La réindustrialisation se fera dans les petites villes ou ne se fera pas !

L’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, a pris connaissance des annonces du Président de la République, Emmanuel Macron, lors d’un déplacement dans l’Allier le mercredi 22 avril, pour « simplifier et accélérer la réalisation de 150 projets industriels en France ».

L’APVF tient tout d’abord à saluer les initiatives en faveur de la simplification présentées par le chef de l’Etat. Ainsi, l’adoption de décrets « contentieux » pour réduire les délais contentieux pour les projets stratégiques devant les Cours administratives d’appel, ou la simplification des évaluations environnementales, correspondent à des demandes de longues dates des maires des petites villes. Il faut à présent accélérer sur ces questions qui font consensus.

D’autres propositions devront faire l’objet de plus amples précisions. Les « dispositifs clefs-en-mains » présentés par le Président de la République, permettant d’identifier et fournir du foncier économique prêt à l’emploi aux entreprises, ne sauraient fonctionner sans la pleine implication des maires, qui sont les élus les mieux placer pour connaître le foncier de leur territoire.

De façon plus générale, l’APVF alerte quant à la tentation d’une réindustrialisation qui se ferait « par le haut ». Le projet de loi de simplification de la vie économique prenait déjà ce parti en retirant de l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) certains projets d’envergure nationale. Outre la fragilisation du dispositif du ZAN, la méthode pose question : sélectionner au niveau national des projets sans prendre en compte les dynamiques industrielles locales.

L’APVF rappelle que 70% des emplois industriels se situent dans des communes de moins de 20 000 habitants. C’est ce tissu industriel, essentiellement composé de PME et d’ETI qui permettra la réindustrialisation du pays. Dans un contexte de hausse des plans sociaux et de croissance économique atone, l’APVF considère que ce sont ces entreprises qui doivent être soutenus prioritairement.

Ce soutien passe bien sûr, par l’identification de foncier pour les entreprises industrielles. Mais il suppose surtout une politique globale d’attractivité du territoire. Les enjeux de logement, de formation et de mobilité sont les principaux leviers non seulement du développement de l’industrie, mais également d’attractivité de travailleurs qualifiés dans le territoire.  

L’APVF appelle ainsi l’Etat, les régions et les intercommunalités à ne plus considérer la politique industrielle comme une politique sectorielle, mais comme le point d’entrée de l’élaboration des projets de territoire. Les projets d’ampleur nationale peuvent servir de locomotive, mais c’est avant tout dans les petites villes que se joue la réussite de la réindustrialisation.

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème :

Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Simplification économique : les petites villes appellent à la stabilité des règles du jeu

Le Parlement a définitivement adopté, mercredi 15 avril, le projet de loi de « simplification de la vie économique » (SVE), au terme d’un parcours législatif long et heurté. Derrière l’objectif affiché de simplification pour les entreprises, le texte marque un tournant plus large dans les politiques d’aménagement et environnementales, en actant notamment la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et en assouplissant le cadre du zéro artificialisation nette (ZAN).

Pour les maires des petites villes, ces évolutions, au-delà de leur contenu, posent une question centrale : celle de la stabilité de la norme.

Un texte aux équilibres profondément remaniés

Initialement centré sur la simplification administrative et économique, le projet de loi s’est considérablement enrichi au fil des débats parlementaires, dépassant la centaine d’articles. Il intègre désormais des mesures structurantes pour les territoires.

La suppression des ZFE, introduite en cours d’examen, met fin à un dispositif déployé progressivement depuis 2019 pour limiter les émissions de particules fines dans les zones urbaines. Parallèlement, le texte assouplit le ZAN, qui vise à contenir l’artificialisation des sols à horizon 2050, en ouvrant davantage de possibilités de dérogations pour certains projets, notamment d’intérêt national.

Le texte modifie également les conditions d’instruction de projets d’infrastructures, facilite certains développements industriels et prévoit la suppression ou la transformation de plusieurs instances consultatives.

Des inflexions rapides, aux effets durables

Ces choix législatifs interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques autour des normes environnementales et de leur acceptabilité sociale. Ils traduisent aussi une volonté d’accélérer certains projets économiques et industriels.

Mais pour les collectivités locales, et en particulier pour les petites villes, ces inflexions successives interrogent la lisibilité de l’action publique. Les politiques d’aménagement, de mobilité ou de sobriété foncière s’inscrivent en effet dans des temporalités longues, qui dépassent largement les cycles législatifs.

