La CTME présente à la Commission européenne un projet en 15 points pour une réforme équilibrée de la politique de cohésion

Une délégation de la Confédération des petites villes et municipalités de l’Union Européenne (CTME) – conduite par son Président Christophe Rouillon et son Vice-président Markus Honnigfort – s’est réunie aujourd’hui à Bruxelles et a présenté à la Commission européenne un projet en 15 points pour rééquilibrer le projet de réforme de la politique de cohésion. À la suite de leur réunion à Paris en novembre 2025, les membres de la CTME, représentant les villes et municipalités de 6 pays de l’UE – Croatie, France, Allemagne, Hongrie, Italie et Roumanie – ont exprimé leurs préoccupations quant à une réforme qui pourrait entraver le modèle de développement social et territorial au niveau européen.

Considérant la politique de cohésion comme la colonne vertébrale du projet européen, la CTME demande de :

  1. Préserver le modèle européen de développement social et territorial incarné par la politique de cohésion et les fonds structurels, y compris lors de la révision à mi-parcours de 2025.
  2. Garantir la solidité et la stabilité du budget pour la politique de cohésion après 2027, en augmentant sa part actuelle dans le budget de l’UE et en maintenant un niveau équivalent en termes réels à celui de 2021–2027, avec une visibilité à long terme pour des investissements durables à l’échelle locale.
  3. Préserver les priorités stratégiques et territoriales des principaux instruments de cohésion (FEDER, FSE+) ainsi que le développement rural, la pêche et les programmes identifiés tels que LEADER.
  4. Renforcer le principe de subsidiarité par une gestion décentralisée et territorialisée des fonds de l’UE, en assurant leur adéquation avec les besoins de tous les territoires (urbains, ruraux et régions ultrapériphériques) et en préservant l’autonomie locale.
  5. Généraliser de façon contraignante le principe d’une gouvernance « multiniveau », entre différentes strates de collectivités, avec des mécanismes formalisés pour l’implication des autorités locales et régionales dans la programmation, le suivi et l’évaluation.
  6. Renforcer le rôle des communes et des autorités locales dans la conception et la mise en œuvre des politiques sociales et territoriales, pour consacrer l’importance des actions de terrain.
  7. Maintenir et renforcer des approches territorialisées et participatives, en garantissant l’initiative locale dans la définition des projets.
  8. Garantir une répartition équitable et équilibrée des fonds entre les territoires, y compris les zones rurales et celles disposant de capacités administratives limitées, et éviter la concentration des fonds entre de grands opérateurs.
  9. Répondre aux besoins spécifiques des zones rurales et périurbaines, notamment en matière de services, d’emploi et d’inclusion sociale, y compris par des affectations dédiées lorsque cela est approprié.
  10. Simplifier les exigences administratives et réglementaires, en assurant des procédures proportionnées et des exigences de suivi adaptées aux capacités des acteurs locaux.
  11. Supprimer les obstacles administratifs persistants qui entravent l’accès aux financements de l’Union Européenne, en particulier pour les petites villes et les porteurs de projets.
  12. Développer des outils d’ingénierie territoriale et des mécanismes de soutien adaptés, afin d’aider les petites villes à accéder aux fonds de l’Union Européenne et à les gérer.
  13. Promouvoir un système de gestion et de contrôle des fonds de l’Union Européenne fondé sur la confiance, notamment en ce qui concerne les actions des autorités locales et régionales. La confiance dans les autorités locales constitue la base de la politique européenne.
  14. Veiller à ce que les approches fondées sur la performance ne désavantagent pas les projets à fort impact social et environnemental, quand bien même leurs résultats seraient moins immédiatement mesurables (par exemple la promotion de solutions bas carbone et la rénovation des bâtiments).
  15. Mettre en place des mécanismes structurés de dialogue et de consultation entre les institutions européennes (Commission européenne, Parlement européen et Comité des régions…), les États membres et les réseaux d’autorités locales, afin d’impliquer pleinement les élus locaux et régionaux dans l’élaboration de l’avenir de la politique de cohésion.

Les membres de la CTME demeurent à la disposition de la Commission européenne et de leurs États membres respectifs afin de contribuer à l’élaboration d’une réforme améliorée et plus que nécessaire de la politique de cohésion.

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème :

Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Fonds européens : l’APVF interpelle le ministre

Dans un courrier en date du 8 avril, Christophe Bouillon, Maire de Barentin, Président de l’APVF, et Christophe Rouillon, Maire de Coulaines, Président de la Confédération des Petites, ont interpellé Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, sur le sujet de la réforme de la politique de cohésion, et de la lisibilité des fonds européens pour les élus des petites villes.

MM. Bouillon et Rouillon alerte dans ce courrier quant « au manque de moyens financiers et humains, couplé à une bureaucratie, parfois byzantine, dans le montage et le suivi des dossiers, dissuade et décourage bien souvent nos élus ».

