3 questions à…Damien Christiany, Expert ingénierie financière de la Banque des Territoires

En ce début de mandat, la planification des investissements est essentielle dans les petites villes. Damien Christiany, Expert ingénierie financière revient cette semaine sur Collectiv’Finances, un nouvel outil mis à disposition par la Banque des Territoires.

1 / Les finances locales sont marquées par un certain manque de prévisibilité. Qu’est-ce que la prospective et la modélisation financières ? Comment cela s’articule-t-il avec un Plan Pluriannuel d’investissement (PPI) ?

La prospective financière est un exercice d’humilité ! C’est, à travers la compréhension des enjeux financiers et budgétaires de la collectivité, la possibilité de tirer des enseignements pertinents sur la trajectoire financière à suivre en fonction de sa feuille de route. En effet, il est de plus en plus complexe, notamment au regard du contexte géopolitique et de la situation budgétaire nationale, d’établir des projections stables et pérennes. Aussi, la prospective permet de mesurer, sur la base d’hypothèses tangibles en fonctionnement comme en investissement, les différentes pistes pour mettre en œuvre budgétairement le PPI de la collectivité. Il faut le rappeler : la capacité d’investissement dépend de la santé de la section de fonctionnement et notamment de la faculté à générer de l’épargne sur le long terme.

2/ A quels besoins répond l’outil de Collectiv’Finances ? A quel type de communes s’adresse-t-il ?

Collectiv’Finances s’adresse à l’ensemble des collectivités du bloc local. Toutefois, les communes de moins de 5 000 habitants, elles sont nombreuses à l’APVF, et les EPCI de moins de 50 000 habitants peuvent bénéficier d’un accompagnement personnalisé et gratuit, grâce à un prestataire financier, dans la prise en main de l’outil, l’analyse et l’interprétation des résultats.

Collectiv’Finances répond à trois objectifs : projeter l’évolution de son épargne et de sa capacité de désendettement, modéliser le plan de financement de ses investissements (intégrant aussi l’impact sur la section de fonctionnement) et formaliser le PPI. Nous avons pensé un parcours utilisateur très didactique et opérationnel grâce à des masques de saisie qui sortent du cadre classique du « remplissage excel ». Enfin les collectivités peuvent télécharger des livrables clés en main, directement exploitables notamment pour leurs demandes de subventions.

3/ Peut-on se former à cet outil ? La Banque des Territoires propose-t-elle un accompagnement ?

Collectiv’Finances est un outil qui s’inscrit plus globalement dans l’offre d’accompagnement des collectivités locales à travers le service de renseignement juridique et financier Rural Consult. Des experts sont à la disposition des collectivités qui souhaitent utiliser Collectiv’Finances. Par ailleurs, les directions régionales de la Banque des Territoires peuvent relayer auprès des collectivités intéressées toutes les fonctionnalités de l’outil.  

En savoir plus sur le site de Collectiv’Finances

Finances des petites villes : une résilience confirmée en 2025, mais des inquiétudes croissantes pour l’avenir

Les chiffres sont là. Une nouvelle fois, les petites villes démontrent leur sens des responsabilités et leur capacité à tenir le cap dans un contexte pourtant particulièrement difficile. Selon la dernière édition du « Regard financier sur les petites villes », réalisée par l’APVF et La Banque Postale, les communes de 2 500 à 25 000 habitants ont réussi à préserver leurs équilibres financiers en 2025 tout en continuant à investir au service de leurs habitants.

Cette performance mérite d’être soulignée. Depuis plusieurs années, les élus locaux font face à une accumulation de contraintes : inflation, hausse du coût de l’énergie, revalorisations salariales légitimes mais coûteuses, augmentation des charges sociales, multiplication des attentes de la population. Malgré cela, les petites villes ont continué à assurer les services publics de proximité, à soutenir la vie associative, à accompagner les plus fragiles et à préparer l’avenir par l’investissement.

