Comment optimiser les dépenses de fonctionnement pour réaliser les objectifs de la mandature ?

Mardi 12 mai de 14h30 à 16h

Dans un contexte budgétairement contraint, les dépenses de fonctionnement représentent à la fois la principale contrainte et le principal levier d’action pour tout maire ou directeur général des services. Les optimiser, c’est se donner les moyens de réaliser les projets du mandat tout en préservant une trajectoire financière saine. Des marges parfois sous-estimées existent : voyons ensemble comment les identifier et les mobiliser.

Intervenants :
• Guillaume SILVY-LELIGOIS – Directeur Général Délégué BPCE Partenaire Conseil
• Romain VARÈNE – Expert collectivités locales pour BPCE Partenaire Conseil & Associé Eurogroup Consulting

Ce webinaire est réservé aux adhérents de l’APVF

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Comité d’alerte des finances publiques : entre incertitudes internationales et débat sur le partage de l’effort

Réuni le 21 avril, le comité d’alerte consacré à l’impact de la crise énergétique a mis en lumière un double constat : une situation macroéconomique encore résiliente, mais des risques budgétaires significatifs, dans un contexte géopolitique particulièrement instable.

Au-delà du diagnostic, la réunion a surtout été marquée par la diversité des positions exprimées lors du tour de table, révélant des lignes de fracture sur la stratégie à adopter.

  • Une présentation gouvernementale marquée par l’incertitude

Les ministres ont d’abord posé le cadre général. Le conflit au Moyen-Orient, engagé depuis deux mois, reste entouré de fortes incertitudes. Si les destructions de capacités de production demeurent à ce stade limitées, les perturbations des flux logistiques constituent le principal sujet d’inquiétude.

Deux scénarios sont envisagés :

  • un scénario de stabilisation, avec un cessez-le-feu fragile et des perturbations durables mais limitées jusqu’à l’été ;
  • un scénario d’aggravation, en cas de reprise des combats.

Sur le plan économique, l’exécutif met en avant une relative résilience : ralentissement maîtrisé de la croissance, inflation contenue en comparaison européenne, et consommation globalement stable.

Le principal point d’alerte concerne toutefois la charge de la dette, en forte hausse.

Au total, l’impact budgétaire de la crise est estimé à 6 milliards d’euros en 2026, principalement liés à la dette, à l’inflation et aux mesures de soutien. Le Gouvernement insiste sur la nécessité de respecter la trajectoire budgétaire votée, sans rouvrir les équilibres du budget 2026. 4 milliards d’euros des efforts seraient portés par l’Etat et 2 milliards par la Sécurité sociale, sans plus de précision sur la ventilation des dépenses gelées ou annulées.

  • Parlementaires : entre exigence de rigueur et débat sur les leviers

Les interventions des parlementaires ont été marquées par une relative hétérogénéité. Ils ont tous appelé à un discours de vérité sur la gravité de la situation, plaidant pour un effort budgétaire plus important, plus réaliste et mieux répartis entre les acteurs de la dépense publique. A partir de ce constat partagé, les méthodes pour tenir le cap ou accentuer l’effort divergent.

Il y a ceux qui écartent toutes réflexions sur les recettes et préconisent des réformes structurelles, plutôt que ponctuelles, pour réduire de manière pérenne les dépenses publiques de fonctionnement.

Tous ont mis en garde contre une stratégie reposant principalement sur des coups de rabot, soulignant leurs effets potentiellement récessifs.

Certains ont posé la question des recettes, appelant à mobiliser davantage les hauts revenus ou les grandes entreprises, et la question du pouvoir d’achat, avec un risque d’impact sous-estimé.

  • Pour l’APVF : une demande forte de dialogue et de visibilité

L’APVF, qui était représentée par son Vice-président Igor Semo, Maire de Saint-Maurice, et les autres Associations d’élus présentes ont exprimé des préoccupations convergentes et complémentaires.

L’idée selon laquelle l’effort budgétaire reposerait essentiellement sur l’État a d’abord été réfutée, rappelant la contribution déjà significative des collectivités et la dynamique contrainte de certaines dépenses, en particulier sociales.

La question des recettes locales est au cœur des préoccupations, avec une fragilisation forte du modèle financier local appelant à une réflexion d’ensemble dans le cadre d’un « Grenelle des recettes ».

