PLF 2027 : l’aménagement du territoire laissé pour compte

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de poursuivre le développement de France services et l’accompagnement des programmes de revitalisation. Mais le transfert de chefs de projet Petites villes de demain en préfecture et les restrictions envisagées sur le Fonds vert interrogent les moyens laissés aux petites villes pour concrétiser leurs projets.

Les crédits du programme 112, consacré à l’aménagement du territoire, atteindraient 344 millions d’euros en autorisations d’engagement, soit une hausse apparente de 23 %. Cette progression résulte toutefois principalement du rattachement de dépenses auparavant inscrites dans un autre programme budgétaire. Elle ne traduit donc pas une augmentation équivalente des moyens consacrés aux territoires.

Les crédits de la section locale du Fonds national d’aménagement et de développement du territoire (FNADT), qui finance notamment les démarches contractuelles, resteraient stables à 112,7 millions d’euros. Sa section générale, consacrée aux programmes nationaux, progresserait de 4 %, à 116,5 millions d’euros.

Le réseau France services bénéficierait d’une enveloppe de 84 millions d’euros, avec un objectif de 3 000 structures en 2027. La contribution des opérateurs partenaires passerait de 22 250 à 25 000 euros par structure. Ajoutée à la subvention de l’État, maintenue à 25 000 euros, elle porterait le soutien annuel au fonctionnement à 50 000 euros.

Le budget de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) serait également stabilisé autour de 55,6 millions d’euros, afin de poursuivre son appui aux collectivités.

Une enveloppe de 12 millions d’euros serait dédiée aux chefs de projet Petites villes de demain et Villages d’avenir. Le PLF prévoit toutefois la création de 50 postes Petites villes de demain placés sous l’autorité des préfets, accompagnée d’une diminution équivalente du nombre de postes cofinancés auprès des collectivités.

Cette évolution soulève un enjeu de proximité et de maîtrise des projets par les élus. Lors des dernières assises de l’APVF, Nicolas Soret, maire de Joigny, avait souligné la différence entre une ingénierie directement mobilisée auprès du maire et un accompagnement placé sous l’autorité préfectorale.

Si l’ingénierie de Territoires d’industrie conserverait ses 4 millions d’euros, le soutien aux investissements via le Fonds vert pourrait être réduit, voire supprimé. Le fonds devrait également se retirer du financement de la restructuration des locaux d’activité et des projets de mobilité durable dans les territoires ruraux.

À l’approche du terme de la programmation contractuelle 2021-2027, ces orientations posent une question centrale pour les petites villes : comment transformer l’accompagnement à la conception des projets en réalisations concrètes si les aides à l’investissement se réduisent ?

Comité stratégique PVD : la continuité sans moyens assurés

La ministre de l’aménagement du territoire, Françoise Gatel, a confirmé la prolongation du programme Petites Villes de Demain. Aucune garantie n’a été apportée concernant le financement des chefs de projet.

Petites Villes de Demain : le programme prolongé jusqu’en 2032

La ministre Françoise Gatel a annoncé la prolongation du programme Petites Villes de Demain pour la période 2026-2032. Cette nouvelle phase s’appuiera sur une organisation en deux niveaux, avec la création d’un « Club PVD » et l’identification de « PVD cibles ».

Le « Club PVD » aura vocation à fournir largement des ressources de partage d’information entre élus. En parallèle, des « PVD cibles » bénéficieront d’une contractualisation renouvelée et d’un accompagnement renforcé.

Au total, 763 communes seront identifiées par les Préfets. Pour être retenues, elles devront compter moins de 20 000 habitants, présenter un niveau de centralité avéré et connaître des fragilités.

Trois priorités pour la nouvelle contractualisation

La nouvelle contractualisation sera structurée autour de trois objectifs.

Le premier consiste à redynamiser le commerce et les services de proximité. Plusieurs leviers sont prévus, via les PLU/PLUI, la formation de managers de commerce et le développement de foncières.

Le deuxième objectif porte sur le soutien à la réhabilitation des logements, via l’Anah. Des échanges doivent également être établis avec Action Logement. Il s’agit d’une demande de longue date des associations d’élus, et au premier chef de l’APVF, qui ne s’est jamais traduite, pour le moment, par des engagements concrets.

