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3 questions à... Christelle Cubaud, Présidente de l’AF3V
Cette semaine La lettre des Petites Villes pose 3 questions à Christelle Cubaud, Présidente de l’AF3V, pour mieux comprendre les enjeux du vélo et des voies vertes dans nos collectivités Vous êtes présidente de l’AF3V. Quelle est la vocation de votre association ? L’AF3V, Association Française pour le développement des Véloroutes et des Voies Vertes, œuvre à …
Cette semaine La lettre des Petites Villes pose 3 questions à Christelle Cubaud, Présidente de l’AF3V, pour mieux comprendre les enjeux du vélo et des voies vertes dans nos collectivités
Vous êtes présidente de l’AF3V. Quelle est la vocation de votre association ?
L’AF3V, Association Française pour le développement des Véloroutes et des Voies Vertes, œuvre à la création d’un réseau ambitieux d’itinéraires cyclables et de voies dédiées aux mobilités actives. Son action vise à favoriser la transition écologique, l’inclusion sociale et l’amélioration de la santé publique.
Les véloroutes et les voies vertes relient villes et villages et permettent des déplacements à pied, à vélo ou en roller, aussi bien pour les trajets du quotidien que pour les activités de loisirs. Leur développement repose en grande partie sur la valorisation d’infrastructures existantes, comme les petites routes, les anciennes voies ferrées ou les chemins, y compris de halage. Le réseau doit ainsi être pensé pour les déplacements quotidiens, rester accessible aux publics en situation de fragilité sociale ou économique et répondre aux besoins de mobilité des personnes dépourvues de voiture.
Vous publiez le livret « Réaffectation de voies : valoriser le réseau rural au service des mobilités actives ». Pourquoi ce guide et à qui s’adresse-t-il ?
Je dirai d’abord ce qu’il n’est pas : ce guide n’est pas un rapport abstrait fait de calculs et de modélisations, certes utiles. Non ce guide s’appuie sur des expériences concrètes. Il est issu des échanges qui se sont déroulés lors de notre colloque à Rouen en septembre dernier et des entretiens préparatoires. Il rassemble les bonnes pratiques pour transformer des voies existantes en aménagements dédiés aux mobilités actives. Conçu comme un véritable outil d’aide à la décision, il accompagne chaque étape du processus en mettant au cœur de la démarche celles et ceux qui vivent le territoire : les habitants et les élus locaux.
Son ambition est simple : proposer des projets à la fois adaptés au territoire, sobres et efficaces.
- Sobres économiquement, car ils évitent les acquisitions foncières et la création d’infrastructures entièrement nouvelles.
- Sobres écologiquement, puisqu’ils s’appuient sur des réseaux déjà existants, sans recourir à des travaux lourds, gourmands en ressources et émetteurs de gaz à effet de serre.
- Sobres en délais, en évitant les études d’ingénierie et les procédures d’expropriation.
Les économies ainsi réalisées permettent de concentrer les efforts sur les points réellement complexes du tracé, lorsque c’est nécessaire.
Ce guide s’adresse en priorité aux élu(e)s, aux collectivités, aux associations, aux professionnels et, plus largement, à toutes les personnes engagées pour des mobilités actives plus sûres et plus inclusives. Il offre des solutions concrètes pour permettre à chacun de se déplacer sereinement — à pied, à vélo, en trottinette, en fauteuil roulant — là où l’absence d’aménagement sécurisé constitue aujourd’hui un obstacle majeur.
À l’approche des élections municipales, quels sont selon vous les principaux leviers pour développer les mobilités actives dans les petites villes ?
Le levier économique est indéniable. Se déplacer à pied ou à vélo plutôt qu’en voiture, c’est bon pour le porte-monnaie ! A condition d’avoir à sa disposition des itinéraires sécurisés et continus bien pensés qui rendent chaque trajet confortable et agréable.