Contrairement à certaines idées reçues, les collectivités locales ne sont pas le problème des finances publiques françaises. Elles représentent moins de 10 % de la dette publique et demeurent soumises à une règle d’équilibre budgétaire stricte. Les résultats de l’année 2025 le démontrent une nouvelle fois : les petites villes gèrent avec rigueur, adaptent leurs dépenses et mobilisent leurs ressources pour maintenir leur capacité d’action.

Cette bonne résistance ne doit cependant pas masquer les fragilités qui se dessinent. Les investissements ont été maintenus à un niveau élevé, mais souvent au prix d’un prélèvement important sur les réserves financières constituées au fil des années. Les marges de manœuvre se réduisent. Dans le même temps, les besoins des habitants augmentent. Le vieillissement de la population, les attentes en matière de santé, de mobilité, de sécurité ou encore de transition écologique renforcent chaque jour la pression sur les budgets communaux.

C’est pourquoi les signaux envoyés par l’État suscitent une vive inquiétude. La réduction annoncée des crédits du Fonds vert, l’incertitude entourant les dotations et les perspectives budgétaires nationales fragilisent la visibilité indispensable à toute politique d’investissement local. Comment demander aux maires de conduire la transition écologique, de revitaliser les centres-villes, d’adapter les équipements publics au changement climatique ou de répondre aux défis sociaux si les outils financiers qui leur permettent d’agir sont progressivement affaiblis ?

Les petites villes sont aujourd’hui en première ligne. Elles constituent souvent le dernier échelon de proximité capable de garantir l’accès aux services publics, de maintenir la cohésion territoriale et de faire vivre la République au quotidien. Elles ne réclament pas des privilèges ; elles demandent simplement de la stabilité, de la confiance et des moyens à la hauteur des missions qui leur sont confiées.

À quelques mois du renouvellement municipal, un constat s’impose : les élus des petites villes ont démontré leur capacité à gérer avec sérieux et responsabilité. Il appartient désormais à l’État de leur donner les conditions nécessaires pour poursuivre leur action. Affaiblir les capacités financières des communes reviendrait à affaiblir les territoires eux-mêmes. Et ce sont, in fine, les habitants qui en paieraient le prix.

Les petites villes ont tenu bon. Elles ne pourront pas continuer à absorber seules l’ensemble des chocs économiques, sociaux et environnementaux auxquels notre pays est confronté.

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DCRTP : l’APVF mobilisée pour défendre les communes industrielles face à une baisse historique de leurs ressources

Soutenue par l’Association des petites villes de France (APVF), la mobilisation des maires de communes industrielles prend de l’ampleur face à la réduction massive de la Dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP) inscrite dans la loi de finances pour 2026.

Réunis au sein d’un collectif transpartisan rassemblant près de 80 communes de toutes tailles, les élus dénoncent une mesure qui fragilise directement les territoires accueillant l’activité industrielle, alors même que l’État affiche sa volonté de réindustrialiser le pays.

Créée en 2010 pour compenser la suppression de la taxe professionnelle, la DCRTP subit une nouvelle réduction de 317,6 millions d’euros en 2026, après déjà 202 millions d’euros de baisse en 2025. Pour les seules communes bénéficiaires, la diminution atteint plus de 54 %, touchant 1 449 collectivités dans 97 départements.

Parmi les voix les plus engagées dans ce combat figure Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory et Vice-présidente de l’APVF. Pour elle, cette nouvelle coupe budgétaire risque de freiner durablement les capacités d’investissement des collectivités locales.

« C’est un grand coup de pied sur le frein. On n’ose plus investir car on ne sait pas si l’on pourra demain financer les services publics et les agents qui les font vivre », alerte-t-elle. À Mitry-Mory, la perte atteint 665 000 euros au titre de la DCRTP et près de 1,6 million d’euros en tenant compte des autres diminutions de compensations fiscales liées aux établissements industriels.

Charlotte Blandiot-Faride souligne que les collectivités concernées ont déjà absorbé de nombreux efforts budgétaires ces dernières années. Désormais, certaines communes s’interrogent sur leur capacité à maintenir des services essentiels à la population. « Nous en sommes à nous demander si nous ne devrons pas arrêter certains services alors même que les besoins des habitants augmentent », prévient-elle.

