3 questions à… Léo Prassel, Maire de Bavilliers (Territoire de Belfort)

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Léo Prassel, Maire de Bavilliers (90) qui répond à nos questions.  

1. Vous êtes le nouveau maire de Bavilliers : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Léo Prassel, j’ai 25 ans, je suis diplômé de Sciences Po Paris en Affaires Publiques avec une spécialisation sur les politiques sociales. J’ai débuté mon parcours professionnel par une expérience de près de 3 ans au sein de l’association social, médico-sociale et sanitaire Aurore en tant que directeur de cabinet du DG, période durant laquelle j’ai également entamé mon parcours politique en étant élu conseiller départemental sur le canton de Bavilliers. La poursuite de cet engagement public et ma prise de fonctions à la mairie de Bavilliers m’ont amené à me rapprocher professionnellement de mon département d’origine. Je suis aujourd’hui directeur d’un centre socio-culturel dans le Territoire de Belfort. 

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir maire ?

C’est l’amour de mon territoire, un besoin d’actions concrètes et palpables et la une belle dynamique citoyenne et collective qui m’ont naturellement porté vers la fonction de maire. Un savant mélange alliant (pro)vocation et concours de circonstances !

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Sur ce mandat, les principaux projets sont tournés vers l’enfance et la jeunesse avec la construction d’un espace éducatif et sportif composé d’une nouvelle école maternelle, d’un terrain multisports, et d’un terrain d’aventure. Des projets seront également portés pour améliorer l’accès aux soins avec la mise en place de téléconsultations assistées et d’un centre de santé municipal. Enfin, nous développerons des espaces de convivialité et de cohésion avec le développement d’animations municipales porteuses de sens et la création d’une Halle Publique combinant maison des associations et marché couvert. 

Rencontre des Maires des petites villes du Var

Mercredi 27 mai 2026, de 10h à 12h30

Cette rencontre permettra d’échanger autour des enjeux de résilience des territoires face aux risques climatiques, en identifiant les leviers d’action concrets à la disposition des collectivités. Elle offrira également un éclairage sur les évolutions récentes du statut de l’élu local, en abordant notamment les conditions d’exercice du mandat et les équilibres à trouver entre vie publique et vie personnelle, à partir de témoignages d’élus et d’expertises juridiques.

Cet événement est gratuit et ouvert à tous.

Besoin d’information ? Appelez-nous au 01 45 44 00 83

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème :

Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

3 questions à… Théo Caviezel, Maire de Langres (Haute-Marne)

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Théo Caviezel, Maire de Langres (52) qui répond à nos questions.  

1. Vous êtes le nouveau maire de Langres : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis Théo Caviezel, j’ai vingt-neuf ans et suis maire de Langres depuis mars dernier, ville sous-préfecture dans laquelle je suis né. J’ai toujours ressenti comme un devoir d’apporter ma pierre à l’édifice de ce territoire qui m’a façonné.

Après mes études et une première vie professionnelle dans le monde équestre, j’ai fait le choix de revenir ici. J’ai alors parcouru la Haute-Marne à vélo, sur plus de 1 200 kilomètres, à la (re)découverte de ce territoire que je connaissais finalement encore trop peu. De cette expérience est né un livre, qui a marqué le début de mon engagement.

Cet engagement s’est d’abord traduit dans le monde associatif, à travers la présidence de structures dédiées à la sauvegarde du patrimoine local. Puis il s’est élargi à l’échelle nationale avec la Fédération Française des Trucs qui Marchent, qui m’a permis, pendant plusieurs années, d’être au contact quotidien de maires et d’initiatives inspirantes partout en France.

Ce parcours m’a progressivement conduit à franchir le pas. Aujourd’hui, j’ai l’honneur de faire partie, à mon tour, de cette grande famille des maires.

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir maire ?

Je parlerais davantage d’un cheminement que d’une vocation au sens classique. Mon engagement est né sur le terrain, en étant au contact d’habitants, d’associations, d’élus, et en découvrant partout en France des initiatives locales qui améliorent concrètement la vie quotidienne.

Avec la Fédération Française des Trucs qui Marchent, j’ai vu à quel point l’échelon municipal est celui de l’action concrète, celui où l’on peut agir vite et utilement. Cela m’a convaincu que l’on pouvait faire beaucoup.

À Langres, j’ai aussi ressenti une attente forte de renouvellement, tant dans les personnes que dans la manière de faire. C’est cette envie d’être utile, de redonner de l’élan à la ville et de travailler collectivement qui m’a conduit à m’engager.

