Les politiques climatiques territoriales ont progressé ces dernières années, mais elles restent en décalage avec l’urgence climatique. C’est le principal enseignement du rapport du Haut Conseil pour le climat, qui appelle à un changement d’échelle rapide de l’action locale.
Des outils de planification encore inégalement déployés
La couverture des plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) atteint désormais environ 73 % des intercommunalités, un niveau en nette progression. Pour autant, les objectifs fixés restent hétérogènes et encore partiellement alignés avec les trajectoires nationales, notamment en matière d’adaptation ou de puits de carbone.
Ces écarts se traduisent concrètement par des politiques parfois peu cohérentes avec d’autres secteurs clés comme l’urbanisme ou les mobilités, ce qui limite leur efficacité.
Un besoin d’investissement encore sous-dimensionné
L’investissement des collectivités en faveur du climat est en hausse depuis le début des années 2020, mais il demeure insuffisant au regard des besoins. Plusieurs freins sont identifiés : manque de visibilité sur les ressources, complexité des dispositifs et dispersion des financements.
Le rapport insiste sur la nécessité de mettre en place des programmations pluriannuelles d’investissement pour mieux articuler stratégie climatique et stratégie financière, en particulier pour les projets structurants portés par les collectivités.
Une ingénierie encore insuffisante pour passer à l’action
Le déficit d’ingénierie constitue un autre point de blocage majeur. En 2024, les moyens nationaux dédiés à l’ingénierie territoriale (ANCT, Ademe, Cerema) sont estimés à environ 200 millions d’euros, un niveau jugé insuffisant au regard des besoins.
Ce manque se traduit par des difficultés concrètes de mise en œuvre : les crédits engagés dans certains dispositifs n’ont été consommés qu’à hauteur de 55 % en moyenne, faute de capacité d’ingénierie locale.
Des enjeux d’équité territoriale renforcés
Le rapport souligne également que les territoires sont inégalement exposés aux effets du changement climatique et inégalement armés pour y répondre. Certaines collectivités, notamment littorales, font face à des coûts d’adaptation très élevés, parfois sans rapport avec leurs capacités financières.
Dans ce contexte, les collectivités locales jouent un rôle clé pour accompagner les populations, en particulier les plus vulnérables, que ce soit en matière de logement, de mobilités ou de santé.
Simplifier et rendre plus lisible l’action publique
Enfin, la multiplication des dispositifs nationaux (programmes, appels à projets, labels) complexifie l’accès aux financements pour les collectivités. Le Haut Conseil appelle donc à une meilleure coordination et à une simplification des outils existants, notamment via la contractualisation.