3 questions à…Florent Yann Lardic, Maire d’Audierne (Finistère)

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Florent Yann Lardic, Maire d’Audierne (Finistère) qui répond à nos questions. 

1. Vous êtes le nouveau maire d’Audierne : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

J’ai 41 ans et je viens d’être élu maire d’Audierne, un port de pêche, station balnéaire et petite ville à la pointe bretonne, à 45 minutes de Quimper en direction de New York. Audierne et le Cap Sizun sont le lieu de mes racines familiales et, il y a trois ans, j’ai décidé d’y revenir vivre. Après mes études à Sciences Po Bordeaux, j’ai intégré le cabinet de Jean-Marc Ayrault à Nantes en 2008, un mandat marqué par des réalisations assez exaltantes en matière de transport et d’écologie. J’ai ensuite rejoint Paris et l’APVF, puis un cabinet ministériel. En 2017, je n’ai pas eu envie de rester et je suis revenu à Nantes. Petit à petit, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour de la vie dans les métropoles et je suis revenu m’établir à Audierne. Dans ma commune de 3 700 habitants, je ne suis pas le seul à faire ce mouvement des grandes vers les petites villes.

J’ai toujours eu la passion du développement local, j’ai été engagé politiquement (au PS, à Ensemble sur nos territoires), mais ce qui me motive le plus, c’est l’amélioration des conditions de vie et la transformation écologique pour ne pas subir le changement climatique.

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir maire ?

À la source, c’est un héritage familial autour de l’engagement, transmis par mon grand-père artiste peintre et enseignant, Edmond Lardic, et par mes parents. C’est ensuite ma socialisation politique. C’est enfin mon parcours professionnel, qui devient aujourd’hui une boîte à outils. Je nourris en particulier un lien quasi familial avec l’APVF, où j’ai été conseiller de 2012 à 2014 et à laquelle je suis resté très attaché. Je continue d’assister aux Assises depuis que j’en suis parti, car j’adore l’ambiance et les échanges !

Je crois pouvoir dire, avec le recul, que j’ai perçu chez les élus de l’association une vitalité, une possibilité de transformer concrètement un territoire, qui a nourri cette ambition de devenir maire aujourd’hui. À force de travailler pour tous les territoires de France, je me suis dit : « pourquoi ne pas travailler pour ton coin comme maire ? ».

Il faut dire que la commune concentre des enjeux passionnants : la fixation de l’emploi local, notamment au travers de la pêche, l’accompagnement du vieillissement et l’adaptation des infrastructures au changement climatique, alors que nous sommes à la pointe bretonne, très frappée par les excès du climat. Nous accueillons les premiers réfugiés climatiques et ce n’est que le début.

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Mon principal projet, c’est la rénovation, pour les 50 ans à venir, de l’école publique, une école exceptionnelle face au port. Économies d’énergie, présence des enfants au cœur de la ville, synergies entre écoles, vie locale et commerce. L’école est le symbole d’une « ville qui vit toute l’année » que nous avons souhaitée pendant la campagne.

Deuxièmement, c’est la cohésion sociale de la commune. Il faut à la fois accompagner le bien vieillir dans une commune où 50 % de la population a plus de 60 ans et attirer ou retenir les jeunes ménages. Il faut à la fois préserver les marqueurs d’identité du Cap Sizun, qui reposent sur des lieux ou des temps forts, et accueillir une population de néo-résidents. Cela peut se traduire par un peu de tension qui se cristallise autour de la question du logement, surtout que les résidences secondaires accaparent déjà 46 % des maisons. La cohésion sociale passe donc par une intervention publique locale pour modérer le prix des loyers et créer les conditions du brassage des populations.

3 questions à… Florent Rossi, Maire d’Auribeau-sur-Siagne (Alpes-Maritimes)

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Florent Rossi, Maire d’Auribeau-sur-Siagne (06) qui répond à nos questions. 

