26
mars
2026
Billet d'actualité de la DGFiP

Billet d'actualité de la DGFiP

Le 17 mars s’est tenue une réunion entre les Associations d’élus, représentées par leurs conseillers Finances et fiscalité locales, et la DGFiP pour une présentation des actualités sur les finances et la fiscalité locale. Un point a été fait sur la mise à jour des bases de taxe foncière et les difficultés rencontrées sur Helios …

Le 17 mars s'est tenue une réunion entre les Associations d'élus, représentées par leurs conseillers Finances et fiscalité locales, et la DGFiP pour une présentation des actualités sur les finances et la fiscalité locale. Un point a été fait sur la mise à jour des bases de taxe foncière et les difficultés rencontrées sur Helios en début d'année.

Redémarrage des applications Hélios et CDG-D SPL depuis fin février 

Impactée depuis le 5 février par un incident exceptionnel d’origine technique, l’application Hélios, utilisée pour payer les dépenses, encaisser les recettes et assurer la tenue des comptes des collectivités locales et des établissements publics de santé est désormais de nouveau pleinement opérationnelle pour 100% des postes et sur l’ensemble de son périmètre depuis le 17 février.

Également, l’application CDG-D SPL a redémarré mercredi 25 février.

La commission des finances de l'Assemblée nationale a lancé dans la foulée, une mission “flash” pour tirer les leçons de la panne informatique qui a paralysé les services comptables des collectivités, mais également des hôpitaux début février. Au-delà des causes immédiates, les parlementaires entendent interroger la soutenabilité des systèmes informatiques de la DGFiP et l'absence de dispositifs de secours.

Mise à jour des bases de taxe foncière 

Suite aux informations qui ont fuité dans la presse récemment, à savoir l'actualisation volontaire et locale des éléments de confort pris en compte dans le calcul des bases de taxe foncière, les Associations d'élus ont mis en garde la DGFiP contre les risques d'accroissement des inégalités territoriales si une telle méthodologie était retenue.

Pour l'APVF, il est nécessaire d'avancer sur la révision des valeurs locatives cadastrales, mais celle-ci doit être menée de manière globale et nationale.

Téléchargez le document adressé par la DGFiP en cliquant ici.

26
mars
2026
Après les élections municipales : l'heure du bilan dans les petites villes

Après les élections municipales : l'heure du bilan dans les petites villes

A l'approche des élections

Les urnes ont rendu leur verdict. Et dans les petites villes, où la campagne s’est principalement concentrée sur des préoccupations, la stabilité des exécutifs municipaux a primé. Dans les 4 132 communes entre 2 500 et 25 000 habitants, l’essentiel des résultats ont été connus au soir du premier tour. Dans 67 % de ces …

Les urnes ont rendu leur verdict. Et dans les petites villes, où la campagne s'est principalement concentrée sur des préoccupations, la stabilité des exécutifs municipaux a primé.

Dans les 4 132 communes entre 2 500 et 25 000 habitants, l'essentiel des résultats ont été connus au soir du premier tour. Dans 67 % de ces communes, un second tour n'a pas été nécessaire.

Dans le détail, 53 % des maires ont été réélus au soir du 15 mars, soit 2 719 maires sortants reconduits, tandis que 14 % des maires sont nouvellement élus dès le premier tour, soit 565 nouveaux maires.

Dans le tiers de petites villes où un second tour a été nécessaire, il a généralement pris la forme de duels, les triangulaires étant moins fréquentes que dans les communes de plus grande taille, du fait d'un moindre nombre de listes concurrentes.

Le taux de participation, selon les premières remontées, devrait être aux alentours de 60%, soit légèrement plus élevé que la moyenne nationale de 57% pour les deux tours. Si cette participation s'établit à un niveau plus élevé qu'en 2020, où le scrutin a été marqué par la crise sanitaire, elle poursuit néanmoins sa décrue amorcée depuis les années 2000. En 2001, le taux de participation était encore d'environ 70%.

D'un point de vue partisan, les équilibres ne sont pas bouleversés. La bipartition gauche/droite est toujours présente dans les petites villes, avec un avantage aux listes de droite, plus représentées dans les exécutifs municipaux. Le nombre de listes vainqueurs sans étiquette n'est pas négligeable. Sans constituer une réelle percée au vu du nombre de communes concernées, les listes d'extrême droite l'ont emporté dans 35 petites villes.