Enfin, le programme devra favoriser les grands projets d’aménagement au regard des enjeux de transition écologique.

La question du financement des chefs de projet reste toutefois ouverte. Mme Gatel a renvoyé ce sujet à l’examen du prochain PLF, tout en insistant sur la nécessité d’accroître la mutualisation. Aucune garantie n’a été apportée sur la pérennité des financements, pas plus que sur le positionnement des chefs de projet ou leur nombre. Mme Gatel s’est contentée d’en appeler à « l’alliance des territoires ».

Un calendrier jusqu’en 2032

La mise en œuvre de cette nouvelle phase suivra un calendrier précis. Une instruction de prolongation sera adressée aux Préfets en octobre 2026. La liste des communes retenues au sein des « PVD cibles » sera publiée en novembre.

Les conventions-cadres seront ensuite signées entre janvier et juin 2027. Une évaluation intermédiaire est prévue en 2029, avant une évaluation finale en 2032.

L’APVF salue la prolongation mais appelle à des garanties

Laurence Porte, maire de Montbard et vice-présidente de l’APVF, salue le programme et ses réussites. Elle salue également la nouvelle organisation entre « Club PVD » et « PVD cibles », soulignant qu’il s’agit d’une demande de longue date de l’APVF.

Elle insiste par ailleurs sur l’importance d’embarquer Action Logement et Territoires d’Industrie dans le programme. Elle demande également que les chefs de projet soient financés et positionnés en proximité, sur le terrain, dans les communes.

Était également présent Christophe Bouillon, maire de Barentin, président de l’APVF et président de l’ANCT.

3 questions à… Patrice Joly, sénateur de la Nièvre et Président de l’IHEMRu

Cette semaine, La Lettre des Petites Villes donne la parole à Patrice Joly, sénateur de la Nièvre et président de l’Institut des Hautes Études des Mondes ruraux (IHEMRu). Il revient sur la création de l’Institut, ses ambitions et les grands défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les territoires ruraux et les petites villes.

1/ Vous êtes à l’initiative de l’Institut des Hautes Études des Mondes ruraux. Pourquoi avoir souhaité créer cet Institut et à quels besoins répond-il ?

L’IHEMRu est né d’une conviction : les mondes ruraux sont au cœur des grandes transformations de notre société, mais restent trop souvent mal connus ou réduits à des représentations simplistes. Il fallait créer un lieu où chercheurs, élus, hauts fonctionnaires,  acteurs économiques et associatifs puissent croiser leurs regards, partager leurs expériences et confronter leurs pratiques. L’Institut répond ainsi à un besoin de compréhension, de formation et de dialogue pour mieux penser et accompagner les mutations des territoires ruraux.

2/ À qui s’adresse la formation proposée par l’IHEMRu et qu’apporte-t-elle concrètement à ses auditeurs ?

Créé pour mieux comprendre les transformations à l’œuvre dans les territoires ruraux et contribuer à ce qu’elles soient mieux prises en compte dans les décisions et politiques publiques qui les concernent, l’IHEMRu réunit, dans le cadre de sa formation, élus, hauts fonctionnaires, cadres du privé, chercheurs, journalistes et acteurs de la société civile. Nos auditeurs repartent avec des connaissances, des méthodes et des expériences qui nourrissent directement leur réflexion, éclairent leurs décisions et enrichissent leur action. Son ambition est de faire de la compréhension des ruralités un véritable outil d’action et de décision.

3/ À l’heure où les territoires ruraux et les petites villes font face à de profondes transformations, quels sont selon vous les principaux défis auxquels ils devront répondre dans les prochaines années ?

Les territoires ruraux et les petites villes sont confrontés à des défis multiples : transitions écologique, énergétique et agricole, vieillissement de la population, accès aux services, attractivité et renouvellement des activités. Mais leur enjeu est aussi de savoir transformer ces contraintes en opportunités, en s’appuyant sur leurs ressources et leurs capacités d’innovation. Cela suppose de renouveler les modes d’action, de renforcer les coopérations et de penser les territoires dans leur diversité.