« Notre objectif principal est de préserver le cadre de vie d’Auribeau-sur-Siagne »

1. Vous êtes le nouveau Maire d’Auribeau-sur-Siagne, dans les Alpes-Maritimes : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

J’ai la chance d’avoir été élu de ma commune natale à 24 ans et avec une large confiance de la part de la population ! Ce nouveau mandat de Maire s’inscrit dans une logique de continuité, ayant été adjoint durant le mandat précédent. J’avais été le plus jeune adjoint au Maire de France lors de mon élection, en 2020. En parallèle, j’ai mené des études en communication et en sciences politiques et j’ai travaillé à l’Assemblée Nationale puis chez Médiamétrie. Désormais, j’assure mes fonctions de Maire et mes mandats à la communauté d’agglomération du Pays de Grasse et comme président de l’Association des jeunes élus de France (AJEF).

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir Maire ?

Enfant, j’étais déjà passionné par la vie politique, les campagnes électorales, les débats télévisés… Et je m’intéressais à ce qu’il se passait dans ma commune ! J’ai eu envie d’agir concrètement dès les élections municipales de 2020. Durant six années, j’ai occupé les délégations de la jeunesse, de la communication, de la qualité de vie et des sports et j’étais membre du CCAS, ce qui m’a permis de mener des actions en faveur d’Auribeau-sur-Siagne. J’y ai fait des rencontres humaines exceptionnelles et développé des compétences. Pour cette élection municipale, je me suis entouré de femmes et d’hommes complémentaires, tant du point de vue des personnalités que des expériences et des parcours de vie.

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Ma commune a de vrais enjeux pour l’avenir. Nous avons la continuité des projets déjà engagés, à l’image de la rénovation du restaurant scolaire, de l’agrandissement du cimetière communal et de la réfection totale de notre église afin de protéger notre patrimoine. Et nous serons engagés sur de nouveaux projets autour de quatre piliers : agir pour toutes les générations avec la mise en place d’actions pour les jeunes et les familles, la préservation de notre cadre de vie et de la sécurité avec un plan vidéosurveillance et un nouveau poste de police municipale, la vie culturelle et touristique avec le renforcement de notre festival de théâtre organisé chaque été et de nouveaux rendez-vous à l’image de séances de cinéma en plein air, et le développement du civisme avec des journées citoyennes et éducatives ouvertes à tous. Notre objectif principal est de préserver le cadre de vie d’Auribeau-sur-Siagne, idéalement situé entre terre et mer, en protégeant son identité et ses zones naturelles, tout en réalisant de beaux projets pour faire vivre la commune en faveur de toutes les générations !

Inégalités territoriales : le fossé continue de se creuser

Le rapport public annuel 2026 de la Cour des comptes porte sur la cohésion territoriale et l’attractivité des territoires, en proposant une analyse transversale des politiques publiques locales. Il met en évidence des inégalités territoriales marquées.

Les dynamiques démographiques apparaissent plus soutenues dans les espaces urbains que dans les territoires ruraux. Des écarts de revenus significatifs contribuent également à des disparités économiques entre territoires.

Le rapport souligne l’importance des attentes sociales en matière d’accès aux services publics, ainsi que le sentiment de relégation dans certains territoires, notamment les petites villes et les zones rurales. Il observe que le développement du numérique n’a pas permis de compenser pleinement la disparition ou l’éloignement des services publics physiques.

S’agissant de l’action publique, la Cour constate que les évolutions institutionnelles, notamment le renforcement du rôle de l’État et des régions, ont contribué à une complexification de l’organisation territoriale et à une réduction des marges d’autonomie locale. Les dispositifs de correction existants (péréquation, politiques de soutien sectorielles ou territoriales) ont permis des ajustements, sans toutefois résorber en profondeur les déséquilibres.