Or, en quelques années, les cadres de référence ont été profondément modifiés : montée en puissance puis remise en cause des ZFE, durcissement puis assouplissement du ZAN, évolution des procédures environnementales. Autant de changements qui obligent les élus à adapter en permanence leurs stratégies territoriales.

Le besoin d’un cap clair pour les territoires

Dans les petites villes, où les marges de manœuvre techniques et financières sont plus contraintes, la capacité à planifier repose d’abord sur la prévisibilité des règles. Les documents d’urbanisme, les projets de revitalisation, les politiques de mobilité ou encore les stratégies foncières nécessitent des cadres stables pour être pleinement efficaces.

L’instabilité normative peut, à l’inverse, fragiliser les dynamiques engagées : projets différés, investissements réévalués, partenariats remis en question. Elle alimente également une forme d’incertitude pour les acteurs économiques locaux, qui attendent eux aussi des signaux clairs.

Trouver l’équilibre entre simplification et continuité

Si la simplification des procédures et la réduction de certaines contraintes sont des objectifs partagés, elles ne sauraient se faire au prix d’une instabilité permanente des règles du jeu. La question n’est pas seulement celle du niveau de norme, mais de sa constance dans le temps.

Les maires des petites villes plaident ainsi pour un cadre législatif lisible, stable et cohérent, permettant de concilier développement économique, transition écologique et aménagement équilibré des territoires. Cela suppose d’éviter les revirements successifs et de garantir une continuité de l’action publique, indispensable à la réussite des politiques locales.

À l’heure où les territoires sont appelés à jouer un rôle clé dans les transitions en cours, la stabilité des règles apparaît comme une condition essentielle pour passer de l’intention à l’action.

Quels effets de la désindustrialisation sur les territoires ?

De quelle façon la désindustrialisation a affecté les territoires français. C’est à cette question que s’attelle l’Institut des politiques publiques dans une note intitulée Laissés-pour-compte : les effets locaux de la désindustrialisation en France.

 

Depuis la fin des années 1960, la France a connu un recul progressif de l’emploi industriel. Ce phénomène, souvent désigné sous le terme de désindustrialisation, n’a pas seulement affecté la structure productive nationale. Il a également profondément remodelé la vie économique, sociale et civique de nombreuses communes. Une analyse des évolutions locales entre 1968 et 2016 met en lumière l’ampleur et la diversité de ces transformations.

Les territoires les plus exposés à la baisse de l’emploi industriel présentent des fragilités économiques durables. Une diminution de 10 points de pourcentage de la part de l’emploi industriel est associée à une hausse d’un point du taux de chômage. Dans ces mêmes communes, le revenu moyen par habitant est inférieur de 3,8 % à celui observé ailleurs. Ces écarts témoignent d’une stagnation économique persistante, plusieurs décennies après le début du recul industriel. La disparition d’activités productives structurantes semble ainsi avoir laissé des traces durables sur le marché du travail et le niveau de vie.

Les effets de la désindustrialisation ne se limitent pas aux indicateurs économiques. Ils se traduisent également par des transformations démographiques notables. Les communes ayant subi les pertes industrielles les plus importantes enregistrent une croissance démographique plus lente, principalement en raison de départs de population. Cette dynamique contribue à un vieillissement accru : le ratio de dépendance démographique y est plus élevé, signe d’une proportion plus importante de personnes âgées par rapport à la population active. Le recul industriel apparaît donc comme un facteur de recomposition durable du profil démographique local.

Parallèlement, les indicateurs d’isolement social progressent dans ces territoires. Une baisse de 10 points de la part de l’emploi industriel est associée à une augmentation de 6,5 % de la proportion de personnes vivant seules. Les taux de mariage y diminuent également. Ces évolutions suggèrent un affaiblissement des liens sociaux traditionnels, dans des contextes où l’industrie jouait souvent un rôle structurant, tant sur le plan professionnel que communautaire.

Le tissu associatif et les équipements de proximité reflètent eux aussi ces mutations. Les communes les plus exposées au déclin industriel disposent aujourd’hui de moins de commerces, de services de santé ou d’équipements culturels. En moyenne, une baisse supplémentaire de 10 points de l’emploi industriel depuis 1968 correspond à 9,5 équipements de proximité en moins pour 10 000 habitants. La création de nouvelles associations y est également plus faible. Ces éléments traduisent un affaiblissement de la vie communautaire contemporaine, qui va au-delà des seules difficultés économiques.