Le besoin de visibilité pluriannuelle a également été fortement exprimé, notamment concernant les dotations de l’État. Les annonces tardives ou brutales sont jugées difficilement compatibles avec la gestion locale.

Enfin, les élus ont alerté sur les conséquences d’un ralentissement de l’investissement local, particulièrement en début de mandat municipal, alors même qu’il constitue un levier central de l’activité économique et de la transition écologique.

  • Organisations syndicales : priorité au pouvoir d’achat et aux services publics

Les organisations syndicales ont insisté sur les conséquences sociales de la situation actuelle.

Toutes ont souligné un climat d’inquiétude croissante, lié à l’inflation et à ses effets sur le pouvoir d’achat. Elles ont mis en garde contre la poursuite de réductions de dépenses affectant les services publics et la protection sociale.

Plusieurs interventions ont appelé à mieux encadrer les aides aux entreprises, en renforçant leur conditionnalité, ainsi qu’à mobiliser davantage les leviers de recettes (augmentation des cotisations patronales).

De manière générale, les syndicats ont défendu une approche globale, considérant que la réponse à la crise ne peut être uniquement budgétaire.

  • Organisations patronales : attention à la stabilité et à la compétitivité

Les représentants des entreprises ont exprimé une vigilance particulière sur les effets des politiques publiques.

Ils ont alerté sur les conséquences d’une remise en cause des allègements de charges, susceptible selon eux de freiner la capacité des patrons à revaloriser les bas salaires et donc, à soutenir le pouvoir d’achat.

La nécessité de stabilité et de lisibilité des politiques économiques a été fortement mise en avant, les changements fréquents (le « stop and go ») étant jugés pénalisants pour les entreprises.

Plus largement, les organisations patronales saluent les efforts du gouvernement sur la maîtrise des dépenses publiques afin de préserver des marges de manœuvre pour l’économie.

  • Un niveau d’effort précisé, une équation toujours ouverte

Les efforts d’économie pour 2026 devraient atteindre 6 milliards d’euros, soit un niveau supérieur à celui annoncé initialement dans la presse. Selon le gouvernement, il ne s’agit pas de « corriger la copie parce que la copie initiale serait mauvaise », mais pour amortir les effets de la crise du Moyen-Orient « afin justement de respecter la trajectoire budgétaire adoptée par la représentation nationale il y a quelques mois dans le cadre de la loi de finances pour 2026 ». A ce stade, aucun arbitrage n’a été révélé, en dehors des crédits supplémentaires pour la défense.

Au terme de échanges, aucun consensus ne se dégage sur la stratégie à adopter. Si le diagnostic d’un environnement incertain et de tensions budgétaires est largement partagé, les réponses divergent profondément quant au partage de l’effort entre réduction des dépenses, mobilisation des recettes ou soutien à l’activité et au pouvoir d’achat.

Pour l’heure, les collectivités territoriales semblent épargnées pour 2026, mais rien est écarté pour 2027. Dans cette perspective, l’APVF formulera des propositions dans le cadre de la mission parlementaire sur les finances locales qui vient d’être lancée.

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème :

Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Coopération territoriale : un moteur de l’investissement local

L’agence France Locale, partenaire de l’APVF, et l’INET ont fait paraître une étude sur la coopération interterritoriale pour faire face aux enjeux climatiques. Les auteurs mettent en évidence son rôle de moteur de l’investissement local.

L’étude publiée en 2026 par l’AFL, la banque des collectivités locales, et l’INET s’inscrit dans le cadre de leur partenariat avec le CNFPT. Réalisée par cinq élèves de l’INET avec l’appui de l’AFL et d’I4CE, avec une participation de l’APVF au sein de son comité d’experts, elle porte sur la coopération interterritoriale comme levier de la transition écologique et de l’investissement public local. Elle repose sur l’analyse d’une quarantaine de coopérations impliquant des collectivités de différentes strates, ainsi que sur plus de cinquante entretiens menés auprès d’acteurs publics et parapublics. Cette publication constitue la septième étude conduite conjointement depuis 2020 autour du financement des transitions.