Le rapport formule plusieurs orientations pour améliorer l’adaptation des politiques publiques aux besoins des territoires :

  • La réorganisation de l’offre de soins hospitaliers afin de mieux répondre aux évolutions démographiques et épidémiologiques, en particulier le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques.
  • L’amélioration de l’accès au logement social, notamment par une plus grande transparence des procédures d’attribution, le renforcement de la mixité sociale et le soutien à la production de logements.
  • Le renforcement de l’accès aux services publics numériques, en développant l’accompagnement des usagers et en garantissant des alternatives aux démarches dématérialisées.
  • Le développement des mobilités du quotidien dans les territoires ruraux et périurbains, en favorisant la coordination entre acteurs et la diversification des solutions de transport.
  • Le soutien à la réindustrialisation, en particulier dans les villes petites et moyennes et les territoires périphériques, via des simplifications administratives et la valorisation des friches industrielles.
  • L’adaptation de l’organisation de la sécurité aux évolutions territoriales, notamment en clarifiant la répartition des compétences et en renforçant les dispositifs de coordination.

Enfin, la Cour souligne que l’efficacité des politiques publiques territoriales repose sur une meilleure articulation entre l’État et les collectivités territoriales, ainsi que sur une adaptation plus fine des interventions aux spécificités locales.

Télécharger le rapport de la Cour des comptes en cliquant ici.

Institut Terram : des municipales loin des préoccupations nationales dans les petites Villes

À quelques jours du premier tour des élections municipales, l’Institut Terram, think tank spécialisé sur les questions territoriales, revient sur les principaux enjeux du scrutin dans une étude intitulée « Municipales : les prémices de la présidentielle ? ». Il y apparaît que les problématiques locales priment, notamment dans les petites villes.

L’étude publiée par l’Institut Terram analyse les élections municipales de 2026 comme un indicateur du climat politique précédant l’élection présidentielle, tout en soulignant que les dynamiques locales restent déterminantes. Elle met particulièrement en évidence le rôle spécifique des petites et moyennes communes, notamment celles comprises entre 2 500 et 25 000 habitants.

Dans ces territoires, la logique locale demeure dominante. Les électeurs y votent d’abord en fonction de la personnalité des candidats et de leur réputation locale plutôt que de leur appartenance partisane. À l’échelle nationale, 58 % des électeurs déclarent se déterminer principalement selon la personnalité des candidats, contre 42 % selon leur orientation politique. Cette personnalisation est encore plus marquée dans les petites villes, où les réseaux sociaux locaux, la proximité avec les élus et la visibilité concrète de l’action municipale renforcent la dimension relationnelle du vote.

La participation électorale y est également plus élevée que dans les grandes villes. Les intentions de vote atteignent environ 62 % dans les communes de moins de 10 000 habitants et 65 % dans celles de 10 000 à 20 000 habitants, contre environ 57 % dans les communes plus grandes. Ce niveau plus élevé de mobilisation s’explique par un effet de proximité : la connaissance personnelle des candidats et la perception directe des enjeux municipaux favorisent l’implication des électeurs.

Ces communes sont aussi caractérisées par une moindre politisation partisane. L’identification de la couleur politique du maire y est plus faible et les listes « sans étiquette » ou « divers » y sont fréquentes. Cette situation reflète une tradition d’« apolitisme municipal », dans laquelle les équipes locales se construisent souvent autour de projets pragmatiques (équipements, services, infrastructures) plutôt que d’oppositions idéologiques.

L’étude conclut ainsi à l’existence de deux régimes municipaux. Dans les grandes métropoles, le vote est davantage structuré par les clivages nationaux et les partis. À l’inverse, dans les petites et moyennes villes — dont celles de 2 500 à 25 000 habitants — le scrutin reste largement localiste : l’ancrage territorial, la notoriété des candidats et la gestion municipale priment sur les dynamiques politiques nationales.

Si ces élections peuvent refléter certaines tendances politiques générales, leur lecture nationale doit donc rester prudente, tant le poids des logiques locales demeure central dans ces territoires.

Retrouver l’étude menée par François Kraus sur le site de l’Institut Terram 

Municipales 2026 : l’APVF publie le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes (2026‑2032)

À l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, ancien député de Seine-Maritime et maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, publie son Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 2026‑2032.