Dans un courrier adressé au Premier ministre, le Président de l’APVF demande la poursuite du Programme Petites Villes de Demain

Après six ans, le programme Petites Villes de Demain est à la croisée des chemins. Pour les nombreux maires qui n’ont pas achevé leur projet de territoire, la réponse est claire : il faut poursuivre le dispositif.

Le Président de l’APVF a souhaité interpeller le Premier ministre sur la nécessité de poursuivre le programme Petites Villes de Demain. S’appuyant sur les résultats jugés très positifs du dispositif, l’Association appelle à une nouvelle étape du programme, recentrée sur les petites villes les plus vulnérables et exerçant des fonctions de centralité, qui ne sont pas éligible au dispositif Villages d’avenir. L’APVF insiste également sur la nécessité de préserver les postes de chefs de projet, qu’elle considère comme la clé de voûte de la réussite de PVD, afin de poursuivre la dynamique de revitalisation engagée dans les territoires.

Télécharger le courrier

3 questions à…Aglaë Isbled, Responsable Comptes Clés chez Proxity :

L’avenir de nos territoires se joue dans les centres-villes, mais les chantiers urbains mettent souvent le commerce local à rude épreuve. Filiale du groupe EDF, Proxity propose aux collectivités des solutions opérationnelles pour soutenir l’économie de proximité. Rencontre avec Aglaë Isbled, Responsable Comptes Clés chez Proxity, qui nous explique comment transformer la période des travaux en véritable opportunité de redynamisation.

1/ Pourquoi Proxity a-t-elle développé une solution spécifiquement dédiée aux commerces impactés par les travaux urbains ?

Aglaë Isbled : Le point de départ est un constat de terrain alarmant : les chantiers en centre-ville sont trop souvent vécus comme des sources de tensions. Les difficultés d’accès entraînent une baisse de fréquentation qui isole les commerçants. Ce manque de communication installe un climat de défiance qui peut durablement dégrader les relations avec la municipalité. Notre rôle est d’intervenir comme un tiers de confiance. Nous apportons un accompagnement technique et humain pour maintenir un dialogue constructif entre les élus, les habitants, le maître d’œuvre et les commerçants, et ainsi préserver le tissu économique local pendant toute la durée des transformations.

2/ Concrètement, comment accompagnez-vous les collectivités lors de ces périodes de grand changement ?

AI : Notre objectif est de transformer une contrainte urbaine en vecteur de lien social et de générer du flux direct dans les commerces. Pour cela, nous déployons une méthodologie en quatre étapes clés. Tout d’abord, nous réalisons un diagnostic terrain pour anticiper les zones de fragilité. Ensuite, nous fédérons le réseau de commerçants et les formons à nos outils. Nous déployons alors notre plan d’action au rythme des travaux : animations physiques et digitales, et surtout, distribution de cartes cadeaux à dépenser exclusivement dans les commerces impactés pour inciter les clients à revenir. Enfin, un « manager de territoire » suit l’opération de bout en bout et un bilan d’impact est partagé à toutes les parties prenantes en fin de dispositif.

3/ Comment cet accompagnement est-il perçu sur le terrain ? Avez-vous un exemple récent ?

Aglaë : Dans un contexte souvent tendu, notre approche rassure, quel que soit le chantier (réseau de chaleur, tramway, travaux de voirie, bornes électriques…). À Thonon-les-Bains, par exemple, lors de la création d’un réseau de chaleur, nous avons fédéré plus de 80 commerçants. Grâce à un jeu digital récompensé par des cartes cadeaux, cette période de travaux est devenue une opportunité commerciale. Les retours ont été excellents : les commerçants nous ont confié que la prise en main était très fluide, que le dispositif avait attiré une nouvelle clientèle (la moitié des utilisateurs scannés n’étaient pas clients auparavant) et que le panier moyen avait augmenté.

