Déserts médicaux : l’APVF appelle à une politique de l’Etat et des collectivités beaucoup plus volontariste

Alors que le Sénat examine ce jeudi 11 juin la proposition de loi portée par le député Guillaume Garot visant à lutter contre les déserts médicaux, l’Association des Petites Villes de France rappelle l’urgence d’apporter des réponses concrètes à la fracture sanitaire qui touche une grande partie des territoires.

Depuis plusieurs années, les petites villes constatent une dégradation continue de l’accès aux soins : difficultés à trouver un médecin traitant, délais d’attente de plus en plus longs pour accéder à certains spécialistes, renoncements aux soins faute de rendez-vous ou de moyens financiers. Cette situation fragilise directement la cohésion territoriale et l’égalité d’accès au service public de santé.

Dans ce contexte, l’APVF a cosigné, par la voix de Nathalie Nieson, Maire de Bourg-de-Péage et Vice-présidente trésorière de l’Association, une tribune publiée dans Le Monde appelant à « une politique d’Etat plus volontariste qui oriente les installations des nouveaux médecins ».

L’Association rappelle que les élus locaux ne peuvent plus être laissés seuls face à cette crise. Les politiques exclusivement incitatives montrent aujourd’hui leurs limites et conduisent parfois à une concurrence entre territoires pour attirer les professionnels de santé, au prix d’investissements lourds pour les collectivités.

Pour autant, l’APVF tient à rappeler que les mesures proposées ne relèvent pas d’une logique coercitive à l’égard des médecins. Elles visent avant tout à mieux organiser la répartition territoriale de l’offre de soins afin de garantir un accès équitable à la santé sur l’ensemble du territoire national.

La proposition de loi prévoit notamment de conditionner l’installation d’un nouveau médecin dans les zones déjà suffisamment dotées au départ d’un praticien. Un principe qui existe déjà pour d’autres professions de santé et qui vise à répondre aux déséquilibres territoriaux croissants.

L’APVF souligne également que cette réflexion doit s’inscrire dans une approche globale associant renforcement de la formation, amélioration des conditions d’exercice, développement des maisons de santé, soutien aux coopérations entre professionnels et accompagnement durable des collectivités.

Comme le rappelle la tribune, « le problème ne concerne pas uniquement le volume de médecins disponibles », mais bien « une inégalité croissante en matière de répartition territoriale des médecins ».

XXVIIIe Assises des Petites Villes – 18 et 19 juin 2026

L’Association des Petites Villes de France a le plaisir de vous annoncer que les XXVIIIe Assises des Petites Villes se dérouleront à Château-Thierry les 18 et 19 juin 2026 sur le thème : Pour des petites villes résilientes, bienveillantes et performantes.

Lors de l’événement, Keolis, partenaire de l’APVF met à disposition des participants un service de navettes gratuites, sans inscription préalable (hors cocktail dînatoire).

  • Jeudi 18 juin 2026 Des navettes circuleront en continu entre la gare de Château-Thierry et le Palais des Rencontres, lieu des Assises, de 9h30 à 11h30.
  • Vendredi 19 juin 2026 Une navette assurera le transport depuis les hôtels Best Western, Campanile, Ibis et Ibis Budget vers le Palais des Rencontres, avec un départ à 8h50. Une navette retour partira également du Palais des Rencontres vers la gare de Château-Thierry à 15h.
  • Cocktail dînatoire Une navette dédiée au cocktail dînatoire est également proposée. Pour en bénéficier, merci de réserver votre place directement lors de votre inscription en ligne.

La facturation s’effectuera après les Assises via chorus.

3 questions à… Camille Decayeux, Directrice de Domosa

Face au vieillissement de la population et aux besoins croissants d’accompagnement dans les territoires, les petites villes doivent inventer de nouvelles solutions de proximité. Camille Decayeux, Directrice de Domosa, revient pour la lettre des Petites Villes sur le développement de l’habitat partagé inclusif et sur les réponses concrètes pouvant être apportées aux collectivités.

1. Les petites villes sont en première ligne face aux besoins des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Quelle réponse propose Vitalliance pour accompagner ces territoires ?