Ce Manifeste s’inscrit dans la continuité d’un mandat municipal hors norme, marqué par une succession de crises : sanitaire, sociale, énergétique, climatique; durant lesquelles les maires de petites villes ont été en première ligne pour garantir la continuité du service public et répondre aux besoins essentiels des populations, en particulier les plus fragiles.

Les petites villes comme laboratoires de transitions

Le prochain mandat municipal sera à la fois au cœur des transitions et au cœur des urgences, face à deux défis majeurs : la transition écologique et la transition démographique, avec le vieillissement de la population. Convaincus que l’avenir passera plus que jamais par la proximité et par des collectivités à taille humaine, les élus des petites villes entendent rester des acteurs majeurs de l’action publique locale.

Pour dire ce qu’est ce Manifeste, il convient aussi de rappeler ce qu’il n’est pas. Il n’est ni un bilan de l’action menée depuis 2020, ni un programme municipal, ni un plaidoyer à l’égard du Gouvernement. Fidèle à l’ADN de l’APVF, il se veut exigeant et proposant, en offrant aux maires une ligne d’action pour la prochaine mandature.

Articulé autour de la notion centrale du « bien vivre » – bien se déplacer, bien se loger, bien grandir, bien vieillir – le Manifeste fait écho aux priorités exprimées par les citoyens : la santé, la sécurité, la mobilité, le logement et la transition écologique. Il rappelle également que les petites villes constituent de véritables laboratoires de transitions, capables d’expérimenter des solutions concrètes, adaptées aux réalités locales.

Dix préconisations pour préparer l’avenir des petites villes

Structuré autour de plusieurs axes, le Manifeste vise à préparer l’avenir dès maintenant. Parmi l’ensemble des 24 pages, dix préconisations structurantes sont mises en avant :

  • la création d’un adjoint à la santé dans chaque commune, afin d’intégrer la santé de manière transversale dans les politiques locales (prévention, environnement, alimentation, lien social) ;
  • la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse de lutte contre l’isolement des personnes âgées, fondée sur le lien social, l’intergénérationnel, le maintien à domicile et la lutte contre la fracture numérique ;
  • un engagement renforcé contre l’habitat indigne, reposant sur une mobilisation des outils de police du maire et des programmes de revitalisation ;
  • le développement d’une sécurité de proximité, appuyée sur des polices municipales renforcées et mutualisées ;
  • une adaptation concrète au changement climatique, notamment par la rénovation thermique des bâtiments publics et scolaires ;
  • une politique municipale volontariste en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap ;
  • la sanctuarisation des budgets culturels, considérés comme un pilier du lien républicain et de la cohésion locale ;
  • la réduction des fractures numériques, en particulier pour les seniors ;
  • la recherche d’un équilibre entre sobriété financière et réindustrialisation des territoires, alors que 70 % des emplois industriels sont localisés dans des communes de moins de 20 000 habitants ;
  • enfin, la redynamisation des centres-villes par la mixité commerciale et la pérennisation du programme Petites villes de demain, avec des moyens renforcés en ingénierie.

Un repère pour les équipes municipales de demain

Dans un contexte politique national incertain, le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes se veut à la fois un repère et une boussole pour les futures équipes municipales. Il réaffirme le rôle central des petites villes dans l’équilibre des territoires et propose une vision fondée sur la proximité, la solidarité et la capacité d’innovation locale.

 Télécharger le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 

 Télécharger les dix préconisations de l’APVF

 

Présentation du Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes à la presse le mercredi 11 février 2026 dans les locaux de l’APVF (Paris). (Crédit: APVF)

De gauche à droite: Antoine Homé, Maire de Wittenheim (68), Premier Vice-président de l’APVF ; Christophe Bouillon, Maire de Barentin (76), Président de l’APVF ; Daniel Cornalba, Maire de l’Etang-la-Ville (78), Membre du Bureau de l’APVF. 