Petites villes et petites et moyennes entreprises : une coopération très concrète

Au cours de la grande Assemblée des entrepreneurs qui s’est déroulée au Parc des princes jeudi 24 juin, le Président de l’APVF, Christophe Bouillon, a signé une convention de partenariat avec le Président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), Amir Reza-Tofighi. Au cours de cette convention, la CPME a changé de nom pour s’appeler désormais : « les Entrepreneurs ».

Amir Reza-Tofighi et Christophe Bouillon ont ensuite débattu sur le thème : « Territoires et entreprises : quelles coopérations concrètes ? ».

Christophe Bouillon a rappelé à cette occasion que 70 % des emplois industriels sont situés dans des communes de mois de 20 000 habitants. Il a ensuite détaillé les conditions d’attractivité d’une petite ville pour accueillir des entreprises et des salariés : foncier disponible, mais aussi équipements sportifs, culturels, accessibilité et offre de soins de qualité.

« Les Entrepreneurs » et l’APVF ont décidé dans leur convention de partenariat de mener une réflexion commune sur ces sujets, ainsi que sur la fiscalité locale.

Résultats du 5ème baromètre du regard des Français sur les petites villes : un attachement confirmé et des attentes fortes pour le nouveau mandat municipal

Pour la cinquième année consécutive, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), l’Association des Petites Villes de France (APVF) et la Banque des Territoires ont confié à Ipsos la réalisation du baromètre du regard des Français sur les petites villes. L’enquête, réalisée du 5 au 18 mai 2026 auprès de 1 000 Français et de 800 habitants de communes du programme Petites villes de demain, confirme l’attachement profond des Français aux petites villes.

L’image positive des petites villes atteint un niveau record

L’image positive des petites villes atteint un niveau inédit depuis le lancement du baromètre : 91 % des Français déclarent en avoir une bonne opinion, dont 22 % une opinion très positive, soit une hausse de 5 points par rapport à 2025. Les Français y associent notamment une meilleure qualité de vie, une proximité avec la nature et une qualité des liens sociaux.

Les petites villes restent attractives aux yeux de la majorité de la population française

62 % des Français indiquent qu’ils pourraient envisager d’y déménager dans les prochaines années, notamment pour bénéficier d’un logement plus adapté, changer de rythme de vie ou évoluer dans un environnement plus apaisé. Les moins de 35 ans et les ouvriers se montrent particulièrement attirés par cette perspective.

Dans les petites villes, des attentes sur l’offre de santé, l’insécurité et le commerce

Les habitants des petites villes identifient comme priorités du nouveau mandat municipal l’amélioration de l’offre de soins, citée par 33 % d’entre eux, la lutte contre l’insécurité et les incivilités, citée par 30 % des habitants, et le renforcement de la présence des commerces en centre-ville, cité par 28 % des habitants des petites villes. Ces attentes rejoignent les principaux axes d’intervention du programme Petites villes de demain, piloté par l’ANCT.

Un engagement local plus fort dans les petites villes

Les habitants des petites villes apparaissent davantage engagés dans la vie locale que l’ensemble des Français. Près d’un habitant sur deux des communes Petites villes de demain déclare participer à la vie associative, publique ou citoyenne de son territoire. Ce vivier d’engagement constitue un atout majeur pour accompagner les projets de revitalisation et renforcer la cohésion locale.

Les faiblesses des petites villes concernent essentiellement le manque de services publics

Parmi les freins identifiés à l’installation dans une petite ville, la faible présence des services de santé (40 %), des commerces (30 %), ou des services publics hors santé (19 %) sont cités, mais également les difficultés en termes de déplacements (33 %) et les faibles possibilités en termes d’emploi (29 %)

Le panel des Français et celui des habitants des petites villes révèlent ainsi des préoccupations convergentes : maintenir l’accès aux services essentiels, renforcer les commerces de proximité, faciliter les mobilités et soutenir l’activité locale. Ces enseignements confirment la nécessité de poursuivre l’accompagnement des petites centralités, afin de conforter leur attractivité et d’améliorer concrètement la qualité de vie de leurs habitants.