Cette situation est « regrettable pour nos communes, pour leurs habitants, et, de façon plus générale, pour la construction européenne tout entière. Le sentiment d’appartenance européenne ne peut naître que de réalisations concrètes, se manifestant dans le quotidien de nos concitoyens ».

Les élus font également part de leur « grande inquiétude », suite au « projet, porté par la Commission Européenne de réforme des fonds de cohésion », visant à « fusionner les fonds structurels européens existants reviendrait à remettre en cause le modèle européen de développement social et territorial tel qu’il a été conçu ».

MM. Bouillon et Rouillon demandent en réponse au gouvernement de « de défendre, devant les institutions européennes, une sanctuarisation des fonds destinés à la politique de cohésion après 2027 et le respect de principe de subsidiarité dans l’octroi de ces fonds » et à « rédiger un guide simple d’emploi, à destination des élus, relatif à l’accès à ces financements ».

Télécharger le courrier envoyé à M. Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe

3 questions à…Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand

Connaissez-vous le Fonds citoyen franco-allemand ? Cette semaine, la Lettre des Petites Villes pose 3 questions à Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand, dispositif pensé pour rapprocher les sociétés civiles française et allemande.

 

1/ Pourriez-vous nous présenter le Fonds citoyen franco-allemand ?

Le Fonds citoyen est un instrument issu du traité d’Aix-la-Chapelle, qui vise à renforcer la coopération entre la France et l’Allemagne. Il a démarré son action en avril 2020 avec pour mission de rapprocher les sociétés civiles française et allemande. A ce jour, plus de 4 000 projets à dimension franco-allemande et citoyenne ont pu ainsi bénéficier d’une subvention du Fonds citoyen. Nous sommes donc engagés aux côtés de celles et ceux qui, par leur action, constituent le fondement de l’amitié franco-allemande. On y retrouve les plus de 2200 jumelages mais pas seulement. Notre ambition est d’encourager d’autres acteurs de la société civile, que ce soient les associations, les collectivités ou des initiatives citoyennes à se saisir des opportunités qu’offre une coopération avec le pays voisin.

2/ Quels sont les types de projets soutenus par le Fonds citoyen franco-allemand ?

77 % des projets soutenus par le Fonds citoyen sont portés juridiquement par des associations, 15 % par des collectivités territoriales. Par ailleurs, 4 projets sur 10 sont réalisés dans les zones rurales, partout en France et en Allemagne ! Le champ des possibles est aussi vaste que les préoccupations et les intérêts des personnes engagées dans nos deux pays, et les formats divers : échange de bonnes pratiques sur la participation citoyenne ; concert, tournoi sportif ou atelier de cuisine franco-allemand ; table ronde sur les enjeux de la ruralité en France et en Allemagne ; commémorations ou anniversaires de jumelage ; rencontre entre agriculteurs, associations engagées pour les droits LGBT, l’inclusion ou la protection de l’environnement …

3/ Le Fonds citoyen franco-allemand vient de lancer l’appel à projets sur la démocratie : comment y répondre ? Comment en savoir plus ?

La démocratie constitue notre axe prioritaire cette année. L’objectif est double : encourager à la fois une intégration des enjeux démocratiques dans les échanges franco-allemands, tout en favorisant les synergies entre les structures qui œuvrent pour la démocratie des deux côtés du Rhin.

Pour participer, il suffit de déposer sa demande de subvention via notre plateforme en ligne au moins 6 semaines avant le début du projet. Le dossier sera ensuite analysé et évalué ; si la demande est acceptée, 75 % de la subvention seront versés immédiatement. A titre indicatif, la subvention moyenne s’élève à un peu plus de 4 000 €.

En cas de questions, nos Référentes et Référents régionaux sont les interlocuteurs de proximité : ils peuvent accompagner les porteurs de projets dans le développement du projet, voire dans le dépôt de la demande de subvention. L’accessibilité et la simplicité des procédures font d’ailleurs partie des principes qui distinguent le fonctionnement du Fonds citoyen.

Ukraine : campagne #DesLumièresPourLHiver

Cette semaine La lettre des Petites Villes ouvre ses colonnes aux associations Electriciens Sans Frontières et Stand With Ukraine. Dans le cadre de l’initiative #DesLumièresPourLHiver, les collectivités territoriales sont appelées à soutenir les populations civiles ukrainiennes par l’envoi de générateurs électriques.

« Madame la Maire, Monsieur le Maire,

Nous vous écrivons aujourd’hui car l’hiver 2025–2026 pour les populations civiles ukrainiennes s’annonce critique : les frappes russes ciblent désormais non seulement les centrales et les lignes électriques (comme on peut le voir sur la photo lors d’un black out), mais aussi la chaîne logistique énergétique, plongeant 80 % du territoire dans des coupures pouvant atteindre 16 heures par jour*. Plus de 63 000 infrastructures énergétiques sont endommagées, pour des pertes estimées à 56 milliards de dollars. L’énergie est une véritable arme de guerre.