L’étude met en évidence le rôle croissant de la coopération interterritoriale dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et des enjeux climatiques majeurs. Ces coopérations permettent aux collectivités de mutualiser leurs ressources, qu’il s’agisse d’ingénierie, d’expertise ou de financements, de partager les risques financiers et de rationaliser les investissements. Elles facilitent également un changement d’échelle, rendant possible l’accès à des financements publics et privés plus importants. Ces dynamiques renforcent la résilience des territoires et leur capacité à mener des projets structurants de transition écologique.

Les coopérations étudiées mobilisent une grande diversité d’outils juridiques et financiers. Parmi ceux-ci figurent des dispositifs conventionnels comme les ententes, les groupements de commandes ou les contrats de réciprocité, mais aussi des structures de projet telles que les syndicats, les pôles d’équilibre territorial et rural (PETR), les parcs naturels régionaux (PNR) ou les pôles métropolitains. D’autres formes d’organisation reposent sur des opérateurs dédiés, comme les sociétés d’économie mixte (SEM), les sociétés publiques locales (SPL), les sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) ou encore des associations. Cette diversité reflète la capacité d’adaptation des collectivités aux spécificités de leur territoire.

L’étude rappelle que les enjeux écologiques — notamment dans les domaines des mobilités, de l’eau, de l’énergie, de l’agriculture, des déchets et de l’aménagement — dépassent les frontières administratives traditionnelles. En réponse, les collectivités développent des coopérations permettant d’agir à des échelles plus pertinentes, correspondant aux bassins de vie et aux interdépendances territoriales.

Plusieurs enseignements thématiques sont mis en avant. Dans le domaine de l’eau, la coopération apparaît essentielle pour gérer la ressource, prévenir les risques et financer des infrastructures à l’échelle des bassins versants. En matière de transition énergétique, elle permet de mobiliser des investissements importants, notamment via des structures d’économie mixte et des réseaux interterritoriaux. Par exemple, concernant l’agriculture et l’alimentation, les coopérations favorisent la structuration de filières locales et le développement de projets alimentaires territoriaux. Pour les déchets, elles facilitent la mutualisation des coûts et des infrastructures, ainsi que le développement de pratiques d’économie circulaire. Enfin, dernier exemple, en matière d’aménagement durable, elles permettent de planifier à l’échelle des bassins de vie et de renforcer les capacités d’expertise et d’investissement.

L’étude met toutefois en évidence la fragilité de ces coopérations, souvent dépendantes de dynamiques locales, de volontés politiques et de financements dépendants des situations locales. Elle souligne la nécessité de consolider une culture de la coopération, de sécuriser les ressources financières et de reconnaître pleinement ces démarches comme un mode d’action publique à part entière.

Télécharger l’étude « Faire face aux enjeux climatiques : la coopération interterritoriale comme moteur de l’investissement local »

Télécharger le communiqué de presse de l’Agence France Locale

Dotations d’investissement : faire plus avec moins

Une circulaire publiée le 1er avril, présente les orientations de l’État en matière de soutien à l’investissement local. Sont présentées les règles de gestion en 2026 du fonds vert et des dotations de l’État pour l’investissement local, dans un contexte de contraintes financières.

La circulaire, endossée par Monique Barbut, ministre de la transition écologique, et Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire, liste six priorités. La première concerne l’adaptation au changement climatique, qui doit devenir un « réflexe » dans tous les projets financés, notamment face aux risques naturels (inondations, sécheresse). Une part significative des ressources du Fonds vert y est consacrée, en cohérence avec le plan national d’adaptation (PNACC-3) et la trajectoire de réchauffement de référence (TRACC).

La deuxième priorité vise la préservation du foncier, en limitant l’artificialisation des sols et en favorisant le recyclage des friches. La troisième porte sur l’équilibre territorial, avec une attention accrue aux territoires ruraux. La quatrième concerne la rénovation énergétique des bâtiments publics, avec des objectifs ambitieux (au moins 40 % d’économies d’énergie) et des exigences techniques précises, notamment pour les bâtiments scolaires.

La cinquième priorité est l’électrification des usages (mobilité, chauffage), afin de soutenir la décarbonation. La sixième vise le renforcement de la planification écologique locale, via des outils contractuels (PCAET, CRTE, CPER), avec un ciblage prioritaire des projets inscrits dans ces cadres.