Cette dynamique traduit une logique de confiance et de gestion, où la reconduction des équipes en place repose avant tout sur leur capacité à répondre aux attentes concrètes des habitants. Pour autant, ces évolutions ne remettent pas en cause la spécificité des petites villes, où le vote reste d’abord un vote de confiance envers une équipe municipale identifiée.

26
mars
2026
Petites villes : le défi inachevé des mobilités durables

Petites villes : le défi inachevé des mobilités durables

Transports et mobilités

À l’heure où la transition écologique impose de repenser les déplacements du quotidien, les petites villes et les territoires peu denses restent confrontés à un défi majeur : celui de l’accès à une offre de mobilité réellement diversifiée. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes souligne que, malgré les évolutions introduites par la loi d’orientation des …

À l’heure où la transition écologique impose de repenser les déplacements du quotidien, les petites villes et les territoires peu denses restent confrontés à un défi majeur : celui de l’accès à une offre de mobilité réellement diversifiée.

Dans son dernier rapport, la Cour des comptes souligne que, malgré les évolutions introduites par la loi d’orientation des mobilités, les solutions concrètes tardent encore à se déployer sur le terrain. Si l’ensemble du territoire est désormais couvert par des autorités organisatrices, les outils opérationnels et les services attendus par les habitants ne sont pas toujours au rendez-vous.

Pour les élus des petites villes, la question est centrale. L’absence d’alternatives à la voiture fragilise l’accès à l’emploi, aux services publics ou à la formation, et pèse directement sur l’attractivité de ces territoires. Dans ce contexte, le développement de solutions adaptées – transport à la demande, covoiturage, intermodalité avec les réseaux régionaux – apparaît indispensable.

Mais ces évolutions ne pourront se concrétiser sans un engagement financier à la hauteur et une priorisation claire des investissements en faveur des mobilités du quotidien. C’est à cette condition que les petites villes pourront pleinement jouer leur rôle dans la transition écologique et territoriale.

 

➜ Lire l’article complet avec notre partenaire Localtis : Cour des comptes – Territoires ruraux et périurbains : une offre de transports collectifs toujours à la traîne

26
mars
2026
Feuille de route du pass Culture : les petites villes invitées à faire entendre leur voix

Feuille de route du pass Culture : les petites villes invitées à faire entendre leur voix

Culture et patrimoine

Le chantier est lancé. Le pass Culture prépare actuellement sa feuille de route pour la période 2026-2030 et ouvre, pour cela, une large phase de consultation. Parmi les acteurs sollicités : les associations de collectivités territoriales, dont l’Association des Petites Villes de France (APVF). Objectif affiché : tirer les enseignements des premières années du dispositif …

Le chantier est lancé. Le pass Culture prépare actuellement sa feuille de route pour la période 2026-2030 et ouvre, pour cela, une large phase de consultation. Parmi les acteurs sollicités : les associations de collectivités territoriales, dont l’Association des Petites Villes de France (APVF).

Objectif affiché : tirer les enseignements des premières années du dispositif et définir ses priorités pour les années à venir, dans un contexte marqué par sa transformation en opérateur de l’État.

Un moment clé pour peser sur l’avenir du dispositif

Au cœur de cette consultation, un questionnaire adressé à l’APVF vise à recueillir une analyse de terrain : perception du pass Culture aujourd’hui, articulation avec les politiques culturelles locales, qualité des coopérations… mais aussi pistes d’évolution concrètes.

Plusieurs sujets structurants sont mis sur la table :

  • la place respective de la part individuelle et de la part collective ;
  • le partage de données avec les collectivités ;
  • l’accompagnement des élus et des équipes locales ;
  • ou encore l’éventuelle extension du pass Culture à un public plus large, au-delà des seuls jeunes.

Autant de questions qui concernent directement les petites villes, souvent en première ligne pour garantir l’accès à la culture et soutenir les acteurs locaux.

Une contribution attendue d’ici fin avril

Pour l’APVF, cette séquence constitue une opportunité importante de faire valoir les réalités des territoires et de peser sur les évolutions du dispositif.