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Deux priorités majeures structurent notre action : la défense du pôle de santé langrois et la remise en mouvement de notre parc de logements. Sur la santé, la situation est aujourd’hui critique. Nous avons un hôpital qui fonctionne, avec des équipes engagées, mais dont certains services essentiels sont menacés.

Nous serons totalement mobilisés pour maintenir la chirurgie, les urgences et les services supports, tant qu’aucune alternative crédible n’existe. Cela passera par un travail étroit avec les soignants, les usagers et l’ensemble des acteurs du territoire, avec un engagement municipal fort qui a jusqu’ici fait défaut.

Parallèlement, nous voulons nous attaquer au problème des logements vacants et en péril, qui fragilisent l’attractivité de la ville. Il s’agit à la fois de réhabiliter l’existant, d’accompagner les propriétaires et de redonner vie à certains quartiers.

Mayotte : un classement intégral en quartier prioritaire dans un contexte de fortes vulnérabilités

Une évolution importante de la politique de la ville concerne désormais Mayotte, dans un contexte social et territorial particulièrement fragilisé.

Par dérogation à la loi du 21 février 2014, la loi du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte prévoit qu’à titre exceptionnel, l’ensemble des communes de l’archipel est classé quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), et ce jusqu’au 1er janvier 2030. Un décret du 30 décembre 2024 est venu adapter en conséquence la liste réglementaire des QPV.

Cette mesure vise à permettre la mobilisation des outils de la politique de la ville à l’échelle de tout le territoire, afin d’améliorer les conditions de vie des habitants, en complément des politiques de droit commun.

Elle intervient toutefois dans un contexte particulièrement dégradé. Un an après le passage du cyclone Chido, qui a fortement endommagé l’habitat et les équipements publics, Mayotte reste confrontée à des difficultés structurelles majeures : pauvreté très élevée, accès insuffisant à l’eau potable, système de santé sous tension, déficit de logements et infrastructures éducatives fragilisées. Ces vulnérabilités, déjà anciennes, ont été aggravées par les crises récentes, qu’elles soient climatiques ou sociales.

Dans ce cadre, le classement intégral en QPV constitue un levier d’action renforcé, mais il interroge également les conditions de mise en œuvre effective des politiques publiques. Pour les acteurs locaux, l’enjeu ne réside pas seulement dans l’élargissement des dispositifs, mais aussi dans la capacité à mobiliser des moyens durables, coordonner les interventions et répondre à l’urgence sociale.

Cette approche dérogatoire traduit ainsi la reconnaissance des spécificités mahoraises, tout en posant, en creux, la question plus large de l’égalité réelle entre les territoires de la République.

3 questions à…Florent Yann Lardic, Maire d’Audierne (Finistère)

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Florent Yann Lardic, Maire d’Audierne (Finistère) qui répond à nos questions. 

1. Vous êtes le nouveau maire d’Audierne : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

J’ai 41 ans et je viens d’être élu maire d’Audierne, un port de pêche, station balnéaire et petite ville à la pointe bretonne, à 45 minutes de Quimper en direction de New York. Audierne et le Cap Sizun sont le lieu de mes racines familiales et, il y a trois ans, j’ai décidé d’y revenir vivre. Après mes études à Sciences Po Bordeaux, j’ai intégré le cabinet de Jean-Marc Ayrault à Nantes en 2008, un mandat marqué par des réalisations assez exaltantes en matière de transport et d’écologie. J’ai ensuite rejoint Paris et l’APVF, puis un cabinet ministériel. En 2017, je n’ai pas eu envie de rester et je suis revenu à Nantes. Petit à petit, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour de la vie dans les métropoles et je suis revenu m’établir à Audierne. Dans ma commune de 3 700 habitants, je ne suis pas le seul à faire ce mouvement des grandes vers les petites villes.

J’ai toujours eu la passion du développement local, j’ai été engagé politiquement (au PS, à Ensemble sur nos territoires), mais ce qui me motive le plus, c’est l’amélioration des conditions de vie et la transformation écologique pour ne pas subir le changement climatique.

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir maire ?

À la source, c’est un héritage familial autour de l’engagement, transmis par mon grand-père artiste peintre et enseignant, Edmond Lardic, et par mes parents. C’est ensuite ma socialisation politique. C’est enfin mon parcours professionnel, qui devient aujourd’hui une boîte à outils. Je nourris en particulier un lien quasi familial avec l’APVF, où j’ai été conseiller de 2012 à 2014 et à laquelle je suis resté très attaché. Je continue d’assister aux Assises depuis que j’en suis parti, car j’adore l’ambiance et les échanges !

