Simplification des normes : le Gouvernement poursuit sa stratégie de réduction des contraintes pesant sur les collectivités

Alors que le projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales poursuit son examen parlementaire après son adoption en première lecture par le Sénat, le Gouvernement prépare parallèlement un deuxième « méga-décret » de simplification, annoncé pour le mois de juillet. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus globale de simplification de l’action publique locale, qui doit se poursuivre avec un troisième décret attendu à l’automne.

Le projet de loi, substantiellement enrichi par le Sénat, vise à alléger de nombreuses procédures applicables aux collectivités territoriales. Les sénateurs ont notamment renforcé plusieurs dispositions destinées à simplifier le fonctionnement des collectivités, à faciliter la conduite des projets d’aménagement, à assouplir certaines règles d’urbanisme et de commande publique, ainsi qu’à offrir davantage de souplesse dans l’exercice des compétences locales. Le texte est désormais examiné par l’Assemblée nationale, où plusieurs de ces dispositions devraient être rediscutées.

En parallèle, le Gouvernement poursuit le volet réglementaire de cette politique de simplification. Après un premier « méga-décret » publié en février dernier, un deuxième projet de décret, composé d’une trentaine de mesures, doit être présenté dans les prochaines semaines.

Parmi les principales mesures envisagées figurent plusieurs simplifications attendues par les collectivités : la possibilité de convoquer par voie électronique les membres des commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI), la suppression de l’obligation de collecte hebdomadaire des déchets ménagers résiduels afin de laisser davantage de liberté aux collectivités compétentes, l’assouplissement des modalités d’évolution des SRADDET, la clarification des règles relatives aux garanties d’emprunt accordées aux entreprises ou encore diverses mesures destinées à accélérer les procédures d’urbanisme (dématérialisation, simplification des lotissements, harmonisation des formalités d’achèvement des travaux et modernisation des règles de publicité).

Le projet de décret prévoit également plusieurs évolutions dans les domaines du logement et de la transition écologique. Il faciliterait notamment les diagnostics structurels des immeubles menaçant ruine, permettrait d’exclure la population carcérale du calcul des obligations fixées par la loi SRU, prolongerait la durée de validité de certaines autorisations d’urbanisme pour les projets d’énergies renouvelables et relèverait le seuil à partir duquel les installations photovoltaïques sont soumises à une étude d’impact environnemental.

Si la majorité des mesures ont reçu un avis favorable du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN), plusieurs dispositions ont néanmoins suscité des réserves. Les représentants des collectivités s’interrogent notamment sur l’assouplissement des procédures relatives aux SRADDET ainsi que sur le relèvement du seuil applicable aux projets photovoltaïques, estimant que ces évolutions pourraient limiter la concertation locale et reporter davantage de responsabilités sur les maires. Des interrogations ont également été formulées concernant certaines simplifications des procédures d’urbanisme, susceptibles de complexifier l’articulation avec les avis des Architectes des bâtiments de France.

Avec ce deuxième « méga-décret », complété par le projet de loi actuellement en discussion et un troisième décret annoncé pour l’automne, le Gouvernement entend poursuivre sa politique de simplification des normes applicables aux collectivités. L’APVF suivra avec attention l’aboutissement de ces différents textes, dont plusieurs dispositions sont susceptibles d’avoir des conséquences directes sur le fonctionnement quotidien des petites villes et sur la conduite de leurs projets.

Projet de loi Logement : plusieurs dispositions concernant les collectivités au cœur des débats au Sénat

Le Sénat a entamé mardi l’examen en séance publique du projet de loi visant à la relance et à la décentralisation du logement. Après son passage en commission des affaires économiques, le Gouvernement a déposé plusieurs amendements afin de revenir sur certaines modifications apportées par les sénateurs, notamment sur les dispositions intéressant directement les collectivités territoriales.