Les conséquences politiques de la désindustrialisation apparaissent tout aussi marquées. Les communes concernées enregistrent une participation électorale plus faible, un recul du soutien à l’intégration européenne et une progression significative du vote en faveur de l’extrême droite. Ces évolutions suggèrent que l’érosion des structures économiques et sociales locales s’accompagne d’un repositionnement des attitudes politiques et civiques.

Pris ensemble, ces résultats mettent en évidence l’ampleur des transformations induites par le recul de l’industrie. La désindustrialisation ne se limite pas à une réallocation sectorielle de l’emploi : elle redessine les trajectoires économiques, modifie la composition démographique, fragilise les liens sociaux et influence les comportements politiques. À l’échelle locale, elle apparaît comme un facteur structurant de long terme, ayant profondément reconfiguré le tissu économique et social de nombreuses communautés françaises.

 

Retrouver la note « Laissés-pour-compte : les effets locaux de la désindustrialisation en France » sur le site de l’Institut des Politiques Publiques 

3 questions à…Amir Reza-Tofighi, président de la CPME

A l’occasion des élections municipales, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) met à disposition des candidats un Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME ». La Lettre des Petites Villes pose, cette semaine, 3 questions à Amir Reza-Tofighi, président de la CPME pour mettre les enjeux d’attractivité au coeur du prochain mandat. 

1/ Les maires des petites villes se présentent souvent comme des patrons de PME municipales. Que pensez-vous de cette comparaison ?

La comparaison est juste. Un maire, comme un dirigeant de PME, construit, innove, investit … Je les considère comme des bâtisseurs, comme nous le sommes au quotidien. Dans une petite ville, chaque décision municipale – qu’elle touche à l’urbanisme, la mobilité, la fiscalité, la commande publique – produit des effets immédiats sur l’activité, l’emploi et la vitalité du centre-ville.

Il est indispensable qu’élus et chefs d’entreprise travaillent ensemble au service de l’attractivité des territoires et du développement économique local.

C’est pourquoi, la CPME propose d’adopter, pour les six années du mandat 2026-2032, une méthode claire : le « Réflexe PME ». Se poser systématiquement, avant chaque décision, la question : quel sera l’impact concret sur les TPE-PME, l’emploi et l’attractivité ? Cela suppose concertation en amont, stabilité des règles et lisibilité des engagements. C’est un véritable partenariat de mandat.

2/ À quelques semaines des élections municipales, quelles mesures un candidat devrait-il prévoir pour accroître l’attractivité de son territoire pour les entreprises et notamment les PME ?

Pour ces élections, la CPME formule 91 propositions d’actions très concrètes. S’il ne fallait n’en retenir que 3, je citerais : l’urgence de renforcer l’attractivité de nos centres-villes en répondant notamment à la question de la vacance commerciale et au besoin des professionnels comme des habitants de pouvoir y circuler plus facilement.

La maîtrise de la fiscalité locale qui pèse sur les entreprises doit être un engagement de celles et ceux qui briguent des mandats locaux.  Et la commande publique doit devenir un moteur local : allotissement, accès simplifié, priorité aux entreprises locales, respect strict du paiement à 30 jours sont les conditions pour faire gagner nos savoir-faire locaux. Nous proposons aux candidats une charte d’engagements simple et opérationnelle : 10 engagements concrets, une revue annuelle « Réflexe PME » et 3 indicateurs de suivi. Un cadre clair pour faire du développement économique un axe gagnant du mandat municipal.

3/ De façon plus générale, à l’horizon du mandat, sur quels leviers une petite ville peut-elle s’appuyer pour favoriser son développement économique ?

Les petites villes disposent de leviers puissants. Le foncier productif est central : préserver des espaces pour les artisans et les PME, réhabiliter les friches, accélérer les petits projets industriels. La continuité des services publics – mobilité, eau, déchets, numérique – conditionne directement l’activité.

Les transitions écologique et numérique doivent être pragmatiques : énergie locale décarbonée, modernisation des réseaux, très haut débit et outils numériques utiles aux entreprises.

Au fond, le développement économique tient à une gouvernance : concertation structurée, commission locale dédiée, engagements suivis dans le temps.