Les retours doivent être transmis d’ici le 30 avril 2026.

Les élus et techniciens des petites villes sont invités à faire remonter leurs observations, attentes et propositions afin d’enrichir la contribution de l’association.

➜ Pour participer ou partager vos retours, vous pouvez contacter Antoine Ollivier par courriel : aollivier@apvf.asso.fr

26
mars
2026
Inégalités territoriales : le fossé continue de se creuser

Inégalités territoriales : le fossé continue de se creuser

Réforme territoriale et gouvernance locale, Services publics

Le rapport public annuel 2026 de la Cour des comptes porte sur la cohésion territoriale et l’attractivité des territoires, en proposant une analyse transversale des politiques publiques locales. Il met en évidence des inégalités territoriales marquées. Les dynamiques démographiques apparaissent plus soutenues dans les espaces urbains que dans les territoires ruraux. Des écarts de revenus …

Le rapport public annuel 2026 de la Cour des comptes porte sur la cohésion territoriale et l’attractivité des territoires, en proposant une analyse transversale des politiques publiques locales. Il met en évidence des inégalités territoriales marquées.

Les dynamiques démographiques apparaissent plus soutenues dans les espaces urbains que dans les territoires ruraux. Des écarts de revenus significatifs contribuent également à des disparités économiques entre territoires.

Le rapport souligne l’importance des attentes sociales en matière d’accès aux services publics, ainsi que le sentiment de relégation dans certains territoires, notamment les petites villes et les zones rurales. Il observe que le développement du numérique n’a pas permis de compenser pleinement la disparition ou l’éloignement des services publics physiques.

S’agissant de l’action publique, la Cour constate que les évolutions institutionnelles, notamment le renforcement du rôle de l’État et des régions, ont contribué à une complexification de l’organisation territoriale et à une réduction des marges d’autonomie locale. Les dispositifs de correction existants (péréquation, politiques de soutien sectorielles ou territoriales) ont permis des ajustements, sans toutefois résorber en profondeur les déséquilibres.

Le rapport formule plusieurs orientations pour améliorer l’adaptation des politiques publiques aux besoins des territoires :

  • La réorganisation de l’offre de soins hospitaliers afin de mieux répondre aux évolutions démographiques et épidémiologiques, en particulier le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques.
  • L’amélioration de l’accès au logement social, notamment par une plus grande transparence des procédures d’attribution, le renforcement de la mixité sociale et le soutien à la production de logements.
  • Le renforcement de l’accès aux services publics numériques, en développant l’accompagnement des usagers et en garantissant des alternatives aux démarches dématérialisées.
  • Le développement des mobilités du quotidien dans les territoires ruraux et périurbains, en favorisant la coordination entre acteurs et la diversification des solutions de transport.
  • Le soutien à la réindustrialisation, en particulier dans les villes petites et moyennes et les territoires périphériques, via des simplifications administratives et la valorisation des friches industrielles.
  • L’adaptation de l’organisation de la sécurité aux évolutions territoriales, notamment en clarifiant la répartition des compétences et en renforçant les dispositifs de coordination.

Enfin, la Cour souligne que l’efficacité des politiques publiques territoriales repose sur une meilleure articulation entre l’État et les collectivités territoriales, ainsi que sur une adaptation plus fine des interventions aux spécificités locales.

Télécharger le rapport de la Cour des comptes en cliquant ici.

26
mars
2026
Maisons de santé pluriprofessionnelles : les Français plébiscitent l’exercice coordonné

Maisons de santé pluriprofessionnelles : les Français plébiscitent l’exercice coordonné

Santé

Selon une étude Ifop réalisée pour l’association AVECsanté, les Français expriment une attente forte : au-delà du nombre de professionnels, ils souhaitent une organisation des soins plus lisible et mieux coordonnée. Les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) apparaissent comme une réponse privilégiée. Une attente forte pour une organisation des soins plus simple Les résultats de …

Selon une étude Ifop réalisée pour l’association AVECsanté, les Français expriment une attente forte : au-delà du nombre de professionnels, ils souhaitent une organisation des soins plus lisible et mieux coordonnée. Les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) apparaissent comme une réponse privilégiée.

