
À deux mois des élections municipales, une large majorité de Français affirme qu’elle serait réticente à voter pour un candidat remettant en cause les politiques locales de transition écologique. Une enquête Ifop publiée le 15 janvier met en évidence une attente forte de continuité des actions engagées, y compris dans les petites villes.
Une étude Ifop réalisée du 3 au 15 décembre 2025 pour le Réseau Action Climat et le Secours catholique révèle que 63 % des Français se disent « gênés » à l’idée de voter pour un candidat qui reviendrait sur les politiques de transition écologique déjà mises en œuvre dans leur commune. Dans le détail, 27 % se déclarent « beaucoup » gênés et 36 % « assez » gênés, traduisant un risque électoral réel pour les candidats porteurs d’un discours de recul environnemental.
L’enquête met en lumière une adhésion large et transversale à la transition écologique, loin de l’idée d’une préoccupation réservée à une minorité favorisée. Dans les quartiers populaires, 64 % des habitants interrogés expriment également cette gêne, confirmant que la transition est perçue avant tout comme un enjeu très concret de qualité de vie, de santé et de protection face aux effets déjà visibles du changement climatique.
Les résultats varient toutefois selon la taille des communes. Dans les communes de moins de 20 000 habitants, 57 % des sondés se disent gênés à l’idée de voter pour un candidat remettant en cause les politiques de transition écologique locales. Si ce taux est inférieur à celui observé dans les villes moyennes (70 %) et les grandes villes (72 %), il demeure nettement majoritaire. Il montre que, dans les petites villes, la transition écologique n’est plus un sujet secondaire mais un élément structurant du jugement porté sur l’action municipale.
Cette sensibilité s’explique par le caractère très tangible des politiques de transition à l’échelle des petites villes : aménagement des espaces publics, végétalisation, gestion de l’eau, rénovation des bâtiments communaux, mobilités du quotidien ou encore protection du cadre de vie. Ces actions, souvent visibles et directement liées aux compétences municipales, contribuent à renforcer l’idée que les politiques de transition constituent désormais un acquis local, dont le démantèlement serait politiquement risqué.
La question du financement de la transition fait néanmoins apparaître des nuances importantes dans cette strate. À l’échelle nationale, 53 % des Français estiment qu’il faut poursuivre les politiques de transition écologique, quitte à augmenter les investissements communaux. Ce soutien atteint 60 % dans les quartiers populaires, mais tombe à 49 % dans les petites villes. Cette prudence reflète les contraintes budgétaires plus fortes auxquelles sont confrontées ces communes et souligne l’importance, pour les élus locaux, d’articuler ambition écologique, soutenabilité financière et acceptabilité sociale.
Pour les petites villes, ces résultats livrent un enseignement clair : la transition écologique est désormais attendue par une majorité d’habitants et pèse sur les comportements électoraux, mais elle doit être portée avec un discours de pédagogie, de justice et d’adaptation aux réalités locales. À l’approche des municipales, l’enjeu pour les candidats n’est donc plus de savoir s’il faut agir, mais comment tenir le cap de la transition tout en répondant aux préoccupations concrètes des habitants.