Le texte fixe également des objectifs chiffrés de « verdissement » des dépenses publiques (jusqu’à 35 % pour certaines dotations) et impose un suivi de l’impact écologique des projets.

Enfin, il insiste sur la simplification et la déconcentration de la gestion des aides, avec mutualisation des procédures, guichet unique dématérialisé et recherche de cofinancements (notamment européens), tout en renforçant les exigences de transparence, de pilotage et de communication.

Ces objectifs se heurtent néanmoins à un certain nombre de contraintes structurelles.

Premièrement, les objectifs chiffrés restent ambitieux par rapport aux capacités budgétaires au niveau local. Selon la loi de finances pour 2026, les cibles de dépenses vertes pour les dotations à destination des collectivités sont : 25 % pour la DETR, 30 % pour la DSID, 35 % pour la DSIL et 15 % pour le FNADT. « stabilisation » de « la cible de soutien aux projets concourant à la transition écologique »

Or, la majorité des dépenses locales, en particulier de fonctionnement, demeure peu transformable à court terme. L’investissement public local représente environ 70 % de l’investissement public civil, mais une part limitée est immédiatement orientable vers des projets éligibles au verdissement, ce qui réduit la capacité à atteindre les cibles nationales.

Deuxièmement, la part importante de dépenses non cotées constitue un obstacle méthodologique. Près de 17 % des dépenses publiques totales restent sans évaluation environnementale, reflétant des difficultés similaires pour les collectivités, qui manquent souvent de données ou d’outils pour mesurer l’impact écologique de leurs projets.

Troisièmement, la dispersion et la complexité des dispositifs (DSIL, DETR, DSID, FNADT, Fonds vert) imposent des exigences techniques élevées, notamment en matière de suivi de l’impact écologique. Les petites collectivités, et an particulier les petites villes, représentant la majorité des communes, disposent de ressources humaines et techniques limitées, ce qui freine la programmation de projets verts conformes aux critères requis.

Enfin, la dépendance aux cofinancements et la nécessité d’équilibre budgétaire limitent la capacité d’engager de nouveaux projets ambitieux. Même lorsque des projets répondent aux critères écologiques, leur financement reste conditionné à la mobilisation de subventions ou de prêts complémentaires.

DGF 2026 : Une mauvaise surprise pour de nombreuses petites villes

Les communes viennent de recevoir leur attribution de DGF 2026. Pour nombre d’entre-elles, il s’agit d’une mauvaise surprise. En effet, 47% des communes vont connaître des baisses conséquentes de DGF, certaines d’entre-elles n’ayant plus de DGF du tout. 

A cela s’ajoute l’effondrement de la DCRTP qui va toucher surtout des communes les plus industrialisées. 

L’APVF a fait part dans un communiqué de presse et auprès du Gouvernement de sa profonde inquiétude et appelle d’ores et déjà à un vrai changement de méthode dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2027.

Elle demande notamment : 

  1. Une véritable stabilisation des dotations et plus de lisibilité
  2. La fin des ajustements brutaux en cours d’exercice budgétaire
  3. L’ouverture d’une vraie concertation État-Collectivités territoriales en amont du débat budgétaire. 

DGF 2026 : UNE BAISSE BRUTALE ET INATTENDUE POUR DE NOMBREUSES PETITES VILLES

L’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, alerte sur les conséquences des baisses massives de dotation globale de fonctionnement (DGF) notifiées à de nombreuses petites villes, alors même que leur budget primitif ont pour beaucoup été adoptés. Une telle situation, inédite depuis 2014, constitue une nouvelle rupture dans la relation de confiance entre l’État et les collectivités.

Les diminutions constatées sont à la fois généralisées et d’une ampleur exceptionnelle : près d’une commune sur deux est concernée, avec des pertes de dotation pouvant atteindre 20 % à 30 %, voire une quasi-extinction dans certains cas. À ces baisses s’ajoutent d’autres mécanismes tout aussi pénalisants, notamment l’effondrement de la DCRTP, pouvant représenter des pertes significatives.

Ces évolutions traduisent une mise à contribution disproportionnée des petites villes, en particulier des territoires industriels et de leurs intercommunalités, mais aussi de nombreuses petites villes bourgs-centres ayant des charges de centralité importantes. 

