %, pour atteindre 289,1 milliards d’euros, tandis que les dépenses de fonctionnement augmenteraient de 2,2 %, à 244,3 milliards d’euros. L’épargne brute progresserait ainsi légèrement, de 1,5 %, pour atteindre 44,8 milliards d’euros. Dans le même temps, les dépenses d’investissement reculeraient de 2,6 %, à 78,5 milliards d’euros, tandis que l’encours de dette progresserait de 3,4 %, pour atteindre 230 milliards d’euros.

Cette relative résistance ne doit toutefois pas masquer la fragilité croissante des équilibres locaux. La Banque Postale relève que les dotations et compensations fiscales versées par l’État diminueraient de 1,3 % en 2026, tandis que les collectivités continuent de faire face à la progression de leurs dépenses de personnel et de leurs dépenses d’intervention. La DGF apparaît globalement stable, mais cette stabilité masque d’importants mouvements internes et notamment le financement de la progression de la péréquation par des prélèvements sur certaines dotations.

2027 s’annonce surtout comme une année de fortes incertitudes. La Banque Postale anticipe un environnement économique moins favorable, marqué par une croissance limitée, un chômage élevé et des taux d’intérêt durablement plus importants. Le resserrement du marché immobilier pourrait également peser sur les recettes liées aux transactions immobilières. Selon l’étude, ces facteurs pourraient conduire les collectivités à reporter ou à redimensionner certains projets du nouveau mandat.

La CPEB, nouveau point de tension

La note consacre une attention particulière au dispositif prévu par le projet de loi de finances pour 2027 : la contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), qui doit remplacer le DILICO à hauteur de 2,5 milliards d’euros.

La Banque Postale relève plusieurs points de vigilance. Le prélèvement serait définitif et reposerait sur une assiette large de collectivités, avec un taux pouvant atteindre 3 %, déterminé à partir d’un indice mêlant ressources et charges. Surtout, l’étude souligne l’absence de référence au niveau d’épargne brute : dans certains cas, le prélèvement pourrait ainsi être supérieur à l’épargne disponible de la collectivité, ce qui pourrait conduire à une augmentation localisée de la pression fiscale.

Cette analyse rejoint une préoccupation majeure des petites villes : la capacité contributive d’une commune ne peut être appréciée à partir de ses seules ressources sans tenir compte de ses charges et de sa capacité réelle d’autofinancement. Dans un contexte où les dépenses de fonctionnement restent dynamiques et où les besoins d’investissement demeurent considérables, un prélèvement déconnecté de l’épargne disponible risque en effet de fragiliser les collectivités les moins en capacité d’absorber un nouveau choc financier.

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