Je crois pouvoir dire, avec le recul, que j’ai perçu chez les élus de l’association une vitalité, une possibilité de transformer concrètement un territoire, qui a nourri cette ambition de devenir maire aujourd’hui. À force de travailler pour tous les territoires de France, je me suis dit : « pourquoi ne pas travailler pour ton coin comme maire ? ».

Il faut dire que la commune concentre des enjeux passionnants : la fixation de l’emploi local, notamment au travers de la pêche, l’accompagnement du vieillissement et l’adaptation des infrastructures au changement climatique, alors que nous sommes à la pointe bretonne, très frappée par les excès du climat. Nous accueillons les premiers réfugiés climatiques et ce n’est que le début.

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Mon principal projet, c’est la rénovation, pour les 50 ans à venir, de l’école publique, une école exceptionnelle face au port. Économies d’énergie, présence des enfants au cœur de la ville, synergies entre écoles, vie locale et commerce. L’école est le symbole d’une « ville qui vit toute l’année » que nous avons souhaitée pendant la campagne.

Deuxièmement, c’est la cohésion sociale de la commune. Il faut à la fois accompagner le bien vieillir dans une commune où 50 % de la population a plus de 60 ans et attirer ou retenir les jeunes ménages. Il faut à la fois préserver les marqueurs d’identité du Cap Sizun, qui reposent sur des lieux ou des temps forts, et accueillir une population de néo-résidents. Cela peut se traduire par un peu de tension qui se cristallise autour de la question du logement, surtout que les résidences secondaires accaparent déjà 46 % des maisons. La cohésion sociale passe donc par une intervention publique locale pour modérer le prix des loyers et créer les conditions du brassage des populations.

3 questions à… Florent Rossi, Maire d’Auribeau-sur-Siagne (Alpes-Maritimes)

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Florent Rossi, Maire d’Auribeau-sur-Siagne (06) qui répond à nos questions. 

« Notre objectif principal est de préserver le cadre de vie d’Auribeau-sur-Siagne »

1. Vous êtes le nouveau Maire d’Auribeau-sur-Siagne, dans les Alpes-Maritimes : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

J’ai la chance d’avoir été élu de ma commune natale à 24 ans et avec une large confiance de la part de la population ! Ce nouveau mandat de Maire s’inscrit dans une logique de continuité, ayant été adjoint durant le mandat précédent. J’avais été le plus jeune adjoint au Maire de France lors de mon élection, en 2020. En parallèle, j’ai mené des études en communication et en sciences politiques et j’ai travaillé à l’Assemblée Nationale puis chez Médiamétrie. Désormais, j’assure mes fonctions de Maire et mes mandats à la communauté d’agglomération du Pays de Grasse et comme président de l’Association des jeunes élus de France (AJEF).

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir Maire ?

Enfant, j’étais déjà passionné par la vie politique, les campagnes électorales, les débats télévisés… Et je m’intéressais à ce qu’il se passait dans ma commune ! J’ai eu envie d’agir concrètement dès les élections municipales de 2020. Durant six années, j’ai occupé les délégations de la jeunesse, de la communication, de la qualité de vie et des sports et j’étais membre du CCAS, ce qui m’a permis de mener des actions en faveur d’Auribeau-sur-Siagne. J’y ai fait des rencontres humaines exceptionnelles et développé des compétences. Pour cette élection municipale, je me suis entouré de femmes et d’hommes complémentaires, tant du point de vue des personnalités que des expériences et des parcours de vie.

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Ma commune a de vrais enjeux pour l’avenir. Nous avons la continuité des projets déjà engagés, à l’image de la rénovation du restaurant scolaire, de l’agrandissement du cimetière communal et de la réfection totale de notre église afin de protéger notre patrimoine. Et nous serons engagés sur de nouveaux projets autour de quatre piliers : agir pour toutes les générations avec la mise en place d’actions pour les jeunes et les familles, la préservation de notre cadre de vie et de la sécurité avec un plan vidéosurveillance et un nouveau poste de police municipale, la vie culturelle et touristique avec le renforcement de notre festival de théâtre organisé chaque été et de nouveaux rendez-vous à l’image de séances de cinéma en plein air, et le développement du civisme avec des journées citoyennes et éducatives ouvertes à tous. Notre objectif principal est de préserver le cadre de vie d’Auribeau-sur-Siagne, idéalement situé entre terre et mer, en protégeant son identité et ses zones naturelles, tout en réalisant de beaux projets pour faire vivre la commune en faveur de toutes les générations !