Vitalliance accompagne depuis plus de 20 ans les personnes en situation de handicap et les personnes âgées à domicile, partout en France, avec aujourd’hui plus de 200 agences. Mais l’aide à domicile seule ne suffit pas toujours : certaines personnes ne peuvent plus vivre seules en sécurité chez elles, et les réponses institutionnelles classiques ne correspondent pas toujours à leurs besoins ou à leurs souhaits. C’est pour répondre à ces situations que nous avons créé Domosa, notre filiale dédiée à l’habitat partagé inclusif. Notre cœur de métier, c’est l’accompagnement des adultes en situation de handicap, personnes handicapées vieillissantes, personnes avec des troubles psychiques, cognitifs ou moteurs, pour qui il existe parfois peu de solutions adaptées sur le territoire. Domosa développe des maisons partagées à taille humaine, avec en moyenne 6 habitants, ancrées dans les communes. Nous accueillons aussi des seniors qui ne souhaitent pas entrer en EHPAD, mais c’est le volet handicap qui fonde notre identité et notre expertise. Domosa porte le projet dans son intégralité : recherche du bien, aménagement, gestion locative, coordination. Vitalliance assure l’accompagnement humain des habitants au quotidien, avec des professionnels déjà présents localement. Ce tandem permet une réponse concrète, rapide à déployer, et véritablement ancrée dans le territoire.

2. Vos projets semblent particulièrement adaptables aux réalités locales. Comment construisez-vous des solutions sur mesure en fonction des besoins et des ressources des communes ?


Nous ne partons pas d’un modèle unique importé de l’extérieur. Chaque projet se construit à partir du contexte local : quel public accueillir, adultes en situation de handicap, seniors, ou les deux, quels logements sont disponibles, quels partenaires sont déjà présents sur le territoire. Sur le volet immobilier, nous nous adaptons aux opportunités existantes : un propriétaire privé dont le bien nécessite une rénovation adaptée, un investisseur qui finance un programme neuf, un terrain à bâtir porté par un promoteur, ou encore du logement social en lien avec un bailleur. Dans tous les cas, le bien est conçu ou réaménagé pour répondre aux besoins spécifiques des habitants : espaces de vie communs, chambres individuelles, accessibilité. Cette flexibilité est au cœur de notre modèle. Concrètement, cela signifie qu’une commune rurale avec peu de foncier disponible peut tout autant accueillir un habitat partagé qu’une ville plus importante, à partir du moment où les besoins existent et qu’un bien peut être mobilisé. Derrière Domosa, il y a Vitalliance et ses 200 agences réparties sur l’ensemble du territoire français, déjà présentes et connues dans beaucoup de ces communes.

3. Concrètement, comment un maire ou une équipe municipale peut-il s’engager dans ce type de démarche aux côtés de Vitalliance ?

La première étape est accessible : nous contacter pour un échange informel autour du contexte local, les besoins identifiés, les familles en attente d’une solution, le foncier potentiellement disponible. Il n’est pas nécessaire d’avoir un projet ficelé pour nous appeler. Le maire n’a pas à porter le projet financièrement : notre modèle repose sur une séparation claire des rôles, un propriétaire ou investisseur privé porte l’actif immobilier et loue le bien à Domosa, qui en assure l’exploitation : aménagement, gestion locative, coordination de l’accompagnement. Ce que la commune apporte, c’est une connaissance fine du terrain que nous n’avons pas : identifier un bien disponible, faire le lien avec les familles concernées, faciliter les échanges avec les acteurs locaux du médico-social, et donner une légitimité au projet aux yeux des habitants. Cet appui est précieux, et souvent déterminant pour que le projet se concrétise rapidement. Dans les communes où Vitalliance est déjà présent, et elles sont nombreuses, le premier contact est souvent plus proche qu’on ne le pense : l’agence locale connaît déjà les familles, les besoins, parfois même les biens. Nous construisons vraiment ces projets avec les élus, pas à leur place.

Langres : symbole des inquiétudes des petites villes face à la réorganisation hospitalière

Alors que la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé lors du salon SantExpo 2026 une nouvelle trajectoire d’investissement hospitalier de 6 milliards d’euros sur dix ans, venant prolonger les financements du Ségur de la santé, les interrogations demeurent nombreuses quant à la stratégie réellement retenue pour les territoires ruraux et les petites villes. L’APVF a interrogé Théo Caviezel, Maire de Langres sur la situation de cette commune de Haute-Marne, devenue emblématique des inquiétudes des petites villes face à la réorganisation hospitalière.