Partout en France, les élus rapportent des conséquences concrètes. À Vitry-sur-Seine, la perte de recettes conduit à suspendre des opérations d’aménagement faute de pouvoir financer les équipements publics nécessaires. À Saint-Florent-sur-Cher, l’arrivée prochaine d’une entreprise de plusieurs centaines de salariés impose de nouveaux investissements alors que la commune perd plus de 240 000 euros de DCRTP. À Gennevilliers, les sommes retirées correspondent au financement d’infrastructures indispensables au maintien de l’attractivité industrielle du territoire.

Pour les maires mobilisés, cette évolution est en contradiction directe avec les ambitions affichées par l’État en matière de réindustrialisation. Les collectivités qui accueillent les entreprises, mobilisent du foncier, financent les infrastructures et accompagnent les salariés voient aujourd’hui leurs moyens financiers diminuer fortement.

Face à cette situation, le collectif soutenu par l’APVF demande la stabilisation de la DCRTP dès 2027, une révision des mécanismes de compensation financière liés à l’industrie et l’ouverture d’une concertation avec les élus locaux avant toute nouvelle réforme de la fiscalité locale.

Les maires ont engagé plusieurs démarches auprès du Parlement et du gouvernement. Ils préparent également une question prioritaire de constitutionnalité afin de contester juridiquement cette diminution. Pour Charlotte Blandiot-Faride et l’APVF, l’enjeu dépasse la seule question budgétaire : il s’agit de préserver la capacité des petites et moyennes villes à accompagner le développement économique tout en maintenant un service public de proximité de qualité.

Le pré-rapport 2026 de l’OFGL est paru !

Le pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) confirme une amélioration des indicateurs financiers des collectivités territoriales en 2025. Après plusieurs années marquées par les conséquences de la crise énergétique et inflationniste, les dépenses de fonctionnement progressent à un rythme plus modéré et l’épargne locale se redresse.

Pour autant, cette amélioration globale ne doit pas masquer les difficultés structurelles auxquelles demeurent confrontées de nombreuses petites villes. Certes, le ralentissement de l’inflation a permis d’atténuer certaines tensions budgétaires, notamment sur les dépenses énergétiques. La progression des charges de fonctionnement des communes est ainsi nettement moins dynamique qu’au cours des exercices précédents. Mais cette évolution favorable résulte avant tout d’un contexte économique plus clément et non d’un renforcement durable des marges de manœuvre financières des collectivités.

Le rapport souligne d’ailleurs la persistance de plusieurs facteurs de fragilité. Les dépenses d’assurance poursuivent leur forte progression, sous l’effet de l’augmentation des sinistres et du durcissement des conditions de couverture. Les dépenses de personnel continuent également d’augmenter sous l’effet des mesures nationales décidées sans compensation intégrale. Dans le même temps, les collectivités doivent faire face à des besoins croissants d’investissement pour accompagner la transition écologique, adapter les équipements publics, rénover le patrimoine communal ou répondre aux attentes des habitants en matière de services publics de proximité.

Cette pression est particulièrement forte pour les petites villes, qui constituent le premier échelon de réponse aux besoins quotidiens des citoyens. Alors même que leurs responsabilités s’élargissent, leurs ressources demeurent fragilisées par une perte progressive d’autonomie financière et par une visibilité insuffisante sur l’évolution de leurs recettes. Le redressement observé en 2025 ne saurait donc être interprété comme la fin des difficultés financières du bloc communal.

L’APVF rappelle que les petites villes ont démontré leur capacité à gérer avec rigueur leurs finances, tout en maintenant un bon niveau d’investissement. Dans un contexte de maîtrise des finances publiques, elles ne peuvent toutefois constituer une variable d’ajustement budgétaire. La stabilité des ressources locales, la prévisibilité des concours financiers de l’État et une véritable confiance accordée aux élus locaux demeurent des conditions indispensables pour poursuivre les investissements nécessaires à la cohésion sociale, à l’attractivité des territoires et à la transition écologique.