Inégalités territoriales : le fossé continue de se creuser

Le rapport public annuel 2026 de la Cour des comptes porte sur la cohésion territoriale et l’attractivité des territoires, en proposant une analyse transversale des politiques publiques locales. Il met en évidence des inégalités territoriales marquées.

Les dynamiques démographiques apparaissent plus soutenues dans les espaces urbains que dans les territoires ruraux. Des écarts de revenus significatifs contribuent également à des disparités économiques entre territoires.

Le rapport souligne l’importance des attentes sociales en matière d’accès aux services publics, ainsi que le sentiment de relégation dans certains territoires, notamment les petites villes et les zones rurales. Il observe que le développement du numérique n’a pas permis de compenser pleinement la disparition ou l’éloignement des services publics physiques.

S’agissant de l’action publique, la Cour constate que les évolutions institutionnelles, notamment le renforcement du rôle de l’État et des régions, ont contribué à une complexification de l’organisation territoriale et à une réduction des marges d’autonomie locale. Les dispositifs de correction existants (péréquation, politiques de soutien sectorielles ou territoriales) ont permis des ajustements, sans toutefois résorber en profondeur les déséquilibres.

Le rapport formule plusieurs orientations pour améliorer l’adaptation des politiques publiques aux besoins des territoires :

  • La réorganisation de l’offre de soins hospitaliers afin de mieux répondre aux évolutions démographiques et épidémiologiques, en particulier le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques.
  • L’amélioration de l’accès au logement social, notamment par une plus grande transparence des procédures d’attribution, le renforcement de la mixité sociale et le soutien à la production de logements.
  • Le renforcement de l’accès aux services publics numériques, en développant l’accompagnement des usagers et en garantissant des alternatives aux démarches dématérialisées.
  • Le développement des mobilités du quotidien dans les territoires ruraux et périurbains, en favorisant la coordination entre acteurs et la diversification des solutions de transport.
  • Le soutien à la réindustrialisation, en particulier dans les villes petites et moyennes et les territoires périphériques, via des simplifications administratives et la valorisation des friches industrielles.
  • L’adaptation de l’organisation de la sécurité aux évolutions territoriales, notamment en clarifiant la répartition des compétences et en renforçant les dispositifs de coordination.

Enfin, la Cour souligne que l’efficacité des politiques publiques territoriales repose sur une meilleure articulation entre l’État et les collectivités territoriales, ainsi que sur une adaptation plus fine des interventions aux spécificités locales.

Télécharger le rapport de la Cour des comptes en cliquant ici.

Institut Terram : des municipales loin des préoccupations nationales dans les petites Villes

À quelques jours du premier tour des élections municipales, l’Institut Terram, think tank spécialisé sur les questions territoriales, revient sur les principaux enjeux du scrutin dans une étude intitulée « Municipales : les prémices de la présidentielle ? ». Il y apparaît que les problématiques locales priment, notamment dans les petites villes.

L’étude publiée par l’Institut Terram analyse les élections municipales de 2026 comme un indicateur du climat politique précédant l’élection présidentielle, tout en soulignant que les dynamiques locales restent déterminantes. Elle met particulièrement en évidence le rôle spécifique des petites et moyennes communes, notamment celles comprises entre 2 500 et 25 000 habitants.

Dans ces territoires, la logique locale demeure dominante. Les électeurs y votent d’abord en fonction de la personnalité des candidats et de leur réputation locale plutôt que de leur appartenance partisane. À l’échelle nationale, 58 % des électeurs déclarent se déterminer principalement selon la personnalité des candidats, contre 42 % selon leur orientation politique. Cette personnalisation est encore plus marquée dans les petites villes, où les réseaux sociaux locaux, la proximité avec les élus et la visibilité concrète de l’action municipale renforcent la dimension relationnelle du vote.

La participation électorale y est également plus élevée que dans les grandes villes. Les intentions de vote atteignent environ 62 % dans les communes de moins de 10 000 habitants et 65 % dans celles de 10 000 à 20 000 habitants, contre environ 57 % dans les communes plus grandes. Ce niveau plus élevé de mobilisation s’explique par un effet de proximité : la connaissance personnelle des candidats et la perception directe des enjeux municipaux favorisent l’implication des électeurs.

Ces communes sont aussi caractérisées par une moindre politisation partisane. L’identification de la couleur politique du maire y est plus faible et les listes « sans étiquette » ou « divers » y sont fréquentes. Cette situation reflète une tradition d’« apolitisme municipal », dans laquelle les équipes locales se construisent souvent autour de projets pragmatiques (équipements, services, infrastructures) plutôt que d’oppositions idéologiques.