Le premier point de divergence concerne les Opérations d’intérêt local (OIL), nouvel outil destiné à accélérer les projets de construction. En commission, les sénateurs ont souhaité renforcer l’ancrage territorial du dispositif en confiant à l’autorité compétente en matière de PLU(i) la définition du périmètre de ces opérations, après avis simple du préfet, tout en instaurant une participation du public par voie électronique. Ils ont également ramené la durée des OIL de dix à cinq ans. Le Gouvernement souhaite rétablir sa rédaction initiale, estimant que l’intervention du préfet constitue une garantie de proportionnalité des dérogations accordées et que la consultation du public alourdirait inutilement les procédures.

Le texte aborde également la rénovation énergétique des logements. Les sénateurs avaient prévu qu’un propriétaire puisse bénéficier d’une dérogation lorsque le coût des travaux nécessaires à la sortie du statut de passoire énergétique apparaît manifestement disproportionné au regard de la valeur du bien. Le Gouvernement propose de supprimer cette disposition, considérant que ce critère serait difficile à objectiver et pourrait conduire à maintenir durablement sur le marché locatif des logements énergivores.

Dans un contexte marqué par les épisodes de fortes chaleurs, les débats porteront aussi sur l’adaptation des logements au confort d’été. Les sénateurs ont adopté en commission une mesure facilitant l’installation de systèmes de climatisation en copropriété grâce à un assouplissement des règles de majorité en assemblée générale. Le Gouvernement soutient cette orientation et souhaite étendre le dispositif aux pompes à chaleur réversibles.

Les discussions porteront également sur la gouvernance locale des politiques de l’habitat. À l’article 8, la commission a supprimé le caractère automatique du statut d’Autorité organisatrice de l’habitat (AOH) pour les métropoles et les communautés urbaines, privilégiant une adhésion volontaire. Le Gouvernement entend rétablir le dispositif initial.

Autre sujet sensible pour les collectivités : l’expérimentation de nouvelles délégations de compétences en matière de logement social. Les sénateurs ont supprimé les dispositions permettant aux communes et aux EPCI volontaires d’exercer certaines compétences relatives au droit au logement opposable (DALO), estimant qu’elles faisaient peser de nouvelles responsabilités sur les collectivités sans garanties suffisantes en matière de financement. Le Gouvernement défend, à l’inverse, le maintien de cette possibilité, en soulignant qu’elle reposerait exclusivement sur le volontariat des collectivités intéressées.

Enfin, le Sénat reviendra sur le droit de veto du maire concernant certaines attributions de logements sociaux. Alors que la commission a souhaité élargir les possibilités de recours à ce pouvoir, le Gouvernement propose d’en maintenir un encadrement strict, conformément aux recommandations du Conseil d’État, afin d’en assurer la sécurité juridique.

Ces débats devraient permettre de préciser la répartition des responsabilités entre l’État et les collectivités dans la conduite des politiques locales de l’habitat, tout en arbitrant entre les objectifs de simplification, d’accélération de la construction et de décentralisation.

Retrait du projet de loi « État local » : l’APVF forme le vœu que la Décentralisation ne soit pas absente du débat présidentiel

L’APVF a pris acte du retrait de la discussion parlementaire du projet de loi « État local », mais forme le vœu que la décentralisation ne soit pas absente du débat présidentiel. C’est ce qu’elle a indiqué par voie de communiqué de presse le 26 juin.

Ce texte ne satisfaisait personne et avait déçu tous ceux qui attendaient une véritable loi de décentralisation. Il suscitait, de surcroît, de fortes réserves sur plusieurs de ses dispositions, notamment celles portant sur la multiplication des procédures contractuelles ou encore sur les nouveaux pouvoirs dévolus aux préfets. Certains articles s’apparentaient davantage à une recentralisation qu’à une véritable décentralisation.

Et maintenant ? Il va de soi qu’il faudra attendre les élections nationales du printemps 2027 pour avancer concrètement sur un nouvel acte de décentralisation, ardemment souhaité par l’ensemble des élus locaux.

Pour ce faire, l’APVF prône, après une véritable concertation avec l’ensemble des associations d’élus, l’élaboration d’un texte clair, puissant et ambitieux, à l’instar des grandes lois de décentralisation de 1982-1983, avec une feuille de route claire : redonner de l’autonomie fiscale aux collectivités territoriales, c’est-à-dire les moyens et la liberté d’agir ; définir des compétences clairement établies, afin d’offrir une véritable visibilité aux élus comme aux citoyens.