La santé est également un enjeu primordial. Les enfants ont perdu 25% de leur capacité cardio-vasculaire en 40 ans ! Le manque d’activité physique en est la cause principale. Se rendre sur son lieu d’étude ou aller voir les copains dans le village d’à côté, à pied ou à vélo et dans de bonnes conditions de sécurité, cela permet de bouger et donc de lutter contre la sédentarité et l’obésité. Cela vaut aussi pour les parents et les grands-parents ! Je pense aussi aux personnes à mobilité réduite. Quand on est en fauteuil, les possibilités de promenades sur un itinéraire sécurisé sont très souvent inexistantes. Pourtant, elles aussi ont besoin d’aller prendre l’air et de se déplacer en sécurité. J’ajoute pour terminer sur ce sujet essentiel que les gaz à effet de serre non produits en utilisant ses chaussures ou son vélo, plutôt que la voiture pour les petites distances, c’est un air plus respirable pour tous. C’est aussi bon pour la planète.
Enfin, l’acceptation de ces changements ne peut se faire sans l’implication des citoyens dans l’élaboration de ces politiques favorables aux mobilités actives. Faire participer celles et ceux qui se déplacent déjà à pied et à vélo ou qui ont une vraie volonté de le faire, intégrer leurs remarques et propositions, consulter les habitants, c’est s’assurer de viser juste.

À Nantes, aux BIS, Christophe Bouillon défend une culture de proximité au cœur des petites villes
À l’occasion de la 12ᵉ édition des Biennales Internationales du Spectacle (BIS), qui se tiennent ces 21 et 22 janvier 2026 à Nantes, Christophe Bouillon, Président de l’Association des petites villes de France (APVF) et maire de Barentin, a porté une parole forte en faveur du spectacle vivant et de la culture de proximité. Invité …
À l’occasion de la 12ᵉ édition des Biennales Internationales du Spectacle (BIS), qui se tiennent ces 21 et 22 janvier 2026 à Nantes, Christophe Bouillon, Président de l’Association des petites villes de France (APVF) et maire de Barentin, a porté une parole forte en faveur du spectacle vivant et de la culture de proximité. Invité par le syndicat de La Scène Indépendante, il est intervenu lors d’un débat consacré à la place du spectacle vivant privé indépendant dans les politiques territoriales à l’approche des élections municipales de 2026.
Dans un contexte de fortes tensions budgétaires — près de 50 % des collectivités ayant réduit leurs budgets culturels entre 2024 et 2025 selon l’Observatoire des politiques culturelles — Christophe Bouillon a rappelé le rôle fondamental de la culture dans les petites villes. « La culture n’est pas un supplément d’âme : elle nous permet de passer d’habiter un territoire à y vivre pleinement », a-t-il souligné. Spectacle vivant, lieux culturels, festivals et initiatives indépendantes constituent autant de services de proximité qui créent du lien social, structurent la vie collective et soutiennent l’économie locale.
Enfin, plusieurs intervenants ont alerté sur les risques de standardisation et de concentration du secteur culturel, liés notamment au développement des délégations de service public ou aux opérations de rachat par de grands groupes privés. La sénatrice de Loire-Atlantique Karine Daniel, membre de la commission de la culture du Sénat et rapporteure du budget 2026, a souligné l’importance d’une vigilance accrue des pouvoirs publics pour préserver la diversité de l’offre culturelle et soutenir les acteurs indépendants. Dans cette perspective partagée, Christophe Bouillon a rappelé que la commande publique et l'engagement des élus locaux pour "donner les clés" constituent des leviers essentiels pour garantir la pluralité culturelle, l’équilibre territorial et l’accès de toutes et tous à la création.
Aux BIS de Nantes, la voix des petites villes, croisée à celle des parlementaires, des élus locaux et des professionnels du spectacle vivant, a ainsi réaffirmé une conviction forte : la culture est un pilier de la démocratie locale et un moteur essentiel du « vivre ensemble » dans tous les territoires.

Logement, PLF 2026 et petites villes : des avancées pour un secteur en crise
Dans un contexte de fortes tensions sur le logement et d’incertitudes budgétaires, les annonces faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 16 janvier, puis la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, ont suscité des réactions contrastées. Pour les petites villes, où le logement social est un levier central pour la …
Dans un contexte de fortes tensions sur le logement et d’incertitudes budgétaires, les annonces faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 16 janvier, puis la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, ont suscité des réactions contrastées. Pour les petites villes, où le logement social est un levier central pour la cohésion sociale, ces arbitrages restent déterminants.