Adopter durablement le « Réflexe PME », c’est garantir un dialogue exigeant et des décisions lisibles, au service de l’emploi et de l’attractivité. C’est faire le choix  d’un mandat utile, lisible et favorable à l’emploi local.

Pour retrouver le Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME » : https://www.cpme.fr/espace-presse/communiques-de-presse/municipales-2026-la-cpme-appelle-les-candidats-a-adopter-le-reflexe-pme

Fonds friches et mesure de recyclage foncier : une efficacité à parfaire

La Cour des comptes a publié fin janvier 2026 un rapport public thématique sur le fonds friches et les mesures de recyclage du foncier. Tout en confortant la politique de réhabilitation des friches, elle formulé un certain nombre de recommandations pour clarifier et cibler le dispositif. 

Des objectifs multiples

Les magistrats de la rue Cambon constatent dans leur rapport que la politique de réhabilitation des friches s’est vue assigner au fil des années une multitude d’objectifs et d’orientations, ne facilitant pas, selon la Cour, sa compréhension et mettant en cause son efficacité. Historiquement, la politique de réhabilitation des friches participe à des objectifs industriels, économiques et d’aménagement du territoire. En 2021, après la crise sanitaire, le fonds friches avait vocation à relancer le secteur des travaux publics et, en même temps, de lutter contre l’artificialisation des sols. Puis, au sein des dispositifs de recyclage du foncier du fonds vert, la production de logements sociaux et la relocalisation d’industries vertes ont été ajoutées. Lorsque la réhabilitation est adossée au programme Action cœur de ville ou Petites villes de demain, l’objectif recherché est l’aménagement et le soutien aux territoires en déprise.

Des moyens déconcentrés et inégalés mis au service du recyclage des friches

Une enveloppe de 1,4 milliards d’euros entre 2021 et 2024 est gérée par les préfectures de régions, soit 350 millions d’euros par an. On est très loin des enveloppes annuelles de 5 millions d’euros de l’Ademe. Face à ces moyens la Cour des comptes accuse le défaut d’actualisation des formations et le manque de performance des outils de suivi.

Une amélioration souhaitable de la qualification et de la connaissance des friches

La Cour des comptes constate que la France a fait le choix de donner une définition particulièrement extensive des friches contrairement à d’autres pays européens. Si cela a permis à de nombreux projets d’être financés, les crédits gagneraient selon elle a été moins dilués et les friches mieux connues. L’outil de recensement Cartofriches conçu par le CEREMA doit être davantage utilisé par les collectivités.

Des résultats contrastés

Les données à disposition font apparaître des résultats limités au regard des objectifs annoncés : 32 000 logements aidés, dont 11 000 logements sociaux ; 29 % de ces projets seulement sont situés en zone tendu ; 22 % des crédits de paiement n’était pas encore consommés à leur terme en 2024 ; 2 750 hectares recyclés sur 3 375 annoncés ; entre 5 500 et 8 000 hectares non artificialisés. A noter que le lien de causalité entre la subvention et le recyclage foncier n’a pu être établi par l’enquête de la Cour des comptes.  La subvention n’aurait eu un effet déclencheur que pour 30 % des projets.

Télécharger le rapport public thématique 

Télécharger la synthèse 

3 questions à… Michel-François Delannoy, Directeur du Département Appui aux Territoires du Groupe Caisse des Dépôts

La Lettre des Petites Villes donne la parole à Michel-François Delannoy, Directeur du Département Appui aux Territoires du Groupe Caisse des Dépôts, sur la thématique des managers de commerce.

1/ APVF : La Banque des Territoires a réaffirmé son soutien au commerce, notamment en accompagnant la pérennisation et le développement des postes de managers de commerce. Quels en sont les principaux axes ?

Les managers de commerce constituent un maillon essentiel de la stratégie commerciale des collectivités. C’est pourquoi, le premier axe du dispositif de la Banque des Territoires en faveur des managers de commerce concerne le cofinancement de ces postes. Dans ce cadre il est prévu que nous financions environ 500 postes, qu’il s’agisse de créations ou de pérennisations de postes existants, dès lors qu’ils s’inscrivent dans une stratégie de redynamisation commerciale portée par la collectivité. Tous les territoires sont éligibles à condition que l’intervention du manager de commerce concerne la redynamisation du commerce en centre-ville et dans les QPV le cas échéant. Enfin, les missions confiées aux managers cofinancés doivent respecter les référentiels métier établis par Centre-ville en Mouvement et le CMCV. Pour faciliter le traitement des demandes, nous avons ouvert un canal de traitement unique, joignable depuis le 2 février par l’adresse managerdecommerce@caissedesdepots.fr.