L’APVF forme le vœu que ce nouvel acte de décentralisation soit mis en œuvre par de véritables décentralisateurs.

Retrait du projet de loi « État local » : l’APVF forme le vœu que la Décentralisation ne soit pas absente du débat présidentiel

L’APVF a pris acte du retrait de la discussion parlementaire du projet de loi « État local », mais forme le vœu que la décentralisation ne soit pas absente du débat présidentiel. C’est ce qu’elle a indiqué par voie de communiqué de presse le 26 juin.

Ce texte ne satisfaisait personne et avait déçu tous ceux qui attendaient une véritable loi de décentralisation. Il suscitait, de surcroît, de fortes réserves sur plusieurs de ses dispositions, notamment celles portant sur la multiplication des procédures contractuelles ou encore sur les nouveaux pouvoirs dévolus aux préfets. Certains articles s’apparentaient davantage à une recentralisation qu’à une véritable décentralisation.

Et maintenant ? Il va de soi qu’il faudra attendre les élections nationales du printemps 2027 pour avancer concrètement sur un nouvel acte de décentralisation, ardemment souhaité par l’ensemble des élus locaux.

Pour ce faire, l’APVF prône, après une véritable concertation avec l’ensemble des associations d’élus, l’élaboration d’un texte clair, puissant et ambitieux, à l’instar des grandes lois de décentralisation de 1982-1983, avec une feuille de route claire : redonner de l’autonomie fiscale aux collectivités territoriales, c’est-à-dire les moyens et la liberté d’agir ; définir des compétences clairement établies, afin d’offrir une véritable visibilité aux élus comme aux citoyens.

L’APVF forme le vœu que ce nouvel acte de décentralisation soit mis en œuvre par de véritables décentralisateurs.

Projet de loi sur l’État local : l’APVF défend la décentralisation devant le Sénat

Représentée par Daniel Cornalba, Maire de L’Étang-la-Ville et Vice-président de l’APVF, l’APVF a été auditionnée par le rapporteur du projet de loi visant à renforcer l’État local, articuler son action avec les collectivités territoriales et sécuriser les décideurs publics.

À cette occasion, l’APVF a rappelé qu’elle est favorable à une meilleure déconcentration de l’État et à un renforcement du rôle du préfet comme interlocuteur unique des élus locaux. Mais cette évolution ne peut en aucun cas se traduire par un recul de la décentralisation.

L’APVF a ainsi exprimé sa très vive opposition à l’article 4 du projet de loi, qui prévoit un pouvoir général de substitution du préfet en cas de « carence » d’une collectivité. Une telle disposition constituerait un retour inacceptable à une logique de tutelle que les lois de décentralisation de 1982 ont précisément abolie. En outre, les notions de « défaillance d’une particulière gravité » ou de « service public essentiel » sont insuffisamment définies et créeraient une insécurité juridique majeure pour les élus comme pour les représentants de l’État.

Plus largement, l’APVF a alerté sur le risque que le texte renforce une logique descendante dans les relations entre l’État et les collectivités. La stratégie nationale d’aménagement du territoire ne saurait être imposée sans une véritable co-construction avec les élus locaux, pas plus que les futurs contrats État-territoires ne doivent devenir un nouvel outil de mise sous contrainte des collectivités territoriales. « Oui à la contractualisation, à condition que cela ne devienne pas un carcan » a ainsi résumé Daniel Cornalba.

L’association a en revanche salué plusieurs dispositions de simplification et de sécurisation, notamment l’extension de la protection fonctionnelle aux procédures devant les juridictions financières et la suppression des conflits d’intérêts « public-public » pour les agents territoriaux. Elle a également rappelé que les modifications annoncées sur le délit de favoritisme ne répondent pas aux attentes des élus, puisqu’elles ne modifient pas substantiellement l’état actuel de la jurisprudence.