Des annonces pour desserrer l’étau sur les bailleurs sociaux
Le 16 janvier, afin d’éviter la censure du budget, le chef du gouvernement a présenté plusieurs mesures concernant le logement. La principale concerne les bailleurs sociaux, avec l’annonce d’un renforcement de leurs moyens à hauteur de 400 millions d’euros. L’objectif affiché est clair : permettre aux organismes HLM de construire davantage et de mieux rénover le parc existant.
Cette annonce s’est traduite, selon l’Union sociale pour l’habitat (USH), par une révision à la baisse de la réduction de loyer de solidarité (RLS), qui passerait de 1,3 milliard d’euros dans la version initiale du PLF à 900 millions d’euros en 2026, contre 1,1 milliard en 2025. Une inflexion saluée par la présidente de l’USH, Emmanuelle Cosse, qui y voit une « prise en compte des besoins » du secteur et un début de redéploiement des marges de manœuvre des bailleurs.
Le gouvernement a par ailleurs renoncé à l’année blanche envisagée pour les aides personnelles au logement (APL), évitant ainsi une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour les ménages modestes. Enfin, le maintien du dispositif MaPrimeRénov’ a été confirmé, avec une volonté affichée de lutter plus fermement contre les fraudes.
Une stabilisation fragile confirmée par l’USH
Dans sa réaction publiée le 22 janvier, l’Union sociale pour l’habitat salue les progrès contenus dans la dernière version du PLF 2026, tout en appelant à la prudence. Si la baisse de la RLS constitue un signal positif, elle est partiellement compensée par une hausse très significative de la contribution au Fonds national des aides à la pierre (FNAP), qui passerait de 75 millions d’euros en 2025 à 275 millions d’euros en 2026.
Au total, l’USH estime que ces arbitrages permettent une stabilisation globale des prélèvements sur les bailleurs sociaux au niveau de 2025. Une stabilisation jugée indispensable pour maintenir la dynamique de construction engagée l’an dernier, qui avait permis de programmer 115 000 logements neufs après une première baisse de la RLS.
En revanche, l’USH alerte sur le volet rénovation : les crédits exceptionnels mobilisés ces trois dernières années ne sont pas reconduits, ce qui pourrait fragiliser les efforts engagés pour améliorer la performance énergétique du parc social.
Des enjeux majeurs pour les petites villes
2,9 millions de familles attendent aujourd’hui un logement social adapté. Dans ce contexte, l’Association des petites villes de France reste particulièrement vigilante face aux débats qui émergent autour d’un possible affaiblissement de la loi SRU. Pour les territoires, la production de logements sociaux ne relève pas d’une contrainte idéologique, mais d’une nécessité concrète pour garantir la cohésion sociale et l’égalité territoriale.

Stress hydrique : 4 maires sur 10 s’inquiètent pour le prochain mandat
À l’approche des élections municipales, la question de la ressource en eau s’impose comme un enjeu structurant pour l’ensemble des collectivités, et tout particulièrement pour les petites villes, souvent en première ligne face à la raréfaction de l’eau et au vieillissement des infrastructures. Partenaire de l’APVF, la SADE a présenté, avec l’institut Odoxa, une enquête …
À l’approche des élections municipales, la question de la ressource en eau s’impose comme un enjeu structurant pour l’ensemble des collectivités, et tout particulièrement pour les petites villes, souvent en première ligne face à la raréfaction de l’eau et au vieillissement des infrastructures. Partenaire de l’APVF, la SADE a présenté, avec l’institut Odoxa, une enquête nationale inédite qui mesure l’ampleur des inquiétudes des maires et des citoyens face au risque de stress hydrique. Les résultats confirment la nécessité d’anticiper dès aujourd’hui les solutions techniques, financières et organisationnelles adaptées aux réalités des territoires.
Selon l’enquête Odoxa réalisée pour la SADE, 36 % des maires estiment que leur commune pourrait être confrontée à une situation de stress hydrique au cours du prochain mandat municipal. Cette donnée nationale recouvre l’ensemble des strates communales et traduit une prise de conscience partagée, qui concerne pleinement les petites villes, où la sécurisation de l’accès à l’eau potable et la continuité du service public constituent des priorités essentielles pour l’attractivité résidentielle et économique.
