Le pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) confirme une amélioration des indicateurs financiers des collectivités territoriales en 2025. Après plusieurs années marquées par les conséquences de la crise énergétique et inflationniste, les dépenses de fonctionnement progressent à un rythme plus modéré et l’épargne locale se redresse.
Pour autant, cette amélioration globale ne doit pas masquer les difficultés structurelles auxquelles demeurent confrontées de nombreuses petites villes. Certes, le ralentissement de l’inflation a permis d’atténuer certaines tensions budgétaires, notamment sur les dépenses énergétiques. La progression des charges de fonctionnement des communes est ainsi nettement moins dynamique qu’au cours des exercices précédents. Mais cette évolution favorable résulte avant tout d’un contexte économique plus clément et non d’un renforcement durable des marges de manœuvre financières des collectivités.
Le rapport souligne d’ailleurs la persistance de plusieurs facteurs de fragilité. Les dépenses d’assurance poursuivent leur forte progression, sous l’effet de l’augmentation des sinistres et du durcissement des conditions de couverture. Les dépenses de personnel continuent également d’augmenter sous l’effet des mesures nationales décidées sans compensation intégrale. Dans le même temps, les collectivités doivent faire face à des besoins croissants d’investissement pour accompagner la transition écologique, adapter les équipements publics, rénover le patrimoine communal ou répondre aux attentes des habitants en matière de services publics de proximité.
Cette pression est particulièrement forte pour les petites villes, qui constituent le premier échelon de réponse aux besoins quotidiens des citoyens. Alors même que leurs responsabilités s’élargissent, leurs ressources demeurent fragilisées par une perte progressive d’autonomie financière et par une visibilité insuffisante sur l’évolution de leurs recettes. Le redressement observé en 2025 ne saurait donc être interprété comme la fin des difficultés financières du bloc communal.
L’APVF rappelle que les petites villes ont démontré leur capacité à gérer avec rigueur leurs finances, tout en maintenant un bon niveau d’investissement. Dans un contexte de maîtrise des finances publiques, elles ne peuvent toutefois constituer une variable d’ajustement budgétaire. La stabilité des ressources locales, la prévisibilité des concours financiers de l’État et une véritable confiance accordée aux élus locaux demeurent des conditions indispensables pour poursuivre les investissements nécessaires à la cohésion sociale, à l’attractivité des territoires et à la transition écologique.
Au-delà des chiffres encourageants présentés par l’OFGL, le message est donc clair : les finances locales retrouvent un peu d’oxygène, mais les petites villes restent confrontées à des défis considérables qui appellent des réponses durables plutôt que des ajustements conjoncturels.
