Les maires des petites villes ne baissent pas les bras

24 juin 2026 Attractivité et revitalisation

Réunis les 18 et 19 juin au Palais des Rencontres de Château-Thierry pour les XXVIIIe Assises de l’Association des Petites Villes de France (APVF), plus de 400 élus, experts, partenaires et représentants institutionnels ont porté un message clair : face aux crises qui traversent notre pays, les petites villes demeurent un point d’appui essentiel pour la République.

L’APVF tient à remercier chaleureusement Sébastien Eugène, maire de Château-Thierry, ainsi que l’ensemble de l’équipe municipale pour son accueil et son engagement dans la réussite de cet événement. Pendant deux jours, les échanges ont permis d’aborder les grands défis auxquels sont confrontés les territoires : accès aux soins, transition écologique, vieillissement de la population, finances locales, sécurité, attractivité ou encore réindustrialisation.

Ces Assises ont été marquées par la présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF et ancien Premier ministre, Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, ainsi que Michel Fournier, ministre délégué à la Ruralité.

À cette occasion, Françoise Gatel a annoncé la pérennisation du programme Petites Villes de Demain pour un an. Une annonce particulièrement attendue par les élus locaux, qui voient dans ce programme un levier indispensable pour accompagner les projets de revitalisation, renforcer l’ingénierie territoriale et soutenir l’investissement local au plus près des besoins des habitants.

Autre temps fort de ces Assises : la réélection du tandem composé de Christophe Bouillon, Maire de Barentin et de Loïc Hervé, Vice-président, à la présidence de l’association. Un renouvellement qui témoigne de la confiance des élus dans l’action conduite depuis plusieurs années pour défendre les intérêts des petites villes et faire entendre leur voix auprès des pouvoirs publics.

Mais l’essentiel était ailleurs. Au terme de ces deux journées de débats, les élus ont adopté une résolution qui constitue un véritable appel à la confiance envers les territoires.

Dans un contexte marqué par les tensions internationales, les difficultés économiques, la défiance démocratique et les fractures territoriales, les maires des petites villes rappellent qu’ils sont en première ligne. Présents au quotidien auprès des habitants, des associations, des entreprises et des acteurs locaux, ils demeurent les élus de proximité par excellence. Ceux qui accompagnent les crises, apportent des réponses concrètes et maintiennent le lien républicain lorsque celui-ci vacille.

La résolution adoptée à Château-Thierry sonne également comme un signal d’alerte. Les maires refusent que les collectivités soient une nouvelle fois considérées comme une variable d’ajustement budgétaire alors même qu’elles doivent investir massivement pour répondre aux défis du vieillissement, de la transition écologique, de l’adaptation au changement climatique ou encore de la réindustrialisation.

Ils demandent davantage de stabilité, de visibilité et de confiance. Ils appellent à une véritable relance de la décentralisation afin que les élus locaux disposent des moyens nécessaires pour agir efficacement au service de leurs habitants.

L’APVF alerte également sur la gravité de la crise de l’accès aux soins. Alors que plus de 7 millions de Français n(ont pas de médecin traitant, les élus réaffirment leur attachement à une politique volontariste de lutte contre les déserts médicaux et rappellent que l’égalité d’accès aux soins ne doit jamais dépendre du lieu de résidence.

Les maires soulignent enfin l’importance de préserver les capacités d’investissement des communes. À l’heure où les petites villes portent une part essentielle des efforts de transition, d’adaptation et de cohésion territoriale, elles ont besoin d’un État partenaire plutôt que d’un État prescripteur.

À moins d’un an des échéances nationales qui dessineront l’avenir du pays, les maires des petites villes ont voulu adresser un message d’espoir autant que de responsabilité. Malgré les difficultés, malgré les contraintes et malgré les incertitudes, ils refusent le fatalisme.