Une attente forte pour une organisation des soins plus simple

Les résultats de l’étude Ifop pour AVECsanté, menée en février 2026, confirment une évolution nette des attentes des Français. Lorsqu’il s’agit d’imaginer l’implantation d’une nouvelle structure de santé sur leur territoire, 82 % d’entre eux privilégient une Maison de santé pluriprofessionnelle, loin devant l’exercice isolé ou les solutions uniquement fondées sur la télémédecine. Ce choix traduit une demande claire : les patients ne recherchent plus seulement davantage de professionnels, mais une organisation capable de simplifier concrètement leur parcours de soins.

Un parcours de soins encore trop fragmenté

Cette attente s’explique par les difficultés encore largement rencontrées sur le terrain. Pour une grande partie de la population, le parcours de soins demeure morcelé et peu lisible. Près des trois quarts des Français déclarent devoir eux-mêmes faire le lien entre les professionnels qui les suivent, ce qui se traduit par des situations fréquentes d’examens redondants, d’informations mal transmises ou encore de délais allongés. Seuls un quart des répondants indiquent avoir déjà bénéficié d’une prise en charge coordonnée, alors même que ses bénéfices sont largement reconnus, notamment en matière de qualité de suivi, de gain de temps et de prévention.

Un levier structurant pour les petites villes

Avec près de 3 000 MSP en activité fin 2025, l’exercice coordonné constitue désormais une réalité tangible. Pour les petites villes, ce modèle représente un levier particulièrement structurant : il permet non seulement d’améliorer l’accès aux soins, mais aussi d’organiser une offre de proximité adaptée aux besoins des habitants. Les collectivités du bloc communal disposent, à cet égard, de marges d’action concrètes pour accompagner ces dynamiques, qu’il s’agisse de faciliter l’installation des équipes, de soutenir l’ingénierie de projet ou de mettre à disposition des locaux adaptés.

Accélérer le déploiement des MSP

L’étude Ifop pour AVECsanté met ainsi en évidence une convergence claire entre les attentes des patients et les solutions portées par les professionnels. L’enjeu est désormais d’accélérer le déploiement des Maisons de santé pluriprofessionnelles, afin de proposer des parcours de soins plus simples, plus cohérents et mieux organisés sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les petites villes où les besoins sont les plus forts.

Télécharger le communiqué de presse de l'étude Ifop : les Français ne veulent plus d'un parcours du combattant

 

26
mars
2026
3 questions à... Florent Rossi, Maire d'Auribeau-sur-Siagne

3 questions à... Florent Rossi, Maire d'Auribeau-sur-Siagne

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l’honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c’est Florent Rossi, Maire d’Auribeau-sur-Siagne (06) qui répond à nos questions.  1. Vous êtes le nouveau Maire d’Auribeau-sur-Siagne, dans les Alpes-Maritimes : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ? J’ai la chance d’avoir été élu de ma …

La lettre hebdomadaire des petites villes souhaite mettre à l'honneur les nouveaux élus de nos territoires. Cette semaine, c'est Florent Rossi, Maire d'Auribeau-sur-Siagne (06) qui répond à nos questions. 

1. Vous êtes le nouveau Maire d’Auribeau-sur-Siagne, dans les Alpes-Maritimes : pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

J'ai la chance d'avoir été élu de ma commune natale à 24 ans et avec une large confiance de la part de la population ! Ce nouveau mandat de Maire s'inscrit dans une logique de continuité, ayant été adjoint durant le mandat précédent. J'avais été le plus jeune adjoint au Maire de France lors de mon élection, en 2020. En parallèle, j'ai mené des études en communication et en sciences politiques et j'ai travaillé à l'Assemblée Nationale puis chez Médiamétrie. Désormais, j'assure mes fonctions de Maire et mes mandats à la communauté d'agglomération du Pays de Grasse et comme président de l'Association des jeunes élus de France (AJEF).