L’inquiétude atteint 45 % dans les villes moyennes et grandes et 48 % dans le quart Sud-Est, territoires particulièrement exposés aux tensions sur la ressource. Mais les petites villes, souvent gestionnaires de réseaux étendus et parfois vieillissants, sont tout autant concernées par la nécessité d’investir dans la modernisation des infrastructures, la réduction des pertes en réseau et le développement de solutions de réemploi.
La population exprime une sensibilité comparable : 39 % des Français estiment qu’une situation de stress hydrique pourrait toucher leur commune dans les six prochaines années. L’inquiétude est particulièrement marquée chez les moins de 50 ans (49 %), signalant une attente croissante d’actions locales concrètes en faveur de la préservation de la ressource.
Pour les petites villes, cette convergence entre élus et habitants souligne l’importance de construire des stratégies territoriales lisibles, associant sobriété, sécurisation des captages, interconnexions et modernisation des équipements.
Interrogés sur leurs priorités, 37 % des maires déclarent se concentrer d’abord sur les inondations et la protection des biens et des personnes, tandis que 34 % privilégient la raréfaction de la ressource en eau et les solutions de réemploi. 29 % affirment accorder une vigilance équivalente aux deux enjeux.
Cette répartition illustre une réalité bien connue des petites villes : la nécessité de concilier prévention des risques climatiques et sécurisation des services essentiels, dans un contexte budgétaire contraint et face à des infrastructures parfois anciennes.
L’enquête met également en lumière les positions des maires sur la tarification de l’eau. 66 % se déclarent favorables à un prix identique sur l’ensemble du territoire communal, et 61 % à une tarification modulée selon l’usage. En revanche, une majorité reste réservée face à un prix variant selon le niveau de stress hydrique (55 %) ou selon le budget des familles (62 %).
Pour les petites villes, ces résultats rappellent l’importance d’un modèle économique soutenable, garantissant à la fois l’équilibre financier des services d’eau et l’acceptabilité sociale des politiques tarifaires.

Les vœux du Président de l’APVF : Nos petites villes, pôles d’équilibre et de stabilité
C’est en présence d’un public nombreux et avec la participation de la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, Madame Françoise Gatel, que le Président de l’APVF, Christophe Bouillon, a présenté les vœux de l’APVF pour 2026, mardi 20 janvier au siège de la Maison des Travaux Publics à Paris. Il a notamment …
C’est en présence d’un public nombreux et avec la participation de la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, Madame Françoise Gatel, que le Président de l’APVF, Christophe Bouillon, a présenté les vœux de l’APVF pour 2026, mardi 20 janvier au siège de la Maison des Travaux Publics à Paris.
Il a notamment présenté ce qu’il nomme les douze « travaux d’Hercule » de l’APVF pour cette nouvelle année :
-
Conforter et développer les partenariats institutionnels de l’association
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Participer à la réflexion pour un nouveau modèle de financement et de fiscalité locale
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Peser en faveur d’un partage de l’effort budgétaire plus juste et équitablement partagé
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Demander de la prévisibilité et de la visibilité pour les collectivités territoriales
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Œuvrer en faveur d’une décentralisation véritablement aboutie
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Accélérer les mesures de simplification et mettre fin à l’inflation normative
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Rouvrir le chantier des retraites et des indemnités des Maires de petites villes pour améliorer le statut de l’élu local
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Conforter le rôle des petites villes, collectivités d’équilibre et de stabilité
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Demander la prolongation et la pérennisation du programme « Petites Villes de Demain »
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Œuvrer à une X des débats de la vie politique comme cela est le cas dans les collectivités territoriales
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Demander à ce que la cohésion territoriale ne soit pas sacrifiée dans les prochains programmes européens
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Inviter tous les maires de petites villes, réels ou nouvellement élus, aux prochaines Assises des Petites Villes à Château-Thierry les 18 et 19 juin prochains
Anticipant une année complexe et incertaine pour les collectivités territoriales, Christophe Bouillon a cité une maxime de La Fontaine tirée « du Loup, du Lion et du Renard » : « Les prudents qui se fient à leurs observations évitent les obstacles ».

