
D’après une étude récente de l’Institut Terram et de l’ONG Project Tempo, l’environnement demeure une préoccupation majeure des électeurs à l’approche des municipales. Loin d’être cantonnée aux métropoles, cette préoccupation traverse aussi les petites villes, où elle se mêle aux enjeux très concrets de santé, d’eau, de services et de protection du quotidien. Pour les communes de 2 500 à 25 000 habitants, l’écologie est un levier central d’action publique.
À rebours de l’idée d’un recul de l’écologie dans le débat public local, les attentes citoyennes restent élevées. Selon l’étude publiée par l’Institut Terram et l’ONG Project Tempo, près des trois quarts des électeurs déclarent que les propositions environnementales des candidats compteront dans leur vote aux municipales. L’action des maires en la matière est d’ailleurs largement reconnue, avec plus de sept Français sur dix se disant satisfaits du bilan écologique de leur commune.
Pour autant, cette satisfaction n’efface pas un sentiment de retard face à l’ampleur des défis. Seul un tiers des habitants estime que sa commune est « en avance » sur la protection de l’environnement ou l’adaptation aux risques climatiques. Autrement dit, les élus locaux sont jugés utiles et légitimes, mais attendus sur des résultats plus visibles et plus structurels.
Cette attente prend un relief particulier dans les petites villes. Entre ruralité et centralités de services, elles cumulent des responsabilités fortes – écoles, équipements, mobilités, santé, attractivité commerciale – avec des moyens souvent limités. Les préoccupations environnementales y sont moins spectaculaires que dans les grandes agglomérations, mais plus directement liées au quotidien : qualité et disponibilité de l’eau, gestion des déchets, risques d’inondation, entretien des réseaux, chaleur dans les centres-bourgs minéralisés.
Dans ces territoires, l’écologie se vit moins comme une politique sectorielle que comme une question de protection. La notion même de « sécurité » s’élargit : au-delà de la délinquance, les habitants y associent la sécurité routière, économique… mais aussi environnementale et sanitaire. Canicules, pollutions, bâtiments énergivores, réseaux fragiles ou pénuries d’eau sont perçus comme des risques concrets qui appellent des réponses municipales immédiates.
Les mesures plébiscitées confirment cette approche pragmatique. Rénovation thermique des bâtiments publics et privés, développement du tri et de la réduction des déchets, plantation d’arbres, transports collectifs ou mobilités douces recueillent un soutien massif. Autant d’actions très opérationnelles, directement perceptibles, qui relèvent pleinement des compétences des communes de 2 500 à 25 000 habitants.
Reste la question du financement. Les Français soutiennent majoritairement des politiques écologiques si elles s’appuient sur une meilleure réorientation des dépenses existantes plutôt que sur une hausse d’impôts locaux. Pour les petites villes, déjà contraintes budgétairement, cela renforce la nécessité d’un accompagnement de l’État, d’outils d’ingénierie et de dispositifs adaptés à leur taille.
À quelques mois du scrutin, un enseignement s’impose : l’écologie municipale ne se joue ni dans l’affichage ni dans la seule symbolique. Dans les petites villes, elle se mesure à la capacité à « tenir » le quotidien, protéger les habitants, moderniser les équipements et préparer l’avenir. Autrement dit, à faire de la transition écologique un facteur de qualité de vie, de résilience et d’attractivité territoriale. C’est à cette condition qu’elle deviendra, pleinement, un projet municipal partagé.