2. Qu’est-ce qui vous a donné « la vocation » pour devenir Maire ?

Enfant, j'étais déjà passionné par la vie politique, les campagnes électorales, les débats télévisés... Et je m'intéressais à ce qu'il se passait dans ma commune ! J'ai eu envie d'agir concrètement dès les élections municipales de 2020. Durant six années, j'ai occupé les délégations de la jeunesse, de la communication, de la qualité de vie et des sports et j'étais membre du CCAS, ce qui m'a permis de mener des actions en faveur d'Auribeau-sur-Siagne. J'y ai fait des rencontres humaines exceptionnelles et développé des compétences. Pour cette élection municipale, je me suis entouré de femmes et d'hommes complémentaires, tant du point de vue des personnalités que des expériences et des parcours de vie.

3. Quels sont vos principaux projets pour ce mandat ?

Ma commune a de vrais enjeux pour l'avenir. Nous avons la continuité des projets déjà engagés, à l'image de la rénovation du restaurant scolaire, de l'agrandissement du cimetière communal et de la réfection totale de notre église afin de protéger notre patrimoine. Et nous serons engagés sur de nouveaux projets autour de quatre piliers : agir pour toutes les générations avec la mise en place d'actions pour les jeunes et les familles, la préservation de notre cadre de vie et de la sécurité avec un plan vidéosurveillance et un nouveau poste de police municipale, la vie culturelle et touristique avec le renforcement de notre festival de théâtre organisé chaque été et de nouveaux rendez-vous à l'image de séances de cinéma en plein air, et le développement du civisme avec des journées citoyennes et éducatives ouvertes à tous. Notre objectif principal est de préserver le cadre de vie d'Auribeau-sur-Siagne, idéalement situé entre terre et mer, en protégeant son identité et ses zones naturelles, tout en réalisant de beaux projets pour faire vivre la commune en faveur de toutes les générations !

19
mars
2026
3 questions à...Olivier Urrutia, Délégué général de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé

3 questions à...Olivier Urrutia, Délégué général de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé

Commerce

Le développement du commerce dans les petites villes sera l’un des enjeux majeurs du prochain mandat municipal. Le commerce coopératif constitue un des chaînons décisifs de ce développement. A ce titre, la Lettre des Petites Villes pose, cette semaine, 3 questions à Olivier Urrutia, Délégué général de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé (FCA). …

Le développement du commerce dans les petites villes sera l'un des enjeux majeurs du prochain mandat municipal. Le commerce coopératif constitue un des chaînons décisifs de ce développement. A ce titre, la Lettre des Petites Villes pose, cette semaine, 3 questions à Olivier Urrutia, Délégué général de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé (FCA).

 

1/ Si de nombreuses enseignes du commerce coopératif sont connues, son modèle l’est encore insuffisamment auprès des maires. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

Le commerce coopératif et associé est un modèle entrepreneurial qui repose sur un principe simple : des commerçants indépendants se regroupent au sein d’une coopérative afin de mutualiser des moyens stratégiques – notamment les achats, la logistique, les outils numériques, la marque ou encore certaines fonctions de support – tout en conservant la pleine propriété et la gestion de leur point de vente.

Il est solidement implanté en France où il pèse 41% du commerce de détail et plus d’une pharmacie sur deux, avec 41 000 chefs d'entreprise indépendants, 52 000 points de vente et 650 000 emplois.

À la différence des groupes intégrés classiques, où les magasins appartiennent à une entreprise unique, ou de la franchise, où la relation entre franchiseur et franchisé est strictement contractuelle, dans le modèle coopératif et associé les adhérents sont à la fois des entrepreneurs locaux à la tête de leur affaire et copropriétaires de leur enseigne. Ils participent collectivement à sa gouvernance, qui repose sur un principe démocratique : « une personne, une voix ».

C’est un atout immense pour un territoire. D’abord, cela favorise un ancrage durable, puisque les commerçants sont personnellement investis dans la vie économique et sociale de leur commune. Cela permet ensuite de concilier la solidité d’une enseigne nationale avec l’agilité d’un entrepreneur local, qui épouse les besoins spécifiques de son bassin de vie. C’est un modèle non délocalisable, non « opéable », dont le nombre de points de vente connaît une croissance annuelle moyenne de 8% depuis 2017, quand le secteur dans son ensemble s’inscrit, lui, en recul.