PLF 2026 : imbroglio à l'Assemblée nationale
Depuis le 13 janvier, le projet de loi de finances pour 2026 (PLF 2026) est discuté en séance publique à l’Assemblée nationale. Dans une lettre ouverte, l’APVF a rappelé ses lignes rouges et ses attentes aux députés, qui pour certaines ont été suivies. Les amendements de la partie recettes relatifs aux collectivités territoriales ont été …
Depuis le 13 janvier, le projet de loi de finances pour 2026 (PLF 2026) est discuté en séance publique à l’Assemblée nationale. Dans une lettre ouverte, l’APVF a rappelé ses lignes rouges et ses attentes aux députés, qui pour certaines ont été suivies.
Les amendements de la partie recettes relatifs aux collectivités territoriales ont été appelés en priorité par le gouvernement. Hier, la dotation globale de fonctionnement (DGF) a été indexée sur les prévisions d'inflation à partir 2026 et de manière pérenne. En 2026, cela devait revenir à un abondement de 400 millions environ. Mais, quelques heures après, les députés ont voté un autre amendement, sensiblement inverse, réduisant de 4,9 milliards d'euros la DGF. Ce revirement résulte d'un amendement "surprise" adopté à 57 voix pour et 47 contre, grâce à la mobilisation des rangs du Rassemblement national et de l'Union des droites pour la République, les autres groupes étant très faiblement représentés. Si ce vote n'est pas définitif et qu'un correctif est attendu, cet imbroglio politique éloigne toute perspective de compromis à l'Assemblée nationale.
Conformément aux demandes formulées par l'APVF, les députés ont voté le maintien des dépenses d’entretien de la voirie et de celles engagées pour la fourniture de services en informatique dans l'assiette du fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA). Ils ont en revanche exclu les travaux d'investissement réalisés en régie qui avait été ajoutés au Sénat. Comme l'APVF le demandait, la minoration de la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle du bloc communal a également été annulée, ainsi que l'ensemble des baisses de variables d'ajustement.
A noter qu'un amendement du gouvernement a été adopté pour reporter d'un an l'intégration de l'actualisation sexennale des valeurs locatives des locaux professionnels et acte le report de trois ans la révision des valeurs locatives des locaux d'habitation. La taxe sur les logements vacants (TLV) en zone tendue et la taxe d'habitation sur les logements vacants en zone non tendue sont fusionnée en une seule taxe affectée au bloc communal, distincte de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS).
D'autres sujets sont attendus : Dilico, abattements "locaux industriels", avant l'éventualité d'un 49.3.

1.732 communes classées en zone de revitalisation des centres-villes en 2026
Cet article a initialement été publié dans le média Localtis, partenaire de l’APVF. 1.732 communes sont classées au titre du dispositif de zone de revitalisation des centres-villes, selon un arrêté du 26 décembre 2025 publié au Journal officiel du 31 décembre 2025. Peu utilisé, le dispositif ne peut être compensé par l’État, les exonérations étant …
Cet article a initialement été publié dans le média Localtis, partenaire de l'APVF.
1.732 communes sont classées au titre du dispositif de zone de revitalisation des centres-villes, selon un arrêté du 26 décembre 2025 publié au Journal officiel du 31 décembre 2025. Peu utilisé, le dispositif ne peut être compensé par l'État, les exonérations étant laissées à l'initiative des collectivités.
67 communes entrent dans le dispositif, 18 en sortent. L'arrêté
du 26 décembre 2025, publié au Journal officiel du 31 décembre 2025, actualise la liste des communes classées en zone de revitalisation des centres-villes. Pour 2026, ce seront au total 1.732 villes qui seront concernées par le dispositif. Dans le détail, certains départements voient un nombre important de communes entrer : 31 communes pour la Gironde, dont Monségur, Pauillac, La Réole et Rions, 24 communes pour la Creuse dont Crozant, Gouzon et Jarnages, 13 pour le Tarn-et-Garonne et 11 pour le Loir-et-Cher. À l'inverse, 4 communes des Hautes-Alpes (Briançon, Gap, Laragne-Montéglin, Serres) et 4 de Côte-d'Or (Brazey-en-Plaine, Losne, Saint-Jean-de-Losne, Seurre) en sortent.