Aménagement du territoire : Pour une mobilisation coordonnée État-Collectivités

Remis à la ministre chargée de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, le rapport confié à Dominique Faure, Maire de Saint-Orens de Gameville et ancienne ministre,  appelle à relancer une véritable politique nationale d’aménagement du territoire. Il plaide pour une action publique plus cohérente, moins sectorisée et davantage construite avec les collectivités locales, une orientation qui concerne directement les petites villes, en première ligne pour garantir l’accès aux services et la cohésion territoriale.

Face aux fractures territoriales persistantes, aux tensions sociales et à l’urgence écologique, la mission dresse un constat sans ambiguïté. L’action publique demeure puissante, mais elle s’est progressivement fragmentée. Les politiques de logement, de santé, de mobilités, d’environnement ou de développement économique sont encore trop souvent pensées séparément, alors qu’elles s’exercent sur les mêmes territoires et mobilisent les mêmes élus.

Cette organisation en silos nourrit une forme de complexité permanente. Les collectivités doivent composer avec une multitude de dispositifs, d’appels à projets et de financements ponctuels, parfois difficiles à articuler entre eux. Le rapport défend donc moins un nouvel outil qu’un changement de méthode : simplifier, coordonner et donner un cap commun.

L’État est ainsi invité à retrouver un rôle de stratège. Non pour prescrire uniformément, mais pour fixer une vision nationale à long terme, accompagner les dynamiques locales et mieux articuler ses politiques. L’objectif est clair : passer d’une logique descendante à une logique partenariale État-Collectivités.

Plusieurs leviers sont proposés. L’élaboration d’une stratégie nationale d’aménagement du territoire à horizon 2035 et 2050, une gouvernance associant l’ensemble des strates de collectivités, une contractualisation plus lisible fondée sur des engagements réciproques, ainsi qu’une coordination interministérielle renforcée afin d’éviter la dispersion des initiatives.

Au cœur de cette approche figure une idée simple : partir des projets de territoire. Plutôt que d’empiler des dispositifs sectoriels, il s’agit d’organiser l’action publique autour des priorités définies localement, avec les élus, les services de l’État et les acteurs socio-économiques. Le territoire devient le point d’entrée de l’action publique, et non plus sa simple zone d’application.

Pour les petites villes, cette orientation est particulièrement concrète. Situées à la charnière entre ruralité et centralités de services, elles doivent simultanément maintenir l’accès aux soins, soutenir le commerce de proximité, moderniser leurs équipements, rénover le bâti public, adapter leurs réseaux aux effets du changement climatique et préserver l’attractivité de leurs centres-bourgs. Ces enjeux dépassent largement le cadre communal et exigent une coopération étroite avec l’État et les intercommunalités.

Dans ce contexte, la stabilité des financements, la clarté des compétences et l’accès à l’ingénierie apparaissent comme des conditions essentielles d’efficacité. Les petites villes n’attendent pas une nouvelle couche de dispositifs, mais davantage de lisibilité et de capacité d’action pour mener des projets dans la durée.

En filigrane, le rapport rappelle que l’aménagement du territoire ne peut plus se réduire à des mécanismes de soutien ponctuel. Il doit redevenir un projet collectif structurant, articulant cohésion sociale, transition écologique et développement économique.

Pour l’APVF, ces orientations rejoignent directement les attentes exprimées par les maires des petites villes. Donner de la cohérence aux politiques publiques, reconnaître le rôle pivot du bloc local et contractualiser sur le long terme sont des leviers décisifs pour garantir l’égalité d’accès aux services publics sur l’ensemble du territoire.

À l’heure où se prépare le prochain mandat municipal, cette réflexion sur la méthode de l’action publique prend une dimension stratégique. Les petites villes ne sont pas de simples relais d’exécution.

Lire le rapport de la mission confiée à Dominique Faure 

Les vœux du Président de l’APVF : Nos petites villes, pôles d’équilibre et de stabilité

C’est en présence d’un public nombreux et avec la participation de la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, Madame Françoise Gatel, que le Président de l’APVF, Christophe Bouillon, a présenté les vœux de l’APVF pour 2026, mardi 20 janvier au siège de la Maison des Travaux Publics à Paris.

