À l’occasion des Assises de la sécurité des territoires organisées à Quimper les 27 et 28 mai, l’Association des Petites Villes de France (APVF), représentée par Michael Quernez, maire de Quimperlé, a participé aux échanges autour de la future Stratégie nationale de prévention de la délinquance (SNPD) 2026-2030.
Membre du Collectif inter-associatif d’élus pour la sécurité et la prévention (CIAESP), l’APVF a pris part à une rencontre avec Patricia Mirallès, secrétaire générale du CIPDR, et Anne Baretaud, cheffe du pôle prévention du SG-CIPDR, consacrée à la présentation des orientations de cette nouvelle stratégie.
Une stratégie qui reconnaît enfin le rôle central des territoires
La SNPD 2026-2030 marque une volonté de renforcer une approche territoriale, partenariale et préventive de la sécurité. Les maires et les collectivités locales y occupent une place centrale, notamment à travers les Conseils locaux et intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD et CISPD), identifiés comme les principaux outils de coordination locale.
Le texte met également l’accent sur :
- la prévention précoce auprès des jeunes en situation de fragilité ;
- l’accompagnement des familles ;
- la protection des publics vulnérables, notamment les femmes victimes de violences intrafamiliales ;
- le renforcement des coopérations entre sécurité, justice, santé, éducation et action sociale ;
- l’adaptation des réponses aux réalités des petites villes et des territoires ruraux.
Pour l’APVF, cette reconnaissance du rôle des collectivités constitue une avancée importante. Les petites villes sont souvent en première ligne face aux problématiques de sécurité du quotidien et jouent déjà un rôle majeur en matière de prévention et de cohésion sociale.
Des inquiétudes fortes sur les moyens et la gouvernance
Si le CIAESP salue les ambitions portées par cette stratégie, plusieurs points de vigilance ont été exprimés.
Le collectif insiste d’abord sur la nécessité d’une gouvernance plus claire entre l’État, les départements, les communes et les intercommunalités. Les élus locaux doivent être pleinement associés à la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques de prévention.
L’APVF partage également les inquiétudes liées aux moyens financiers consacrés à ces politiques, dans un contexte de baisse du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), désormais fixé à 46 millions d’euros. Ce recul apparaît contradictoire avec les ambitions affichées par la stratégie nationale.
Les collectivités demandent notamment :
- une visibilité pluriannuelle des financements ;
- une répartition plus lisible des crédits ;
- une meilleure adéquation entre les objectifs fixés et les ressources réellement mobilisées.
Narcotrafic et sécurité du quotidien : renforcer la prévention
Le CIAESP a également alerté sur la nécessité de mieux accompagner les collectivités face à la montée des phénomènes liés au narcotrafic, y compris dans des territoires jusqu’ici moins exposés.
Si plusieurs outils nouveaux ont été créés par la loi du 13 juin 2025, les élus estiment indispensable :
- d’améliorer l’information des maires ;
- d’évaluer concrètement l’efficacité des dispositifs ;
- de renforcer les actions de prévention auprès des jeunes et des familles ;
- de mieux protéger les élus confrontés à des pressions ou intimidations.
L’APVF rappelle que la lutte contre le narcotrafic ne peut reposer uniquement sur une logique répressive et doit s’inscrire dans une approche globale associant prévention, accompagnement social et soutien aux territoires.
Polices municipales : l’urgence d’un calendrier législatif clair
Enfin, le CIAESP a exprimé son inquiétude face au risque de report du projet de loi relatif aux polices municipales et aux gardes champêtres.
Les élus locaux attendent ce texte pour clarifier les missions, les moyens et l’organisation des polices municipales, dans le respect du principe d’égalité de sécurité sur l’ensemble du territoire. Pour l’APVF, il est essentiel que ce projet de loi puisse être examiné rapidement afin d’apporter des réponses concrètes aux collectivités confrontées à des attentes croissantes en matière de sécurité.
Une mobilisation durable des petites villes
À travers sa participation aux Assises de Quimper, l’APVF réaffirme son engagement en faveur d’une politique de prévention de la délinquance plus cohérente, plus partenariale et mieux adaptée aux réalités locales.
Les petites villes sont prêtes à assumer pleinement leur rôle, à condition que les moyens humains, financiers et organisationnels suivent les ambitions affichées par l’État.