Dans un contexte de transformation rapide du commerce – digitalisation, transition environnementale, recomposition des centralités commerciales – le modèle du commerce coopératif et associé apparaît ainsi comme un levier de résilience et d’équilibre territorial. Mieux le faire connaître auprès des maires et des décideurs publics constitue donc un enjeu important pour l'ensemble de ses acteurs, afin de renforcer le dialogue entre collectivités et réseaux commerciaux et de soutenir des formes d’entrepreneuriat profondément enracinées dans les territoires.

 

2/ D’après une étude que vous avez fait paraître avec Xerfi, les deux tiers des commerces coopératifs se trouvaient dans les communes de moins de 20 000 habitants. Comment ces commerces participent-ils à la vitalité de ces territoires ?

Avec 70 % des points de vente dans les villes de moins de 20 000 habitants, la contribution du commerce coopératif et associé à l'animation de la vitalité locale est très concrète et riche : biens et services de proximité notamment dans l’alimentation, l’optique et la santé, investissement, animation commerciale, création d’emplois, contribution aux recettes fiscales… Ce sont en outre des lieux de circulation et de rencontres, qui créent un lien social si essentiel à l'heure où la division fracture le corps social du pays. Ajoutons à tout cela que les chefs d’entreprise du commerce coopératif et associé, en leur qualité d'indépendants, s’impliquent activement et financièrement dans la vie culturelle, associative et sportive de leur territoire.

 

3/ Pour les prochains élus municipaux, quels leviers actionner pour soutenir le commerce coopératif et associé dans leur commune ?

Voilà une belle question ! En ayant à l'esprit les nombreux atouts de notre modèle pour leur collectivité, ce serait une grande avancée que les élus locaux adoptent le réflexe du commerce coopératif et associé en encourageant son installation et son développement. Si les élus locaux doivent bien sûr veiller à l'équilibre de l'offre commerciale et à un urbanisme cohérent et adapté, le modèle coopératif et associé fait une vraie différence : il offre des garanties de pérennité, d'implication dans la vie locale et de partenariat avec les élus bien plus fortes que tout autre modèle. Il est indispensable de mieux faire connaître ce pilier du paysage économique et social du pays et de ses territoires, pour qui la proximité n’est pas un vain mot !

 

Pour en savoir plus sur les 14 propositions de la FCA pour les élus locaux, suivre ce lien

12
mars
2026
3 questions à...Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand

3 questions à...Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand

Europe, Questions de société

Connaissez-vous le Fonds citoyen franco-allemand ? Cette semaine, la Lettre des Petites Villes pose 3 questions à Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand, dispositif pensé pour rapprocher les sociétés civiles française et allemande.   1/ Pourriez-vous nous présenter le Fonds citoyen franco-allemand ? Le Fonds citoyen est un instrument issu du traité d’Aix-la-Chapelle, qui vise à …

Connaissez-vous le Fonds citoyen franco-allemand ? Cette semaine, la Lettre des Petites Villes pose 3 questions à Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand, dispositif pensé pour rapprocher les sociétés civiles française et allemande.

 

1/ Pourriez-vous nous présenter le Fonds citoyen franco-allemand ?

Le Fonds citoyen est un instrument issu du traité d’Aix-la-Chapelle, qui vise à renforcer la coopération entre la France et l’Allemagne. Il a démarré son action en avril 2020 avec pour mission de rapprocher les sociétés civiles française et allemande. A ce jour, plus de 4 000 projets à dimension franco-allemande et citoyenne ont pu ainsi bénéficier d’une subvention du Fonds citoyen. Nous sommes donc engagés aux côtés de celles et ceux qui, par leur action, constituent le fondement de l’amitié franco-allemande. On y retrouve les plus de 2200 jumelages mais pas seulement. Notre ambition est d’encourager d’autres acteurs de la société civile, que ce soient les associations, les collectivités ou des initiatives citoyennes à se saisir des opportunités qu’offre une coopération avec le pays voisin.

2/ Quels sont les types de projets soutenus par le Fonds citoyen franco-allemand ?