Face à cette urgence, les ONGs Stand With Ukraine et Electriciens sans frontières, organisations de solidarité internationale engagées en Ukraine depuis 2022, unissent leurs forces pour soutenir le peuple ukrainien face aux conséquences de l’agression russe.

Notre appel

C’est en coordination avec les autorités locales et l’ambassade d’Ukraine en France que nous lançons une campagne d’envoi de générateurs électriques et d’équipements énergétiques d’urgence, destinés aux bâtiments publics essentiels — hôpitaux, maternités, écoles, centres d’hébergement, mairies et bâtiments communautaires.

L’objectif : permettre à la population de traverser l’hiver dans des conditions minimales de sécurité, en combattant un ennemi aussi redoutable que le froid.

Nous vous proposons de vous associer à cette campagne en participant à l’achat d’un générateur : pour une commune ukrainienne identifiée, en lien avec les collectivités territoriales au plus près des
besoins.

Nous nous chargeons de tout : de l’achat jusqu’au suivi et la mise en service de l’équipement au sein du site bénéficiaire identifié.

Au-delà de l’aide matérielle, ce projet apporte un soutien humain et moral essentiel.
Ce projet permet également de créer un lien direct avec la commune aidée : échanges de lettres ou de vidéos, visioconférences avec les élus et les habitants et, si vous le souhaitez, organisation d’une visite sur place pour constater l’impact concret de votre soutien.

Nous vous prions d’agréer l’expression de nos respectueuses salutations.« 

Véronique Pingard

Déléguée Générale d’Electriciens sans frontières

Edward Mayor

Président et fondateur de l’association Stand With Ukraine

 

* Selon le rapport REACH (mars 2025)

Crédits : REUTERS

Pour participer à la campagne, suivre ce lien

Pour en savoir plus contacter Clémentine Terres, Chargée de mission MistoMatch  à Stand With Ukraine :  clementine@standwithukraineeurope.com

Télécharger le courrier de la campagne #DesLumièresPourLHiver

Réforme des fonds de Cohésion : la Confédération des Petites Villes Européennes lance l’alerte !

La Confédération des Petites Villes de l’Union Européenne (CTME), dont l’Association des Petites Villes de France (APVF) est fondatrice, s’est réunie à Paris le 6 novembre dernier. Christophe Rouillon, maire de Coulaines, membre du Bureau de l’APVF en a été élu Président. 

Outre l’élection de Christophe Rouillon, maire de Coulaines, à la présidence de la Confédération des Petites Villes de l’Union Européenne (CTME), cette rencontre a été l’occasion d’accueillir un nouveau membre avec l’Union Croate des Municipalités. M. Božo Lasić, vice-président et secrétaire général de l’Union croate des municipalités, est ainsi devenu vice-président de la CTME.

Le Vice-Président du Sénat, Loïc Hervé, Président Délégué de l’APVF, ainsi que Christophe Chaillou, Sénateur du Loiret, membre du Bureau de l’APVF, ont également accueillis les membres de la Confédération au Sénat.

Cette réunion a également été l’occasion de prendre une position ferme sur la réforme de la politique de cohésion présentée par la Commission européenne. En effet, la fusion des fonds structurels européens existants en plans de partenariat nationaux et régionaux entrave le modèle européen de développement social et territorial. Non seulement cette réforme constitue un levier pour réduire le financement global du développement territorial, mais la recentralisation sous-jacente de ces financements menace directement le principe de subsidiarité.

A l’issue des échanges, la Confédération des Petites Villes de l’Union Européenne a adopté les demandes suivantes auprès de la Commission :

  • De garantir que le budget de la politique de cohésion après 2027 ne sera pas réduit et de maintenir la part actuelle de ses allocations dans la structure du futur budget européen. La visibilité et un engagement à long terme sont nécessaires pour un investissement local durable.
  • De respecter le principe de subsidiarité en maintenant une gestion décentralisée des fonds de cohésion par les autorités locales, et d’accroître le rôle des villes et des municipalités dans la gouvernance afin que les besoins de tous les territoires, urbains, ruraux et d’outre-mer, soient pris en compte. Les libertés locales dans toute l’Europe sont en jeu.
  • Maintenir les priorités stratégiques et territoriales des principaux instruments financiers de la politique de cohésion, en particulier le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds social européen (FSE+), ainsi que le programme LEADER.
  • Supprimer tous les obstacles administratifs et réglementaires qui pèsent lourdement sur les promoteurs de projets, en particulier dans les petites villes et les communes.

La Confédération des Petites Villes de l’Union Européenne rassemble les associations représentatives des petites villes de France, d’Allemagne, d’Italie, de Hongrie, de Roumanie et désormais de Croatie.

Télécharger le communiqué de presse de la Confédération des Petites Villes de l’Union Européenne sur l’élection de son nouveau Président

Télécharger le communiqué de presse de la Confédération des Petites Villes de l’Union Européenne sur les Fonds de Cohésion Européens