L’étude conclut ainsi à l’existence de deux régimes municipaux. Dans les grandes métropoles, le vote est davantage structuré par les clivages nationaux et les partis. À l’inverse, dans les petites et moyennes villes — dont celles de 2 500 à 25 000 habitants — le scrutin reste largement localiste : l’ancrage territorial, la notoriété des candidats et la gestion municipale priment sur les dynamiques politiques nationales.

Si ces élections peuvent refléter certaines tendances politiques générales, leur lecture nationale doit donc rester prudente, tant le poids des logiques locales demeure central dans ces territoires.

Retrouver l’étude menée par François Kraus sur le site de l’Institut Terram 

Municipales 2026 : l’APVF publie le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes (2026‑2032)

À l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, ancien député de Seine-Maritime et maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, publie son Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 2026‑2032.

Ce Manifeste s’inscrit dans la continuité d’un mandat municipal hors norme, marqué par une succession de crises : sanitaire, sociale, énergétique, climatique; durant lesquelles les maires de petites villes ont été en première ligne pour garantir la continuité du service public et répondre aux besoins essentiels des populations, en particulier les plus fragiles.

Les petites villes comme laboratoires de transitions

Le prochain mandat municipal sera à la fois au cœur des transitions et au cœur des urgences, face à deux défis majeurs : la transition écologique et la transition démographique, avec le vieillissement de la population. Convaincus que l’avenir passera plus que jamais par la proximité et par des collectivités à taille humaine, les élus des petites villes entendent rester des acteurs majeurs de l’action publique locale.

Pour dire ce qu’est ce Manifeste, il convient aussi de rappeler ce qu’il n’est pas. Il n’est ni un bilan de l’action menée depuis 2020, ni un programme municipal, ni un plaidoyer à l’égard du Gouvernement. Fidèle à l’ADN de l’APVF, il se veut exigeant et proposant, en offrant aux maires une ligne d’action pour la prochaine mandature.

Articulé autour de la notion centrale du « bien vivre » – bien se déplacer, bien se loger, bien grandir, bien vieillir – le Manifeste fait écho aux priorités exprimées par les citoyens : la santé, la sécurité, la mobilité, le logement et la transition écologique. Il rappelle également que les petites villes constituent de véritables laboratoires de transitions, capables d’expérimenter des solutions concrètes, adaptées aux réalités locales.

Dix préconisations pour préparer l’avenir des petites villes

Structuré autour de plusieurs axes, le Manifeste vise à préparer l’avenir dès maintenant. Parmi l’ensemble des 24 pages, dix préconisations structurantes sont mises en avant :

  • la création d’un adjoint à la santé dans chaque commune, afin d’intégrer la santé de manière transversale dans les politiques locales (prévention, environnement, alimentation, lien social) ;
  • la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse de lutte contre l’isolement des personnes âgées, fondée sur le lien social, l’intergénérationnel, le maintien à domicile et la lutte contre la fracture numérique ;
  • un engagement renforcé contre l’habitat indigne, reposant sur une mobilisation des outils de police du maire et des programmes de revitalisation ;
  • le développement d’une sécurité de proximité, appuyée sur des polices municipales renforcées et mutualisées ;
  • une adaptation concrète au changement climatique, notamment par la rénovation thermique des bâtiments publics et scolaires ;
  • une politique municipale volontariste en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap ;
  • la sanctuarisation des budgets culturels, considérés comme un pilier du lien républicain et de la cohésion locale ;
  • la réduction des fractures numériques, en particulier pour les seniors ;
  • la recherche d’un équilibre entre sobriété financière et réindustrialisation des territoires, alors que 70 % des emplois industriels sont localisés dans des communes de moins de 20 000 habitants ;
  • enfin, la redynamisation des centres-villes par la mixité commerciale et la pérennisation du programme Petites villes de demain, avec des moyens renforcés en ingénierie.

Un repère pour les équipes municipales de demain

Dans un contexte politique national incertain, le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes se veut à la fois un repère et une boussole pour les futures équipes municipales. Il réaffirme le rôle central des petites villes dans l’équilibre des territoires et propose une vision fondée sur la proximité, la solidarité et la capacité d’innovation locale.

 Télécharger le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 

 Télécharger les dix préconisations de l’APVF

 

Présentation du Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes à la presse le mercredi 11 février 2026 dans les locaux de l’APVF (Paris). (Crédit: APVF)

De gauche à droite: Antoine Homé, Maire de Wittenheim (68), Premier Vice-président de l’APVF ; Christophe Bouillon, Maire de Barentin (76), Président de l’APVF ; Daniel Cornalba, Maire de l’Etang-la-Ville (78), Membre du Bureau de l’APVF.