Au-delà des chiffres encourageants présentés par l’OFGL, le message est donc clair : les finances locales retrouvent un peu d’oxygène, mais les petites villes restent confrontées à des défis considérables qui appellent des réponses durables plutôt que des ajustements conjoncturels.

Téléchargez le pré-rapport de l’OFGL

Situation financière des Petites Villes en 2025 : la fin du mandat confirme la résilience des communes

L’Association des Petites Villes de France présidée par Christophe Bouillon, Maire de Barentin, ancien Député de Seine-Maritime, et La Banque Postale publient la 12ème édition du « Regard financier sur les petites villes ». Cette étude porte sur les comptes 2025 des 4 160 communes comprises entre 2 500 et 25 000 habitants qui totalisent 26,7 millions d’habitants, soit 39 % de la population française.

Le budget total, hors dette, des petites villes (budgets annexes inclus) s’élève à 45,6 milliards d’euros en 2025, soit 39,7 % du budget total hors dette des communes (hors ville de Paris), montant en hausse de 2,8 % par rapport à 2024.

Cette progression s’explique notamment par une augmentation modérée de 1,1 % des dépenses de fonctionnement portée principalement par la masse salariale et par la hausse de 8,2 % des dépenses d’investissement.

Dans le même temps, les recettes de fonctionnement ont progressé de 1,6 %, en lien avec la progression de 1,7 % des valeurs locatives cadastrales. Cette hausse a permis de maintenir l’épargne brute à 5,6 milliards d’euros avec toutefois de nombreuses disparités qui se sont accrues entre les communes entre 2024 et 2025. Ainsi, les communes de plus de 10 000 habitants ont montré une meilleure résilience de leur épargne que les communes de moins de 5 000 habitants.

L’année 2025 confirme la capacité des petites villes à poursuivre leurs projets d’équipement sur le mandat, qui avait commencé difficilement avec la crise sanitaire. C’est ainsi, que les dépenses d’investissement des petites villes ont progressé de 23 % entre les deux mandats. Le financement des nouveaux investissements a été possible grâce à l’optimisation du recours aux subventions (notamment celles de l’État), tout en limitant le recours aux nouveaux emprunts surtout à partir de 2023 (-15 %) et en autofinançant davantage (épargne nette et prélèvement sur le fonds de roulement).

Cette édition met également en lumière le rôle significatif joué par les petites villes dans les politiques sociales locales. À travers leurs budgets communaux, leurs centres communaux d’action sociale et les services rendus à la population, elles assurent un accompagnement essentiel des habitants, particulièrement des personnes âgées et des publics les plus fragiles.

Retrouvez ici « Regard financier sur les petites villes »

Retrouvez ici le communiqué de presse

A propos de l’APVF

L’Association des petites villes de France (APVF) fédère depuis 1989 les villes de 2 500 à 25 000 habitants, pour promouvoir leur rôle spécifique dans l’aménagement du territoire. Association pluraliste présidée par Christophe Bouillon, Maire de Barentin, ancien député de Seine-Maritime, elle compte aujourd’hui plus de 1 200 villes adhérentes présentes dans tous les départements de France métropolitaine et d’Outre-mer.

A propos de La Banque Postale

La Banque Postale forme, avec ses filiales dont CNP Assurances, un grand groupe international de bancassurance, 12ème de la zone euro par la taille du bilan. Son modèle d’affaires diversifié lui permet d’accompagner en France 18 millions de clients particuliers, entreprises, institutionnels et acteurs du secteur public local. Filiale du groupe La Poste, La Banque Postale est une banque de proximité, présente sur tout le territoire avec plus de 17 000 points de contact dont près de 7 000 bureaux de poste.
Avec son plan stratégique « La Banque Postale 2030 », elle se fixe l’ambition de devenir la banque préférée des Français et le leader de la finance à impact, avec une gamme complète et omnicanale de services de bancassurance, articulée autour de ses deux marques : La Banque Postale, sa banque au quotidien et Louvre Banque Privée, sa banque patrimoniale.