Depuis 2020, le programme Petites villes de demain accompagne 1 646 communes dans leurs projets de revitalisation. Le programme se poursuivra à partir de 2027, comme l’a annoncé Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

« Le baromètre Ipsos 2026 en apporte une nouvelle démonstration : jamais leur image n’a été aussi positive. Neuf Français sur dix en ont une bonne opinion et plus de six sur dix envisagent d’y vivre demain, une aspiration encore plus forte chez les jeunes. Ces chiffres disent bien plus qu’une préférence résidentielle. Ils traduisent l’aspiration à une vie plus proche, plus équilibrée, plus apaisée, sans renoncer aux services, à l’emploi ou aux opportunités.

C’est précisément pour répondre à cette ambition que le Gouvernement a fait le choix de prolonger Petites villes de demain à partir de 2027 en cohérence avec la vision que nous porterons au sein de la future stratégie nationale d’aménagement du territoire. Car face aux défis démographiques, climatiques et économiques, notre responsabilité est bien de conforter les centralités intermédiaires qui structurent les bassins de vie et garantissent la cohésion de nos territoires. »

Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation

 « Pour l’ANCT, la vitalité du maillage des petites villes a toujours été et reste un enjeu de cohésion des territoires, qui a justifié son engagement constant dans le programme Petites villes de demain. Depuis 2020, celui-ci a permis aux 1646 communes lauréates de maintenir et développer leurs équipements, d’investir dans leurs infrastructures et dans une offre de services adaptée pour la qualité de vie de leurs habitants. Plus qu’un simple reflet des perceptions, ce baromètre confirme les enjeux centraux pour l’action publique dans ces territoires : accès aux soins, proximité des commerces ou tranquillité publique…

Ce baromètre est ainsi un outil indispensable : il nous permet d’ajuster nos réponses aux réalités vécues par les territoires, et de mesurer l’impact de nos actions aux côtés des élus, des préfets et de l’ensemble de nos partenaires. »

Henri Prévost, Directeur général de l’Agence nationale de la cohésion des territoires

« Alors que la première phase de Petites Villes de Demain s’achève, le Regard des Français sur les petites villes met en lumière un fait marquant : le véritable désir des Français pour les petites villes, partagé par 90 % d’entre eux. Ce plébiscite démontre la nécessité d’un tel dispositif pour l’aménagement du territoire, en donnant aux élus locaux les moyens, dans leur commune, pour agir au plus près des besoins. Certes, les défis restent nombreux, qu’il s’agisse de renforcer l’offre de soins, de garantir la sécurité ou de soutenir le commerce de proximité. La dynamique est lancée. Il convient désormais de la poursuivre : c’est une demande des Français. »

Christophe Bouillon, Maire de Barentin, Président de l’Association des petites villes de France et Président de l’Agence nationale de la cohésion des territoires

« Ce baromètre met en lumière la lucidité des Français sur la qualité du cadre de vie offert par les petites villes. Beaucoup souhaitent s’y installer, c’est heureux et souhaitable car ce rééquilibrage sera un vecteur de cohésion sociale et territoriale. A la Banque des Territoires, nous avons construit une stratégie alignée avec les enjeux des petites villes, tels que la santé, le logement, le commerce, l’adaptation au changement climatique et nos directions régionales accompagnent chaque jour les collectivités à mener à bien leur projet et pour celles qui le souhaitent à accélérer.»

Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires

Pour consulter le baromètre dans son intégralité, cliquez ici

Pour télécharger le communiqué de presse, cliquez ici.

Résultats du 5ème baromètre du regard des Français sur les petites villes : un attachement confirmé et des attentes fortes pour le nouveau mandat municipal

Pour la cinquième année consécutive, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), l’Association des Petites Villes de France (APVF) et la Banque des Territoires ont confié à Ipsos la réalisation du baromètre du regard des Français sur les petites villes. L’enquête, réalisée du 5 au 18 mai 2026 auprès de 1 000 Français et de 800 habitants de communes du programme Petites villes de demain, confirme l’attachement profond des Français aux petites villes.

L’image positive des petites villes atteint un niveau record

L’image positive des petites villes atteint un niveau inédit depuis le lancement du baromètre : 91 % des Français déclarent en avoir une bonne opinion, dont 22 % une opinion très positive, soit une hausse de 5 points par rapport à 2025. Les Français y associent notamment une meilleure qualité de vie, une proximité avec la nature et une qualité des liens sociaux.