À travers cette audition, l’APVF a réaffirmé le besoin d’un État partenaire, plus lisible et plus efficace.

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème : Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Lors de l’événement, Keolis, partenaire de l’APVF met à disposition des participants un service de navettes gratuites, sans inscription préalable (hors cocktail dînatoire).

  • Jeudi 18 juin 2026 Des navettes circuleront en continu entre la gare de Château-Thierry et le Palais des Rencontres, lieu des Assises, de 9h30 à 11h30.
  • Vendredi 19 juin 2026 Une navette assurera le transport depuis les hôtels Best Western, Campanile, Ibis et Ibis Budget vers le Palais des Rencontres, avec un départ à 8h50. Une navette retour partira également du Palais des Rencontres vers la gare de Château-Thierry à 15h.
  • Cocktail dînatoire Une navette dédiée au cocktail dînatoire est également proposée. Pour en bénéficier, merci de réserver votre place directement lors de votre inscription en ligne.

La facturation s’effectuera après les Assises via chorus.

Simplification des normes : l’APVF auditionnée au Sénat sur les enjeux financiers du projet de loi

L’Association des Petites Villes de France, représentée par Daniel Cornalba, Maire de l’Étang-la-Ville et membre du Bureau de l’association, a été auditionnée ce 27 mai au Sénat par le sénateur Stéphane Sautarel, rapporteur pour avis du projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales.

Cette audition, organisée dans le cadre des travaux de la commission des finances, portait plus particulièrement sur les articles financiers et budgétaires du texte, notamment les articles 18 à 24 ainsi que l’article 30.

Des mesures de simplification attendues par les petites villes

Au cours des échanges, l’APVF a rappelé son soutien à plusieurs mesures concrètes de simplification attendues de longue date par les petites villes.

L’association a notamment salué la simplification des demandes de subventions liées aux France Services, l’assouplissement du cumul entre DETR et financements de la DRAC pour la restauration du patrimoine, ou encore certaines dispositions visant à alléger les contraintes administratives et comptables des collectivités.

L’APVF a également soutenu le relèvement du seuil autorisant la fusion des budgets annexes eau et assainissement, ainsi que les mesures permettant de sécuriser les interventions des syndicats mixtes en matière de rénovation énergétique.

Plusieurs propositions complémentaires formulées par l’APVF

Daniel Cornalba a également porté plusieurs propositions complémentaires afin d’aller plus loin dans la simplification de l’action locale.

L’APVF a ainsi plaidé pour que le Gouvernement soit tenu de répondre aux recommandations du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN), afin de donner davantage de portée aux avis rendus par cette instance.

L’association a également proposé de supprimer l’obligation pour le conseil municipal de délibérer avant toute demande ou perception d’une subvention de l’État, cette formalité pouvant aujourd’hui ralentir certaines procédures de financement.

Autre sujet soulevé : la possibilité d’ouvrir les crédits d’investissement à hauteur de 30 % en début d’exercice lorsque le budget est voté tardivement, afin de tenir compte des incertitudes liées au calendrier désormais fréquent du vote du projet de loi de finances.

Vigilance sur les attributions de compensation

L’APVF a par ailleurs exprimé de fortes réserves sur l’article 24 du texte relatif aux attributions de compensation entre intercommunalités et communes membres.

En effet, le mécanisme proposé risque de pénaliser des petites villes assumant des charges de centralité importantes, tout en réduisant leur visibilité budgétaire et leurs capacités d’investissement.

Daniel Cornalba a également alerté sur les risques de précédent que pourrait créer cette disposition, présentée comme visant spécifiquement la situation de Fessenheim, mais susceptible de s’appliquer demain à d’autres territoires.

Une simplification qui doit rester concrète

Au cours des échanges, plusieurs associations d’élus ont également alerté sur certaines mesures présentées comme des simplifications mais susceptibles, dans les faits, de générer de nouvelles contraintes ou de nouveaux coûts pour les collectivités.

L’APVF a notamment rappelé que la simplification normative devait avant tout répondre à un objectif concret : permettre aux collectivités d’agir plus efficacement, avec davantage de lisibilité et moins de lourdeurs administratives.

