Transition démographique : quel impact pour l’école ?

8 avril 2026 Petite enfance et éducation
Transition démographique : quel impact pour l’école ?

La transition démographique est l’un des principaux défis auquel doit s’affronter le pays pour les prochaines décennies. Si l’accent est souvent mis sur le vieillissement de la population, l’effet conjugué de la diminution de la natalité a également des répercussion sur un service public fondamental : l’école. Dans une note d’information de la direction statistique …

La transition démographique est l’un des principaux défis auquel doit s’affronter le pays pour les prochaines décennies. Si l’accent est souvent mis sur le vieillissement de la population, l’effet conjugué de la diminution de la natalité a également des répercussion sur un service public fondamental : l’école.

Dans une note d’information de la direction statistique de l’Education nationale, la DEPP, des projections d’effectifs scolaires à l’horizon 2035, mettent en évidence une diminution progressive et durable du nombre d’élèves dans l’ensemble du système éducatif, en lien direct avec la baisse des naissances observée depuis le début des années 2010.

Les générations entrant dans le système scolaire sont de moins en moins nombreuses, ce qui entraîne mécaniquement une contraction des effectifs. Cette logique est explicitement observée dans les projections de court et moyen terme : dans le premier degré, les effectifs diminuent déjà de manière continue, passant par exemple de plus de 6,1 millions d’élèves en 2025 à environ 5,7 millions en 2029, soit une baisse de plus de 560 000 élèves en cinq ans.

La baisse annuelle est elle-même significative : −90 700 élèves en 2025 (−1,4 %), puis des diminutions comprises entre environ −1,9 % et −2,1 % par an jusqu’en 2029. Cette évolution concerne à la fois le préélémentaire et l’élémentaire, avec des intensités variables selon les années, mais une tendance globale homogène à la diminution.

Dans le second degré, la baisse est plus tardive mais également structurée par la démographie. Les projections indiquent une diminution progressive à partir de 2025, avec une accélération après 2026. Dans le scénario intermédiaire, les effectifs passent par exemple à environ 5,626 millions d’élèves en 2025, puis diminuent successivement de 34 000 élèves en 2026, 49 000 en 2027, 66 000 en 2028 et 68 000 en 2029.

Ces évolutions traduisent un effet de « décalage » entre les niveaux : la baisse apparaît d’abord dans le premier degré, puis se transmet au second degré au fur et à mesure du vieillissement des cohortes. Le phénomène est donc progressif mais généralisé à l’ensemble du système éducatif.

Les projections reposent sur plusieurs scénarios (bas, intermédiaire, haut), qui intègrent des hypothèses relatives aux comportements scolaires et aux politiques éducatives. Les taux de passage entre niveaux, les poursuites d’études après la troisième, ou encore les flux d’entrées et de sorties (notamment migrations ou instruction hors établissement) influencent les résultats. Toutefois, ces facteurs jouent un rôle secondaire par rapport à la démographie, qui demeure le facteur explicatif dominant.

Malgré les incertitudes associées à ces hypothèses, tous les scénarios convergent vers une diminution des effectifs. Les différences portent essentiellement sur l’ampleur et le rythme de la baisse, et non sur son existence.

L’ampleur du phénomène est de mieux en mieux mesurée. Les arbitrages concernant les adaptations du système éducatif ne sont toutefois pas encore réalisés. Faut-il profiter de cette tendance pour fermer des classes et réaliser ainsi des économies ? Regrouper des établissements dans une logique de rationalisation ? Ou au contraire, faire bénéficier les élèves de cette dynamique pour alléger les effectifs ? En toute hypothèse, les élus locaux, et au premier chef les maires, auront besoin de visibilité de la part de l’Education nationale pour anticiper ces évolutions. Les investissements dans le bâti scolaire ne se font pas à l’échelle du mandat, mais de la génération.