Assises de la télémédecine : une première feuille de route nationale dévoilée

29 janvier 2026

Après une année de concertation et de travaux menés à l’échelle nationale, les Assises de la télémédecine se sont achevées fin janvier 2026. Cette démarche, pilotée par l’Assurance maladie et le ministère chargé de la Santé, a abouti à la présentation d’une première feuille de route nationale pour la période 2026-2028, visant à encadrer et structurer le développement des usages de la télémédecine sur l’ensemble des territoires.

Organisées tout au long de l’année 2025, les Assises de la télémédecine ont réuni l’ensemble des acteurs concernés par le déploiement de la télémédecine : professionnels de santé, représentants des usagers, structures de soins, acteurs institutionnels et opérateurs du numérique en santé. Sept ateliers régionaux, organisés en métropole et en Outre-mer, ont permis d’identifier les principaux freins et leviers au développement de la téléconsultation et de la téléexpertise, ainsi que les conditions nécessaires à une meilleure appropriation de ces outils par les patients comme par les professionnels.

Les échanges ont fait ressortir un constat partagé : si la télémédecine constitue un levier utile pour améliorer l’accès aux soins, notamment dans les territoires confrontés à une offre médicale insuffisante, elle ne peut être envisagée comme une réponse uniforme ou exclusivement technique. Son efficacité repose sur son inscription dans des parcours de soins coordonnés, lisibles et territorialisés, ainsi que sur une attention particulière portée aux publics les plus vulnérables ou éloignés du numérique.

Le 26 janvier 2026, la ministre chargée de la Santé a présenté les principaux axes de la première feuille de route nationale dédiée à la télémédecine pour la période 2026-2028. Celle-ci prévoit notamment un assouplissement ciblé du plafond d’activité en télémédecine, le renforcement de la téléconsultation assistée par des professionnels de santé, un encadrement renforcé de l’implantation des cabines de téléconsultation, le déploiement de la téléexpertise au sein des structures de coordination territoriale, ainsi qu’une meilleure identification des équipements accessibles aux personnes en situation de handicap.

Dans leur ensemble, ces annonces traduisent une volonté de mieux structurer le recours à la télémédecine et d’en améliorer la qualité, en évitant les usages isolés ou insuffisamment intégrés à l’organisation des soins. Elles confirment également que le principal enjeu du développement de la télémédecine est désormais organisationnel et territorial, au-delà de la seule innovation technologique.

Pour les petites villes, directement confrontées aux tensions croissantes sur l’offre de soins de proximité, les enseignements des Assises de la télémédecine revêtent une importance particulière. La télémédecine peut constituer un levier utile pour améliorer l’accès aux soins, à condition d’être pensée comme un outil complémentaire, inscrit dans des organisations territoriales coordonnées et adossé à des équipements et des accompagnements humains adaptés. La mise en œuvre de la feuille de route 2026-2028 devra ainsi tenir compte des réalités des petites villes, tant en matière de démographie médicale que de fracture numérique et de capacités d’ingénierie locale, afin d’éviter une réponse déconnectée des besoins du terrain.