Les petites villes restent attractives aux yeux de la majorité de la population française

62 % des Français indiquent qu’ils pourraient envisager d’y déménager dans les prochaines années, notamment pour bénéficier d’un logement plus adapté, changer de rythme de vie ou évoluer dans un environnement plus apaisé. Les moins de 35 ans et les ouvriers se montrent particulièrement attirés par cette perspective.

Dans les petites villes, des attentes sur l’offre de santé, l’insécurité et le commerce

Les habitants des petites villes identifient comme priorités du nouveau mandat municipal l’amélioration de l’offre de soins, citée par 33 % d’entre eux, la lutte contre l’insécurité et les incivilités, citée par 30 % des habitants, et le renforcement de la présence des commerces en centre-ville, cité par 28 % des habitants des petites villes. Ces attentes rejoignent les principaux axes d’intervention du programme Petites villes de demain, piloté par l’ANCT.

Un engagement local plus fort dans les petites villes

Les habitants des petites villes apparaissent davantage engagés dans la vie locale que l’ensemble des Français. Près d’un habitant sur deux des communes Petites villes de demain déclare participer à la vie associative, publique ou citoyenne de son territoire. Ce vivier d’engagement constitue un atout majeur pour accompagner les projets de revitalisation et renforcer la cohésion locale.

Les faiblesses des petites villes concernent essentiellement le manque de services publics

Parmi les freins identifiés à l’installation dans une petite ville, la faible présence des services de santé (40 %), des commerces (30 %), ou des services publics hors santé (19 %) sont cités, mais également les difficultés en termes de déplacements (33 %) et les faibles possibilités en termes d’emploi (29 %)

Le panel des Français et celui des habitants des petites villes révèlent ainsi des préoccupations convergentes : maintenir l’accès aux services essentiels, renforcer les commerces de proximité, faciliter les mobilités et soutenir l’activité locale. Ces enseignements confirment la nécessité de poursuivre l’accompagnement des petites centralités, afin de conforter leur attractivité et d’améliorer concrètement la qualité de vie de leurs habitants.

Depuis 2020, le programme Petites villes de demain accompagne 1 646 communes dans leurs projets de revitalisation. Le programme se poursuivra à partir de 2027, comme l’a annoncé Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

« Le baromètre Ipsos 2026 en apporte une nouvelle démonstration : jamais leur image n’a été aussi positive. Neuf Français sur dix en ont une bonne opinion et plus de six sur dix envisagent d’y vivre demain, une aspiration encore plus forte chez les jeunes. Ces chiffres disent bien plus qu’une préférence résidentielle. Ils traduisent l’aspiration à une vie plus proche, plus équilibrée, plus apaisée, sans renoncer aux services, à l’emploi ou aux opportunités.

C’est précisément pour répondre à cette ambition que le Gouvernement a fait le choix de prolonger Petites villes de demain à partir de 2027 en cohérence avec la vision que nous porterons au sein de la future stratégie nationale d’aménagement du territoire. Car face aux défis démographiques, climatiques et économiques, notre responsabilité est bien de conforter les centralités intermédiaires qui structurent les bassins de vie et garantissent la cohésion de nos territoires. »

Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation

 « Pour l’ANCT, la vitalité du maillage des petites villes a toujours été et reste un enjeu de cohésion des territoires, qui a justifié son engagement constant dans le programme Petites villes de demain. Depuis 2020, celui-ci a permis aux 1646 communes lauréates de maintenir et développer leurs équipements, d’investir dans leurs infrastructures et dans une offre de services adaptée pour la qualité de vie de leurs habitants. Plus qu’un simple reflet des perceptions, ce baromètre confirme les enjeux centraux pour l’action publique dans ces territoires : accès aux soins, proximité des commerces ou tranquillité publique…

Ce baromètre est ainsi un outil indispensable : il nous permet d’ajuster nos réponses aux réalités vécues par les territoires, et de mesurer l’impact de nos actions aux côtés des élus, des préfets et de l’ensemble de nos partenaires. »