Projet de loi renforçant l’Etat local : la modestie au rendez-vous

L’Association des Petites Villes de France (APVF), présidée par Christophe Bouillon, maire de Barentin, et dont le président délégué est Loïc Hervé, vice-président du Sénat, a pris acte de l’adoption ce jour en Conseil des ministres du projet de loi renforçant l’Etat local.

Pour les élus des petites villes, c’est un mélange de déception teintée d’inquiétude qui domine.

En effet, nous sommes loin de l’ambition d’un nouvel acte de décentralisation qu’avait annoncé, en septembre dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le texte présenté ce jour ne contient aucune mesure de décentralisation et se limite à des mesures de déconcentration dont certaines sont bienvenues mais qui pour d’autres, s’apparentent à une recentralisation rampante. 

En effet, le pouvoir de substitution généralisé du Préfet à l’égard des collectivités mérite à tout le moins d’être largement précisé et peut s’apparenter à un véritable acte de défiance vis-à-vis des collectivités.

D’autre part, en multipliant la procédure des contrats, le texte de loi semble indiquer que les collectivités ne sont là que pour appliquer les prescriptions de l’Etat à l’instar des anciens « contrats de cahors », sans garantie des financements suffisants de la part de l’Etat.

Tout cela traduit une conception très jacobine des relations entre l’Etat et les collectivités.

C’est bien tout autre chose qu’attendent les élus des petites villes, mais il apparaît évident que ce n’est qu’après les élections présidentielles qu’un véritable texte de décentralisation pourra voir le jour.

Pour l’APVF, celui-ci devra avant tout permettre aux collectivités de retrouver des marges d’autonomie financière et une véritable « capacité et liberté de faire » pour celles-ci, et consacrer dans la loi une instance permanente de concertation Etat-collectivités permettant un meilleur équilibre des relations et de sortir enfin de la défiance.

L’APVF appelle donc les futurs candidats à l’élection présidentielle à ne pas oublier de traiter ce sujet essentiel dans leur programme. Face à la perte de confiance dans l’action publique et au sentiment d’inefficacité, c’est à une véritable redéfinition du rôle de l’Etat et des missions des collectivités à laquelle il faut s’atteler.

L’APVF portera des propositions ambitieuses allant dans ce sens.

Simplification : au Sénat, un impératif partagé pour redonner du pouvoir d’agir aux élus

Réunis ce matin au Sénat à l’occasion d’un colloque consacré à la simplification normative, parlementaires, membres du gouvernement et experts ont convergé vers un constat largement partagé : l’accumulation des normes freine aujourd’hui fortement l’action des collectivités locales.

En ouverture, le président du Sénat, Gérard Larcher, a rappelé que la simplification constitue une priorité de la Haute assemblée depuis 2023. Face à une inflation normative continue, il a appelé à un changement profond d’état d’esprit : « produire de l’efficacité » et instaurer une véritable culture de l’évaluation, en évitant toute norme sans étude d’impact préalable.

Même tonalité du côté du Président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales, Bernard Delcros, pour qui la réussite du « pari de la simplification » repose à la fois sur des évolutions législatives et réglementaires. Il a notamment salué la publication récente d’un « méga-décret » de simplification et appelé à un travail de fond sur le stock de normes existantes.

Pour Rémi Pointereau, la simplification est une condition essentielle du pouvoir d’agir des élus : « des normes mal conçues ne protègent plus, elles empêchent d’agir ». Il a rappelé la proposition de loi votée à l’unanimité au Sénat pour un renforcement du pouvoir de dérogation des préfets et pour une adaptation concrète des règles aux réalités du terrain. Le processus n’est pas allé à son terme à l’Assemblée nationale, mais la plupart des dispositions de la PPL figurent dans le projet de loi sur l’Etat local présenté par le gouvernement.

Les échanges ont également mis en avant la nécessité d’améliorer la « fabrique de la norme », comme l’a souligné Gilles Carrez, pointant des lois trop bavardes et insuffisamment évaluées en amont.