Surtout, l’ampleur de ces baisses n’a pu être anticipée par les équipes municipales, qui se retrouvent avec des différentiels importants et des centaines de milliers d’euros à devoir financer. Pour ces communes, les conséquences sont immédiates et concrètes : déséquilibre budgétaire en cours d’exercice, gel ou abandon de projets d’investissement, fragilisation des services publics de proximité. À plus long terme, c’est la capacité d’action même des maires qui est atteinte

En outre, ces mesures nourrissent un sentiment profond d’injustice parmi les élus locaux, qui voient dans ces ajustements répétés une logique persistante de recentralisation budgétaire. Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions sur les finances locales, elles risquent d’accentuer les fractures territoriales. Elles apparaissent en contradiction avec l’objectif de réindustrialisation du pays et à rebours de la dynamique engagée en faveur d’un nouvel acte de décentralisation.

L’APVF appelle donc le Gouvernement à un changement de méthode et de cap dans le cadre de la préparation du prochain projet de loi de finances. Elle demande notamment : 

  • la stabilisation et la lisibilité des dotations ; 
  • la fin des ajustements brutaux en cours d’exercice ; 
  • l’ouverture d’un dialogue structuré avec les représentants des collectivités. 

Les petites villes ne sont pas une variable d’ajustement du budget de l’État. Elles sont un pôle d’équilibre territorial et du quotidien de millions de Français. Leur affaiblissement budgétaire engagerait, au-delà d’elles-mêmes, l’avenir de nombreux territoires.

Billet d’actualité de la DGFiP

Le 17 mars s’est tenue une réunion entre les Associations d’élus, représentées par leurs conseillers Finances et fiscalité locales, et la DGFiP pour une présentation des actualités sur les finances et la fiscalité locale. Un point a été fait sur la mise à jour des bases de taxe foncière et les difficultés rencontrées sur Helios en début d’année.

Redémarrage des applications Hélios et CDG-D SPL depuis fin février 

Impactée depuis le 5 février par un incident exceptionnel d’origine technique, l’application Hélios, utilisée pour payer les dépenses, encaisser les recettes et assurer la tenue des comptes des collectivités locales et des établissements publics de santé est désormais de nouveau pleinement opérationnelle pour 100% des postes et sur l’ensemble de son périmètre depuis le 17 février.

Également, l’application CDG-D SPL a redémarré mercredi 25 février.

La commission des finances de l’Assemblée nationale a lancé dans la foulée, une mission “flash” pour tirer les leçons de la panne informatique qui a paralysé les services comptables des collectivités, mais également des hôpitaux début février. Au-delà des causes immédiates, les parlementaires entendent interroger la soutenabilité des systèmes informatiques de la DGFiP et l’absence de dispositifs de secours.

Mise à jour des bases de taxe foncière 

Suite aux informations qui ont fuité dans la presse récemment, à savoir l’actualisation volontaire et locale des éléments de confort pris en compte dans le calcul des bases de taxe foncière, les Associations d’élus ont mis en garde la DGFiP contre les risques d’accroissement des inégalités territoriales si une telle méthodologie était retenue.

Pour l’APVF, il est nécessaire d’avancer sur la révision des valeurs locatives cadastrales, mais celle-ci doit être menée de manière globale et nationale.

Téléchargez le document adressé par la DGFiP en cliquant ici.

Journée Finances locales : Budgets communaux 2025 – Faire face aux chocs et préparer l’avenir

Les petites villes comme laboratoires de transitions

Le prochain mandat municipal sera à la fois au cœur des transitions et au cœur des urgences,
face à deux défis majeurs : la transition écologique et la transition démographique, avec le
vieillissement de la population. Convaincus que l’avenir passera plus que jamais par la
proximité et par des collectivités à taille humaine, les élus des petites villes entendent rester
des acteurs majeurs de l’action publique locale.

Les petites villes comme laboratoires de transitions

Pour dire ce qu’est ce Manifeste, il convient aussi de rappeler ce qu’il n’est pas. Il ne s’agit
ni d’un bilan de l’action menée depuis 2020, ni d’un programme municipal clé en main,
ni d’un plaidoyer à l’égard du Gouvernement. Fidèle à l’ADN de l’APVF, il se veut
exigeant et proposant, en offrant aux maires une ligne d’action pour la prochaine
mandature.