Au total, 12 milliards d’euros pourraient être mobilisés d’ici 2036 pour les projets hospitaliers régionaux. Le Gouvernement affirme vouloir renforcer les coopérations territoriales, dépasser les clivages entre médecine de ville et hôpital ou encore développer les complémentarités entre établissements publics et privés. Pourtant, sur le terrain, plusieurs élus locaux et professionnels de santé alertent sur le décalage croissant entre ces annonces nationales et la réalité vécue dans certains territoires déjà fortement fragilisés.

En Haute-Marne, ces tensions cristallisent aujourd’hui une vive inquiétude autour de l’avenir des centres hospitaliers de Langres et de Chaumont. Situées dans un département rural marqué par une faible densité médicale et un vieillissement important de la population, les deux villes constituent les principaux pôles hospitaliers du territoire. Le projet actuellement porté par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté prévoit une profonde réorganisation de l’offre de soins entre les deux établissements, avec une concentration accrue des activités médico-chirurgicales sur le site de Chaumont.

Cette réorganisation s’inscrit dans un vaste programme immobilier hospitalier estimé à plus de 180 millions d’euros pour les deux sites. Le centre hospitalier de Chaumont doit notamment faire l’objet d’une reconstruction importante, tandis qu’un nouvel hôpital de proximité est envisagé à Langres. Mais derrière cette modernisation immobilière, de nombreuses interrogations demeurent sur le contenu réel du projet médical, la répartition des activités entre les deux établissements et les conséquences concrètes pour l’accès aux soins dans le sud haut-marnais.

Car Langres occupe une place particulière dans l’organisation sanitaire locale. Située à l’extrême sud du département et tournée historiquement vers Dijon pour une partie des parcours de soins, la ville constitue un point d’appui essentiel pour de nombreux habitants éloignés des grands centres hospitaliers. Les élus et les soignants favorables au maintien du site craignent qu’une concentration excessive des activités à Chaumont n’accentue encore les difficultés d’accès aux soins dans ce territoire déjà fragilisé.

Pour le Maire de Langres, Théo Caviezel, le débat dépasse largement une simple question d’organisation administrative :

« Nous ne parlons donc pas simplement d’une réorganisation administrative ou immobilière. Nous parlons de l’avenir concret de l’accès aux soins pour plus de 100 000 habitants. »

L’élu décrit une situation sanitaire déjà particulièrement dégradée dans le département :

« La situation est extrêmement préoccupante. Nous faisons face à une crise sanitaire profonde dans un territoire déjà très fragilisé. »

Selon lui, le projet actuellement envisagé conduirait à un affaiblissement majeur du site langrois, avec notamment la fermeture du service de chirurgie, pourtant reconnu localement, la transformation des urgences en simple centre de tri ainsi que la disparition du laboratoire et de la pharmacie hospitalière.

Le choix de concentrer le plateau médico-chirurgical à Chaumont suscite également une forte contestation parmi les opposants au projet. Ces derniers estiment que cette organisation ne correspond ni aux réalités géographiques du territoire ni aux habitudes de soins d’une partie importante de la population du sud haut-marnais.

« Le choix de concentrer le plateau médico-chirurgical à Chaumont soulève aussi une incompréhension majeure. Cette localisation ne correspond ni aux flux réels de population ni aux habitudes de soins du sud haut-marnais, historiquement tourné vers Dijon. »

Les inquiétudes portent également sur la cohérence globale du projet hospitalier. Alors que plus de 180 millions d’euros d’investissements publics sont annoncés sur les deux sites hospitaliers, de nombreuses questions demeurent sur les moyens humains et médicaux réellement disponibles pour faire vivre ces infrastructures dans la durée.

« Comment peut-on investir sur deux sites 180 millions d’euros d’argent public, sans être en mesure de répondre à la question essentielle : quel projet médical pour demain, et avec quels soignants ? »

Au fil des mois, la contestation locale a pris une ampleur importante. Selon les opposants au projet, plus de 6 000 personnes ont déjà manifesté à Langres, une ville qui compte environ 7 500 habitants, tandis qu’une centaine de maires du territoire ont exprimé leur opposition aux orientations retenues.