77 % des projets soutenus par le Fonds citoyen sont portés juridiquement par des associations, 15 % par des collectivités territoriales. Par ailleurs, 4 projets sur 10 sont réalisés dans les zones rurales, partout en France et en Allemagne ! Le champ des possibles est aussi vaste que les préoccupations et les intérêts des personnes engagées dans nos deux pays, et les formats divers : échange de bonnes pratiques sur la participation citoyenne ; concert, tournoi sportif ou atelier de cuisine franco-allemand ; table ronde sur les enjeux de la ruralité en France et en Allemagne ; commémorations ou anniversaires de jumelage ; rencontre entre agriculteurs, associations engagées pour les droits LGBT, l’inclusion ou la protection de l’environnement …

3/ Le Fonds citoyen franco-allemand vient de lancer l’appel à projets sur la démocratie : comment y répondre ? Comment en savoir plus ?

La démocratie constitue notre axe prioritaire cette année. L’objectif est double : encourager à la fois une intégration des enjeux démocratiques dans les échanges franco-allemands, tout en favorisant les synergies entre les structures qui œuvrent pour la démocratie des deux côtés du Rhin.

Pour participer, il suffit de déposer sa demande de subvention via notre plateforme en ligne au moins 6 semaines avant le début du projet. Le dossier sera ensuite analysé et évalué ; si la demande est acceptée, 75 % de la subvention seront versés immédiatement. A titre indicatif, la subvention moyenne s’élève à un peu plus de 4 000 €.

En cas de questions, nos Référentes et Référents régionaux sont les interlocuteurs de proximité : ils peuvent accompagner les porteurs de projets dans le développement du projet, voire dans le dépôt de la demande de subvention. L’accessibilité et la simplicité des procédures font d’ailleurs partie des principes qui distinguent le fonctionnement du Fonds citoyen.

12
mars
2026
Municipales 2026 : les petites villes face au défi de l’inclusion

Municipales 2026 : les petites villes face au défi de l’inclusion

Transition démographique, Logement et urbanisme, A l'approche des élections

La question de l’inclusion des personnes en situation de handicap s’impose comme un enjeu central pour les politiques publiques locales. Dans une lettre ouverte adressée aux candidates et candidats, l’association LADAPT a récemment rappelé le rôle déterminant des communes pour garantir l’égalité d’accès aux droits. En France, près de 14,5 millions de personnes vivent avec …

La question de l’inclusion des personnes en situation de handicap s’impose comme un enjeu central pour les politiques publiques locales. Dans une lettre ouverte adressée aux candidates et candidats, l’association LADAPT a récemment rappelé le rôle déterminant des communes pour garantir l’égalité d’accès aux droits.

En France, près de 14,5 millions de personnes vivent avec un handicap. Dans les territoires, et en particulier dans les petites villes, les municipalités jouent un rôle essentiel pour permettre à chacun de participer pleinement à la vie locale.

L’accessibilité du droit de vote constitue un premier enjeu. Le Code électoral impose que les bureaux de vote soient accessibles à toutes et tous. Concrètement, cela suppose des locaux adaptés, un isoloir accessible, mais aussi une information claire permettant à chaque électeur de comprendre les modalités du vote et les enjeux du scrutin.

Au-delà du moment électoral, les communes interviennent également dans des domaines structurants pour l’autonomie des habitants. C’est notamment le cas du logement, où les municipalités participent à l’orientation des demandes et au dialogue avec les bailleurs sociaux afin de mieux prendre en compte les besoins des personnes en situation de handicap.

L’accessibilité des services municipaux constitue également un enjeu important. La mairie est souvent le premier lieu vers lequel se tournent les habitants pour effectuer des démarches ou obtenir des informations. L’accueil des publics, la formation des agents et l’accessibilité des services en ligne contribuent directement à garantir un accès égal aux services publics.

Enfin, la question de la mobilité et de l’accessibilité de l’espace public reste centrale. Aménagement de la voirie, accessibilité des équipements publics ou organisation des transports conditionnent la possibilité pour chacun de se déplacer librement, d’accéder aux services et de participer à la vie locale.

À quelques jours des municipales, ces enjeux rappellent que les communes disposent de leviers d’action concrets pour favoriser l’inclusion. Pour les petites villes, où la proximité entre élus et habitants est forte, faire de l’accessibilité et du handicap une priorité constitue un enjeu essentiel de citoyenneté et de cohésion territoriale.