La Banque Postale accélère sa stratégie de diversification et développe ses métiers d’expertise, notamment dans la gestion d’actifs, l’assurance, le crédit à la consommation et la banque des entreprises et du développement local. 

Forte de son identité citoyenne, La Banque Postale œuvre pour une transition juste en intégrant au cœur de sa gouvernance des objectifs en matière d’impact environnemental et social. Entreprise à mission depuis mars 2022, La Banque Postale ambitionne d’atteindre zéro émission nette dès 2040.

Elle figure aux 1ers rangs des agences de notation extra-financière.

Contacts Presse

Emma CHENILLAT echenillat@apvf.asso.fr 06 32 21 43 86

Stéphanie NOEL stephanie.noel@laposte.fr 06 38 27 32 91

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème : Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Lors de l’événement, Keolis, partenaire de l’APVF met à disposition des participants un service de navettes gratuites, sans inscription préalable (hors cocktail dînatoire).

  • Jeudi 18 juin 2026 Des navettes circuleront en continu entre la gare de Château-Thierry et le Palais des Rencontres, lieu des Assises, de 9h30 à 11h30.
  • Vendredi 19 juin 2026 Une navette assurera le transport depuis les hôtels Best Western, Campanile, Ibis et Ibis Budget vers le Palais des Rencontres, avec un départ à 8h50. Une navette retour partira également du Palais des Rencontres vers la gare de Château-Thierry à 15h.
  • Cocktail dînatoire Une navette dédiée au cocktail dînatoire est également proposée. Pour en bénéficier, merci de réserver votre place directement lors de votre inscription en ligne.

La facturation s’effectuera après les Assises via chorus.

Coupes budgétaires : un nouveau signal d’alerte pour les collectivités

Afin de contenir la dégradation des finances publiques, le gouvernement avait annoncé un plan d’économies d’environ 6 milliards d’euros lors du Comité d’alerte des finances publiques. Une première émanation de ce plan repose sur deux projets de décrets qui prévoient des gels et annulations de crédits de l’État ainsi que des mesures touchant la Sécurité sociale, pour plus de 3 milliards d’euros. Les collectivités territoriales figurent parmi les acteurs concernés par cet effort budgétaire.

La réduction du Fonds vert constitue la mesure la plus emblématique pour les territoires. Doté de 837,5 millions d’euros en loi de finances pour 2026, il devrait être amputé de 162,5 millions d’euros supplémentaires. Plusieurs élus locaux alertent sur les conséquences possibles pour les projets de transition écologique et de rénovation énergétique portés par les collectivités.

Au-delà du Fonds vert, plusieurs dispositifs intéressant directement les territoires sont affectés : habitat et urbanisme, MaPrimeRénov’, politique de la ville, patrimoine ou encore certains programmes de France 2030. Les associations d’élus dénoncent une instabilité budgétaire croissante qui complique la conduite des stratégies d’investissement pluriannuelles.

Les régions s’inquiètent également de la diminution des crédits consacrés à l’apprentissage. Régions de France estime que les moyens du fonds de soutien à l’apprentissage passeraient de 268 millions d’euros en 2025 à 33 millions d’euros en 2026, avec des conséquences potentielles pour certains centres de formation et pour l’offre de formation dans les territoires les plus fragiles.

Enfin, le gouvernement n’exclut pas de nouvelles mesures d’économies si la situation économique et géopolitique venait à se dégrader davantage. Une perspective qui nourrit les inquiétudes des petites villes, déjà confrontées à une visibilité financière réduite et à des contraintes croissantes sur leurs capacités d’investissement.

Un nouveau comité d’alerte pourrait être réuni d’ici la fin du mois de juin pour refaire le point. Dans ce contexte, les appels à la présentation d’un projet de loi de finances rectificative (PLFR) se multiplient au Parlement : « lorsqu’un budget doit être corrigé de manière substantielle, cela devrait passer par une loi de finances rectificative. »

La dette dans tous ses états

Ce webinaire a été conçu pour les collectivités, élus ou opérationnels, désireux de mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette matière financière. Quelles sont les caractéristiques d’une dette : liquide ou rigide ? À taux variable ou à taux fixe ? Comment interpréter la répartition par nature ou par structure de taux dans les annexes de dette ? Combien de hausses de taux de la Banque centrale européenne prévoir d’ici 2026 ? Autant de questions qui illustrent la diversité et la complexité du sujet.

