
Publiée le 10 février 2026 par la Fondation Jean-Jaurès, signée par Aleth d’Assignies et Samuel Jequier, l’étude La place de la voiture en ville : regards croisés entre les Français et leurs maires apporte un éclairage précieux sur un sujet devenu hautement sensible, en particulier dans les petites villes et les territoires ruraux.
Premier enseignement clair : la réduction de la place de la voiture ne fait pas consensus hors des grandes métropoles. Si les bénéfices collectifs de ces politiques sont largement reconnus – amélioration de la qualité de l’air, baisse des nuisances, sécurité routière –, leur acceptabilité chute fortement dans les petites villes: près de trois Français sur quatre y sont opposés.
Cette défiance s’explique avant tout par la dépendance structurelle à la voiture. Dans les communes de moins de 20 000 habitants, l’absence d’alternatives crédibles – transports collectifs insuffisants, continuités cyclables limitées – rend toute politique restrictive immédiatement vécue comme une contrainte injuste. 95 % des maires de petites communes estiment qu’il est impossible de se passer de la voiture sur leur territoire.
L’étude met toutefois en lumière une voie de passage : oui aux politiques “positives”, non aux politiques “punitives”. Parkings relais, apaisement de la circulation, sécurisation routière, rues scolaires ou aménagements cyclables progressifs recueillent une large adhésion. À l’inverse, les dispositifs jugés technocratiques ou imposés sans concertation cristallisent les oppositions.
Pour les petites villes, le message est limpide : changer de méthode avant de changer les usages. Territorialisation, écoute des habitants et solutions adaptées au quotidien constituent les conditions indispensables pour éviter que la voiture ne devienne, une fois encore, le symbole d’une fracture entre centres et périphéries.
➜ Retrouvez l’étude La place de la voiture en ville : regards croisés entre les Français et leurs maires sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.