Il a notamment présenté ce qu’il nomme les douze « travaux d’Hercule » de l’APVF pour cette nouvelle année :

  1. Conforter et développer les partenariats institutionnels de l’association

  2. Participer à la réflexion pour un nouveau modèle de financement et de fiscalité locale

  3. Peser en faveur d’un partage de l’effort budgétaire plus juste et équitablement partagé

  4. Demander de la prévisibilité et de la visibilité pour les collectivités territoriales

  5. Œuvrer en faveur d’une décentralisation véritablement aboutie

  6. Accélérer les mesures de simplification et mettre fin à l’inflation normative

  7. Rouvrir le chantier des retraites et des indemnités des Maires de petites villes pour améliorer le statut de l’élu local

  8. Conforter le rôle des petites villes, collectivités d’équilibre et de stabilité

  9. Demander la prolongation et la pérennisation du programme « Petites Villes de Demain »

  10. Œuvrer à une X des débats de la vie politique comme cela est le cas dans les collectivités territoriales

  11. Demander à ce que la cohésion territoriale ne soit pas sacrifiée dans les prochains programmes européens

  12. Inviter tous les maires de petites villes, réels ou nouvellement élus, aux prochaines Assises des Petites Villes à Château-Thierry les 18 et 19 juin prochains

Anticipant une année complexe et incertaine pour les collectivités territoriales, Christophe Bouillon a cité une maxime de La Fontaine tirée « du Loup, du Lion et du Renard » : « Les prudents qui se fient à leurs observations évitent les obstacles ».

L’APVF publie son rapport d’activité

Le rapport d’activité 2025 de l’Association des Petites Villes de France est désormais disponible en ligne.

Ce document retrace une année d’engagement au service des petites villes, marquée par une mobilisation constante de l’APVF aux côtés de son réseau d’élus et de collectivités à taille humaine. Il revient sur les actions de plaidoyer menées, les travaux thématiques engagés, les partenariats développés ainsi que les temps forts de la vie associative.

Conçu comme un outil de transparence et de valorisation de l’action collective, ce rapport permet également de mesurer le rôle central joué par les petites villes dans l’équilibre territorial et les grandes transitions à l’œuvre.

Lire le rapport d’activité de l’APVF

3 questions à…Patrick Buffard, Directeur BU loterie et pari sportif en réseau France de FDJ

Cette semaine la Lettre des Petites Villes pose 3 questions à Patrick Buffard, Directeur BU loterie et pari sportif en réseau France de FDJ.

Quelle place le réseau de points de vente FDJ occupe-t-il aujourd’hui au sein des territoires ?

Grâce à nos près de 29 000 points de vente, nous sommes le premier réseau de proximité en France. Surtout, nous pouvons compter sur un vrai maillage territorial, puisque nous sommes présents dans plus de 11 000 communes.

Cet ancrage local nous permet de contribuer fortement au dynamisme économique des territoires. FDJ UNITED est en effet un partenaire majeur pour les commerçants de son réseau : les commissions que nous leur reversons – près d’un milliard d’euros en 2024 – représentent pour beaucoup leur deuxième source de revenus. 88 % de nos commerçants partenaires estiment ainsi que FDJ est indispensable pour leur activité et leur commerce.

Au-delà du seul soutien économique, nous avons surtout su tisser une vraie relation de confiance avec nos commerçants partenaires. Leur taux de satisfaction, que nous mesurons régulièrement, reste très élevé avec une note moyenne de 8,6/10 en 2025. C’est une très belle récompense de tout le travail effectué sur le terrain par nos équipes !

 

Comment FDJ UNITED concilie son développement à l’international avec son ancrage territorial en France ?