Cette initiation permet de repositionner la dette comme un levier clé du financement des investissements locaux, levier qui représente environ un tiers des sources de financement des collectivités. Les participants seront initiés à l’analyse des principaux ratios d’endettement de leur commune et à la lecture des taux d’intérêt, en lien avec l’environnement macroéconomique et financier, à quelques semaines ou mois de leur première campagne d’emprunt de l’année.

Du financement global de la section d’investissement au financement de projets, la gestion de dette évolue pour prendre en compte les nouvelles exigences liées aux investissements en matière de transition écologique et sociale.

  • Intervenante : Caroline de Marqueissac, Directrice des Relations Institutionnelles de Sfil

Ce webinaire est réservé aux adhérents de l’APVF

Besoin d’information ? Appelez-nous au 01 45 44 00 83

Enquête des petites villes 2026

L’Association des petites villes de France (APVF) réalise une enquête flash sur les petites villes 2026. 

Pour cela, nous avons le plaisir de vous adresser un questionnaire (temps de réponse : 10 minutes) auquel nous attendons un maximum de réponses avant le 15 juin

Nous vous remercions infiniment par avance pour le temps précieux que vous accorderez à notre enquête. La qualité des résultats en dépend. 

Conjoncture économique : un climat d’incertitude marqué par les tensions énergétiques

La conjoncture économique mondiale s’est nettement tendue depuis le début du printemps 2026, sous l’effet du conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les marchés de l’énergie. Dans une note présentée le 5 mai 2026 par les études économiques de La Banque Postale, les analystes soulignent le retour d’un risque inflationniste et ses conséquences potentielles sur la croissance, les taux d’intérêt et l’immobilier.

Le principal point d’inquiétude concerne le pétrole. Le Moyen-Orient représente près d’un tiers de la production mondiale de brut et le blocage du détroit d’Ormuz perturbe fortement les échanges maritimes. Depuis le début du conflit, la production régionale aurait diminué d’environ 12 millions de barils par jour, créant un déficit d’offre majeur sur le marché mondial. Résultat : le prix du baril de Brent est passé de 60 dollars en début d’année à plus de 115 dollars fin avril, avec un pic à 120 dollars atteint fin mars.

Cette flambée des prix de l’énergie commence déjà à se répercuter sur l’inflation. En zone euro, celle-ci atteint désormais 3 %, contre 1,9 % en février. En France, l’inflation s’établit à 2,2 %. Cette évolution pousse les marchés à anticiper un durcissement des politiques monétaires, notamment de la part de la Banque centrale européenne, qui pourrait relever ses taux à plusieurs reprises d’ici la fin de l’année.

L’économie française, qui avait relativement bien résisté en 2025 avec une croissance de 0,9 %, montre désormais des signes de ralentissement. La croissance a été nulle au premier trimestre 2026, tandis que la consommation des ménages et l’investissement reculent légèrement. Les enquêtes de conjoncture se dégradent également sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques. Les prévisions tablent désormais sur une croissance limitée à environ 0,8 % cette année, sous réserve que le conflit ne s’aggrave pas.

Les économistes distinguent toutefois plusieurs scénarios possibles. En cas de résolution rapide du conflit, les prix de l’énergie pourraient refluer progressivement et limiter les effets durables sur l’économie. À l’inverse, un conflit prolongé ou des perturbations durables des infrastructures pétrolières entraîneraient un choc comparable à celui de 2022, avec une inflation plus élevée et un resserrement monétaire plus marqué.

Enfin, le marché immobilier français, qui avait connu une reprise en 2025 grâce à la baisse des taux de crédit et au redressement des transactions, pourrait entrer dans une phase de stabilisation. La remontée progressive des taux et le retour de la hausse des prix immobiliers devraient limiter le dynamisme observé l’an dernier.

Télécharger la note en cliquant ici.