Henri Prévost, Directeur général de l’Agence nationale de la cohésion des territoires

« Alors que la première phase de Petites Villes de Demain s’achève, le Regard des Français sur les petites villes met en lumière un fait marquant : le véritable désir des Français pour les petites villes, partagé par 90 % d’entre eux. Ce plébiscite démontre la nécessité d’un tel dispositif pour l’aménagement du territoire, en donnant aux élus locaux les moyens, dans leur commune, pour agir au plus près des besoins. Certes, les défis restent nombreux, qu’il s’agisse de renforcer l’offre de soins, de garantir la sécurité ou de soutenir le commerce de proximité. La dynamique est lancée. Il convient désormais de la poursuivre : c’est une demande des Français. »

Christophe Bouillon, Maire de Barentin, Président de l’Association des petites villes de France et Président de l’Agence nationale de la cohésion des territoires

« Ce baromètre met en lumière la lucidité des Français sur la qualité du cadre de vie offert par les petites villes. Beaucoup souhaitent s’y installer, c’est heureux et souhaitable car ce rééquilibrage sera un vecteur de cohésion sociale et territoriale. A la Banque des Territoires, nous avons construit une stratégie alignée avec les enjeux des petites villes, tels que la santé, le logement, le commerce, l’adaptation au changement climatique et nos directions régionales accompagnent chaque jour les collectivités à mener à bien leur projet et pour celles qui le souhaitent à accélérer.»

Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires

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Les maires des petites villes ne baissent pas les bras

Réunis les 18 et 19 juin au Palais des Rencontres de Château-Thierry pour les XXVIIIe Assises de l’Association des Petites Villes de France (APVF), plus de 400 élus, experts, partenaires et représentants institutionnels ont porté un message clair : face aux crises qui traversent notre pays, les petites villes demeurent un point d’appui essentiel pour la République.

L’APVF tient à remercier chaleureusement Sébastien Eugène, maire de Château-Thierry, ainsi que l’ensemble de l’équipe municipale pour son accueil et son engagement dans la réussite de cet événement. Pendant deux jours, les échanges ont permis d’aborder les grands défis auxquels sont confrontés les territoires : accès aux soins, transition écologique, vieillissement de la population, finances locales, sécurité, attractivité ou encore réindustrialisation.

Ces Assises ont été marquées par la présence de nombreuses personnalités parmi lesquelles Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF et ancien Premier ministre, Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, ainsi que Michel Fournier, ministre délégué à la Ruralité.

À cette occasion, Françoise Gatel a annoncé la pérennisation du programme Petites Villes de Demain pour un an. Une annonce particulièrement attendue par les élus locaux, qui voient dans ce programme un levier indispensable pour accompagner les projets de revitalisation, renforcer l’ingénierie territoriale et soutenir l’investissement local au plus près des besoins des habitants.

Autre temps fort de ces Assises : la réélection du tandem composé de Christophe Bouillon, Maire de Barentin et de Loïc Hervé, Vice-président, à la présidence de l’association. Un renouvellement qui témoigne de la confiance des élus dans l’action conduite depuis plusieurs années pour défendre les intérêts des petites villes et faire entendre leur voix auprès des pouvoirs publics.

Mais l’essentiel était ailleurs. Au terme de ces deux journées de débats, les élus ont adopté une résolution qui constitue un véritable appel à la confiance envers les territoires.

Dans un contexte marqué par les tensions internationales, les difficultés économiques, la défiance démocratique et les fractures territoriales, les maires des petites villes rappellent qu’ils sont en première ligne. Présents au quotidien auprès des habitants, des associations, des entreprises et des acteurs locaux, ils demeurent les élus de proximité par excellence. Ceux qui accompagnent les crises, apportent des réponses concrètes et maintiennent le lien républicain lorsque celui-ci vacille.

La résolution adoptée à Château-Thierry sonne également comme un signal d’alerte. Les maires refusent que les collectivités soient une nouvelle fois considérées comme une variable d’ajustement budgétaire alors même qu’elles doivent investir massivement pour répondre aux défis du vieillissement, de la transition écologique, de l’adaptation au changement climatique ou encore de la réindustrialisation.