Instauré en 2020, avec moins de 300 communes alors classées, ce dispositif permet aux élus, par délibération, d'exonérer partiellement ou totalement de CFE, de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) les entreprises commerciales ou artisanales. Il a été prolongé jusqu'en 2026 par la loi de finances pour 2024. Pour y prétendre, les communes doivent répondre à deux critères : avoir conclu une convention ORT (opération de revitalisation du territoire) et avoir un revenu fiscal médian par unité de consommation inférieur à la médiane nationale. Les communes de Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte sont exemptées de ce dernier critère. Il n'y a pas de critère de population. La liste mêle ainsi des villes de taille différente.
Un dispositif peu utilisé et non compensé
Si le nombre de communes qui entrent augmente chaque année depuis 2020, "le dispositif n'est en réalité que peu utilisé jusqu'à présent", comme l'a souligné Jean-Pierre Verzelen, sénateur Les Indépendants de l'Aisne, dans une question écrite au gouvernement publiée le 23 janvier 2025. "Souvent méconnu, les communes ne sont parfois pas informées qu'elles font partie du zonage alors que ce dernier a d'ailleurs été étendu", précise le sénateur. Il regrette par ailleurs que les ZRCV ne fassent l'objet d'aucune compensation, à l'inverse des Zorcomir (zones de revitalisation des commerces en milieu rural). Dans sa réponse, du 10 avril 2025, le gouvernement avait donné une fin de non-recevoir à cette requête, expliquant que les exonérations de fiscalité, en dehors des transferts de compétences, ne donnent pas nécessairement lieu à compensation, "d'autant qu'en l'espèce, il s'agit d'une exonération laissée à l'initiative de la collectivité".
Retrouver l'article d'
Télécharger l'arrêté du 26 décembre 2025 modifiant l'arrêté du 31 décembre 2020 constatant le classement de communes en zone de revitalisation des centres-villes, publié au Journal officiel du 31 décembre 2025.

Petites villes et petites entreprises : des convergences en prévision des municipales
Une délégation composée de Christophe Bouillon, maire de Barentin et Président de l’APVF, et de Daniel Cornalba, maire de l’Etang-la-Ville, membre du Bureau de l’APVF, a rencontré le Président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME), Amir Reza-Tofighi. Ils ont échangé sur les opportunités en matière de développement économique dans le cadre du …
Une délégation composée de Christophe Bouillon, maire de Barentin et Président de l'APVF, et de Daniel Cornalba, maire de l'Etang-la-Ville, membre du Bureau de l'APVF, a rencontré le Président de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME), Amir Reza-Tofighi. Ils ont échangé sur les opportunités en matière de développement économique dans le cadre du prochain mandat municipal.
La CPME est l'une des trois associations professionnelles du pays et la première en nombre d'adhérents. Elle est constituée de 320 000 PME, organisées autour de 120 fédérations professionnelles, pour plus de 5 millions salariés, sur l'ensemble du territoire.
Sous l'impulsion du Président de la CPME, M. Amir Reza-Tofighi, les propositions de la CPME sont désormais dans le débat public. Le chef d'entreprise considère en effet que la plupart des problématiques que rencontrent les Français concernent, d'une façon ou d'une autre, les petites et moyennes entreprises. La CPME prépare ainsi un document programmatique en prévision des élections municipales, fort de plus de 2 600 propositions. Tout l'enjeu est de proposer des clefs pour favoriser le développement économique du territoire.
Le Président de l'APVF, Christophe Bouillon a rappelé que les maires se voyaient souvent comme des chefs de PME municipales. "Le maire a un rôle d'ensemblier", selon le maire de Barentin. A ce titre, il est amené à collaborer avec l'ensemble de l'écosystème économique. Daniel Cornalba, maire de l'Etang-la-Ville a d'ailleurs souligné qu'il était désormais impensable qu'une commune puisse se passer d'un adjoint au développement économique.
Pour MM. Bouillon et Cornalba, si la porte d'entrée des questions économiques est plus volontiers l'intercommunalité, l'échelon communal conserve tout son sens, tant sur les questions de foncier que pour la fourniture de services adaptés aux entreprises et aux salariés.
Parmi les sujets abordés ont figuré la modernisation de la comptabilité publique, la réindustrialisation, la simplification administrative ou encore la revitalisation commerciale.