Pour Théo Caviezel, ce dossier illustre aussi un sentiment de relégation plus large ressenti par de nombreux habitants des territoires ruraux :

« Beaucoup d’habitants ont aujourd’hui le sentiment que les décisions sont déjà prises, indépendamment des réalités du terrain. »

Parmi les alternatives défendues localement figurait notamment la création d’un plateau technique unique entre Langres et Chaumont, à proximité du nœud autoroutier A5-A31, afin de mieux répondre aux réalités géographiques et aux flux de population du territoire. Une hypothèse aujourd’hui jugée politiquement compromise.

Dans ce contexte, les défenseurs du site langrois demandent désormais le maintien d’une offre de soins complète et alertent contre le risque de voir émerger un établissement vidé progressivement de ses principales activités médicales.

« Le projet actuel prévoit un “hôpital de proximité” privé de chirurgie, de laboratoire, de pharmacie hospitalière et de véritables capacités d’urgence. Ce ne serait plus un hôpital, mais un simple centre de tri médicalisé. »

Au-delà du seul cas de Langres et de Chaumont, ce dossier illustre les interrogations croissantes des petites villes concernant l’avenir de l’hôpital de proximité, l’équilibre territorial des soins et la capacité des politiques publiques à maintenir un accès concret aux services essentiels dans les territoires ruraux.

Déserts médicaux, hôpital, prévention : les chantiers santé s’accélèrent au Parlement

Alors que l’accès aux soins demeure l’une des principales préoccupations des petites villes, plusieurs textes et annonces majeurs vont rythmer les prochaines semaines. La proposition de loi transpartisane portée par Guillaume Garot pour lutter contre les déserts médicaux arrivera enfin au Sénat le 11 juin prochain, après son adoption à l’Assemblée nationale il y a un an.

Ce texte prévoit notamment une régulation de l’installation des médecins libéraux dans les territoires déjà bien dotés, afin de favoriser une meilleure répartition de l’offre de soins. Une mesure vivement contestée par les syndicats médicaux, mais soutenue par de nombreux élus locaux confrontés à l’aggravation des inégalités territoriales de santé. L’Association des Petites Villes de France soutient cette proposition de loi, estimant qu’il devient indispensable de donner aux territoires les plus fragiles des outils concrets pour lutter contre la désertification médicale.

Dans le même temps, la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, a présenté devant les parlementaires sa feuille de route pour les mois à venir. Parmi les priorités affichées : l’accès aux soins, la prévention, la santé mentale, le grand âge et la petite enfance. Concernant les territoires, la ministre a confirmé l’accélération du déploiement du réseau « France Santé », censé renforcer la coopération entre professionnels, développer la télémédecine et créer de nouveaux lieux de soins dans les zones sous-dotées.

Les petites villes suivent également avec attention l’arrivée, en novembre prochain, des 3.700 docteurs juniors de médecine générale dans les territoires prioritaires. Mais la ministre a prévenu que tous les territoires ne pourront pas être servis dès cette première vague, faute d’encadrants suffisants. Une déclaration qui risque de nourrir les inquiétudes de nombreux maires déjà confrontés aux difficultés de recrutement médical.

Autre sujet de vigilance : la situation financière des hôpitaux. Le gouvernement a confirmé 1,1 milliard d’euros de crédits mis en réserve pour 2026, dans un contexte de fortes tensions budgétaires. Stéphanie Rist souhaite désormais engager une réforme visant à réduire durablement les déficits hospitaliers en renforçant les mutualisations territoriales, notamment via les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Des évolutions qui pourraient avoir des conséquences importantes pour l’organisation des soins dans les petites villes, déjà confrontées à des restructurations hospitalières régulières.

Enfin, l’Assemblée nationale a définitivement adopté une proposition de loi portée par Vincent Caure visant à reconnaître plus facilement les diplômes des médecins formés au Royaume-Uni avant le Brexit. L’APVF avait également soutenu cette initiative, considérant qu’elle constitue une réponse pragmatique aux difficultés d’accès aux soins rencontrées dans de nombreux territoires. Cette mesure pourrait permettre à plusieurs centaines de praticiens supplémentaires d’exercer en France dans les prochains mois, alors que de nombreuses petites villes continuent de manquer de médecins.