Dans ce contexte, plusieurs initiatives ont été énoncées par les ministres présents, Françoise Gatel et Vincent Jeanbrun : un projet de loi de simplification examiné au Sénat dès juin, la publication de nouveaux décrets d’ici la fin de l’année, un projet de loi sur le logement et le projet de loi sur l’Etat local évoqué plus haut. Bernard Delcros a annoncé également le dépôt imminent d’une proposition de loi pour alléger les procédures en matière d’urbanisme.

L’APVF, représentée par Daniel Cornalba, Maire de l’Etang-la-Ville, membre du Bureau de l’APVF, a rappelé les attentes fortes des petites villes. Face à un « millefeuille » administratif toujours plus complexe, il a plaidé pour un véritable guichet unique autour du préfet de département et pour une simplification concrète, lisible et opérationnelle pour les collectivités territoriales, y compris en leur sein et dans leurs rapports.

Au-delà des annonces, tous les intervenants ont insisté sur un point clé : la simplification ne pourra réussir qu’à condition d’être construite collectivement, dans la durée, et en faisant confiance aux acteurs locaux.

Logement : des annonces attendues, mais des vigilances fortes pour les petites villes

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté, le 23 avril à Marseille, les grandes orientations d’un futur projet de loi logement, attendu au Parlement à l’été 2026. L’objectif affiché est de relancer la production, avec une cible de 2 millions de logements d’ici 2030, soit environ 100 000 de plus par an qu’aujourd’hui.

Remise sur le marché des passoires thermiques

Le gouvernement prévoit d’autoriser à nouveau la location des logements classés F et G, sous condition de travaux engagés par le propriétaire dans un délai de 3 à 5 ans. Cette mesure vise à éviter une contraction du parc locatif et pourrait permettre de remettre sur le marché entre 650 000 et 700 000 logements d’ici 2028, voire davantage selon certaines estimations.

La remise sur le marché des logements énergivores peut répondre aux tensions dans certaines zones, mais elle ne saurait constituer une réponse adaptée partout. Dans les petites villes, l’enjeu prioritaire demeure la rénovation du parc ancien et l’adaptation de l’offre, dans des marchés souvent peu tendus. L’association alerte également sur le risque de transfert du coût des travaux vers les locataires, en particulier les plus modestes, et sur un possible désengagement de l’État.

Accélération des projets de construction

Le texte introduit de nouvelles « opérations d’intérêt local », inspirées des procédures exceptionnelles (JO, Notre-Dame), avec simplification administrative, permis unique et réduction des délais et des recours. L’objectif est de ramener des projets de plusieurs années à des délais d’environ deux ans.

L’APVF accueille favorablement les mesures de simplification visant à accélérer les projets, notamment à travers les opérations d’intérêt local, à condition qu’elles privilégient la densification et la revitalisation des espaces déjà urbanisés.

Soutien à l’investissement locatif et à la rénovation 

Le dispositif fiscal en faveur des bailleurs privés est ajusté, avec un seuil de travaux abaissé à 20 % du coût d’acquisition dans l’ancien, afin d’encourager la remise sur le marché de logements rénovés.

Nouvelle étape de décentralisation

Le gouvernement souhaite renforcer le rôle des collectivités : les maires pourraient se voir confier une responsabilité accrue dans l’attribution des logements sociaux (hors contingent de l’État), tandis que les intercommunalités deviendraient pilotes des aides à la pierre et de certaines aides à la rénovation.

Le renforcement du rôle des collectivités, tant dans le pilotage des aides que dans l’attribution des logements sociaux, va dans le sens d’une meilleure prise en compte des réalités territoriales, sous réserve de préserver les équilibres existants.

Lancement d’un programme ANRU 3

Enfin, une troisième génération de renouvellement urbain est annoncée pour la période 2030-2040, élargie au-delà des quartiers prioritaires aux villes moyennes et centres anciens.

À ce stade, ces annonces constituent une feuille de route : le projet de loi doit encore être présenté, débattu et voté, dans un calendrier resserré avant 2027.