 

2/ APVF : L’accompagnement de managers de commerce passe aussi par la montée en compétence de ces derniers. Que propose la Banque des Territoires sur ce sujet ?

Depuis 2024, la Banque des Territoires déploie, grâce à « l’École des Territoires » (sa direction de la formation), un parcours de formation exclusivement dédié aux managers de commerce. Ce séminaire de formation en résidence de 2,5 jours allie apports pédagogiques, travaux en groupes autour d’une étude de cas fictive et exercices de mise en situation. L’enjeu est d’apporter une vision complète de l’ensemble des sujets auxquels peut être confronté un manager de commerce pour décliner une stratégie territoriale de redynamisation. Afin de rendre cette formation accessible au plus grand nombre, ce séminaire est gratuit pour les participants.

Deux séminaires de formation seront organisés en 2026. Le premier aura lieu les 15, 16 et 17 avril 2026. Pour consulter le programme et s’inscrire, il faut se rendre sur https://inscript.fr/.

3/ APVF : Comment les managers de commerce peuvent-ils valoriser leur acquis et leur expérience ?

C’est le 3ème volet du dispositif mis en place par la Banque des Territoires. L’École des Territoires a élaboré en 2025 une démarche de certification professionnelle à destination des managers de commerce et chargés de mission commerce des collectivités. La certification « Élaborer un projet de développement de territoires-option commerce » est inscrite au registre de France Compétences (RS 6212). Elle reconnait quatre compétences professionnelles : définir un projet, établir un diagnostic territorial, établir la faisabilité d’un projet, réaliser le montage d’un projet.

La première promotion de certification s’est déroulée fin 2025. 31 candidats ont été certifiés à l’issue des soutenances de leur projet devant un jury. La vidéo suivante vous en dit plus : https://youtu.be/twXBVyKhU6M

Nous allons organiser 2 nouvelles sessions en 2026. La première débute en février pour une certification en juillet 2026. La seconde débutera en juillet pour une certification en décembre. Les inscriptions se déroulent sur https://inscr.fr/.

 

Municipales 2026 : l’APVF publie le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes (2026‑2032)

À l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, ancien député de Seine-Maritime et maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, publie son Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 2026‑2032.

Ce Manifeste s’inscrit dans la continuité d’un mandat municipal hors norme, marqué par une succession de crises : sanitaire, sociale, énergétique, climatique; durant lesquelles les maires de petites villes ont été en première ligne pour garantir la continuité du service public et répondre aux besoins essentiels des populations, en particulier les plus fragiles.

Les petites villes comme laboratoires de transitions

Le prochain mandat municipal sera à la fois au cœur des transitions et au cœur des urgences, face à deux défis majeurs : la transition écologique et la transition démographique, avec le vieillissement de la population. Convaincus que l’avenir passera plus que jamais par la proximité et par des collectivités à taille humaine, les élus des petites villes entendent rester des acteurs majeurs de l’action publique locale.

Pour dire ce qu’est ce Manifeste, il convient aussi de rappeler ce qu’il n’est pas. Il n’est ni un bilan de l’action menée depuis 2020, ni un programme municipal, ni un plaidoyer à l’égard du Gouvernement. Fidèle à l’ADN de l’APVF, il se veut exigeant et proposant, en offrant aux maires une ligne d’action pour la prochaine mandature.

Articulé autour de la notion centrale du « bien vivre » – bien se déplacer, bien se loger, bien grandir, bien vieillir – le Manifeste fait écho aux priorités exprimées par les citoyens : la santé, la sécurité, la mobilité, le logement et la transition écologique. Il rappelle également que les petites villes constituent de véritables laboratoires de transitions, capables d’expérimenter des solutions concrètes, adaptées aux réalités locales.