La France, qui représente plus de 70 % de notre chiffre d’affaires, reste le centre de gravité de FDJ UNITED. Et le dynamisme de notre activité en points de vente, avec une croissance de 3% en 2024, est un atout majeur pour la mise en œuvre de notre stratégie à horizon 2028.

Nous sommes aussi pleinement conscients de l’importance de notre réseau physique de proximité pour le tissu économique local et la cohésion sociale des territoires – en particulier dans les zones rurales. Et c’est aussi pour cela que nous avons à cœur, aujourd’hui en tant que FDJ UNITED comme hier en tant que groupe FDJ, de maintenir la vitalité de ce réseau.

Cela passe notamment par un renouvellement régulier de notre offre : nous avons par exemple lancé début novembre un nouveau jeu de loterie, Crescendo. Et nous nous nous attachons également à dépasser l’opposition entre commerce physique et digital, pour proposer à nos clients une expérience omnicanale qui conjugue le meilleur des deux univers.

Comment est-ce que FDJ UNITED peut accompagner les évolutions du commerce de proximité, et notamment lui permettre de rester attractif ?

Le commerce de proximité doit réussir à se réinventer pour rester en phase avec les attentes des clients. Pour l’accompagner, nous avons lancé un grand plan « Points de vente 2030 », construit en concertation avec la Fédération des buralistes et Culture presse.

L’un des principaux besoins remonté est la modernisation des points de vente, cruciale pour développer le trafic et la satisfaction client. Nous avons ainsi lancé un dispositif d’avances sur commissions pour nos commerçants partenaires, jusqu’à 30 000 euros, qui permet d’avoir la trésorerie nécessaire pour débuter des travaux sans rembourser les intérêts d’un emprunt classique.

La deuxième clé est la diversification de l’offre. Nous avons lancé en 2023 une offre de paiements de proximité, Nirio, qui permet aux particuliers de régler leurs dépenses du quotidien et de réaliser des dépôts et retraits d’espèces au sein d’un des plus de 10 000 points de vente FDJ agréé. En 2024, 3,2 millions de transactions ont été réalisées avec Nirio, pour un montant total de près de 256 millions d’euros.

Ce ne sont que quelques exemples de la façon dont FDJ UNITED accompagne ses commerçants partenaires, et participe ainsi à la dynamique des territoires : pour découvrir tous nos engagements, je vous donne rendez-vous sur notre stand au Salon des Maires et des Collectivités Locales (stand D 133, pavillon 4), et je vous invite également à participer à notre table ronde sur le commerce de proximité qui aura lieu le mercredi 19 novembre à 14h !

Le Président de l’APVF devant le congrès de l’ACCD’OM : « On ne peut pas dire qu’on ne savait pas ! »

Christophe Bouillon, président de l’Association des Petites Villes de France (APVF), est intervenu mercredi 12 novembre lors du congrès de l’ACCD’OM, qui se tient à Paris du 12 au 14 novembre, en clôture de la table ronde consacrée aux défis climatiques.

À l’issue des interventions portant sur l’accélération du changement climatique dans les outre-mer et sur ses conséquences sociales et économiques, Christophe Bouillon a déclaré qu’« on ne peut pas dire qu’on ne savait pas ». L’intensification des cyclones, la montée du niveau de la mer, le recul du trait de côte, les sécheresses comme les inondations, ou encore les tensions croissantes sur les ressources en eau, imposent aux élus locaux d’engager des réponses structurelles dans des délais de plus en plus contraints.

Le président de l’APVF s’est particulièrement inquiété de la baisse des crédits liés à la transition écologique dans le projet de loi de finances pour 2026, notamment ceux du Fonds vert, ainsi que, plus largement, des crédits de la mission Outre-mer. Il a en outre rappelé l’importance des agences de l’État — ADEME, ANCT, Office français de la biodiversité — dont les rôles et missions sont actuellement contestés par certains parlementaires.

En conclusion, il a exprimé le soutien et la solidarité de l’ensemble de l’APVF, déjà très présente dans les outre-mer, à l’égard de ses collègues élus ultramarins.