3 questions à…Antoine Saintoyant, Directeur de la Banque des Territoires

Le vieillissement de la population est le grand défi des prochaines décennies. Le relever suppose des investissements considérables. La lettre des Petites Villes revient sur ces enjeux en posant 3 questions à Antoine Saintoyant, Directeur de la Banque des Territoires.

1. Face au vieillissement de la population, quelles actions la Caisse des Dépôts met-elle en place ?

D’ici 2040, un quart de la population française aura plus de 65 ans. Ce vieillissement représente un défi majeur pour les territoires. La Caisse des Dépôts en a fait une priorité stratégique.

Quatre axes ont été définis pour y répondre : le financement de l’offre de soins, le soutien à l’innovation, la structuration des parcours de santé et l’accompagnement des Français dans le financement de leur autonomie.

Pour concrétiser cette ambition, 25 milliards d’euros seront mobilisés sur cinq ans. La Banque des Territoires y contribue avec un programme Santé Grand-Âge, pour lequel nous mobilisons 5 milliards d’euros. Ce dispositif a pour objectif d’accompagner 2 000 projets d’ici 2028 et de soutenir 1 200 établissements sanitaires et médico-sociaux.

Il s’articule autour de trois orientations complémentaires :  l’amélioration de l’accès aux soins à la prévention ; le maintien à domicile et développement de l’offre résidentielle ; le développement de l’hébergement médico-social. Ces mesures s’inscrivent dans une démarche globale visant à préparer les territoires aux enjeux du vieillissement, en combinant innovation et financement adapté.

2. Comment le programme Santé Grand Âge répond-il aux défis du vieillissement ?

Le programme Santé Grand Âge est un programme d’accompagnement des porteurs de projet et agit sur plusieurs fronts. Il intervient sur l’ensemble du parcours résidentiel des personnes âgées. Il soutient des solutions d’habitat inclusif et accompagne les organismes de logement social dans leur stratégie d’adaptation au vieillissement. De plus, il soutient le marché des résidences services seniors et accompagne la transition écologique et énergétique des EHPAD, des résidences autonomie et des centres hospitaliers.

En outre, il prévoit d’accompagner la création de 160 nouvelles structures de soins coordonnés d’ici 2027. Pour cela, il soutient le Plan 5 000 Maisons France Santé et finance les Centres de Santé (CS) et les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) via le Prêt Territoires Santé. Un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) Entreprises Publiques Locales (EPL) en Santé, assorti d’un accompagnement technique et financier, sera lancé en deux phases, en 2026 et 2027, pour soutenir la création ou la structuration de ces structures de santé pluriprofessionnelles

La Banque des Territoires soutient également les opérations de rénovation du bâti hospitalier, confronté à un taux de vétusté important, en déployant sa gamme de prêts et en mettant en place un partenariat avec la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR).

3. Comment le programme Santé Grand Âge répond-il aux enjeux des petites villes ?

En France, la santé et le grand âge dans les petites communes et dans la ruralité représentent un enjeu crucial. Ces territoires font face à des défis démographiques accrus et à des ressources limitées. Environ 40 à 50 % des petites communes de moins de 25 000 habitants en France métropolitaine sont situées dans des zones sous-dotées en médecins généralistes. Ces zones sont classées comme déserts médicaux ou zones d’intervention prioritaire (ZIP) par les Agences Régionales de Santé.

Aussi, nous accompagnons les petites communes en ingénierie, pour les aider à structurer leurs projets en santé et grand-âge, en financement adaptés à leurs besoins.

Nous soutenons les projets de centres et de Maison de soins pluriprofessionnelles. Ces structures réunissant des professionnels spécialisés dans les services médicaux et paramédicaux ont pour ambition de faciliter l’accès aux soins pour tous.

Le programme promeut également la prévention et l’aller-vers en soutenant le plan 100 médicobus, porté par l’Etat, qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de lutte contre les déserts médicaux. Ces médicobus sont des camions aménagés avec du matériel médical et dirigés par des professionnels de santé qualifiés : un médecin et un infirmier. Il permettra d’aller au plus des personnes éloignées de l’accès au soin

3 questions à Philippe Bergerot, Président de la Ligue contre le cancer

Cette semaine le lettre des petites villes donne la parole à Philippe Bergerot, Président de la Ligue contre le cancer pour présenter le programme « Ma ville se ligue ».

