Institut Terram : des municipales loin des préoccupations nationales dans les petites Villes

10 mars 2026
A quelques jours du premier tour des élections municipales, l’Institut Terram, think tank spécialisé sur les questions territoriales, revient sur les principaux enjeux du scrutin dans une étude intitulée “Municipales : les prémices de la présidentielle ?”. Il y apparaît que les problématiques locales priment, notamment dans les petites villes.

L’étude publiée par l’Institut Terram analyse les élections municipales de 2026 comme un indicateur du climat politique précédant l’élection présidentielle, tout en soulignant que les dynamiques locales restent déterminantes. Elle met particulièrement en évidence le rôle spécifique des petites et moyennes communes, notamment celles comprises entre 2 500 et 25 000 habitants.

Dans ces territoires, la logique locale demeure dominante. Les électeurs y votent d’abord en fonction de la personnalité des candidats et de leur réputation locale plutôt que de leur appartenance partisane. À l’échelle nationale, 58 % des électeurs déclarent se déterminer principalement selon la personnalité des candidats, contre 42 % selon leur orientation politique. Cette personnalisation est encore plus marquée dans les petites villes, où les réseaux sociaux locaux, la proximité avec les élus et la visibilité concrète de l’action municipale renforcent la dimension relationnelle du vote.

La participation électorale y est également plus élevée que dans les grandes villes. Les intentions de vote atteignent environ 62 % dans les communes de moins de 10 000 habitants et 65 % dans celles de 10 000 à 20 000 habitants, contre environ 57 % dans les communes plus grandes. Ce niveau plus élevé de mobilisation s’explique par un effet de proximité : la connaissance personnelle des candidats et la perception directe des enjeux municipaux favorisent l’implication des électeurs.

Ces communes sont aussi caractérisées par une moindre politisation partisane. L’identification de la couleur politique du maire y est plus faible et les listes « sans étiquette » ou « divers » y sont fréquentes. Cette situation reflète une tradition d’« apolitisme municipal », dans laquelle les équipes locales se construisent souvent autour de projets pragmatiques (équipements, services, infrastructures) plutôt que d’oppositions idéologiques.

L’étude conclut ainsi à l’existence de deux régimes municipaux. Dans les grandes métropoles, le vote est davantage structuré par les clivages nationaux et les partis. À l’inverse, dans les petites et moyennes villes — dont celles de 2 500 à 25 000 habitants — le scrutin reste largement localiste : l’ancrage territorial, la notoriété des candidats et la gestion municipale priment sur les dynamiques politiques nationales.

Si ces élections peuvent refléter certaines tendances politiques générales, leur lecture nationale doit donc rester prudente, tant le poids des logiques locales demeure central dans ces territoires.

Retrouver l’étude menée par François Kraus sur le site de l’Institut Terram