Les représentants de l'APVF et de la CPME ont convenu de pérenniser les relations de leurs structures respectives.

3 questions à...Anne-Sophie Louvel, Directrice Opérations et Territoires de Citeo
Cette semaine La lettre des Petites Villes pose 3 questions à Anne-Sophie Louvel, Directrice Opérations et Territoires de Citeo, pour mieux comprendre les enjeux de tri dans nos collectivités. 1/ Quel rôle concret joue CITEO pour les collectivités locales, et comment accompagnez-vous les petites villes dans la mise en œuvre du tri, du recyclage et de la …
Cette semaine La lettre des Petites Villes pose 3 questions à Anne-Sophie Louvel, Directrice Opérations et Territoires de Citeo, pour mieux comprendre les enjeux de tri dans nos collectivités.
1/ Quel rôle concret joue CITEO pour les collectivités locales, et comment accompagnez-vous les petites villes dans la mise en œuvre du tri, du recyclage et de la gestion des déchets ménagers ?
Aux côtés des élus locaux depuis plus de trente ans, Citeo soutient les collectivités dans la mise en place d’un service public de prévention et de gestion des déchets adapté à chaque territoire, au coût le plus juste. Partenaire des territoires dans le cadre de la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) des emballages ménagers et des papiers, nous accompagnons quotidiennement plus de 600 intercommunalités, qui rassemblent de nombreuses petites villes, pour améliorer leur service de collecte, favoriser le geste de tri des habitants et développer le réemploi local.
Concrètement, Citeo leur donne les moyens d’agir grâce à un diagnostic personnalisé, un appui technique et financier et des outils de mobilisation. Ensemble, nous partageons l’objectif d’atteindre les objectifs de collecte et de recyclage des déchets d’emballages et de papiers et, plus largement, de faire progresser l’économie circulaire sur l’ensemble du territoire.
2/ À l’approche des élections municipales de mars 2026, vous partagez six propositions pour coconstruire des territoires plus circulaires. Parmi ces leviers, lesquels vous semblent prioritaires pour les petites villes, et pourquoi ?
Nos six propositions visent à donner aux élus les moyens d’ancrer pleinement leurs territoires dans les objectifs d’économie circulaire. Elles offrent des solutions concrètes pour mieux collecter, recycler et réemployer, avec à la clé des résultats tangibles : réduction de l’empreinte écologique, gains économiques et amélioration du cadre de vie.
Les élus des petites villes peuvent s’emparer de certaines d’entre elles, au service de leur territoire. D’abord, ils peuvent soutenir des dispositifs ambitieux comme la tarification incitative, solution éprouvée pour diminuer le volume de déchet, favoriser le tri et réduire la facture du contribuable. Plébiscitée par 77% des Français, elle demande une réelle volonté politique et un important travail de pédagogie. Les élus des petites villes concernées jouent ainsi un rôle clé.
Le développement du réemploi est un autre défi majeur pour le prochain mandat. Les petites villes peuvent y contribuer, alors que deux tiers de leurs habitants estiment que les élus ont un rôle prioritaire à jouer sur ce sujet. En donnant l’exemple dans les services communaux de portage à domicile ou de restauration collective, mais aussi en favorisant cette pratique auprès des commerçants de leurs territoire.
3/ Au-delà du recyclage, CITEO promeut aussi la réduction et l’écoconception des emballages. Quelles sont, selon vous, les mesures les plus efficaces pour diminuer la production de déchets à la source, et comment les petites villes peuvent-elles en tirer parti ?
La réduction à la source est une priorité nationale, qui se traduit par un objectif de -15% d’emballages ménagers d’ici 2030. Citeo y contribue grâce à deux leviers : l’écoconception des emballages, en lien avec les entreprises, et la généralisation du réemploi, à travers le dispositif Reuse qui se déploie dans quatre régions (Bretagne, Hauts de France, Normandie, Pays de la Loire), pour proposer une offre d’emballages réemployables dans les grandes surfaces alimentaires.
Pour les petites villes, la réduction du gisement s’inscrit en cohérence avec les politiques locales de prévention des déchets. A la clé, ce sont des gains environnementaux et économiques, en limitant la collecte et le traitement des déchets d’emballages, ainsi que les coûts associés notamment générés par la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).