1. Pouvez-vous nous présenter le programme « Ma Ville se Ligue » et ses objectifs pour les collectivités locales ?

Ma Ville se Ligue est une démarche partenariale de prévention et un dispositif d’accompagnement personnalisé et progressif pour toutes les communes souhaitant s’engager dans le déploiement d’environnements favorables à la santé.

Le principe est simple : pour valoriser le travail des communes mobilisées dans la lutte contre le cancer, la Ligue contre le cancer a construit un répertoire de 30 actions opérationnelles pour contribuer à réduire les facteurs de risque de cancer, auprès de toutes les populations, même les plus vulnérables et/ou éloignées du système de santé.

Les communes qui s’engagent dans le programme obtiennent le label Ma Ville se Ligue. Cette labellisation est évolutive : le premier niveau de label reconnaît l’engagement et les moyens mobilisés par les communes, les trois niveaux suivants reconnaissent le déploiement concret et l’impact des actions réalisées sur leur territoire.

Si, par un état des lieux, il est mis en évidence que la commune a déjà mis en œuvre au moins trois actions figurant dans le répertoire Ma Ville se Ligue, celle-ci pourra bénéficier d’un accès anticipé à la labellisation, en adressant une demande au Comité national de labellisation.

Aujourd’hui, 14 villes sont labellisées : Paris, Colmar, Saint-Etienne, Nice, Brest, Mordelles, Montoir-de-Bretagne, Terres de Haute-Charente, Seyssins, Quimper, Les Mureaux, Villefranque, Sartrouville, Albi.

2. En quoi ce dispositif peut-il constituer un levier concret pour les petites villes en matière de prévention et de lutte contre le cancer ?

40 % des cancers sont évitables et la santé dépend pour 80% de l’environnement et des comportements.

Ma Ville se Ligue s’inscrit dans la lignée des approches de promotion de la santé et la démarche de « santé dans toutes les politiques » de l’Organisation Mondiale de la Santé. Car agir sur les déterminants du cancer, c’est aussi prévenir nombre d’autres pathologies chroniques.

C’est un programme qui invite les acteurs locaux à mettre la santé dans toutes les politiques, en ciblant une variété de milieux de vie comme l’espace public, ou le milieu scolaire par exemple, afin de promouvoir les facteurs protecteurs de cancer (alimentation saine, activité physique, vaccination…) et limiter les facteurs de risque (tabac, alcool, surpoids, rayonnement UV…).

Les communes disposent de leviers concrets et efficaces pour agir sur tous les âges et sur tous les registres pour offrir aux citoyens les capacités à avoir une vie saine au sein de leur collectivité. Elles sont le premier échelon pour diffuser les grands messages de santé publique : Mois sans tabac, Défi de janvier, prévention solaire, vaccination HPV, dépistage organisé… 

Elles peuvent enfin agir dans une logique partenariale, en déployant par exemple des démarches de médiation, notamment dans les quartiers populaires ou éloignés du système de soins et en coconstruisant des actions d’aller-vers avec les acteurs associatifs locaux et les centres communaux d’action sociale.

3. En ce début de mandat, quels messages souhaitez-vous adresser aux élus locaux pour les inciter à s’engager dans cette démarche ?

Vous agissez déjà et pouvez agir davantage pour la santé de vos concitoyens !

En tant que véritables connaisseurs de votre territoire et des leviers d’action sur une grande variété de milieux de vie, vous êtes les mieux placés pour activer ces leviers et mettre en place des environnements favorables à la santé. Votre commune peut jouer un rôle clé dans la prévention des cancers et d’autres pathologies chroniques avec le programme Ma Ville se Ligue.

S’engager à prendre part à ce programme d’utilité publique, c’est rejoindre une communauté de collectivités engagées dans la mise en œuvre de projets bénéfiques aux Français. C’est aussi développer un réseau de nouveaux partenaires et d’acteurs de terrain pour la prévention et la promotion de la santé.

S’engager à prendre part à ce programme innovant, c’est inscrire votre commune dans une démarche d’impact social positif, au travers d’actions dont les effets sur la population pourront être mesurés et valorisés.

S’engager à prendre part à ce programme opérationnel, c’est enfin s’assurer d’être accompagné par un acteur associatif de terrain, la Ligue contre le cancer. Du fait de son maillage territorial et de son action transverse englobant santé, éducation, prévention et environnement, c’est un partenaire tout désigné pour agir en coconstruction avec vous, décideurs locaux, dans la lutte contre le cancer.

