Baromètre vélo 2025 : les petites villes confirment leur rôle moteur dans la transition cyclable

La France des petites villes pédale à vive allure vers la transition cyclable. C’est l’un des enseignements majeurs de la 4ᵉ édition du Baromètre des Villes Cyclables, publiée après une enquête menée du 28 février au 2 juin 2025 par la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB). Plus grande consultation citoyenne au monde sur les déplacements à vélo, le Baromètre continue de prendre le pouls du pays : celui d’une société où la mobilité active s’installe durablement dans les pratiques du quotidien.

Un thermomètre citoyen devenu incontournable

Tous les deux ans, cyclistes et non-cyclistes évaluent la qualité des déplacements à vélo dans leur commune. Sécurité, confort, services, efforts de la municipalité… Rien n’échappe au regard des usagers. Pour les collectivités, c’est un outil de démocratie participative devenu indispensable : un tableau de bord à ciel ouvert qui permet de mesurer, ajuster et parfois réorienter la politique cyclable locale.

Derrière ces retours, un objectif clair : coconstruire une politique de mobilité réellement inclusive, capable de répondre aux besoins des habitants, qu’ils vivent au cœur d’une métropole ou dans une petite commune rurale.

Participation en hausse : les petites villes en pleine accélération

L’édition 2025 confirme une tendance forte : les petites villes sont désormais pleinement engagées dans la dynamique cyclable nationale. Pas moins de 174 petites communes supplémentaires ont été qualifiées cette année, signe d’une mobilisation croissante des territoires.

Certaines collectivités tirent particulièrement leur épingle du jeu, souvent grâce au travail mené à l’échelle intercommunale. C’est le cas, par exemple, de la communauté de communes d’Erdre et Gesvres, qui a investi massivement dans un réaménagement cyclable global, salué par les usagers.

Banlieues et petites villes : un climat vélo qui s’étend

Le climat vélo progresse de 6 % en moyenne dans les petites villes et communes de banlieue, atteignant une note globale encourageante de 3,16. Plusieurs communes proches de grandes agglomérations affichent même des bonds spectaculaires :

  • Thaon-les-Vosges : +32 %

  • Charenton-le-Pont : +29 %

  • Villeneuve-d’Ascq : +14 %

Ces résultats suggèrent un véritable effet de diffusion, comme une tache d’huile, à mesure que les grands pôles urbains renforcent leurs réseaux cyclables.

Top 3 2025 des petites villes

  1. Andernos-les-Bains – 4,52

  2. Brétignolles-sur-Mer – 4,45

  3. Val-de-Reuil – 4,44

Des notes élevées qui reflètent un travail de long terme sur les infrastructures, la sécurité et les services proposés aux cyclistes.

Quelques chiffres qui parlent

  • 918 petites villes étudiées (7,1 millions d’habitants)

  • 464 qualifiées au Baromètre (3,9 millions d’habitants)

La forte participation confirme l’importance croissante accordée au vélo dans les stratégies locales de mobilité. Elle traduit aussi des attentes très nettes : des aménagements continus, sécurisés et adaptés à tous les usages, du vélotaf au loisir.

>> Les résultats complets, commune par commune, sont disponibles sur barometre-velo.fr.

Covoiturage à la demande : une solution d’avenir pour les petites villes ?

Face aux défis croissants de la mobilité dans les territoires, le covoiturage à la demande apparaît comme un levier complémentaire aux réseaux de transport existants. La Commission Mobilités de l’APVF a consacré sa séance du 26 novembre à ce sujet, en présence de Sylvain Laval, maire de Saint-Martin-le-Vinoux et représentant Mobilités de l’APVF, ainsi que d’Adrien Tahon, Senior Vice President de BlaBlaCar, accompagné de son équipe.

BlaBlaCar : état des lieux et enjeux

BlaBlaCar, aujourd’hui forte de plus de 100 millions d’utilisateurs dans le monde, rappelle la portée environnementale du covoiturage longue distance :

  • 2,5 millions de tonnes de CO₂ évitées,

  • 87 % des sièges proposés en dehors des 500 axes les plus fréquentés, ce qui souligne l’intérêt du covoiturage pour les territoires moins denses.

Les intervenants ont mis en lumière la fracture territoriale qui touche les zones rurales et périurbaines :

  • 20 millions de Français vivent dans des territoires où l’offre de transport est insuffisante ;

  • 85,3 % d’entre eux se situent à plus de 10 minutes d’une gare ;

  • Faute d’alternative, près de 80 % des trajets en zones peu denses se font en voiture individuelle.

Cette réalité renforce des inégalités : dans les zones rurales, la mobilité représente 16 % des dépenses des ménages, contre 12 % en zone urbaine. Elle pèse également sur l’attractivité des petites villes : 38 % des jeunes citent le manque de mobilité comme frein à leur installation.

Définir le covoiturage : une réflexion nécessaire

L’intervention de BlaBlaCar a ouvert un débat sur la définition même du covoiturage, notamment dans le contexte législatif français encadré par la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM). Aujourd’hui, la réglementation s’appuie sur l’idée que le conducteur effectue le trajet pour son propre compte, ce qui exclut certains trajets ponctuels ou non planifiables.

Un exemple intéressant vient d’Espagne, où le covoiturage est défini comme des trajets partagés à titre non onéreux, ce qui permet d’intégrer davantage de pratiques de mobilité émergentes. Une réécriture de la définition française permettrait d’élargir le champ d’action du covoiturage à la demande, tout en respectant le principe fondamental : pas de rémunération supplémentaire pour le conducteur.

Expériences locales et perspectives

Yannick Douls, représentant de la communauté de communes Millau Grands Causses en Occitanie, a souligné que les dispositifs de covoiturage fonctionnent particulièrement bien sur le trajet domicile–travail.

Les échanges ont également porté sur les expérimentations menées par certaines Autorités Organisatrices de la Mobilité (AOM) et sur les travaux engagés avec le GART (Groupement des Autorités Responsables de Transport). L’enjeu : tester de nouveaux cadres et adapter les solutions au plus près des besoins locaux.

Tous les participants se sont accordés sur un point : il ne s’agit pas d’opposer les solutions mais de construire un véritable millefeuille de mobilités, combinant transport collectif, covoiturage, mobilités douces et services innovants pour répondre à la diversité des usages.