Ils demandent davantage de stabilité, de visibilité et de confiance. Ils appellent à une véritable relance de la décentralisation afin que les élus locaux disposent des moyens nécessaires pour agir efficacement au service de leurs habitants.

L’APVF alerte également sur la gravité de la crise de l’accès aux soins. Alors que plus de 7 millions de Français n’ont pas de médecin traitant, les élus réaffirment leur attachement à une politique volontariste de lutte contre les déserts médicaux et rappellent que l’égalité d’accès aux soins ne doit jamais dépendre du lieu de résidence.

Les maires soulignent enfin l’importance de préserver les capacités d’investissement des communes. À l’heure où les petites villes portent une part essentielle des efforts de transition, d’adaptation et de cohésion territoriale, elles ont besoin d’un État partenaire plutôt que d’un État prescripteur.

À moins d’un an des échéances nationales qui dessineront l’avenir du pays, les maires des petites villes ont voulu adresser un message d’espoir autant que de responsabilité. Malgré les difficultés, malgré les contraintes et malgré les incertitudes, ils refusent le fatalisme.

Assises nationales du centre-ville : ne pas relâcher l’effort de revitalisation !

La ville de Châteauroux accueillait mercredi 3 juin les 20e Assises Nationales du centre-ville. L’association dirigée par Philippe Laurent, maire de Sceaux et membre du Bureau de l’APVF, a mis en avant la nécessité de mobiliser l’ensemble du bloc local au service du soutien des centres-villes.

Le Congrès a été l’occasion de rappeler l’attachement des Français à leur centre-ville. Selon le 11e Baromètre du Centre-ville, la dynamisation des commerces de proximité en centre-ville constitue la priorité numéro un des Français. L’étude montre également que 65 % des Français se déclarent attachés à leur centre-ville, une proportion qui atteint 79 % chez les moins de 35 ans. Par ailleurs, 68 % des Français se disent préoccupés par la vitalité de leur centre-ville, dont 72 % des moins de 25 ans. Les attentes portent notamment sur le développement des animations en centre-ville : 60 % des Français souhaitent davantage de marchés, tandis que 49 % plébiscitent à la fois davantage de festivals culturels et plus de vide-greniers et de brocantes.

Une des questions centrales du Congrès a porté sur la revitalisation commerciale. Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin et co-rapporteure de la mission nationale sur l’avenir du commerce de proximité a pu rappeler ses principales recommandations. Le commerce de centre-ville ne pourra prospérer dans un contexte de concurrence déloyale liéesaux plateformes étrangères de e-commerce et aux produits importés. Elle a appelé à un renforcement massif des contrôles sur le respect des normes applicables aux biens importés, un meilleur contrôle des promotions et des soldes pratiqués sur les sites de vente en ligne, et à l’instauration d’une taxe sur les achats numériques de biens importés au niveau européen.

Le Président de l’Association des Petites Villes de France, Christophe Bouillon, maire de Barentin, a quant à lui rappelé que le centre-ville demeurait la vitrine d’une commune. A ce titre les programmes de revitalisation, tels que Action Coeur de Ville et Petites Villes de Demain jouent un rôle considérable pour dynamiser le projet de territoire. Pour les maires , l’un des principaux enjeux est de disposer du temps nécessaire pour mener à bien leurs projets de revitalisation. Dans cette perspective, 93 % d’entre eux souhaitent la reconduction du programme Petites Villes de Demain (PVD). Ils soulignent également que la principale valeur ajoutée de ce programme, à l’instar du dispositif Action Cœur de Ville (ACV), réside dans sa proximité avec le terrain, avec des chefs de projet au plus proche des besoins.

Philippe Laurent, en sa qualité de Président de Centre-Ville en mouvement, a lancé un appel à l’intention de Gil Avéroux, maire de Châteauroux et Président de Villes de France, et à celle de Christophe Bouillon, pour lancer une initiative commune en faveur du commerce de centre-ville lors de la présidentielle de 2027. Les deux Présidents ont appuyé cette proposition. Nous en saurons plus dans les prochains mois sur la nature de cette intitative.