Le prochain Comité national de labellisation se tiendra le 19 juin 2026. Vous trouverez toutes les informations ici et nous attendons vos nombreuses candidatures !

Maisons de santé pluriprofessionnelles : les Français plébiscitent l’exercice coordonné

Selon une étude Ifop réalisée pour l’association AVECsanté, les Français expriment une attente forte : au-delà du nombre de professionnels, ils souhaitent une organisation des soins plus lisible et mieux coordonnée. Les Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) apparaissent comme une réponse privilégiée.

Une attente forte pour une organisation des soins plus simple

Les résultats de l’étude Ifop pour AVECsanté, menée en février 2026, confirment une évolution nette des attentes des Français. Lorsqu’il s’agit d’imaginer l’implantation d’une nouvelle structure de santé sur leur territoire, 82 % d’entre eux privilégient une Maison de santé pluriprofessionnelle, loin devant l’exercice isolé ou les solutions uniquement fondées sur la télémédecine. Ce choix traduit une demande claire : les patients ne recherchent plus seulement davantage de professionnels, mais une organisation capable de simplifier concrètement leur parcours de soins.

Un parcours de soins encore trop fragmenté

Cette attente s’explique par les difficultés encore largement rencontrées sur le terrain. Pour une grande partie de la population, le parcours de soins demeure morcelé et peu lisible. Près des trois quarts des Français déclarent devoir eux-mêmes faire le lien entre les professionnels qui les suivent, ce qui se traduit par des situations fréquentes d’examens redondants, d’informations mal transmises ou encore de délais allongés. Seuls un quart des répondants indiquent avoir déjà bénéficié d’une prise en charge coordonnée, alors même que ses bénéfices sont largement reconnus, notamment en matière de qualité de suivi, de gain de temps et de prévention.

Un levier structurant pour les petites villes

Avec près de 3 000 MSP en activité fin 2025, l’exercice coordonné constitue désormais une réalité tangible. Pour les petites villes, ce modèle représente un levier particulièrement structurant : il permet non seulement d’améliorer l’accès aux soins, mais aussi d’organiser une offre de proximité adaptée aux besoins des habitants. Les collectivités du bloc communal disposent, à cet égard, de marges d’action concrètes pour accompagner ces dynamiques, qu’il s’agisse de faciliter l’installation des équipes, de soutenir l’ingénierie de projet ou de mettre à disposition des locaux adaptés.

Accélérer le déploiement des MSP

L’étude Ifop pour AVECsanté met ainsi en évidence une convergence claire entre les attentes des patients et les solutions portées par les professionnels. L’enjeu est désormais d’accélérer le déploiement des Maisons de santé pluriprofessionnelles, afin de proposer des parcours de soins plus simples, plus cohérents et mieux organisés sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les petites villes où les besoins sont les plus forts.

Télécharger le communiqué de presse de l’étude Ifop : les Français ne veulent plus d’un parcours du combattant

Municipales 2026 : les petites villes face au défi de l’inclusion

La question de l’inclusion des personnes en situation de handicap s’impose comme un enjeu central pour les politiques publiques locales. Dans une lettre ouverte adressée aux candidates et candidats, l’association LADAPT a récemment rappelé le rôle déterminant des communes pour garantir l’égalité d’accès aux droits.

En France, près de 14,5 millions de personnes vivent avec un handicap. Dans les territoires, et en particulier dans les petites villes, les municipalités jouent un rôle essentiel pour permettre à chacun de participer pleinement à la vie locale.

L’accessibilité du droit de vote constitue un premier enjeu. Le Code électoral impose que les bureaux de vote soient accessibles à toutes et tous. Concrètement, cela suppose des locaux adaptés, un isoloir accessible, mais aussi une information claire permettant à chaque électeur de comprendre les modalités du vote et les enjeux du scrutin.

Au-delà du moment électoral, les communes interviennent également dans des domaines structurants pour l’autonomie des habitants. C’est notamment le cas du logement, où les municipalités participent à l’orientation des demandes et au dialogue avec les bailleurs sociaux afin de mieux prendre en compte les besoins des personnes en situation de handicap.