Dix préconisations pour préparer l’avenir des petites villes

Structuré autour de plusieurs axes, le Manifeste vise à préparer l’avenir dès maintenant. Parmi l’ensemble des 24 pages, dix préconisations structurantes sont mises en avant :

  • la création d’un adjoint à la santé dans chaque commune, afin d’intégrer la santé de manière transversale dans les politiques locales (prévention, environnement, alimentation, lien social) ;
  • la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse de lutte contre l’isolement des personnes âgées, fondée sur le lien social, l’intergénérationnel, le maintien à domicile et la lutte contre la fracture numérique ;
  • un engagement renforcé contre l’habitat indigne, reposant sur une mobilisation des outils de police du maire et des programmes de revitalisation ;
  • le développement d’une sécurité de proximité, appuyée sur des polices municipales renforcées et mutualisées ;
  • une adaptation concrète au changement climatique, notamment par la rénovation thermique des bâtiments publics et scolaires ;
  • une politique municipale volontariste en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap ;
  • la sanctuarisation des budgets culturels, considérés comme un pilier du lien républicain et de la cohésion locale ;
  • la réduction des fractures numériques, en particulier pour les seniors ;
  • la recherche d’un équilibre entre sobriété financière et réindustrialisation des territoires, alors que 70 % des emplois industriels sont localisés dans des communes de moins de 20 000 habitants ;
  • enfin, la redynamisation des centres-villes par la mixité commerciale et la pérennisation du programme Petites villes de demain, avec des moyens renforcés en ingénierie.

Un repère pour les équipes municipales de demain

Dans un contexte politique national incertain, le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes se veut à la fois un repère et une boussole pour les futures équipes municipales. Il réaffirme le rôle central des petites villes dans l’équilibre des territoires et propose une vision fondée sur la proximité, la solidarité et la capacité d’innovation locale.

 Télécharger le Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes 

 Télécharger les dix préconisations de l’APVF

 

Présentation du Manifeste pour des petites villes plus bienveillantes à la presse le mercredi 11 février 2026 dans les locaux de l’APVF (Paris). (Crédit: APVF)

De gauche à droite: Antoine Homé, Maire de Wittenheim (68), Premier Vice-président de l’APVF ; Christophe Bouillon, Maire de Barentin (76), Président de l’APVF ; Daniel Cornalba, Maire de l’Etang-la-Ville (78), Membre du Bureau de l’APVF. 

Le commerce coopératif confirme son ancrage dans les petites villes !

A l’occasion des voeux de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé (FCA), qui se déroulait dans le bel écrin de la Samaritaine, a été présentée une étude Xerfi indiquant que près des deux tiers des commerces coopératifs se trouvaient dans les communes de moins de 20 000 habitants. Le Président de l’APVF, Christophe Bouillon, maire de Barentin, était présent. 

Dans l’étude Xerfi, réalisée pour le compte de la FCA, il apparaît que 52% du commerce coopératif et associé est installé dans des communes de moins de 10 000 habitants. 14% le sont dans des communes de moins de 20 000 habitants. Les deux tiers de commerce coopératif et associé se trouvant dans les communes de moins de 20 000 habitants, sont un signe de proximité auprès des Français, une majorité d’entre eux vivant dans les plus petites communes.

Autre apport de l’étude, le fait que le commerce coopératif et associé « contribue à l’accès aux soins » et « se distingue par un ancrage fort dans les secteurs essentiels » comme la pharmacie, l’optique ou l’alimentation.En effet, quand une pharmacie qui disparaît, c’est une rue commerçante qui se meurt. Et a contrario, une rue commerçante qui revit dispose généralement d’une pharmacie. Il s’agit d’une des clefs de la revitalisation et de l’attractivité d’un territoire.

Enfin, dernier élément d’intérêt : la croissance du commerce coopératif et associé. Contrairement à l’ensemble du commerce qui a tendance à stagner (-0,2% en moyenne sur la période 2017-2024), le commerce coopératif et associé connaît une très forte dynamique (+8,3% sur la même période). Ces tendances ne devraient pas laissés indifférents les maires souhaitant redynamiser leur commerce de centre-ville.

Lors d’une table-ronde où étaient également présents Rollon Mouchel-Blaisot, Préfet de la Somme, ancien Directeur du programme Action Coeur de Ville et Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U, Christophe Bouillon a salué l’empreinte remarquable du commerce coopératif et associé dans les petites villes. Il a rappelé que ces commerces, comme les petites villes qui les accueillent, étaient en mutation, la principale étant liée à la dynamique démographique de ces territoires qui modifient les besoins exprimés par les populations. M. Bouillon a enfin rappelé que les petites villes disposaient d’un atout, là encore similaire à celui du commerce coopératif et associé : celui de la proximité.

