Téléconsultation : mieux intégrer l’outil dans les parcours de soins des territoires

3 septembre 2026 Santé, vieillissement et action sociale

Alors que les difficultés d’accès aux soins persistent dans de nombreux territoires, la téléconsultation s’est progressivement installée dans les pratiques. Deux récentes études de la DREES permettent toutefois d’en mesurer à la fois le potentiel et les limites, notamment dans les petites villes et les territoires ruraux.

En 2024, 15 % des personnes âgées de 18 ans ou plus déclarent avoir eu recours au moins une fois à une téléconsultation au cours des douze derniers mois. Mais cette pratique reste très inégalement répartie selon les territoires : 21 % des habitants des grands centres urbains ont téléconsulté, contre 12 % de ceux résidant dans les centres urbains intermédiaires, les petites villes ou les ceintures urbaines, et environ 10 % dans les territoires ruraux.

Ces écarts sont d’autant plus significatifs que la téléconsultation est largement perçue comme un outil susceptible de contribuer à la lutte contre les déserts médicaux : 73 % des personnes interrogées par la DREES partageaient cette opinion en 2023. Dans les faits, les difficultés d’accès à un médecin constituent déjà l’un des principaux moteurs du recours à distance : 43 % des télépatients expliquent avoir téléconsulté en raison de délais d’attente trop longs pour obtenir un rendez-vous en cabinet, devant le besoin d’une consultation en urgence.

La question de l’organisation de l’offre médicale reste néanmoins centrale. Une nouvelle étude de la DREES, publiée le 26 août dernier, montre qu’en 2025 les médecins généralistes libéraux déclarent travailler en moyenne 46 heures par semaine, dont 36 heures et 30 minutes consacrées aux consultations, téléconsultations et visites à domicile. Un tiers seulement des médecins généralistes interrogés indiquent réaliser des téléconsultations.

Ces données confirment que la télémédecine peut constituer un levier supplémentaire face aux tensions qui affectent l’accès aux soins, sans pour autant se substituer à une présence médicale de proximité. Pour les petites villes, l’enjeu est donc moins de multiplier les téléconsultations que de les intégrer à une véritable organisation territoriale des parcours de soins.

C’est la position défendue par l’APVF dans son Manifeste des petites villes 2026-2032. L’Association préconise le développement d’une télémédecine de proximité, ancrée dans des lieux connus et accessibles tels que les pharmacies, les Maisons France services ou d’autres lieux de proximité, accompagnée humainement et coordonnée avec les professionnels de santé locaux.

Cette approche doit permettre de garantir la continuité des parcours de soins et d’éviter que le développement du numérique ne conduise à une médecine à deux vitesses. Elle doit également s’inscrire dans une politique plus globale de lutte contre les déserts médicaux, associant maisons et centres de santé, coopération entre professionnels, pharmacies, collectivités et communautés professionnelles territoriales de santé.

La téléconsultation représente ainsi une opportunité pour améliorer l’accès aux soins dans les petites villes, à condition d’être pensée non comme une alternative à la médecine de proximité, mais comme l’un des outils d’une offre de santé territoriale mieux coordonnée.