L’accessibilité des services municipaux constitue également un enjeu important. La mairie est souvent le premier lieu vers lequel se tournent les habitants pour effectuer des démarches ou obtenir des informations. L’accueil des publics, la formation des agents et l’accessibilité des services en ligne contribuent directement à garantir un accès égal aux services publics.

Enfin, la question de la mobilité et de l’accessibilité de l’espace public reste centrale. Aménagement de la voirie, accessibilité des équipements publics ou organisation des transports conditionnent la possibilité pour chacun de se déplacer librement, d’accéder aux services et de participer à la vie locale.

À quelques jours des municipales, ces enjeux rappellent que les communes disposent de leviers d’action concrets pour favoriser l’inclusion. Pour les petites villes, où la proximité entre élus et habitants est forte, faire de l’accessibilité et du handicap une priorité constitue un enjeu essentiel de citoyenneté et de cohésion territoriale.

Les petites villes en première ligne pour réussir le « bien vieillir »

Partenaire du manifeste publié par France Silver Eco à l’approche des élections municipales de 2026, l’Association des Petites Villes de France (APVF) partage un constat simple : la transition démographique constitue l’un des bouleversements majeurs auxquels les territoires devront faire face dans les prochaines années. Au même titre que la transition écologique ou la révolution numérique, l’allongement de la vie impose désormais d’adapter l’action publique locale.

Depuis plusieurs années, la filière Silver Économie défend une approche globale de la société de la longévité. Celle-ci ne relève plus uniquement des politiques sanitaires ou médico-sociales : elle concerne directement l’organisation quotidienne des territoires. À ce titre, les collectivités locales occupent une place déterminante aux côtés des acteurs économiques, des mutuelles, des caisses de retraite ou encore du tissu associatif.

Dans ce cadre, la commune demeure l’échelon de proximité par excellence, celui de la vie quotidienne des habitants. L’intercommunalité constitue quant à elle l’échelon stratégique, notamment pour les mobilités, l’aménagement ou les équipements structurants. Ensemble, le bloc communal intervient désormais dans des champs très concrets : adaptation des logements, accessibilité de la voirie, transports, urbanisme, maintien du lien social, prévention par le sport et la culture, accompagnement des aidants ou encore développement de solutions d’habitat intermédiaire.

Le prochain mandat municipal (2026-2032) sera particulièrement décisif. La décennie 2020-2030 correspond en effet à une forte progression des populations âgées : l’augmentation des 75-84 ans sera sans précédent. Sans être synonyme de perte d’autonomie, cette tranche d’âge s’accompagne plus fréquemment de fragilités nécessitant des décisions anticipées en matière de logement, de mobilité ou d’accès aux soins.

Cette évolution démographique touchera d’abord les territoires les moins denses. Les petites villes et les espaces ruraux seront proportionnellement plus concernés que les grandes métropoles. Là où les seniors représentent environ 10 % de la population dans certains départements urbains, ils peuvent déjà approcher ou dépasser 30 % dans des territoires ruraux, avec des projections proches de 40 % à l’horizon 2050. Cette réalité conforte le rôle pivot des petites villes, qui structurent les bassins de vie et concentrent services, commerces et équipements publics.

Le manifeste de France Silver Eco rappelle ainsi que la réussite du « bien vieillir » dépendra largement de l’action locale. Les communes et intercommunalités disposent de leviers opérationnels immédiats : animation des centres communaux d’action sociale (CCAS), accès aux services publics, soutien à la vie associative, actions culturelles, inclusion numérique, solutions de mobilité ou encore lutte contre l’isolement.

Dans les petites villes, la mairie et le CCAS constituent souvent la première porte d’entrée pour les habitants confrontés à la perte d’autonomie ou aux fragilités liées à l’âge. Les élus locaux identifient les besoins, coordonnent les acteurs et mettent en œuvre des solutions concrètes de maintien à domicile.

Le manifeste se veut ainsi un guide à destination des candidats aux élections municipales et des équipes qui seront élues en mars 2026. Il souligne que l’adaptation de la société au vieillissement ne pourra réussir sans les collectivités locales et en particulier sans le bloc communal. Pour les petites villes, l’enjeu n’est pas seulement social : il est aussi territorial, car la capacité à bien vieillir conditionne désormais l’attractivité et la cohésion des bassins de vie.

Télécharger le manifeste de France Silver Eco