3 questions à…Philippe Rogier, Directeur Général de l’AFL, la banque des collectivités locales

Dans un contexte financier plus que contraint pour les petites villes, la question du recours à l’emprunt se pose avec davantage d’acuité. Cette semaine, La lettre des Petites Villes revient sur ce qui sera sans doute un enjeu majeur du prochain mandat avec Philippe Rogier, Directeur Général de l’AFL, la banque des collectivités locales.

  • Philippe Rogier, vous êtes Directeur Général de l’AFL, la banque des collectivités locales, depuis le 1er janvier 2026. Quelles sont les priorités de l’AFL, détenue à 100% par les collectivités locales, pour le prochain mandat municipal ?

À l’horizon du prochain mandat, l’AFL réaffirme son ambition d’être un acteur clé de la stabilité et de la souveraineté financière des collectivités territoriales.

Aux côtés du bloc communal, à un moment stratégique du renouvellement des exécutifs et de l’élaboration de nouveaux projets de mandat, l’AFL entend accompagner ses actionnaires, en apportant des solutions de financement responsables, et en jouant pleinement son rôle d’espace de mutualisation et de partage des bonnes pratiques, au service d’une action publique locale renforcée.

À travers ses actions, l’AFL confirme son attachement aux principes de la décentralisation, de l’autonomie financière et de la liberté d’administration des collectivités, qui permet aux territoires de décider, financer et mettre en œuvre leurs projets dans un cadre maîtrisé, solidaire et durable. Notre raison d’être c’est renforcer le pouvoir d’agir de nos villes.

  • Dans un contexte budgétaire incertain, où de nombreuses petites villes sont amenées à réaliser des économies, de nombreux maires hésitent à recourir à l’emprunt pour financer leurs projets d’investissement. Quelles seraient les bonnes raisons pour passer le pas ?

Dans ce contexte incertain, le recours direct à l’endettement par une collectivité, afin de financer ses investissements, est tout à fait légitime. Quel que soit l’objet de l’investissement, en étaler le coût sur une longue période, c’est reconnaître qu’il est juste que les futurs utilisateurs de l’équipement contribuent à son financement, à condition que la période d’endettement soit en cohérence avec la durée moyenne d’amortissement de l’ensemble des investissements financés. C’est aussi reconnaître que l’investissement réalisé génère des bénéfices à long terme, que ce soit en termes économiques (création d’emplois, attractivité du territoire) ou environnementaux (réduction de la pollution, amélioration de la qualité de vie). Faute d’accélération, les petites villes risquent d’accumuler de la dette grise par déficit de rénovation de leur patrimoine.

Aujourd’hui, la dette publique locale représente moins de 10 % de la dette publique nationale, mais les collectivités devront porter l’essentiel des nouveaux investissements en faveur des transitions. Le recours à la dette pourrait ainsi financer une part substantielle, voire majoritaire, des nouveaux investissements nécessaires pour la transition écologique, notamment pour les projets à forte intensité capitalistique et à amortissement long (rénovation énergétique, infrastructures de transport, etc.).

On observe habituellement la soutenabilité de la dette des collectivités locales par un ratio simple, le délai de désendettement, qui rapporte l’encours de dette rapporté à l’épargne brute. Fin 2024, toutes collectivités locales confondues, ce ratio s’élevait à environ 5 années, bien loin de la durée considérée comme zone de vigilance (10 à 12 ans) ou critique (au-delà de 12 ans).

  • L’AFL travaille avec des élèves de l’INET sur une étude portant sur les financements croisés entre collectivités territoriales. Pourquoi mettre l’accent sur cette question ? Ce type de financements peut-il être une réponse aux contraintes pesant sur les budgets locaux ?

Cette étude se propose d’analyser pour les collectivités territoriales de toutes strates, contiguës ou non, les coopérations bâties pour financer un projet en lien avec la transition écologique, et ce en dehors du cadre de l’intercommunalité à fiscalité propre issu de la loi NOTRe.

Il s’agit de dresser un état des lieux des coopérations interterritoriales dans le financement de la transition écologique, de proposer une typologie des solutions de coopération interterritoriales retenues par les collectivités, et analyser ces différentes approches pour identifier les bonnes pratiques et les écueils dans la mise en œuvre de ces solutions.