En vue d’accélérer cette dynamique, nous devons porter un message collectif pour convaincre le citoyen de s’inscrire dans cette démarche tout en continuant à trier. À l’échelle locale, les ambassadeurs 3R, financés par Citeo, jouent un rôle clé de pédagogie auprès du citoyen.

Grève des médecins libéraux : un mouvement national qui accentue les tensions sur l’accès aux soins
Depuis le 5 janvier, les médecins libéraux sont engagés dans un mouvement de grève nationale qui doit se poursuivre jusqu’au 15 janvier. Fermetures de cabinets, manifestations et perturbations de l’activité médicale marquent cette mobilisation, qui intervient dans un contexte de fortes tensions sur l’accès aux soins. La grève, appelée par l’ensemble des organisations représentatives de …
Depuis le 5 janvier, les médecins libéraux sont engagés dans un mouvement de grève nationale qui doit se poursuivre jusqu’au 15 janvier. Fermetures de cabinets, manifestations et perturbations de l’activité médicale marquent cette mobilisation, qui intervient dans un contexte de fortes tensions sur l’accès aux soins.
La grève, appelée par l’ensemble des organisations représentatives de médecins libéraux, concerne à la fois les médecins généralistes et de nombreuses spécialités. Depuis le début du mouvement, des cabinets médicaux sont fermés sur l’ensemble du territoire et de nombreux rendez-vous sont annulés ou reportés. Plusieurs manifestations ont également eu lieu, notamment à Paris, rassemblant plusieurs milliers de praticiens.
Selon les données communiquées par l’Assurance maladie, la mobilisation a entraîné une baisse d’activité estimée entre 10 et 15 % chez les médecins généralistes et entre 5 et 12 % chez les spécialistes, mesurée à partir des feuilles de soins télétransmises. Certaines cliniques privées ont par ailleurs annoncé la fermeture temporaire de blocs opératoires sur plusieurs journées consécutives, contribuant à une réduction supplémentaire de l’offre de soins.
Dans les petites villes, où l’offre médicale repose souvent sur un nombre limité de praticiens et où les alternatives de proximité sont restreintes, ces perturbations ont des effets immédiats sur la continuité des soins. Les possibilités de report vers d’autres cabinets ou d’autres structures y sont plus limitées que dans les grandes agglomérations, renforçant les difficultés d’accès aux consultations, notamment pour les publics les plus âgés ou les patients atteints de maladies chroniques.
Ce mouvement intervient dans un contexte de pénurie médicale persistante. Près de 7 millions de personnes ne disposent pas aujourd’hui d’un médecin traitant déclaré et plus de 30 % de la population réside dans des zones où l’offre de soins de premier recours est jugée insuffisante. La démographie médicale reste défavorable à court terme, avec près de 45 % des médecins généralistes âgés de plus de 55 ans, laissant anticiper de nombreux départs à la retraite dans les prochaines années, particulièrement sensibles dans les territoires à faible densité médicale.
Les organisations syndicales dénoncent plusieurs mesures récentes qu’elles estiment de nature à fragiliser l’exercice libéral et le dialogue conventionnel. Parmi les motifs de contestation figurent certaines dispositions du budget de la Sécurité sociale, des mesures de contrôle renforcé des prescriptions d’arrêts de travail, ainsi que la perspective de contraintes accrues sur les modalités d’exercice et de prescription, jugées inadaptées aux réalités de terrain.
Auditionné par la commission des Affaires sociales du Sénat, Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie, a indiqué ne pas souhaiter recourir aux dispositifs permettant une fixation unilatérale de certains tarifs médicaux. Il s’est prononcé en faveur de leur suppression rapide et a appelé à une reprise du dialogue avec les représentants des médecins libéraux.
La poursuite du mouvement jusqu’au 15 janvier, dans un contexte hivernal déjà marqué par une forte sollicitation des services d’urgence, accentue les tensions sur l’accès aux soins. Dans les petites villes, ces tensions mettent en évidence la fragilité de l’offre de santé de proximité et la difficulté à absorber des perturbations conjoncturelles dans un système déjà durablement sous tension.
