
A l’occasion des élections municipales, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) met à disposition des candidats un Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME ». La Lettre des Petites Villes pose, cette semaine, 3 questions à Amir Reza-Tofighi, président de la CPME pour mettre les enjeux d’attractivité au coeur du prochain mandat.
1/ Les maires des petites villes se présentent souvent comme des patrons de PME municipales. Que pensez-vous de cette comparaison ?
La comparaison est juste. Un maire, comme un dirigeant de PME, construit, innove, investit … Je les considère comme des bâtisseurs, comme nous le sommes au quotidien. Dans une petite ville, chaque décision municipale – qu’elle touche à l’urbanisme, la mobilité, la fiscalité, la commande publique – produit des effets immédiats sur l’activité, l’emploi et la vitalité du centre-ville.
Il est indispensable qu’élus et chefs d’entreprise travaillent ensemble au service de l’attractivité des territoires et du développement économique local.
C’est pourquoi, la CPME propose d’adopter, pour les six années du mandat 2026-2032, une méthode claire : le « Réflexe PME ». Se poser systématiquement, avant chaque décision, la question : quel sera l’impact concret sur les TPE-PME, l’emploi et l’attractivité ? Cela suppose concertation en amont, stabilité des règles et lisibilité des engagements. C’est un véritable partenariat de mandat.
2/ À quelques semaines des élections municipales, quelles mesures un candidat devrait-il prévoir pour accroître l’attractivité de son territoire pour les entreprises et notamment les PME ?
Pour ces élections, la CPME formule 91 propositions d’actions très concrètes. S’il ne fallait n’en retenir que 3, je citerais : l’urgence de renforcer l’attractivité de nos centres-villes en répondant notamment à la question de la vacance commerciale et au besoin des professionnels comme des habitants de pouvoir y circuler plus facilement.
La maîtrise de la fiscalité locale qui pèse sur les entreprises doit être un engagement de celles et ceux qui briguent des mandats locaux. Et la commande publique doit devenir un moteur local : allotissement, accès simplifié, priorité aux entreprises locales, respect strict du paiement à 30 jours sont les conditions pour faire gagner nos savoir-faire locaux. Nous proposons aux candidats une charte d’engagements simple et opérationnelle : 10 engagements concrets, une revue annuelle « Réflexe PME » et 3 indicateurs de suivi. Un cadre clair pour faire du développement économique un axe gagnant du mandat municipal.
3/ De façon plus générale, à l’horizon du mandat, sur quels leviers une petite ville peut-elle s’appuyer pour favoriser son développement économique ?
Les petites villes disposent de leviers puissants. Le foncier productif est central : préserver des espaces pour les artisans et les PME, réhabiliter les friches, accélérer les petits projets industriels. La continuité des services publics – mobilité, eau, déchets, numérique – conditionne directement l’activité.
Les transitions écologique et numérique doivent être pragmatiques : énergie locale décarbonée, modernisation des réseaux, très haut débit et outils numériques utiles aux entreprises.
Au fond, le développement économique tient à une gouvernance : concertation structurée, commission locale dédiée, engagements suivis dans le temps.
Adopter durablement le « Réflexe PME », c’est garantir un dialogue exigeant et des décisions lisibles, au service de l’emploi et de l’attractivité. C’est faire le choix d’un mandat utile, lisible et favorable à l’emploi local.
Pour retrouver le Recueil de propositions et la Charte d’engagements « Adopter le Réflexe PME » : https://www.cpme.fr/espace-presse/communiques-de-presse/municipales-2026-la-cpme-appelle-les-candidats-a-adopter-le-reflexe-pme