« il se veut exigeant et proposant, en offrant aux maires une ligne d’action pour la prochaine mandature. »

Articulé autour de la notion centrale de « bien vivre » – bien se déplacer, bien se loger, bien grandir, bien vieillir – le Manifeste fait le pari que les petites villes, ces communes de 2 500 à 25 000 habitants qui rassemblent 26 millions de Français, sont des laboratoires de transitions. C’est dans ces territoires que peuvent s’inventer des réponses concrètes aux défis de la transition écologique, de la transition démographique, de la revitalisation des centres‑villes, de la lutte contre les fractures territoriales et sociales, et de la nécessaire réconciliation entre les citoyens et leurs élus locaux.

Dix préconisations pour préparer l’avenir des petites villes

Structuré autour de plusieurs axes, le Manifeste vise à préparer l’avenir dès maintenant. Parmi l’ensemble de ces 24 pages, dix préconisations structurantes sont mises en avant :

la création d’un adjoint à la santé dans chaque commune, afin d’incarner politiquement, au plus près du terrain, les enjeux de santé publique ;

un investissement renforcé, ambitieux et durable contre l’isolement des personnes âgées, en faisant des petites villes des territoires pilotes de la lutte contre la solitude ;

une mobilisation sans précédent contre l’habitat indigne, notamment en renforçant les outils de repérage, de sanction et d’accompagnement des propriétaires ;

une stratégie locale pour réduire la fracture numérique, en garantissant à tous les habitants un accès effectif aux services publics et aux droits ;

une politique de rénovation de l’habitat indigne, reposant sur un soutien aux rénovations thermiques et à l’adaptation des logements au vieillissement ;

un développement de la sécurité de proximité, appuyé sur des polices municipales mieux dotées et des partenariats renforcés avec l’État ;

la sanctuarisation des budgets culturels, considérés comme un pilier du « bien vivre » et un facteur de cohésion sociale dans les petites villes ;

une meilleure prise en compte du handicap dans toutes les politiques publiques locales, afin de faire de l’accessibilité un principe structurant ;

la redynamisation des centres‑villes, en poursuivant et amplifiant les programmes de soutien au commerce de proximité et à la mixité des fonctions urbaines ;

une clarification et une stabilisation des relations financières entre l’État et les collectivités, condition indispensable pour que les maires puissent engager les investissements de long terme dont leurs territoires ont besoin.

Moins de brun, plus de vert : un levier stratégique pour les petites villes

Les communes sont en première ligne de la transition écologique. Porteuses d’équipements publics essentiels, écoles, équipements sportifs, voirie, bâtiments municipaux, elles structurent durablement les trajectoires d’émissions de leurs territoires. Mais dans un contexte budgétaire toujours plus contraint, comment financer l’accélération des investissements climat ?

Une étude récente d’I4CE met en lumière un levier encore insuffisamment mobilisé : la redirection des dépenses locales en réduisant progressivement les investissements défavorables au climat (« bruns ») pour dégager des marges de manœuvre au profit d’investissements bas-carbone.

Depuis 2014, les collectivités ont amorcé un mouvement en ce sens à travers une baisse des achats de véhicules thermiques légers, efforts de maîtrise des consommations énergétiques, montée en puissance des investissements dans la rénovation énergétique ou les mobilités durables. Mais la dynamique reste fragile. En 2024, les investissements climat ont stagné, tandis que certaines dépenses carbonées sont reparties à la hausse.

Or, pour respecter la trajectoire de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), les investissements défavorables des collectivités devraient diminuer de près de 75 % d’ici 2035. Un changement d’échelle considérable, qui implique des arbitrages plus structurants : limitation de la construction neuve artificialisante, sortie accélérée des équipements fossiles, intégration systématique du critère climat dans les décisions d’investissement.

La redirection ne suffira pas, à elle seule, à couvrir l’ensemble des besoins d’investissement liés à la transition. Mais dans un contexte de tension sur les finances locales, elle représente un levier indispensable pour concilier responsabilité budgétaire et ambition climatique.

Télécharger l’étude.