Santé : retour sur les dernières annonces du Premier ministre

11 avril 2024

Gabriel Attal a annoncé samedi 6 avril dans la presse quotidienne régionale plusieurs mesures visant à faciliter l’accès aux soins de ville. 

Former plus de médecins

Un premier levier d’action sur lequel le gouvernement souhaite accélérer est celui de la formation des professionnels de santé, notamment via l’augmentation des places en deuxième année dans les facultés de médecines. Au nombre de 10 800 en 2023, l’objectif affiché est de 12 000 en 2025, puis de 16 000 en 2027.

A noter cependant que la durée des études de médecine fait que cette mesure ne sera en mesure de porter ses fruits qu’à l’horizon 2025 du point de vue de la démographie médicale. A ce titre, l’APVF avait eu l’occasion de rappeler, lors de la rencontre du 27 février entre Frédéric Valletoux, ministre de la Santé et de la Prévention, et Christophe Bouillon, Président de l’APVF, sa demande pour la mise en place d’un conventionnement sélectif pour pour le secteur de ville libéral avec une installation dans les zones déjà bien pourvues conditionnée au départ d’un autre médecin.

Une taxe en cas de lapin

En parallèle de cette action sur la formation, Gabriel Attal a indiqué vouloir mettre en œuvre une stratégie de “reconquête du temps médical” visant les consultations non honorées qu’il estime entre 15 à 20 millions de rendez-vous non honorés. Ainsi, le Premier ministre a indiqué souhaiter la mise en œuvre par la voie législative d’une “taxe lapin”.

Ce mécanisme, déjà évoqué lors de son discours de politique générale, prendrait la forme d’une pénalité financière de 5 euros pour les patients ne se présentant pas et n’ayant pas prévenu au moins 24 heures à l’avance. Une telle “taxe lapin” serait, selon le Premier ministre, à la main et au bénéfice du médecin qui aurait la charge de signaler l’absence mais qui pourrait aussi décider de ne pas l’appliquer s’il estime les raisons du patient valables.

Vers davantage de délégation de tâches

En outre, Gabriel Attal souhaite “simplifier les procédures” et énonce plusieurs mesures qui devrait rapidement entrer en vigueur parmi lesquelles :

  • Possibilité pour les pharmaciens de délivrer dès juin des antibiotiques pour les angines et les cystites
  • Expérimentation dans treize départements de l’accès direct aux masseurs kinésithérapeutes et aux médecins spécialistes sans que le patient n’ait besoin de passer au préalable par un médecin généraliste

 

Une aide financière pour inciter à la permanence des soins

Autre levier d’action les gardes de soir (18h à minuit) et weekend en cabinets de ville. L’objectif de l’exécutif est que “chaque Français ait toujours un médecin de garde à moins de 30 minutes de chez lui”.

Pour atteindre ce but, il serait proposé une “aide financière” à tout médecin qui accepterait d’être temporairement de garde en dehors de sa zone. Le Premier ministre a de plus souligné qu’il entend demander à d’autres soignants de participer à ces gardes notamment les infirmiers qui pourraient constituer un “premier filtre” mais aussi les sages-femmes ou encore les dentistes.

A noter que le retour des “obligations de garde”, que le Premier ministre n’excluait pas de restaurer dans les départements où l’accès aux soins serait le plus difficile au moment de son discours de politique générale, ne semble pas d’actualité.

Pour rappel, la notion de « volontariat » pour les gardes dévolues aux médecins non hospitaliers a été introduite en 2003 dans le code de la santé publique.